Nous ne savons rien,

nous ne gouvernons rien.

 

 

Le conditionnement auquel nous sommes victimes est si important que l'idée que nous avons du monde nous empêche de comprendre ce que nous sommes. Aussi, il est étonnant que personne ne désire sortir de ce conditionnement ? La peur ? De quoi ? Notre conditionnement profite à ceux qui ne le sont pas. Notre crédulité profite à ceux qui ne le sont pas. Notre éducation profite à ceux qui nous veulent conformes et obéissants. En parti. Notre conditionnement nous permet d'être gouvernés sans qu'on le sache (aucune de nos décisions ne sont personnelles) en nous donnant la conviction d'être libres : d'avoir le choix de notre vie. Le choix est rendu possible par le savoir, mais la connaissance est réduite à néant par l'éducation institutionnalisée : « un servile ne doit pas savoir, mais obéir ». Nous ne savons rien, nous ne gouvernons rien.

La perception humaine occidentale est rétroactive, elle se sert de sa mémoire (des histoires : des souvenirs falsifiés) pour « percevoir ». Elle se sert de ses croyances pour « percevoir » sa réalité. L'humain occidental ne perçoit pas ce qui est extérieur à lui, mais ce qu'il projette de lui. C'est une boucle dont « l'extérieur » lui sert de justification pour agir. Tout perçu se lie à son phantasme de perception puis à son phantasme de persécution. Il pense que cette sensation de persécution lui donne le droit de se venger de sa condition humaine occidentale misérabilisée et de tout détruire autour de lui. Dans l'action, détruire est plus aisé que construire, même plus drôle pour une population exaspérée.

L'humain est dangereux quand il a peur : il détruit. Quand il ne gouverne plus rien, il rentre dans un processus de panique. C'est la forme de son suicide social. Nous croyons gouverner, mais il n'en est rien. Si nous pensions vraiment gouverner, nous comprendrions le processus de destruction de l'humanité en cours : ce qui n'est pas le cas. Nous baignons dans l'ignorance des hypothèses.

Le développement volontaire de notre environnement médiatique : cinéma, télévision et Internet, renforce nos illusions au lieu de les révéler. Notre environnement médiatique (du fabriqué) est conçu pour affaiblir nos capacités de compréhension (du donné). Les images et les paroles manipulées à l'excès nous renvoie une image (un reflet) de nous même fantasmé et irréelle d'être parfait. L'être parfait en question est l'être parfaitement obéissant au corps lissé mais décorporaïsé (sans corps palpable) qui ne se touche pas.

L'idéal chrétien du corps intouchable est réalisé. Notre cosmogonie dominante chrétienne nous enseigne la saleté du corps et la perfection de l'âme (le corps sans corps) éternelle. Nous sommes rentrés dans une aliénation complète de nous-mêmes sans broncher. Sans désir de savoir ni de comprendre. Nous sommes, notre civilisation, rentrés dans un processus de suicide culturel et d'anéantissement. Pourquoi ? Le temps de la domination de notre espèce a-t-elle fait son temps ? Ou, l'extinction de notre espèce dépend de la survie des autres espèces ? Qu'est-ce qui nous échappe pour ne pas pouvoir développer le bon sens et son épanouissement ?

L'humain de pouvoir est trop arrogant, suffisant et prétentieux pour qu'il puisse avoir la capacité de former un quelconque complot mondial. Le complot demande des moyens que l'humain ne possède pas. Le complot est un fantasme comme les histoires extraordinaires des contes. Le complot est une histoire, une histoire excitante (aliment de premier choix pour l'imaginaire contre l'ennui) pour alimenter les commérages, les médisances, amplifiés à outrance par les médias : l'exploitation massive de l'information insignifiante contre une information essentielle et constructive pour comprendre : qui est absente. Pas spectaculaire. Le complot est un prétexte à la guerre qui masque la réalité. Une justification pour l'agression de l'autre.

Le complot justifie la guerre pour le mensonge du bonheur. Notre société contemporaine est convaincue que l'insignifiance et l'hostilité mène au bonheur. La distraction. Le bonheur qui est une notion, une idée vague d'un idéal occidental totalitaire : le bonheur perpétuel n'existe pas : c'est une chimère qui est agitée aux yeux des serviles (des esclaves) crédules pour qu'ils continuent à servir et obéir. Croire au complot, c'est croire au bonheur, c'est croire en une force supérieure : et croire en une force supérieure, c'est démontrer sa crédulité : son impuissance à déceler le mensonge du non-mensonge. Aucun humain n'est supérieur à l'autre, mais tous le croient.

La première bêtise humaine est de se croire intelligent : c'est ce qui crée des ravages. Des ravages contre sa propre espèce. Aussi bien que des autres. La première bêtise humaine est de croire : avoir raison. Le fait de croire avoir raison ouvre tous les possibles à l'erreur certaine et au désastre. La conviction est l'ennemi du doute. Et la réponse à l'ennui. Le pire de ce que l'humanité occidentale puisse vivre : c'est l'ennui. L'ennui, c'est attendre de mourir sans rien faire. C'est en cela que l'humanité occidentale préfère le désastre, qui lui est un spectacle qui trompe l'ennui. Pourquoi l'ennui n'est pas tolérable au point de s'autodétruire ?

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