La destruction du sens des arts (depuis 1/2 siècle) oblige à vouloir savoir

nous sommes en 2017

Savoir comment ça se passe        quand les arts sont en épanouissement     ?

 

Cet épanouissement est tributaire du sens moteur qui donne sa pertinence = cohérence, intelligence, à la création d'une oeuvre
Le sens moteur de cette coïncidence persévérée se nomme : la démarche artistique.

 

La démarche artistique, ce n'est pas un texte qui décrit l'oeuvre, un « devoir pour l'école ». Non.
C'est une idée (motrice) qui motive à explorer des « lieux » inconnus et à revenir avec une oeuvre unique (parmi les autres).

 

Explorer l'inconnu demande du courage dont la majorité des esclaves salariés sont dépourvus.
C'est en ça que le travail d'un artiste (et + philosophe, voire scientifique) est tant admirable de sagesse et d'originalité.
Ce n'est pas difficile ! Il suffit de s'instruire.
Mais l'industrie de l'exploitation du travail humilié automatique est un barrage, pour la majorité, infranchissable.

 

Un artiste sans démarche personnelle ? Non. Ça n'existe pas.
Ou, c'est un faux artiste qui prétend l'être, à bricoler sans démarche philosophique (= qui ne pense pas)
[les faux artistes sévissent depuis les faux financements massifs de l'État, 1981]
Une démarche est toujours philosophique, la démarche se pense, sinon elle n'existe pas.
La démarche donne le sens de l'ouvrage.
Sans sens, pas de démarche,
Sans démarche, pas de sens, dans l'ouvrage,
Y compris celui et surtout du non-sens et, du contresens.
Le courage d'être à contresens.
La démarche va bien quelque part.
À l'intérieur de l'inconnaissable où,
Chaque artiste choisit sa destination.
Une démarche est unique à chaque artiste.

 

L'ensemble de ces démarches donne le sens de la motivation sociale à vivre ensemble.              Et par la musique, en sympathie.

 

Les arts pratiquent la désorganisation du monde pratique « de la pensée (effrayée) possédante » pour l'accord de l'humain dans le monde. Nous dit Jacques Sojcher dans son livre : La démarche poétique, 1969, réédité en 1976. Exactement le type d'idée qui a foutu la trouille à la bourgeoisie régnante, de perdre ses rentes. Et qui, pour sauver sa peau, dans l'effroi, a réalisé la médiocratie mondialisée (abdiquée par tous les serviles dans l'effoi). Faut l'faire (pour se vouloir laisser berner) ! Quelqu'un donne cette définition : « Dans le vocabulaire de l'art (sic), la démarche désigne la manière dont un artiste conduit un raisonnement (philosophique) à travers la réalisation (ouvrière) de ses œuvres successives. » C'est exprimé un peu pompeusement, mais l'idée est là : la manière de conduire sa création par l'exploration. La démarche (artistique), c'est le sens de sa vie.

 

Les arts existent à refuser vivre la banalité,
                            La fadeur de la banalité.
Les arts pratiquent l'esprit (le sport) de l'émerveillement,
[sans stratégie cachée à soumettre les émerveillés], mais à rencontrer
Le moment de jouissance où le savoir touche la conscience.

 

 

en + EN BONUS

 

LA TRADITION ARTISTIQUE OCCIDENTALE À TRANSGRESSER LES REGLES
ou, les obligations morales du bon goût en société musicale

 

Pourquoi quelques uns instaurent des règles (d'interdictions) que la majorité des autres (par crainte de l'inconfort) obéissent (=> l'obéissant.e « décroche le boulot » pour cultiver son confort) et dont un très petit nombre (vivant l'inconfort = la liberté) transgresse et qui post-mortem deviennent les artistes majeurs de l'histoire de l'art ou de l'histoire de la musique ? au moins depuis Ars Nova au XIVe siècle.

Étrange coutume !

Pour transgresser, il est nécessaire d'être à l'opposé de la crainte = le courage est indispensable. Ce qui signifie que la majorité des héritiers de l'Occident (jusqu'à l'Amérique dominante d'aujourd'hui) sont toutes et tous des lâches. Des lâches en masse qui lâchent l'effort de faire l'effort de persévérer jusqu'au bout de leur démarche de création, jusqu'à atteindre l'originalité qui emporte l'ouvrage (de sa vie) à devenir unique et remarquable parmi les autres.

L'attraction que suscite l'ouvrage dans le temps ne se mesure pas au nombre de copies vendues, mais au degré de sincérité de ce comment l'ouvrage a été réalisé par l'artiste courageux.se qui s'est efforcé.e d'aller là où personne ne va.

[La supercherie se dévoile toujours, un jour ou l'autre.   L'authentique l'est déjà.]

L'hégémonie agressive d'1/2 siècle de la dictature économique (dont sa 1ere offensive a débuté juste après le soulèvement mondial de la jeunesse en 1968) a médiocratisé les esprits, en renversant les valeurs essentielles en valeurs méprisables, telles : la satisfaction d'être le salaud qui peine la vie des autres en les ruinant, en leur « piquant leurs biens », ces biens qui assurent dans l'esprit du capital une vie saine à chacun.ne contre la sympathie ; telle la signature d'un contrat pour tromper son « adversaire » (= la conviction de l'ennemi a priori) sans qu'il le sache contre la générosité et le partage, etc., les malversations sont légion.

Cette dictature ou cette prise d'otages massive dans le piège de l'autogestion automatique du confort des esclaves en emploi et sans emploi (Debord) pose les êtres humains indépendants et désobéissants en ennemis redoutables du faux « bien-être social » (= cage dorée de l'ignorance). En effet, un artiste ne peut pas travailler sans liberté, sans liberté il est impossible d'atteindre l'originalité (logique). Et la liberté est le 1er ennemi d'une société esclavagiste. Société qui se fonde sur l'interdit, en renversant le sens du respect de l'autre en exigence absolue de l'obéissance. D'autant +, si l'ordre est stupide. Obéir à un ordre stupide démontre la réelle soumission (et son humiliation) absolue du soumis. Un être humain qui se respecte, ne peut accepter ça. Pourtant des milliards l'acceptent.

L'artiste, le/la vrai.e, se trouve en opposition avec les sociétés où règne la hiérarchie (= la chaîne des petits pouvoirs des sociétés autoritaires qui se frustrent dans une seule direction). La hiérarchie a construit l'administration publique dont tout être est dépendant (l'indépendance absolue est possible, mais dans ce cas, il n'existe plus de liens ne serait-ce que pour se comprendre, telle l'expérience de Victor de l'Aveyron). L'administration de la collectivité est emprise par l'esprit fonctionnaire à punir l'inobéissance* qui pour le monde artistique (le vrai) au contraire récompense la désobéissance. C'est dans ce paradoxe que se réalise le financement des arts : la subvention conditionnelle accordée contre obéissance du commanditaire politique (le dominant). C'est exactement là que la censure opère, généralement inconsciente pour se défaire de tout remord de nuire aux autres.

* l'inobéissance ignore les règles, la désobéissance les connait ; dans les 2 cas, les règles sont transgressées.

L'argent public « pour la culture », au lieu de financer les oeuvres d'art (leur création), finance la diffusion = ce qui passe en dernier recours ou pas par la programmation des musées, des festivals et des salles de concert. Ce qui dans ce contexte, assimile toute programmation à une censure : s'autoriser le pouvoir de choisir de disposer des vies par la ségrégation, la discrimination et l'exclusion. Des actes quotidiens tellement banalisés (et niés) qu'à chaque critique, ses acteurs se trouvent offensés par « ces critiques injustifiables » (les réactions restent vives parce qu'au fond ils savent qu'ils et elles se sont trahis.es = renier de se respecter et respecter les autres). La majorité des musiciens qui se sont imposés programmateurs ont nui à leurs amis.

On imagine mal dans le monde du cinéma, à ce que le film ne soit pas financé, uniquement les festivals, les studios de production et les salles de projection. Eh bien, dans le monde de la musique, c'est ce qui se passe, et depuis longtemps.

Les oeuvres originales dérangent (l'obéissance = l'ignorance)
Les oeuvres médiocres rassurent (l'obéissance = l'ignorance)

Nous sommes à un stade où la tradition artistique de la transgression des règles a été rompue

Les arts visibilisés depuis presqu'1/2 siècle (sauf quelques très rares exceptions) passe par la censure du financement (public). Du côté économique. Le marché de la musique s'est écroulé à partir de moment où les majors ont racheté les droits (d'auteur) des maisons de disque ce qui a rendu obsolète chercher des nouveaux talents. Du côté politique. L'idée première de l'offensive bourgeoise contre sa jeunesse (et les « indésirables » = immigrés) a été de criminaliser toute liberté ; rendre illégale : l'amour (public), la vitesse en voiture, fumer de la marie-jeanne jusqu'au tabac, l'ivresse alcoolique tolérée mais pas narcotique, etc., et le tout : punir les réfractaires par la pauvreté à l'aide de la police armée et violente bien sûr, tout ça pour éviter tout ce qui dérange le travail obéissant des travailleurs-esclaves soumis à une vie merdique qu'ils croient nécessaire. Les travailleurs et travailleuses sont la source du capital dominant maintenu par ces dominés : une prise d'otage sociale mondiale = l'esclavage planétaire autogéré. Tout ça, intensivement après 1968.

À quoi reconnait-on un faux artiste ? À son manque de courage et à sa soumission (opportuniste).

Le public cultivé et curieux a disparu des expositions et les concerts. Ça fait 50 ans (on ne se retrouve que dans des petits commités restraints dans des salles clandestines). On comprend. Aucun intérêt de voir et d'écouter la médiocrité (dlamerde dit-on). Pourtant la médiocrité se marchande avec un grand succès entre médiocres, et comme il n'y a que ça... L'invasion de la médiocrité a favorisé la médiocratie (= le pouvoir des imbéciles [qui s'accrochent comme des teignes en souffrance à nuire aux autres]).

Il fallait en remettre une couche, car ça, c'était pas assez. Non seulement le monde du travail (de l'esclavage) perdait en qualité assurée de confort, le taux de chômage depuis les années 80 est un fonds d'investissement : + la pioche est grosse + la paye baisse + les profits montent. L'économie rentable (pour la rente) ne mise que sur la vie des gens (à nuire la vie des êtres humains). Avec la politique (christianisée), l'économie a transformé la sympathie en antipathie (= sympathie hypocrite) comme valeur morale dominante. Comme la musique ne vit que de sympathie... là (j'espère qu'), on comprend et ce à quoi elle a été réduite et sa survie depuis 1/2 siècle (dans le monde de la mer de merde). Ce qu'on entend ? Pas de la musique. Des objets publicitaires décoratifs qui signalent (ce qu'ils sont, les êtres qui écoutent) ce qu'il faut faire : applaudir sa misère et continuer à travailler. Un petit signal, un rien, inessentiel, cru, convaincu nécessaire qui a favorisé la régression générale de l'intelligence de l'espèce humaine (les états d'esprit enfermés dans leur souffrance/croyance). « La soumission absolue dans dysneyland » (la planète touristiquée en parc d'attraction), ça, c'est le summum du bonheur de la vie de l'esclave (= le salarié médiocre) même, après toutes les humiliations à répétition de ces 50 dernières années [où le chômage doit rester élevé pour maintenir les salaires très bas : à la limite de la survie pour être obligé de vivre à crédit = acheter de l'argent pour pouvoir payer et rembourser toute sa vie « le prêt » avec « un travail à la con » = humiliant].

 

Oui, dans ce contexte particulièrement hostile où le sens de la musique a été tuée, créer de la musique originale et transgresser les règles de l'obéissance met en permanence la vie de l'artiste en danger. Mais une fois dépassée cette peur, on se rend compte que c'est un effroi illusoire, que celles et ceux qui nuisent sont en réalité des lâches et que le jeu de la domination cesse quand on met sa propre vie en jeu. Et là. Il n'y a rien à perdre, que son ignorance.

 

 

re tour à la table : des matières du libre livre Dans le Ciel, le Bruite de l'Ombre (de qui ?)