La hiérarchie et la musique

situation de la musique savante au début du XXIe siècle

 

pré liminaire :

lire : Milan Kundera explique la musique aux enfants dans l'appendice I

 

la hiérarchie et la musique : + de 100 années de régression sociale

ou 2500 ans de résistance musicale ?

1908 : naissance de l'abolition de la hiérarchie. La musique atonale se libère de la musique tonale comme le free-jazz des années 60 se libère des contraintes du be-bop (celle de divertir les riches Blancs) pour élargir le champ des possibles de sa musique. La musique atonale réintroduit les modes rejetés de la musique tonale autres que majeur et mineur et se libère de la construction harmonique basée sur la dominante. Les notes recommencent à « flotter » librement sans hiérarchie ni privilège constitutionnels et apportent d'autres sonorités (Bartok, Stravinsky, Debussy, etc) à la musique. 1921 : naissance de l'abolition systémique de la hiérarchie : 1923, communication de Schönberg de son système dodécaphonique à ses proches. 1921-23 : Abolition définitive de la domination et de l'obéissance, de l'abus d'autorité et de la soumission constituant le système hiérarchique. Dans l'esprit de la musique. Chaque être (symbolisé par un point : la note) vit les droits de tous les autres, sans droits exclusifs pour un que ne bénéficieraient pas les autres. En 2021 (dans 9 ans), cela fera 100 ans que la musique aura aboli la hiérarchie ou depuis 104 ans en 2012 la musique a aboli la hiérarchie. L'organisation hiérarchique est un modèle unidirectionnel de va-et-vient de la dominante (Ve degré à la 5te) à la fondamentale (Ier degré de la tonique) à laquelle toujours elle revient (le blues est la forme la plus simple que représente cette domination). De la soumission courbée constante à la domination triomphante éphémère. Un régime totalitaire : est l'application constante par la force tonique, à l'obligation de la soumission constante par la domination triomphante (destiné au dictateur) inondée de privilèges et de vénérations; dans ce triomphe l'intervalle de quinte (à la dominante) est constant (sans vouloir redescendre à la fondamentale du 1er degré). L'intervalle de quinte est attaché à la puissance dont le rock est inondé. Une dictature se ternit toujours dans la durée, du fait de sa constance dans une élévation impossible : une résolution demande une fin.

La technique des 12 tons égaux en séries est issue directement de la division en 12 « hauteurs » égales de l'intervalle ou ambitus d'octave : 2 (le double fusionnant). La sonorité spécifique du dodécaphonisme vient de ça. Aujourd'hui, nous savons que toutes autres divisions de l'octave sont possibles, voire au-delà : les divisions non-octaviantes (à l'octave inexistante) par exemple les 53 échelles Shadow-Sky.

La composition de tons [1] en série (All. Reihe ou Tonreihe. Angl. tone row) ne date pas du dodécaphonisme du début du XXe siècle, mais des polyphonistes du moyen âge, voire avant ; initié dans un livre théorique gardé à la Bibliothèque nationale de France depuis 692 ans et jamais publié pour les étudiants en musique d'aujourd'hui, écrit par le compositeur-évêque Philippe de Vitry (1291 - 1361) et intitulé : Ars Nova (en réaction à l'Ars Antica des conservateurs du chant liturgique où la parole primait sur la musicalité, c'est-à-dire où le sens primait sur l'insignifié (l'insensé ?) de la musique). L'Ars Nova marque le début, dans l'histoire de la musique occidentale, du détachement entre le sens des mots (propaganda = communication de la foi) et la musique des mots (musique) au sens devenu secondaire (la fausse idée que la musique qui rassemble ou « apaise les moeurs » vient de là : la musique ne propage pas des idéologies qui fâchent). La publication manuscrite du traité vers 1320 provoqua l'ouverture à l'art des polyphonistes du Trecento (XIVe siècle) français, italiens et flamands. Le traité propose une notation musicale élaborée qui offre de plus larges possibilités rythmiques par des compositions combinatoires de mesures et de durées (au-delà des 2 valeurs de la brève et de la longue. Il lui est attribué l'introduction du rythme binaire autrefois ternaire) initié par la pratique de l'Ecole de Notre-Dame : la Musica Mensurabilis qui a introduit l'écriture mesurée polyvocale à 2, 3 et 4 voix. L'apport des mathématiques dans cette évolution n'est jamais mentionné, car il s'agit bien de l'évolution d'une écriture quantitative de l'audible de la musique destinée d'abord à la voix (choeur) puis aux consorts (orchestres de violes sans voix) [3] : de la « musique comptable ».

 

Il est intéressant de constater que l'état d'esprit des populations occidentales en ce début de XXIe siècle reste encore servile à la hiérarchie cimentée par le mot « respect » (pour obéissance) tourné dans une seule direction (jamais dans l'autre). Vers le haut, vers la gloire et le triomphe à la cime de la pyramide sociale dans une mise en scène spectaculaire du luxe qui provoque volontairement la convoitise. Une représentation de la croyance à cette gloire due à la victoire compétitive crue, à l'honnêteté des règles crues, mais où tout le monde n'a pas accès (même par la loterie nationale). Un leurre à sens unique qui ne fonctionne plus aujourd'hui en musique, sauf dans la chanson toujours tonalisée, c'est-à-dire toujours prisonnière de l'industrie musicale. Aujourd'hui dans la musique « postcontemporaine » (mot comme un autre pour identifier la musique qui vient après la musique contemporaine, oeuvres de compositeurs vivants aujourd'hui, mais que personne ne connait), il n'existe plus un système théorique unique, mais un réseau de manières de faire en perpétuelle invention (savoir ignoré par les conservatoires de musique). L'ouverture du champ théorique de la musique à diverses techniques d'écriture permet l'existence d'une grande variété de musiques, mais qui demeurent censurées par désintéressement et mépris. La musique contemporaine d'aujourd'hui recompose la musique classique romantique du XIXe siècle avec quelques modernités piochées dans le sérialisme intégral des années 50 du XXe siècle pour rester sur la scène. Car l'originalité musicale n'est plus la valeur fondamentale que recherchent les programmateurs de concerts. Les programmateurs de concerts sont à la recherche du remplissage public, public qui ne se déplace que pour le confort de ce qu'il connait déjà (ce qui lui parvient de la télévision qui se dilue dans Facebook qui forme des microclans). C'est en cela, par cette démission face à l'inconnu de l'exploration et l'originalité des oeuvres des artistes vivants que l'on comprend le règne du malaise social : la recherche du confort moral et de la facilité signifie la régression de son intelligence par la banalisation de l'inculture. Le divertissement (passer son temps) a pris la place de la culture de soi (la soif de connaitre). En d'autres termes la fausse « dictature du peuple » (de la classe moyenne au travail) inculte qui ne demande rien, mais qui sert de jauge à « l'indice d'écoute » généralisé à la culture (sa consommation à péage), dicte la programmation des programmateurs de concerts qui doivent remplir leur salle ou leur festival sous peine de voir leur subvention amoindrie ou retirée. La dictature du peuple est en fait la dictature de l'Etat qui se cache derrière le « grand public » à satisfaire en masse pour légitimer sa politique culturelle médiocratique avec le slogan « la culture pour tous » puis « la culture pour chacun » « qui privilégie le divertissement (l'animation) à l’exigence » [2] artistique des oeuvres d'art. « Cette “masse” satisfaite servira ma réélection », pense tout président. Mais après les échecs consécutifs à leur politique de soumission culturelle, l'Etat parle d'éducation, de mission éducationnelle ! (sic), la propagande par le divertissement ne suffit plus, « on ne peut plus allez plus bas ». L’Etat règne en maître démagogue coincé dans son excès d'hypocrisie devancé par l'industrie culturelle. La politique culturelle « volontariste » (sic) publique du monopole étatique souverain retenue dans la bêtise : « toi tu dois aimer ça » = « toi tu dois voter pour moi » (sic) ruine les arts de ce pays depuis plus de 30 ans.

Si la création contemporaine est rejetée par le public, c'est qu'elle ne correspond pas au modèle social en vigueur : le modèle hiérarchique qui prône l'obéissance au supérieur. Mais les valeurs de supériorité et d'infériorité sociales ne sont pas attribuées en fonction des capacités des individus, de travail, de résolution des problèmes et d'imagination. Mais en fonction du rang social, du contexte favorable ou défavorable dans lequel ils naissent. Aujourd'hui, les postes dominants des décisionnaires sont dominés par l'incompétence. L'incompétence qui se cultive par l'absence d'effort (d'entrainement) de son intelligence, à vouloir tout, tout de suite, dans l'immédiat sans effort : un état de caprice qui favorise la fermeture d'esprit et l'ouverture à la bêtise. L'idiotie des « gosses de riches » (sic) est un phénomène constant dans le bain du caprice permanent. Le mépris est un masque à sa bêtise. La bêtise au pouvoir ne peut s'exercer qu'à nuire aux autres, par l'affirmation de sa domination en prenant les mauvaises résolutions par incapacité de bon sens : le pouvoir de faire souffrir prouve sa domination incapable. C'est en cela que nos sociétés sont autodestructrices, car les dominés laissent faire les dominants (achètent et souffrent et « trouvent ça normal » sic) malgré l'absurdité des décisions (facile) qui nuisent à tous (les dominants y compris, mais les dominants préfèrent s'anéantir plutôt que de lâcher leur pouvoir). Aussi les postes dominants se caractérisent par des salaires plus importants que les postes serviles caractérisés par l'absence de penser (absence d'esprit critique et de responsabilité). C'est une motivation très forte qui corrompt la mission engagée par ces postes. Le salaire est plus important que le travail aux yeux des individus, ce qui corrompt le travail du salarié et l'entraine dans l'hypocrisie. Plus le salaire est confortable, plus le travail est corrompu. Le salaire supérieur ne fonctionne en aucun cas comme une récompense à ses efforts de travail journalier comme il est cru, mais comme un dû à son effort d'ascension dans la hiérarchie du monde du travail.

Les personnes éveillées ne sont-elles pas assez nombreuses pour stopper ce désastre ? il semble que non. Et la question qui vient à l'esprit est : quelle est la motivation des êtres humains à s'engager dans l'obéissance absolue (la police, l'armée, les gangs) pour tuer et faire souffrir les autres qui n'ont pas les mêmes idées ? Est-ce une frustration démesurée de sensation d'impuissance envers soi à compenser ? Dans l'obéissance, mon je souffrant disparaît ? L'obéissance dans ce cas reste une forme de suicide de soi dans le dénigrement de soi : ma volonté, ma dignité disparaissent pour obéir. Le contraire est impossible.

 

Provenance de notre modèle social

 

D'où provient le modèle hiérarchique de nos sociétés ? du modèle de l'armée, nous dit Roger Caillois dans son livre « Bellone, la pente de la guerre » en 1962 qui trace l'idée de la guerre de la Chine classique jusqu'à à la bombe atomique (sans chapitre sur la guerre napoléonienne). L'armée offre le modèle et l'idée de l'Ordre, régenté par l'obéissance à un supérieur pour un résultat disciplinaire (règles de conduite imposées avec l'idée d'y obéir) absolu. L'Ordre est le résultat de la discipline obéie. L'idée d'un mécanisme implacable avec absence nécessaire de morale : une machine à tuer. Où toute liberté est absente : l'absence cultivée de la capacité de décision pour soi. Le robot est d'abord une machine (une horloge mécanique) à tuer, le temps et les ennemis (idée des autres qui n'adhèrent pas aux mêmes idées, qui sont contre ses idées : la minorité des rebelles). La conviction régnante est que la victoire d'une guerre ne se réalise que par l'Ordre (l'exemple de l'armée de la Rome antique reste entretenu, bien que l'idée antique ne fut pas le massacre de l'ennemi, mais la reconnaissance de sa défaite). L'idée et la réalisation du massacre massif sont récentes : elles datent du XXe siècle pour la guerre (14-18) et du XIXe siècle pour la révolte à étouffer (la Commune). L'épanouissement de la domination qui est un des aspects de la pratique sexuelle, une de ses jouissances, s'opère dans le contexte d'une constante possible offensive ou d'une défensive toujours offensive. Les armées occidentales se positionnent toujours en agresseur (en dominant) jamais en défenseur (en dominé). Prendre le rôle du violeur et non du violé, pour un viol collectif organisé : la guerre. Le modèle du violeur est celui du dominant qui affirme sa domination par l'humiliation de l'autre pour sa « dignité » (sic). L'humiliation est le résultat du viol physique et surtout psychologique dont la marque reste plus longtemps, et dont la torture est issue. L'Europe ou la civilisation occidentale n'a été que très rarement agressée par une civilisation extérieure, les Huns entre le IVe et le Ve siècle, les Maures au VIIIe siècle, les Sarrasins entre le IXe et le XIIe siècle restant sur les côtes méditerranéennes (les Normands ou les Hongrois étant des Européens), les Américains au XXe, mais ce sont des Occidentaux. La civilisation occidentale est la plus agressive de toutes, elle pratique l'ingérence en permanence avec le mythe entretenu d'Alexandre le Grand (qui était petit comme Napoléon et Hitler et roi de Macédoine à 20 ans qui conquit la Perse jusqu'en Inde pour mourir à 33 ans au IVe siècle av. J.-C.) jusqu'à la « Globalisation » actuelle orchestrée par les Américains (l'invasion planétaire et la destruction des cultures populaires locales). Elle est la première productrice d'armement (Américains, Russes, Français, Britanniques rejoints par la Chine) : première productrice d'armes qui tuent à distance, dont le summum de lâcheté est la bombe atomique (sans parler des armes chimiques) dévastatrice de toutes vies. Des armes (de destruction en masse) pour des lâches qui ne combattent pas au corps à corps et se réfugient dans l'assassinat robotisé (drones ou micros robots télécommandés). L'industrie de l'armement est dominée par l'Occident, elle reste un danger permanent pour toutes les autres civilisations (et certaines réagissent avec le trop peu de moyens : la Corée du Nord peut être anéantie en quelques heures par la coalition occidentale et le monde musulman humilié ?). Aussi l'Occident n'a jamais opéré une stratégie de défense des civils, dont tout pouvoir offensif n'a cure. Depuis la guerre du Vietnam, les civils sont considérés comme une arme stratégique : à être de la « viande bouclier ». L'argument qui est avancé pour expliquer cette position du dominant violeur sur le reste du monde est la garantie de la paix (sic). Depuis 1945, plus de guerre en Europe, sauf celle de l'explosion de la Yougoslavie dans les années 1990, une guerre civile (?) intra ethnique. La « guerre froide » entre l'Ouest et l'Est (entre pays capitalistes et pays communistes) ou l'instauration quotidienne de la terreur d'un risque de bombardement nucléaire à tout instant a régné 44 ans. Les années 50, 60 et 70 ont connu les « soulèvements de la jeunesse » contre toutes formes d'agressions, d'abus d'autorité et de racismes. La paix est inexistante que dans son propre isolement : la guerre est le fondement de nos sociétés figées dans la hiérarchie.

La première question qui vient à l'esprit est : pourquoi avoir choisi un modèle militaire pour l'organisation des civils en société  ?

Est-ce l'expérience de la Commune de 1871, le plus gros soulèvement populaire de l'histoire occidentale réprimandé dans le sang ? (Toujours absente des livres d'histoire scolaires au XXIe siècle.) Ou est-ce la société civile qui doit soutenir la société militaire dans ses actes d'agressions envers les autres civilisations dont le civil n'a cure que son confort personnel, ni réelle information. A part les grands rassemblements contre la guerre du Vietnam dans les années 1960, depuis plus rien et pourtant ce ne sont pas les offensives qui manquent, mais restent (après la mésaventure du Vietnam) plus discrètes dans les médias par l'information divulguée bien choisie. Aujourd'hui, il n'y a plus d'armée de réserve, des jeunes citoyens obligés au « service militaire », obligatoire pendant 1 an (2 dans les pays de l'ancien bloc de l'Est) qui avivait l'indignation de la jeunesse de la seconde moitié du XXe siècle. Jean Jaures était convaincu que le peuple identifié à l'armée donnera une « cohésion sociale » et décuplera sa puissance face à l'ennemi allemand : l'armée pour Jean Jaures réalise l'égalité sociale (sic) (nous dit Roger Caillois) c'est en cela qu'elle devient le modèle de nos sociétés, car elle devient synonyme de démocratie (obéissance = démocratie). Nous sommes à la veille de la Première Guerre mondiale en pleine contradiction enflammée du sentiment patriotique qui donnera le massacre massif que l'on connait. Tout comme dans l'armée, « l'obéissance aux supérieurs » est le ciment hiérarchique de nos sociétés prêtes à l'agression (commerciale) qui cultivent la peur pour justifier cette agressivité permanente (perdre son boulot = « perdre son intégrité » pour son désoeuvrement : le robot sans maître). L'agression est toujours médiatisée en une réponse à une agression étrangère : ce qui est faux, c'est de la propagande médiatique pour faire adhérer l'opinion publique à ses ingérences (une forme de colonialisme moderne soutenu par les ONG). Une agression répond toujours au désir de vente (d'armes) de l'industrie occidentale (dont les Chinois se posent en concurrent). Au XXe siècle, la guerre est devenue aussi économique jusqu'à ruiner des nations au XXIe siècle, sans armes meurtrières (létales) bien qu'elle affame les populations visées. L'histoire se répète puisque l'une des actions des banquiers (usuriers des marchés au change) du bas Moyen-âge créaient déjà des « mutations » de monnaies (dévaluations et réévaluations) qui déclencha entre autres la guerre de 100 ans de 1338 à 1453, l'apauvrissement des populations et les épidémies de peste [5].

Le refus général de la liberté

La notion de supériorité ou d'infériorité ne repose sur aucune valeur réelle, et reste comme toute notion, relative : une connaissance vague ou une évaluation impossible. La supériorité est l'imposition d'une soumission violente par l'humiliation. La notion d'autorité qui en découle qui base sa supérioté sur le savoir-faire et l'expérience, dépend du contexte et du conditionnement du savoir. Et un savoir reste toujours une croyance conditionnée par le contexte de la connaissance. Grader dans une graduation, ne dépend pas de la compétence du gradé par son titre, mais de sa compétence à s'élever dans la graduation par un jeu d'influences. Plus le grade est élevé, plus le gradé a une capacité à manipuler les autres, en d'autres termes à les tromper.

La culture de l'obéissance commence au sein de la famille : dans nos sociétés hiérarchisées, le père (d'abord pour notre société patriarcale) puis la mère (qui se transforme petit à petit en père) doivent être obéis par les enfants. Puis vient le conditionnement de l'école. Les enfants (et les populations infantilisées) doivent obéir sous le critère de l'inexpérience, du gâtisme, de l'ignorance, et de toutes formes de comportements dominables où toute « faiblesse » doit être conduite par la « force ». Aussi, ils obéissent pour ne pas souffrir de la punition. Mais cette « hiérarchie de la force » ne se révèle pas telle qu'on se la représente : les décisions « au sommet » ne sont pas plus intelligentes à résoudre un problème de société qu'à la « base », voire moins puisque les privilégiés « du sommet » ne sont pas concernés. Comme nous l'avons dit, c'est le mensonge du jeu d'influences qui « hisse » le prétendant au sommet de la hiérarchie, pas les compétences de son grade. Je m'étonne toujours de constater comment on peut encore « faire confiance » à un président. Une société hiérarchique ne peut être que corrompue, car l'effort de se hisser au sommet demande d'autres compétences (celles de tromper) que les qualités crues qu'un dirigeant doit posséder.

Une société de forme hiérarchique est en contradiction avec la démocratie qui ne demande qu'au « peuple » son approbation usurpée sans être réellement informé. Une société de forme hiérarchique ne peut s'encombrer de liberté puisqu'elle lui est hostile, elle l'annihile. La liberté reste au niveau de l'espoir et de la croyance d'un possible, mais jamais réalisée, car sa réalisation serait la ruine de nos sociétés hiérarchisées. L'exemple de la dernière liberté réprimandée date des années 1970 (post 68, moquée aujourd'hui), elle reste l'exemple le plus proche de nous, réprimande qui règne toujours aujourd'hui. Si la liberté est absente de nos sociétés, c'est qu'elle n'est pas souhaité, si elle n'est pas souhaité, cela signifie que nos sociétés sont peuplées majoritairement d'esclaves qui ne la souhaitent pas.

Maintenir l'Ordre
par la Bonne discipline :
La surveillance permanente visible et invisible
tout le temps et partout
Est la condition d'une société hiérarchisée.
Une absence voulut de la liberté.

Discipline, du latin classique disciplina, qui signifie : enseignement. Le glissement de sens de l'activité (branche du savoir qui fait l’objet d’un enseignement) à l'obéissance à des règles de conduite date de l'instauration de l'idée de l'Ordre. C'est-à-dire à l'imposition du modèle de société basé sur l'obéissance à la hiérarchie. Le modèle militaire au désir de domination, aussi bien des dominants que des dominés.

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Dans ce contexte, il est extrêmement difficile d'exprimer sa liberté artistique en public et d'autant plus de cultiver l'originalité. L'originalité qui est considérée comme une insurrection, une agression à l'obéissance générale qui est établie : un acte terroriste (qui terrorise). Une idée pensée, mais pas encore appliquée dans la répression. La répression actuelle se situe dans l'ignorance de l'existence même de l'artiste, de son oeuvre qui porte cette originalité : son enfermement dans l'anonymat.

 

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ARTS INFORMATION ET COMMUNICATION

Qu'est-ce que l'acte de création ?

de Gilles Deleuze
extrait des Mardis de la Fondation, 17 mars 1987

« La communication c'est la transmission et la propagation d'une information. Une information, c'est un ensemble de mots d'ordre. Quand on vous informe, on vous dit ce que vous êtes sensés devoir croire. Les déclarations de police sont dites, à juste titre, des "communiqués" ; on nous communique de l'information, c'est-à-dire, on nous dit ce que nous sommes censés être en état de croire, ce que nous sommes tenus de croire. Ou même pas de croire, mais de faire comme si l'on croyait, puisqu'on nous demande pas de croire, mais de nous comporter comme si nous le croyons. C'est ça l'information, la communication, et indépendamment de ces mots d'ordre, et de la transmission de ces mots d'ordre, il n'y a pas de communication, il n'y a pas d'information. Ce qui revient à dire que l'information, c'est le système du contrôle.

L'oeuvre d'art n'est pas un instrument de communication. L'oeuvre d'art n'a rien à faire avec la communication. L'oeuvre d'art ne contient strictement pas la moindre information. En revanche, il y a une affinité entre l'oeuvre d'art et l'acte de résistance. Mais tout acte de résistance n'est pas une oeuvre d'art. Comme toute oeuvre d'art n'est pas un acte de résistance, et pourtant, d'une certaine manière, elle l'est.

Informer, c'est faire circuler un mot d'ordre. »

 

Nous savons (et maintenant tu sais) à quoi servent « les informations télévisées » presse et radiodiffusées : à créer les sujets du spectacle banalisé du jour, avec « ce que nous sommes sensés devoir croire », avec « ce que nous sommes censés être en état de croire », avec « ce que nous sommes tenus de croire ».

Un ministère de la Culture et de la Communination porte son titre bien signifié : celui de dire contrôler et de censurer ce qui est communiqué de la culture (« du peuple pour le peuple » dont le concept homogène se remplace par l'idée hétérogène de « populations » au pluriel) : de l'ensemble des connaissances, des manifestations intellectuelles et artistiques, et des formes acquises de comportements (par la désinformation) tenus par la morale (qui a la capacité d'indigner pour s'ingérer dans les autres cultures : les violer). La censure s'exerce au ministère, en attribuant ou pas la subvention. En effet, la communication n'a rien à voir avec l'art.

 

L'Acte de Création

à Mathius Shadow-Sky

L'artiste pour l'art n'ordonne pas, n'oblige pas à croire, n'oblige pas à un comportement de soumission, ni à vouloir faire croire des mensonges, ni à soumettre à la servilité, ni à se satisfaire de la croyance que donnerait son oeuvre : qui serait hors propos, car par l'oeuvre d'art il n'y a pas de propagande, il n'y a pas de propagande, car il n'y a pas de sens à suivre, il n'y a pas de sens à suivre, puisque la langue de l'art n'est pas une langue, la langue de l'art n'a pas de signifié, l'art ne signifie pas (l'ordre signififié soumet obligatoirement à son exécution), l'art agit la vie, le vivre, de ce que l'humain peut faire, de ce que l'humain puisse s'enchanter avec sa capabilité (sensibilité, intelligence, inventivité, originalité) à réaliser une oeuvre d'art qui touche. La politique (l'art (sic) de gouverner) fait exactement le contraire : elle ordonne, communique, informe des paroles signifiées à croire pour être obéies et s'y soumettre en permanence : faire son devoir de croire de ce qui est ordonné (par les lois « éternelles » sic). L'art est l'exact opposé : l'art propose, il n'ordonne pas, il dispose, ne régule pas. L'art responsabilise les êtres humains dans leur autonomie d'apprécier une oeuvre insignifiée (qui ne commande pas d'être agie par un ordre), mais signifiant le fait même de vivre dans son autonomie (= sa désobéissance) : le miroir de sa liberté. Désobéir, c'est créer une oeuvre unique et originale. Dans la pratique de l'art, s'il y a règles et lois, elles ne servent qu'à leur transgression, le contraire crée « l'art académique » apprécié uniquement par quelques fonctionnaires du pouvoir politique. 

 

Suite (2015)

Deleuze informe-t-il disant ça ? En quoi n'informe-t-il pas si on le croit ?
Dans la croyance, il n'y a rien à discuter ni à douter ?

et communication

« Quand on vous informe, on vous dit ce que vous êtes censés devoir croire. Ou même pas de croire, mais de faire comme si l'on croyait, puisqu'on nous demande pas de croire, mais de nous comporter comme si nous le croyons. » (nous dit Gilles Deleuze en 1987). De manière subtile (indétectable), l'information soumise doit provoquer le comportement escompté. Le premier : l'indignation (dont la presse, les partis politiques, les religions et les oeuvres de charité et de solidarité abusent pour obtenir de nouveaux adeptes). L'indignation renforce la morale de l'opinion publique, opinion qu'il s'agit pour les gouvernants de manipuler à leur avantage. Puis en second la conviction. Par sa manipulation, c'est l'opinion publique qui décide de sa propre soumission, de sa misère, par son obéissance ou pas : en cas de résistance, l'industrie de l'influence rentre en jeu [1]. La morale renforcée par l'indignation et la conviction donne le pouvoir à l'élu d'agir au nom du peuple (qui est en réalité une minorité électrice). Position qui pardonne les ingérences à répétition de l'élu pour que la procédure de l'élection soit répétée, perpétuée et perpétrée et l'idolâtrie maintenue.

Communiquer
est emprunté au latin classique « communicare » qui signifie : partager et « communicus » qui signifie : être en relation avec une fonction, une charge et « communis » qui signifie : commun. La communication avec l'idée de mise en commun, de participer, d'échanger des propos, des actions, date de la fin du XIIIe siècle. C'est à partir du XIXe siècle qu'elle change de sens pour se restreindre à un sens unique : produire un message entre un émetteur et un récepteur puis un émetteur et plusieurs récepteurs (jamais dans l'autre sens, la hiérarchie l'interdit) avec l'arrivée de la technologie des « médias de masse » (presse en 1787 et publicité en 1840). La communication est devenue un commandement à partir du moment où le sens est devenu unique, c'est-à-dire, à ce que le récepteur ne puisse pas répondre, ne puisse rien dire de l'information reçue : soit par sa position hiérarchique inférieure, soit par le média (où l'information ne circule que dans un seul sens), soit les 2 ; et généralement les 2 fonctionnent ensemble.

la lettre
Un médium comme la lettre (courrier écrit sur feuille de papier ou carte transmise par la poste) possède les 2 formes : celle du commandement (représenté majoritairement par les factures : la lettre imprimée) et celle du dialogue, de l'échange de lettres (représenté par la lettre manuscrite que l'impression numérique supplante). L'écrit imprimé et publié n'a pas la même valeur que l'écrit manuscrit (sauf quand l'auteur a acquis la notoriété nécessaire pour intéresser les collectionneurs à la transaction commerciale de la vente aux enchères). La lettre imprimée montrait un pouvoir technologique que la lettre manuscrite n'a jamais possédé. Le manuscrit est unique, l'imprimé est multiple. Pour un artiste, avoir son oeuvre imprimée et publiée signifie : la reconnaissance sociale. (Cette croyance persiste encore à l'âge de l'échange numérique). Pourtant, chacun sait que tout dépend de la tendance à ce que la clientèle croit avoir en achetant ce qui est commandé d'acheter pour être dans la tendance de ce que les autres achètent : pour parler de la même chose et ne pas avoir le sentiment d'être différent pour être rejeté de la communauté. Ça, tout « homme d'affaires » le sait. C'est d'autant + facile, car la majorité de la population humaine est désoeuvrée (ne crée pas, est conditionnée = éduquée pour obéir) : elle s'ennuie si elle n'est pas asservie et divertie. Esprits rendus encore + malléables par leur infantilisation (les peurs de l'enfance maintenues dans le corps adulte). Au pouvoir de la lettre imprimée à en-tête s'ajoute et le style et l'orthographe objets de discrimination (atténuée par les correcteurs électroniques). Le courrier électronique n'a pas le statut dominant comme le commandement écrit imprimé de la lettre par la poste (avec « accusé de réception ») : la justice, les avocats et les huissiers utilisent le courrier imprimé pour confirmer leurs actes de saisi. Le courrier électronique (email) n'a pas la position dominante du courrier imprimé : la réception est (encore) invisible (improuvable).

La télévision
est le médium majeur à sens unique. La transmission de l'image animée en temps-réel (broadcasting in real-time). Majeur, car il est quotidiennement consommé par des milliards d'êtres humains. Principalement. Pour tuer l'ennui. Pour s'évader dans l'impensable (et le dépensable). La télévision opère un lien visuel électrique entre celui qui est filmé et celui qui le regarde sans être vu. C'est une situation de voyeurisme intense : d'être là-bas sans être là-bas + de voir sans être vu. Cette déportation opère une évaluation faussée du là-bas, le rapport passe par l'interprétation du reporter et la censure du pouvoir public et de la chaîne pour entretenir la croyance qui convient. La télévision est la diversion lénifiante et bêtifiante majeure du récepteur-spectateur à l'esprit docile. Comme le cinéma, entreteneur des mythologies contemporaines, mais le cinéma n'est pas quotidien. La télévision est la compagne quotidienne à la maison. 99% de la population mondiale regarde la télévision. Le cinéma, c'est la sortie de la maison (le samedi soir après la semaine de boulot ou d'école).

Toutes nos formes de communications modernes ont été créées d'abord pour la guerre : le train pour emmener et ravitailler les troupes en masse au combat, la poste, le télégraphe, le téléphone ont servi, loin des hostilités, à faire parvenir les commandements aux troupes en assaut. Elles passent dans le civil (uniquement pour le seul profit commercial) après l'obsolescence de l'usage militaire. Ce qui est appelé « progrès » est confondu avec l'idée de l'évolution des espèces posée par Charles Darwin (1859) [2] ou l'avancée des troupes conquérantes pour la colonisation ? Le « progrès » est une technologie de domination, de servage et d'invasion. Qui se confirme en 1948 avec la publication des théories de l'information et des systèmes de cybernétiques, réactualisées dans les réseaux électriques de communication en langage binaire : en 1945 le supercalculateur ENIAC est conçu sous le secret militaire.

La télévision n'a pas servi directement d'arme de guerre comme technologie de communication (technologie inutile au front ?), mais elle s'intègre dans l'espace public comme outil de propagande, d'endoctrinement et de censure. La technologie de la télévision elle-même n'interdit aucun sens (Internet qui l'a supplante le montre), c'est l'intention de domination qui crée le sens unique du monde de la télévision. Ce sens unique est amplifié par la croyance : « plus l'émission est stupide, + il y aura de spectateurs ». La pêche à l'audimat commence en 1939. Ce qui donne un médium qui méprise, qui agresse, un médium publicitaire lâche et menteur servant la propagande, l'endoctrinement et la censure c'est-à-dire la désinformation [3] publicitaire.

À quoi sert la communication ?
Elle sert à commander à distance, soit directement (l'ordre, l'ordonnance, la mise en demeure, la facture), soit indirectement (l'endoctrinement par la désinformation, la publicité, la manipulation idéologique).
L'école est un médium à sens unique direct : l'Institution du Conditionnement Social qui exige l'obéissance absolue et le devoir (comportement qu'on retrouve dans le fonctionnement de l'armée et de la police et des administrations publiques et privées).
Le livre est aussi un médium à sens unique (l'auteur est injoignable parcequ'il est mort ou parcequ'il est loin). Mais qu'est-ce que le livre a de différent par rapport aux autres médiums ? Il n'est pas (quasi) immédiat : un livre demande du temps à être lu et compris. Un ordre ne peut être que court pour être réalisé : « fait ça ». Un ordre long n'est plus un ordre, mais un programme. Un programme crée un comportement qui est crée par l'endoctrinement : les suites d'actions à réaliser sont réalisées par le dressage : l'apprentissage obligé de l'être à conditionner (animal, humain, mécanique ou numérique). Une fois enraciné, le comportement endoctriné est permanent (pris pour soi vrai), c'est une dépossession de soi, une dépossession de sa volonté, son automatisation (automation) prévisible favorable à l'escroquerie du commerce politique. Lire, demande un effort intellectuel de comprendre. Lire demande à se détacher du monde. Lire demande d'être dans un lieu qui ne perturbe pas la concentration. Le transfert cinéma du livre accélère la lecture, mais accélère en même temps la considération qui transforme la réflexion en opinion.
La Bible commande : son but (comme toute propagande) est de convaincre (à l'incroyable) pour obtenir une soumission au diktat de l'Église et une permanence du fidèle endoctriné. Il n'y a pas d'échanges, de dialogues, de discussion possible puisque le croyant est une personne convaincue (vaincue avec) « qui trouve ce qu'elle cherche puisqu'elle connait la réponse ».
La philosophie au contraire questionne, cherche, échange, dialogue, discute. Pourquoi ses idées sont-elles inscrites dans des livres ? Pour les étudier, les comprendre et faire évoluer l'état d'esprit de la réflexion qui développe l'intelligence de l'action.

La musique enregistrée pour l'industrie du disque, la peinture photographiée, la poésie imprimée pour l'édition, le cinéma pour l'industrie du film

La technologie des techniques d'enregistrement du son (musique), de l'image (photographie, cinéma, vidéo), de l'impression (roman, essai, poésie), des algorithmes (programmes informatiques et jeux) a provoqué le passage entre « l'expression directe des arts » et « l'industrie culturelle déplacée » (l'invasion déplace dans l'espace et diffère dans le temps) pour trébucher dans « le divertissement des masses » (au sens dissimulé de « diversion de l'attention du peuple » sic, des faits qu'il ne doit pas savoir qui dans le cas contraire n'accepterait plus sa soumission). Le concept de « l'industrie culturelle » est né après la Seconde Guerre mondiale. Le « microsillon », le disque, support d'enregistrement principal de la musique (art sonore sans signifié) traverse les frontières culturelles des langues étrangères entre elles. La Seconde Guerre mondiale est « libérée » dans le rock and roll américain (symbole de la jeunesse libre : du sexe, de l'ivresse, de la vitesse) et en même temps une distribution commerciale manipulée par les groupes hégémoniques de la communication : RCA (radio NBC 1926), CBS radio (1927), Universal cinéma (1912) music (1934), Warner (1923) puis le dernier venu, le japonais Sony (1946 qui rachèrte Colombia à CBS en 1987). L'hégémonie audiovisuelle reste toujours à 5 en 2015. L'industrie culturelle pose un profond paradoxe (qui est aussi le paradoxe du copyright) : l'exclusivité d'un produit culturel original, multiplié par le + grand nombre de copies possibles, qui doivent être désirées par toutes les cultures de la planète, par chaque individu qui doit s'approprier sa copie. Le rock and roll électrique bruyant et agité américain (basé sur le mode pentatonique universel = gamme musicale à 5 tons qui se retrouve dans toutes les cultures) devient le symbole de la jeunesse mondiale « libérée ». La notoriété des interprètes mondialisés attire des prétendants et des prétendantes qui créent une compétition violente et cruelle dans le bain du mépris. L'ampleur mondiale de la distribution crée le star-system (1910). Aujourd'hui, l'objet physique est un « collector », la distribution est numérique (téléchargement de fichiers dans le réseau Internet) et Apple en imposant son lecteur et son format iTunes s'empare de l'exclusivité de la musique vendue en fichier sur Internet. « L'industrie culturelle » s'est adaptée au nouveau format et perdure sa domination hégémonique (la production et la distribution massives de films américains jusqu'à utiliser l'argent des contribuables de chaque pays à interdire le téléchargement gratuit de films et chansons qu'elle a contribué à mettre en ligne). La guerre psychologique « bat son plein ». Le star-system a trouvé un autre réseau, ceux nommés « réseaux sociaux » (sic) où toutes celles et ceux inscrits soulagent leur narcissisme frustré et leur ego oublié en dévoilant leurs vies privées qui aide les publicitaires à cibler les produit à leur vendre.

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L'information n'alimente pas le savoir, elle confirme la conviction. (Est-ce une information ?)

 

Notes
[1] Le sondage d'opinion publique est créé en 1938 avec l'IFOP -institut français de l'opinion publique- (entreprise privée) par un professeur de sociologie de la Sorbonne après l'American Institute of Public Opinion en 1936.
[2] Le sous-titre « DES LOIS DU PROGRÈS CHEZ LES ETRES ORGANISES » à l'introduction de l'Origine des Espèces par Charles Darwin est dû à la traductrice française et non à Darwin lui-même. Une provocation qui portera à confusion. http://darwin-online.org.uk
[3] « ensemble de techniques de communication visant à donner une fausse image de la réalité, dans le but de protéger des intérêts privés et d'influencer l'opinion publique. » wiki fr 2015

 

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POSITION

Voici une lettre envoyée au compositeur Gérard Hourbette, du groupe Art Zoyd, qui discute de la mécanisation de la musique, ses sources et ses conséquences pour en arriver à la situation du compositeur aujourd'hui : août 2014 (100 ans après la Première Guerre mondiale).

 

Ta réponse Gérard

« Ne plus pouvoir jouer d'un instrument de musique » et « la “poésie” de l’implacable ou de “l’horlogerie” » m'inspire une réflexion (ou fait rejaillir le fond de ma pensée, moteur de ma démarche artistique)

 

Ne plus pouvoir jouer d'instrument de musique, est une (très) mauvaise nouvelle, pour un musicien. Je comprends alors ton attirance pour « la “poésie” de l’implacable ou de “l’horlogerie” » de l'automation des machines qui remplacent ton geste musical d' « une maladie (pas grave) mais qui m’oblige au fauteuil roulant… » : elles, ne fatiguent pas, avancent toujours (au moins donnent l'illusion) car sans électricité ni entretien ni réparation en permanence ni pilotage, les machines tombent en panne et presque comme nous n'avancent plus et cessent de fonctionner (bien que malade et handicapé, nous fonctionnons toujours). Faire jouer (sa musique par) un ordinateur en concert en multitâche en temps réel, c'est prendre le risque de la panne, et pour l'éviter, on ne peut que lui donner des tâches (opérations) simples : play/stop [1].

Diriger le temps pour vouloir rester en vie dans l'éternité à travers le mécanisme des machines. Est une illusion. Les horaires que l'horloge (de 12 heures, ou 12 1/2 tons) pourvoit, donnent la cadence du travail en société (la caricature de l'industrie du travail « à la chaîne » dans Metropolis) et l'allure et la disposition déterminées de la séquence musicale immuable. Est une illusion (de pouvoir). Mais cette cadence mesurée, une pour tous, n'est pas une réelle nécessité pour : inciter au travail (éviter la paresse dans une civilisation en guerre permanente. Il n'y a que la guerre qui rend le travail obligatoire). Ça a donné : le travail horaire qui compte les heures de son servage dans sa paye : une corruption. Nous artistes, avec un travail horaire, aucune oeuvre ne pourrait être réalisée, ou prendrait une durée qui la diluerait au point de lui retirer son sens qui est le résultat de l'art corrompu d'aujourd'hui. Soudoyer pour avilir. Le travail horaire ne sert que l'Administration des fonctionnaires (la muraille protectrice du gouvernement oisif au pouvoir) et les cadences ouvrières dans les usines et les bureaux. Les intermittents comme les bureaucrates et les ouvriers sont des fonctionnaires : des soldats : des actants soldés. L'horloge est un outil de pouvoir politique et de stratégie militaire (comme le téléphone) pour synchroniser une attaque dispersée à distance. Au contraire de l'agression dans l'encerclement à distance : une société à différents horaires avec une infinité d'horloges relativise la synchronisation des dispersés à distance et valorise le rapprochement : la musique antiacte de guerre. Ne pas avoir de musique aujourd'hui (la possibilité d'une musique vivante originale) signifie que nous sommes en guerre. Survivre + que vivre signifie que nous sommes en guerre (Lao Tseu). La guerre est un contexte d'actions d'activités créées par notre espèce (la « guerre mondiale » est une oeuvre créée par le Blanc occidental) : une organisation stratégique qui oblige l'hostilité de sa société : le socialisme est une organisation sociale civile de la guerre au modèle militaire : hiérarchie, obéissance, sanction, etc. (Roger Caillois). Notre civilisation a instauré la guerre mondiale perpétuelle qui prend des formes différentes : de la guerre atomique froide nous sommes passés en guerre économique globalisée où chacun se bat contre tout le monde : les richesses contre les pauvres à appauvrir qui doivent survivre pour enrichir les richesses.

Mon désir de polyscalarités en trajectoires spatiales sans discrimination ni disparition d'identité dans la fusion = de l'octave dominant au point d'annihiler les autres (ses abords annihilés de l'implosion fusionnelle avec le maître) ≠ champs nonoctaviants [2] disséminés mouvants dans l'espace-temps, sans domination, avec considération des autres dans la théorie des Champs Scalaires sert à donner existence à toutes les autres sonorités d'horloges scalaires cycliques, non-cycliques et quasi-cycliques possibles qui localisent l'infinité de modes, de gammes et d'accords à « danser » ensemble dans une artmonie (l'art des sonorités d'êtres à vibrer ensemble) où le temps n'est plus une mesure (une dimension coordonnée), mais un champ dans lequel on ne craint pas les mouvements des identités en métamorphoses qui ne sont pas sous contrôle : « vos papiers s'il vous plait » : non, ça ne me plait pas. Je n'ai pas de papier, ni de nationalité. Personne ne peut interdire l'accès à un pays avec une agression armée qui prive de liberté, prête à l'assassinat comme le banalise notre pays et tous les autres enrichis par la guerre et le pillage colonial. Diriger, commander, ordonner signifie qu'il y a des humains soumis, prêts à obéir : parce qu'ils ne savent pas quoi faire d'eux-mêmes, ils ne savent pas quoi faire de leur vie. Cette obéissance aveugle (« je fais ce qu'ON me dit de faire » = je ne suis pas responsable de mes actes) a permis la « guerre mondiale » (Hannah Arendt, Stanley Milgram).

L'armée, la police, la fonction publique, fait des humains des machines costumées irresponsables. Des machines pour obéir, des êtres mécaniques obéissants sans aucune hésitation (Michel Foucault). La machine à exécuter, à tuer de la magistrature : pour vaincre = imposer la peur par sa domination (instaurer le danger social permanent) : ne peut pas hésiter. Impitoyable, se doit d'être impitoyable pour justifier sa fonction, jusqu'à vouloir « pulvériser » toute existence résistante, pour ne garder et cultiver qu'un seul mode de vie : la soumission à la hiérarchie pour la domination de l'autorité qui joue des autres. La guerre sert à ça : à ne pas partager. Civile ou internationale, c'est la même chose. Mais même mécanisé : éduqué = conditionné, cultivé (entretenu), payé soudoyé et drogué, l'humain n'est pas assez docile, pas assez « fiable » à l'ordre, à l'exécuter.

Si la technologie numérique prend des proportions hégémoniques à la fin du XXe siècle (après 40 ans de « guerre froide » entre « services secrets »), c'est grâce à l'armée (principalement américaine) dont les budgets colossaux demandent à développer des machines à tuer sous contrôle qui doivent remplacer les soldats ; beaucoup plus économique que le fantassin de l'enfanterie de l'infanterie des premières lignes de l'avant-garde qui bouffe, qui picole, qui chie, qui pisse, qui doit se laver et changer de vêtement sinon il pue, qui dort, qui meurt et pourrit, etc., et tire à côté. Tous les désagréments qu'un robot (= ouvrier = robotnik des Slaves = esclaves) n'a pas : réalisé dans les « drones » (mini avion tueur piloté à distance : la guerre des lâches) et autres microrobots tueurs, assassins. Pourtant, nous savons tous que la machine « plante » : la panne sans prévenir et qu'à n'importe quel moment, sa mémoire (les ordres inscrits donnés) peut disparaître. Mais la croyance du contraire se réfléchit dans le cinéma américain. Le médium ultime de la propagande. Le mensonge entretenu d'une technologie impossible, mais fantasmée et crue réelle.

La musique est l'exacte opposée de la guerre : le contexte hostile où s'épanouit la guerre empêche toute musique. Les signaux sonores d'attaque ne sont pas de la musique, mais une àl'arme audible d'ordonnance - la 5eme de Beethoven commence comme ça : ta ta ta taaaaaa, puis vient la musique. Le contexte convivial où s'épanouit la musique empêche la guerre. On ne peut pas tuer dans la sympathie ses amis. Pour inciter la guerre (et l'économie), il faut cultiver : la haine, la rancoeur, la frustration, etc. : motivation à la vengeance du faux innocent, de la victime qui se fait attaquer qui provoque et réalise elle-même cette agression : Pearl Harbor et les Twin Towers pour les + spectaculaires. Un prétexte légitime à l'attaque est communiqué aux populations : signifie que le gouvernement occidental redoute toujours le mouvement de la foule : le soulèvement du « peuple » : la terreur du désordre : de tout ce qui n'est pas inhumainement organisé dans l'ordre de la machine exécutante.

Les machines et le calculateur en premier sont aussi des outils (tools, hardware). Un outil, un instrument (de musique) n'a que le moteur que l'humain lui apporte pour être mis en action. Une bagnole a un moteur, mais l'autonomie lui est donnée par le conducteur. Un automate possède une autonomie, le temps de remonter le mécanisme de l'horloge. Du moins si l'on considère : « oh ! ça bouge tout seul ! » être une autonomie. Car l'automate n'a pas la capacité de se remonter soi-même (ni l'ordinateur de s'allumer tout seul) ça reste un fantasme, un désir de cybernétique [3] inconsistant qui considère l'être vivant comme une machine (sic). A l'autre bout de l'autonomie, il y a la liberté et l'imprévu (la surprise).

Utiliser les outils comme « augmentation de ses capacités faisant défaut » n'est pas une modernité, mais une constance de l'humanité. Nous savons ensuite que certains outils bien qu'ils soient passifs, deviennent un contexte qui influence le comportement de l'utilisateur : commandant, pilotant, maîtrisant, conduisant, etc. : quand la langue parle l'humain, quand l'outil agit l'humain, quand le feu crée la frilosité, quand l'abondance crée la maladie, etc. L'écriture a été inventée par « carence » de mémoire qui ne se rappelle pas, qui oublie. Puis le calcul écrit, à la place du calcul mental qui à notre niveau a une limite (pour compter la surabondance), n'en a presqu'aucune, de ce qu'on veut bien croire, pour l'ordinateur calculateur. Mais cette technologie d'expansion du travail a son revers : à ce qu'on ne fasse plus l'effort de ce qu'elle est capable de faire, nous retire une part d'autonomie : le service automatique retiré, nous ne savons pas comment faire. D'où l'idée des implants (cyborg : cyber- + org/anisme) qui a commencé avec les greffes d'organes artificiels (à pile = à autonomie réduite). Une machine même solaire, ça se recharge. La perpétuité, ça n'existe pas. La Machine sans l'Homme s'arrête de fonctionner [4]. Le désir d'éternité est un fantasme inutile et arrogant et pourtant, les civilisations arrogantes d'abondance de bêtise lui courent toujours après, sans arrêt. Signifie une angoisse non résolue.

Dans l'esprit mécaniste du contrôle absolu : il y a le déterminisme de l'exactitude. L'idéologie de l'armée s'est emparée de la musique à partir du XVIIIe siècle (après le baroque). Mais les compositeurs essayent de s'en détacher constamment puis radicalement à partir du XXe siècle quand la politique voulut faire du citoyen un soldat pour le massacre en masse, fin du XIXe siècle. La musique occidentale savante s'est trouvée engagée (coincée ?) au côté de la bourgeoisie impériale coloniale devenue richissime et pouvant « se payer » un orchestre symphonique de 100 musiciens (voire +) et des opéras (bâtiments et toute l'infrastructure coûteuse qui suit) dirigé dans l'idéologie de la musique soumise à la théorie hiérarchique : « dominante », « sous-dominante », « tonique », « majeur », « mineur », etc., et à la synchronicité « des troupes » de musiciens qui obéissent à la stratégie militaire de la baguette du chef d'orchestre. Le bourgeois fréquentait ses concerts et ses opéras pour voir se réfléchir l'image de la réussite de sa « conquête » : sa gloire. Mais cette époque est passée, et il est temps d'abandonner la bêtise de la gloriole qui pollue les réseaux de communication et les salles de concert et empêche de faire de la musique avec les autres : sympathiser au lieu de guerroyer par peur [5].

En 35 ans de carrière passionnée acharnée de réalisations musicales -1979/2014-, je n'ai pas encore réussi à réaliser ce que ce contexte social hostile historique m'interdit : ne pas rejeter ma musique dans l'irréalisabilité. Ce qui en temps de guerre, n'est pas un paradoxe. Il est normal de m'empêcher de réaliser mes opéras interdits par les « chiens de garde » de l'Administration encore impériale des maisons opéra de France, il est normal de m'empêcher de réaliser mes musiques syn-phônêques dans les philharmonies socialisées nostalgiques de la puissance coloniale impériale bourgeoise du XIXe siècle qui ne se reconnait pas dans l'art ni dans la musique des artistes et des compositeurs vivants, libres, insoumis et maltraités par sa société. Les moyens de la musique sont pris en otage par les politiques : en temps de guerre, ce n'est pas paradoxal, mais en temps de paix ?

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Notes de la lettre
[1] Je développe les instruments pianomorphes avec l'ordinateur. L'exigence instrumentale des métamorphoses permanentes amène l'ordinateur jusqu'au bout de son possible (avant crash). Je suis toujours à la limite du plantage (crash) sans avoir (encore) atteint ce qu'un pianomorphe peut réaliser dans sa mouvance. L'ordinateur donne des outils inachevés (ou destiné au marché, non à la musique). En 30 ans d'activité informatique musicale, la musique numérique par ordinateur ne fait toujours que balbutier. L'idée et la réalisation d'êtres musicaux autonomes opéra-tionels en temps réel date en effet de + de 30 ans et demeurent encore difficilement réalisables aujourd'hui. Putain merde, ça fait + de 30 ans ! J'ai perdu beaucoup de temps à m'occuper d'informatique : à comprendre, à configurer, à réparer, à nettoyer, à traquer l'erreur, le malware et autres virus qui s'ajoutent à l'enquiquinement, à restaurer ou redonner de la présence aux prises de son numériques endommagées, à acheter des machines, etc. : temps que j'aurais pu consacrer à la musique. Mais si l'on emploie des machines en musique, c'est que les musiciens ne répondent plus présents. Pour que l'ordinateur ne plante plus avec les pianomorphes, j'ai investi dans le processeur le + puissant actuel (Intel i7 4/6 coeurs à 4GHz avec 16 Go de RAM à 2GHz) : cela suffira-t-il ? Non. J'ai donné à un collectionneur mon Apple SE30 et mon Atari 1040 d'alors, il me reste quelqu'autres qui ont à peine réalisé ce dont je rêvais. Non, le calculateur est une machine de temps différé : program/apply/run et constate, je crois que c'est là où je me suis trompé : vouloir réaliser avec elle, des tâches en temps réel. Pourtant la musique ne se réalise pas en temps différé, sinon elle perd sa gestualité d'échanges singuliers : dans l'enregistrement ça devient un signal, une référence intellectuelle, sans sympathie immédiate possible : un souvenir éloigné. Un regret ?

[2] Les « espaces nonoctaviants » d'Ivan Wyschnegradsky (à partir du jeu avec l'échelle en 1/4 de ton octaviante) conçoivent l'espace musical : non-vide (le noir n'est pas l'absence de matière) qu'il nomme « pansonore » : un continuum plein et régulier qui se localise par la fréquence (cadence, allure) microintervallaire régulière = scalaire (scale = échelle). Une échelle est une fréquence de fréquences qui localise par la sonorité de son intervalle les différentes fréquences de l'échelle. Un peu comme des latitudes et longitudes et + qui sonnent différemment suivant l'intervalle étalon de localisation utilisé. Dans le Champ Scalaire, le nombre d'échelles est infini. L'espace devient un champ par ses forces de mouvance : le moteur ou les moteurs de « l'ouverture d'esprit » qui créent les liens de coïncidences entre les infinités intervallaires en transformations, sans restriction que nous renommons : artmonie.

[3] Cybernétique (de l'anglais cybernetics, 1948) processus de commande, de communication, de contrôle et de régulation dans les systèmes (machine, organisme vivant, collectivité). L'art d'être chef (cyber < chief = chef) de gouverner (tenir le gouvernail). The theory or study of communication and control in living organisms or machines. Used in French form cybernétique (= the art of governing) by A.-M. Ampère Essai sur la Philosophie des Sciences, 1834. Cyber-, comb. form Chiefly prefixed to nouns. Originally: forming words relating to (the culture of) computers, information technology, and virtual reality, or denoting futuristic concepts. (Oxford Dictionary). Nom donné par Ampère à la partie de la politique qui s'occupe des moyens de gouverner. (Littré)

[4] Ça me fait penser aux expériences de Pierre Henry avec le Corticalart de Roger Lafosse ou David Rosenboom avec ses Brainwaves à utiliser les ondes du cerveau pour piloter des synthétiseurs analogiques : Henry c'est hardcore et Rosenboom c'est douçâtre... Je ne sais pas si cette voie a été creusée ou pas.

[5] Les compositeurs du XVIIIe et XIXe pris dans le (piège du) système (cyclique), évitant à tout prix la vulgarité de l'évidence octaviante maîtresse et sa dominante la quinte, dans la combinaison sensée d'accords, en fonction des groupes tonaux, dont certains lui appartiennent et d'autres pas, à rendre ses limites tonales (frontières) floues, par entre autres la fausse contradiction de l'enharmonie* (« l'enharmonie injectée dans le chromatisme modifie complètement la trajectoire ») do#=réb ? non, la perturbation des cadences** (harmoniques) modulantes (change de ton-alité à la fin de la musique) jusqu'à la « dissolution progressive de la dominante comme stabilité maîtresse du système ». La persévérance du système tonal dans la musique occidentale jusqu'aujourd'hui au XXIe siècle, malgré l'annihilation de son sens et l'exploitation de tous ses possibles, n'épuise pas à l'oreille commune, la combinaison infinie de ses accords. En sortant des 99 accords imposés par le système rigoureux, la possibilité d'introduire les 3917 autres par la « petite porte, ni vu ni connu », les faisant passer pour ses membres, déguisés chacun dans un groupe tonal auquel « ils pourraient » appartenir, masque aux intolérants du régime autoritaire, qui est réellement qui.

Notes de la note [5]
* Dans la musique, il existe un autre gouffre entre la théorie et la pratique : l'exactitude théorique ne se retrouve jamais dans la pratique. Debussy considérait dans son écriture même une densité de 24 notes/octave, voire plus par l'inexactitude du doigté des musiciens sur leurs instruments : les notes ascendantes ne correspondent pas aux notes descendantes : l'enharmonie théorique n'est pas l'enharmonie pratique.
** Le terme est mal choisi pour une suite d'accords fixés qui finalisent la musique.

Note sans note à propos d'esthétisme (bien dé-battu pendant les années 70 du XXe siècle)
Cénesthésie : impression générale d’aise ou de malaise donnée par l’ensemble des sensations internes (du grec ancien « koinos » = commun, et de l’affixe grec « esthésio -» = sensation). La cénesthétique retire à l'esthétique le beau dont elle s'est affublée pour revenir au sens premier de la sensation de la perception commune à tout être humain. Beau de « bellus » de joli (jolif perd son f au XIIIe siècle) (en anglais joy de yule) de joie pour fête d'hiver nommé jol transformé en Noël par les chrétiens. Le sens du beau est un concept récent (G. W. F. Hegel l'absolutise sans révéler l'idée) apparu en Europe en plein état impérial : « la beauté de l'ordre réalisé par l'artiste de la guerre ». Dans l'état d'esprit occidental, le beau et l'ordre sont indubitablement liés par l'empire qui nait 10 ans après 1789.

 

 

 

Notes éparses

[1] dont la mélodie est l'une de ses particularités avec la limite de sa mémorabilité : au-delà de sa mémorabilité, une série de hauteurs n'est plus considérée comme une mélodie.

[2] propos du directeur de la cité de la musique et président de la Philharmonie de Paris (à La Villette) responsable de la construction du nouveau « temple » de la musique classique de 3400 places où aucun compositeur vivant n'a été convié comme consultant à l'élaboration du projet de la salle de concert, même pas Pierre Boulez. Projet mégalomaniaque déjà en construction et voué à l'échec (comme l'opéra « populaire » de la Bastille).

[3] Le déchant est un procédé qui utilise le mouvement contraire, base du contrepoint : il apparaît vers 1025 dans le Micrologus de Guido d'Arezzo. Le canon, le même chanté l'un après l'autre à différentes voix et qui s'emboitent, est la première forme de la polyphonie. Un canon à l'aspect chaotique est nommé hétérophonie.

**** Propagation de la foi, devenue communication indirecte pour acheter dans la souffrance. Reste dans les 2 cas une abdication de sa volonté.
XXX Ne pas confondre un ton et un thon : un thon en langue vulgaire n'est pas un poisson, mais une fille moche. Le ton d'un taon ou du thon n'est pas forcément le ton du ton et des tons en série parfois détonent, mais jamais jusqu'à la détonation, sauf pour les taons et les thons trempés dans l'explosif. Que de sens pour un seul tson.

[5] « Les seigneurs, devenus par l'évolution de la rente féodale non plus des exploitants directs mais des rentiers du sol, voient leurs revenus diminuer avec l'avilissement de la monnaie et des dévaluations : ils tentent d'y remédier par une réaction féodale puis par le recours à la guerre, pillages et rançons étant source de profits. Victimes aussi de l'évolution monétaire, les finances royales, que la monarchie ne parvient pas à alimenter par un impôt régulier, connaissent des difficultés qui paralysent la royauté. » Jacques Le Goff. L'expansion de l'économie monétaire entre autres a créé la crise du XIVe et XVe siècles et l'a empirée.

 

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postulat nécessaire à la compréhension du phénomène sonique