postulat nécessaire à la compréhension du sonique

Le son n'existe pas
(comme on l'entend)

Les vibrations
frappent notre oreille
et nous donnent l'idée
qui appartient au sens de l'ouïe :
le son.

Il n'est pas prouvé
que l'idée du son
une interprétation spirituelle, matériellement existe.
Même si les animaux semblent instinctivement « entendre » et « communiquer » par l'entendu (ce qui n'est pas prouvé)
avec ce que nous appelons les sons.

Pourquoi ?

Il existe un « traducteur »
entre les vibrations et le sens de l'ouïe
.

Les vibrations n'ont pas de significations,
ce sont juste des mouvements dans le temps dans un milieu élastique :
les résultantes d'un changement d'état.
L'Univers est un phénomène élastique puisqu'il permet l'existence des vibrations.

(graphe de l'échelle de temps de l'âge du meson Pi à celui de l'Univers)

Nous imaginons que les sons ont une signification (un sens)
parce qu'on attache à chacun d'eux une intention
avec (en plus) une émotion personnelle.

une intention + une émotion =(donne)= « le sens de la valeur d'exister »

Les deux sons primaires des sens de l'ouïe sont
de prévenir du danger – la possibilité d'être dominé par la souffrance - (sons soudains) et
de se détendre dans le confort rassurant (sons continus).

Le sens de l'ouïe suivant
correspond à notre appréciation personnelle du confort à vivre
de ce qui est agréable ou/et jouissif : la musique
ou de ce qui est désagréable et/ou frustrant : le bruit :
aujourd'hui le bruit est passé dans le camp de la musique.

Dans notre culture nous avons des considérations affectives positives pour la musique, négative pour le bruit et neutre pour le son.

(table du son, du bruit et de la musique : supportable, insupportable, agréable, désagréable, indifférent, merveilleux, jouissif et frustrant)

La question suivante est :
comment des vibrations peuvent être transformées par nous-même en un système affectif complexe porté de sens ?

en 2013 nous ne le savons toujours pas.

Nous connaissons les « mécanismes » de l'audition,
nous savons analyser des vibrations complexes,
mais nous ne savons pas comment nos « traducteurs » fonctionnent
pour comprendre comment nous créons le concept du son « entendu ».

Le son n'existe pas comme on l'entend,
mais son phénomène subjectif est perçu comme une sensation.

Le musicien compose avec ses sensations, pas avec des sons : la musique.

Sachant cela,
nous pouvons apprécier différentes musiques
et prendre plaisir à ces différentes sensations.

Mais il y a résistance !
Qui est une autre histoire, culturelle et normative celle là...

(graphe de la conception de la musique à travers la philosophie)

Le son est une nécessité, comme les autres sensations, à construire la réalité de notre imagination.
Le son est une nécessité, comme les autres sensations, à construire la réalité de notre imagination.

 

...

 

Addition :
Le son est nécessairement sémantique. Le son est sémantique, car le son est un significateur, mais sans signifié (le son pas parlé ne signifie rien). En même temps, dans sa présence on lui projette du sens (on perçoit la vibration et on lui rajoute du sens). La confusion entre vibration musicale et son musical est significatrice. Le son a une signification que la vibration n'a pas : on lui attribue une morale : par exemple par la ségrégation des sons, en supportables et en insupportables et dont le son insupportable est nommé : bruit. Le bruit est une appréciation morale dans un contexte culturel. On ne distingue pas une vibration « bruyante » d'une vibration « pure ». Le son est la vibration, mais entachée de morale. La morale est basée sur des croyances de ce qui est juste et de ce qui ne l'est pas, en accord avec les intérêts de la communauté. Mais ce n'est jamais le cas : il y a toujours une domination qui sème des fausses croyances dans les esprits pour les gouverner. Le son n'existe que par la volonté culturelle d'être éduqué. C'est en cela que le son n'existe pas. Le son existe sous différentes formes d'appropriations en fonction des différentes cultures (règles des moeurs) dont certaines vibrations audibles sont entendues (acceptées) et d'autres pas (rejetées = non entendues).

...

Le son est une forme culturelle audible
de la sensation sonore (sensée) du vibratoire.

 

QUI CREE QUOI ?
LE SON CREE L'ECOUTE OU L'ECOUTE CREE LE SON ?
je penche pour la seconde, bien que la première soit.

 

Notes
1. Anatomie électrique sommaire du processus de l'audition.
Chaque fois que les 30 000 cellules ciliées sont mises en vibration dans notre oreille, elles émettent des décharges de 160 mV et 0 mV (millième de volt) à une cadence maximale d'environ 1000 par seconde pour chaque cellule, qui sont transmises par le nerf cochléaire (le nerf auditif), et après plusieurs relais dans les centres nerveux (noyau cochléaire, noyau olivaire supérieur, tubercule quadrijumeau postérieur ou colliculus inférieur, corps genouillé interne qui produisent chacun des caractéristiques nécessaires à la reconnaissance : encodeurs), aboutissent dans une région de l'écorce cérébrale (cortex) située dans le lobe temporal nommé « aire de projection auditive » qui reçoit ces masses de suites d'impulsions ainsi que des messages chimiques à décoder. Il est souvent mentionné que si le message binaire est insuffisant, il est relayé par un code* plus complexe. Comme nous avons deux cerveaux : celui de l'hémisphère gauche et celui de l'hémisphère droit, chacun est en relation avec une de nos deux oreilles qui délivrent deux messages à la fois. Ils existe des fibres nerveuses moins nombreuses qui conduisent l'influx nerveux auditif en sens inverse : du cerveau à l'oreille : ce sont les voies efférentes qui pilotent la sensibilité des performances cochléaires. Nous n'avons pas mentionné les interférences avec les autres sens et la mémoire. L'audition n'est jamais passive, elle est créatrice.

* Une suite de différences répétées forment un code : le rythme est le code primaire du langage à signifié absent. Pour qu'il y ait signifié : l'information émise doit être codée puis décodée : formulée et comprise.

2. Agnosie : altération de la reconnaissance et de l'identification des sons ; incapacité de reconnaître ce qui est perçu alors que les organes sensoriels restent intacts, mais provoquée par des lésions du lobe temporal. (gnosie (connaissance) : perception, connaissance élémentaire).

3. L'oreille est un appareil de transformation des vibrations où le récepteur de Corti, dans l'oreille interne, donne naissance à l'influx nerveux électrique transmit par le nerf cochléaire auditif de Corti qui conduit au lobe temporal pour être gnosifié par... ? Le son n'existe pas comme on l'entend.

4. J'entends ma voix quand je lis dans ma tête.

5. Je reconstitue ce qui me manque dans l'entendu.

6. Mes oreilles produisent du son sans vibration.

7. Helmholtz n'a jamais considéré le son comme un objet extérieur quantifiable, mais comme une sensation provoquée par l'audition. « Les diverses sensations se produisent lorsque des causes extérieures agissent sur l'appareil des nerfs de la sensibilité, et déterminent en lui un certain état d'excitation. La nature de la sensation varie, soit en raison du sens qui est mis en jeu, soit en raison de la nature de la cause extérieure. » Hermann von Helmholtz, Théorie physiologique de la musique fondée sur l'étude des sensations auditives (traduction G. Guéroult 1868) chapitre premier, de la sensation auditive en générale.

 

Sources bibliographiques (rares dans ce domaine en français)

- Théorie physiologique de la musique fondée sur l'étude des sensations auditives - Hermann von Helmholtz (traduction G. Guéroult 1868) : où « le traducteur a trop souvent préféré une musique du discours à la précision de la pensée » (Patrice Bailhache)**. Version française de Die Lehre von den Tonempfindungen als physiologische Grundlage für die Theorie der Musik (Sur la sensation de ton comme base physiologique pour la théorie musicale).
- On the Sensation of Tone - Hermann Helmholtz (1877) : version anglaise de Die Lehre von den Tonempfindungen als physiologische Grundlage für die Theorie der Musik (Sur la sensation de ton comme base physiologique pour la théorie musicale).
- l'Audition - André Gribenski (Que sais-je PUF 1951, corrigé 1994)
- Acoustique et Musique - Émile Leipp (Masson, 1976) : une référence.
- Les Illusions auditives - David L. Wessel & Jean-Claude Risset (Universalia 1979, Encyclopædia Universalis)
- La perception de la musique - R. Frances (Vrin, 1984) : tentative de quantification de la perception de la musique tonale : dépassé.
- L'image auditive, une métaphore pour la recherche musicale et psychologique sur l'organisation auditive - Stephen McAdams (rapport de recherche Ircam n°37, 1985)
- Fusion spectrale et la création d'images auditives - Stephen McAdams (rapport de recherche Ircam n°40, 1986)
- la Clef des Sons - Bernard Auriol (Eres 1994) : le plus informé

** « L'ouvrage original de Helmholtz, Die Lehre von den Tonempfindungen als physiologische Grundlage für die Theorie der Musik, parut en 1863 et fut traduit en français dès 1868, sous le titre assez infidèle : Théorie physiologique de la musique fondée sur l'étude des sensations auditives (une traduction plus littérale du titre serait plutôt : La science des sensations sonores comme fondement physiologique de la théorie de la musique). Le livre, en allemand comme en français, et aussi en anglais, connut ensuite de nombreuses éditions. (Sur la qualité assez contestable de la traduction française, nous ne voulons pas ici nous étendre. Outre les classiques contresens, inévitables dans un travail de ce genre, il semble qu'un certain parti pris de « faire du style » ait conduit le traducteur à trop souvent préférer une sorte de musique du discours à la précision de la pensée (par ex. mots allemands identiques traduits par deux mots français différents pour éviter la répétition, Vorstellungen von äußeren Objekten rendu par « notions sur les objets extérieurs », Generalbaß et Tonmalerei uniformément transcrits par le simple mot « harmonie », etc.). » Valeur actuelle de l'acoustique musicale de Helmholtz de Patrice Bailhache (Nantes) publié dans la Revue d'Histoire des Sciences, 1986, XXXIX/4, pp. 301-324.

 

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