L'écriture

n'est plus ce que l'on croit

 

pas Ø ni néant ni rien mais tout

 

L'écriture a la fonction et est un procédé qui fixe l'usage des idées exprimées par la langue* (signifiée ou non) un désir d'arrêt du temps (grave l'éphémère, occupation sédentaire, marque de son passage nomade), conserve la pensée (classée et rangée), la communique et la développe. L'écriture permet à la pensée (la composition des idées) de se réfléchir puis de se déduire, opérer des connexions analogiques et des rétroactions. Dans ce sens, l'enregistrement et la diffusion audio et vidéo sont une écriture. L'écriture organise sa pensée en fonction des combinaisons possibles d'un langage qui se vérifie ou pas dans son existence sachant que l'imaginaire fait partie de l'existence (l'insignifiable signifié). Tout ce qui conserve et communique avec un codage comme le simple [|< □ || > >|] <=> [reculer, stop, pause, lecture, avancer] est écriture. Le cinéma est une forme avancée de l'écriture comme tout art, tout comme le son à partir du moment où il est conservé et communiqué graphiquement (aussi au-delà de la durée d'une vie humaine) et depuis le XXe siècle par l'enregistrement magnétique puis numérique. L'enregistrement du son et des images fixes (photo) et mobiles (cinéma) a développé une autre forme d'écriture que celle manuscrite des lettres et des idéogrammes. La notation musicale du XXe siècle a transmis un élargissement du vocabulaire musical principalement dans les « modes jeux » instrumentaux, bien que l'apparition de l'ordinateur personnel en 1990 avec des programmes de partition comme Finale aient contrarié cette évolution. Pour développer la spécificité d'une écriture musicale, seuls des programmes graphiques non musicaux permettent d'éditer ses spécificités. Les outils de l'écrit sont innombrables, mais à la fin du XXe siècle le stylo à bille (bic) a été presque remplacé par l'ordinateur personnel dont sont clavier d'accès est calqué sur le modèle de la machine à écrire du XIXe (obsolète aujourd'hui). Au XXIe siècle, pratiquement tout écrit s'enregistre et se communique avec et dans l'ordinateur (computer = calculer : un ordinateur pour les francophones ordonne et pour les anglophones calcule) avec les informations « gravées » sur des « disques durs » (disques laser emboité) des « mémoires vives » (flash drive, clé USB en français). Mais écrire sur un carnet avec un stylo repose les yeux au contraire de l'écran lumineux qui par abus provoque toujours des migraines, même plat.

Inscrire un son ou l'enregistrer est une manière de fixer sa sensation : le son re-émis est le résultat de cette écriture (de l'audible sans signifié pour la musique et du signifié pour la parole ou entre les deux pour la poésie). Le projet d'écrire des partitions graphiques pour une musique enregistrée magnétiquement électronique ou concrète est un doublon de formes d'écritures différentes. L'écriture graphique de la musique électronique offre la possibilité d'une réinterprétation que l'enregistrement magnétique n'offre pas, mais permet d'entendre le résultat dans l'immédiat (le temps du chargement).

Mais où entend-on le son ? Peut-on localiser la sensation de la réception du son ? Dans l'oreille ? dans la tête ? et la vibration focalisée en elle-même qui déplace la matière en chaîne, est-elle entendue à la localisation de sa source ? ou le temps qu'elle met à parvenir à notre système auditif d'encodage ? Comment localise-t-on un son à sa place alors qu'il met un certain temps à être perçu (~330 mètres/seconde à 20°C) ? Quoi émet la sensation de l'audition ? Le message électrique cervical qui identifie la vibration comme son ? Mais quoi rend compte de cette identification ? La mémoire d'un son reconnu. Imité et retransmis. Notre système de perception est aussi une écriture : il enregistre et communique (même s'il ne parle pas). Il communique par la reconnaissance (l'apparition du similaire). La question : où entendons-nous le son ? dans sa source d"émission ou dans sa source de codage ? qui nous transmet avec, le message de sa localisation encodé, permet de penser que la pensée elle-même est une écriture alimentée par nos percepteurs et nos émetteurs dont les sensations sont accumulées dans notre mémoire.

Mais l'écriture dans l'esprit de chacun reste encore graphique : visuelle. Avec l'ordinateur, le son est devenu visible, visuel, graphiqué par sa représentation ondale. Sa représentation sonographique n'est retenue que par quelques programmes principalement issus des instituts spécialisés comme l'IRCAM et le GRM. L'image photographiée ou filmée sortant de la symbolisation graphique et n'ayant pas un signifié direct (comme le symbole ∏ pourrait désigner une table). Pourtant, le cinéma est devenu plus que le livre, un moyen d'accès immédiat à la connaissance, car son accès n'a pas de codage abstrait comme pour le graphisme écrit. Le film ne rapporte pas, il émet. Comprendre un film ne nécessite pas un apprentissage de l'écriture filmique comme l'écriture graphique. Une personne illettrée comprend le film, même si elle ne comprend pas la langue si le film utilise les codes culturels de sa civilisation (occidentale, proche-orientale, orientale, africaine et des cultures minoritaires plus locales).

Nous sommes passés à la phase 3 de l'écriture. De l'écriture manuscrite, à l'écriture mécanique (l'imprimerie), à l'écriture numérique multimédia compilée du langage binaire électronique on/off, 0/1 à base d'électricité et de mathématique logique. En plus de l'écriture originelle transmise par l'oralité et l'imitation (sans outils). Nous vivons avec les 3 phases en même temps et avec la phase 0 (zéro) donnée de la pensée transmise et mémorisée. L'écriture électronique multimédia rejoint les transmissions électriques cervicales, mais n'a pas encore opéré les connexions directes (2012) pour cela il faudrait comprendre le fonctionnement du cerveau et pour l'instant la neurologie par manque de données fait de la géographie.

Le réseau Internet communicant et mémorisant est une autre forme d'écriture, celle communicante en réseau. Internet permet la publication immédiate de l'écriture, de tout écrit quel que soit le média : audio, vidéo, texte, images, graphismes, tous, des moyens de transmission de la pensée imaginaire binérisable (des mots de 8 bits dans les années 1980, nous sommes passés aux mots de 64 bits au XXIe siècle). L'imprimerie mécanique demande une procédure industrielle composée de matière première (le papier) et de droits d'auteurs (pour faire valoir le travail de l'éditeur et payer l'imprimeur) et d'intermédiaires qui pratiquent un choix et obligatoirement une censure. L'abondance de publication dans le réseau, démocratisé sous la forme du blog qui permet de ne plus se soucier du contenant : la création et la gestion du site web, ou encore plus, l'utilisation abondante des « réseaux sociaux » pour publier sa quotidienneté, montre cette soif d'écriture de chacune et chacun et dont l'industrie de l'édition mécanique empêchait son épanouissement. Il n'est pas vrai d'affirmer que le réseau ne demande aucune matière première. Les ordinateurs maillons du réseau avec ses périphériques nécessitent entre autres des matières rares comme le lithium (utilisé dans les ordinateurs portables, téléphones et caméras numériques) une des causes de la guerre en Afghanistan pour la souveraineté d'exploitation de ses mines; ou le développement de nanotechnologies déjà présentes dans les écrans plats. La consommation électrique va grandissante au prorata des machines connectées. Et le recyclage des machines obsolètes n'est pas encore réglé, mais alimentent les poubelles de l'Afrique seule a accepter ces déchets et dont la santé n'est que peu considérée. Quand le marché et l'industrie règlent la durée de vie d'une machine à 3 ans avec un système d'exploitation à 5 ans, on n'imagine pas la quantité colossale de machines rejetées comme les milliards d'écrans cathodiques ou d'imprimantes à aiguilles, rien que pour donner une idée.

La phase 3 de l'écriture est définitivement multimédia et électronique, jusqu'à s'interposer dans l'instant avec ce qui est nommé la « réalité augmentée » pour surinformer (ou désinformer) l'ici et maintenant de chacune et chacun. Aussi, le dernier (ou le premier) apport de l'écriture électronique est : l'interactivité. La possibilité au lecteur-spectateur d'agir dans l'écriture, dans l'oeuvre écrite. Le « zapping » est la première forme d'interaction apparue au spectateur (aussi éteindre le poste) pour éviter ou amoindrir « le lavage de cerveau » télévisuel. La propagande c'est développée au prorata du nombre d'écritures développées pour maintenir un conditionnement profitable aux exploitants. Dont la forme sublimée est le mensonge par omission, la généralisation de l'hypocrisie et la diffusion de fausses vérités qui répétées deviennent assimilées pour vraies, etc. Le meilleur des mondes avec le sourire de l'ultraviolence. Dans le jeu « vidéo » règne l'épanouissement de l'interactivité : ce sont les jeux issus de la simulation « 3D » (pour l'apprentissage des pilotes d'avion de l'armée et civile datant des années 60) dont les plus populaires sont des jeux de simulation de guerre FPS (first person shout). Ça ressemble à un exutoire de notre ultraviolence vécu en société. Ultraviolence quotidienne pour maintenir le salarié-consommateur dans son obéissance et sa performance au risque du désoeuvrement dans le chômage. Un autre domaine d'interaction qui est plus un apport de connaissances en commun est l'encyclopédie Wikipedia et ses dérivées (comme Wikileaks, etc.) dont Internet semble être le but principal : une transparence de l'information en contradiction avec la propagande régnante. Aussi des réseaux dans le réseau de démocraties participatives (comme Avaaz entre autres). Mais l'interactivité créative a été mise de côté, cet outil extraordinaire ne semble pas avoir été compris ni ressenti nécessaire par les utilisateurs. Ce qui reste compréhensible puisque nos sociétés obéissent encore à un régime esclavagiste qui ne permet pas de prendre des décisions soi-même, sans se référer à sa hiérarchie, à « son supérieur » (sic) ou demander la permission. L'interactivité créative reviendra, mais pas pour le moment, il est encore trop tôt : il faut d'abord que les esclaves se libèrent d'eux-mêmes. Un programme multimédia comme Director ne c'est pas développé et n'a créé que peu d'émules. Seul un programme en musique domine par ses possibilités d'interactivité et par le nombre de ses utilisateurs : Max/MSP puis PureData créé par Miller Puckette, ce sont des programmes qui ont créés les musiciens-compositeurs-programmeurs.

La forme de l'écriture électronique est particulièrement prédisposée à l'échange au partage qui dans le réseau efface toute hiérarchie et autorité et les obstacles à la publication. L'absence de censure ou d'une censure non effective explique l'abondance de publications. Ceci explique le combat acharné des politiques contre la liberté d'Internet, mais pour eux ce combat est perdu d'avance, car l'architecture d'Internet peut tout sauf interdire, la forme même du réseau n'est pas hiérarchique avec des sens uniques et ne peut pas développer la forme pyramidale du pouvoir dans sa globalité. Le pouvoir est dilué au nombre de personnes connectées qui interagissent dans le réseau. La phase 3 de l'écriture multimédia en réseau change petit à petit l'état d'esprit et le régime politique des nations à gouvernance unilatérale et va effacer même la notion de nation (d'enclos) puisque le réseau Internet n'a aucune frontière (d'un réseau qui s'étend dans toutes les directions) que la langue parlée, mais qui s'efface petit à petit avec l'anglais langue mondialisée et les traducteurs automatiques. Internet a été créé dans l'esprit libertaire des années 60. La forme du réseau est celle des matrices des nombres complexes infinis. Des nations totalitaires comme anciennement la Tunisie, la Birmanie ou encore la Chine, la France ou les Etats-Unis n'ont pas réussi à restreindre le champ de liberté de navigation de l'internaute (même avec le détournement du sens des mots). Des programmes-pont permettent toujours d'enjamber l'interdiction. Des programmes-clé permettent de déverrouiller les programmes propriétaires et la notion de propriété avec Internet vacille et deviendra obsolète. Mais cela va prendre du temps. Le choix entre la gratuité (Linux) et le design fermé plus cher prêt à l'emploi (Apple) : les clients choisissent le plus cher. La volonté monopolaire d'Apple parait hors propos dans le réseau maintenant que Windows c'est retiré de ses désirs hégémoniques de « Big Brother ». Pour que les produits Apple soient un objet de culte, montre encore le niveau de soumission auquel nous sommes assujettis. Nous n'avons pas encore intégré l'écriture dans sa phase 3 (qui n'a que 20 ans). La complexité des différents champs de l'écriture multimédia pour être maîtrisés demande un esprit de synthèse (contrairement à l'esprit de spécialiste requis jusqu'à présent) qui connecte vite, avec une mémoire optimale pour englober dans la compréhension et l'usage, ces différents outils de langages de l'écriture électronique. Aussi un imaginaire liant qui navigue par questions par l'écriture multimédia (texte, audio, vidéo, pour le côté visible de l'iceberg). Une caméra est plus aisée à manier qu'un stylo, mais tout autant que l'écriture manuscrite, l'écriture à la caméra demande de l'entrainement pour que cela soit intéressant avec à la base : avoir quelque chose à dire, plus une dose d'originalité pour agir dans le champ de la créativité artistique.

 

L'écriture, créatrice de temps : 2 miroirs de la temporalité inaccessible qui nous fige dans le présent et le fantasme de l'éternité

L'écriture amène une dimension temporelle supplémentaire en plus de l'oralité. L'oralité est une manifestation du présent, elle est le présent vivant agissant dans l'instant. L'écriture, qui demande une figuration (un code de représentation), agit aussi dans le présent tout en se destinant à un futur (une communication aux futures générations). On écrit dans la solitude, on parle en société. Un livre est une communication de son auteur mort : de sa manière de comprendre le monde, de son imaginaire, une synthèse de son état d'esprit. Ecrire c'est mourir un peu. Ecrire c'est aussi se destiner à l'éternité : l'ouvrage de l'auteur lui survit (s'il est considéré, sinon il tombe dans l'oubli malgré sa présence quelque part dans des archives, bibliothèques ou médiathèques). L'écriture crée le passé. Un ouvrage est daté. Carbone 14. L'écriture crée l'histoire ou un semblant d'histoire humaine (une histoire) : une manière désespérée de s'accrocher à la durabilité, autrement dit à l'éternité. Notre civilisation occidentale redoute l'éphémère, redoute sa disparition. Pour accumuler autant d'archives (et de propriétés d'auteurs). Mais toute civilisation disparait, après un temps de vie. Et les documents prouvant son existence sont quasi inexistants : ils disparaissent. La signification des écritures mortes est une interprétation de nos archéologues, basée sur une idée. Notre idée crue et majeure de « l'évolution de l'humanité ». Une mécompréhension des idées darwiniennes. Une croyance qui permet de se flatter au détriment de nos ancêtres. « Les ancêtres morts ont toujours tort » pour valoriser le présent de la nouvelle génération (ars nova / ars antica). Mais nous ne sommes pas plus intelligents que nos ancêtres, voire sans doute moins : le conditionnement du confort idéalisé ferme l'esprit. Notre civilisation souffre d'un manque d'ouverture d'esprit. Par un excès de confort qui est le signe de sa décadence, et qui provoque sa médiocratie. Mais l'accumulation d'archives écrites du passé étouffe le présent. L'action dans l'instant : l'improvisation. La référence historique écrite est l'arme de l'intellectuel et du politique : qui confirme la véridicité de sa pensée ou de son idéologie est bien sûr une illusion, puisqu'utilisée par autorité. C'est un outil persuasif de domination : on croit à l'écrit, pas à la parole. Contrat « de confiance » écrit et signé. Mais toute écriture décontextualisée est l'objet d'une interprétation, d'une approximation, d'un re-présent, d'une re-présentation : une remise au présent d'une présentation non identique de l'ouvrage pensé issu du passé. Une interprétation écrite. L'accumulation colossale d'ouvrages écrits vient à étouffer l'expression du présent. La parole obéit à l'écriture (lois). La référence au passé pour vérifier la véracité est un faux semblant qui ne peut convaincre une action dans l'instant : car elle est figée dans la mort de l'instant passé recontextualisé. La culture du mort-vivant. Le paradoxe de l'écriture réside dans l'expérimentation du temps : elle communique avec le futur et son passé envahi le présent au point de ne plus pouvoir agir dans le présent.

 

L'oralité vit le présent, l'écriture vit et présente le futur (les générations futures) et représente le passé.
L'écriture du présent permet de comprendre et approfondir sa pensée par la distanciation de soi avec le signe représenté.

 

L'oeuvre écrite et le temps (1ere partie)

Une oeuvre fermée (achevée) d'un seul auteur scelle sa temporalité et devient une borne (un repère) temporelle dans l'histoire de sa civilisation : elle répète comme un éternel retour les idéologies et les croyances du passé arrivées dans son contexte présent. C'est dans ce sens que les idées de Platon et d'Aristote restent encore d'actualité 2500 ans après. Les idées restent les mêmes dans la vie d'une civilisation. Dans la seconde moitié du XXe siècle, il y eut une tentative « d'oeuvres ouvertes » où le principe de la linéarité déductive avec un commencement et une fin était remis en question. Mais ces oeuvres sont signées et ne peuvent s'ouvrir à une lignée pour leur propre évolution, c'est-à-dire interagir et se refaçonner par les générations futures ou se transformer dans le temps. Le droit d'auteur empêche aussi l'ouvrage de vivre sa propre vie. La signature, la propriété obligent au « respect de l'oeuvre » (un euphémisme pour dire : payer l'usage de l'oeuvre propriétaire) achevée qu'à la consommer et non à la retravailler. Pratique qui sollicite le plagiat (éducation par l'imitation) au lieu de la recomposition (bien qu'il existe quelques rebelles). Mais ces pratiques ne se retrouvent pas dans la recherche scientifique ou moins : ce qui compte plus est la découverte plus que l'oeuvre (pas pour tous). Toute oeuvre est un ouvrage écrit qui s'attache à son auteur par le style (la manière de faire, de penser), mais pas par les idées. Les idées ne sont pas uniques, mais communes à la civilisation : elles se répètent pendant sa durée de vie, les mêmes dans différents contextes. Ce qui est unique à chacun est la combinaison des idées, les alliages et la manière de les traiter (le caractère, la marque d'indépendance). L'écriture renvoie au passé (une date passée), car elle se destine au futur qui devient présent. Les études (scolaires, universitaires) sont des études des idées du passé dans l'idéologie d'une « évolution » : de la bêtise à l'intelligence, de l'incompétence au savoir-faire, de l'ignorance à la connaissance, etc., qui est confondu avec « l'évolution de l'humanité ». L'humanité n'évolue pas, mais il y a des civilisations qui vivent un temps et meurent. Une civilisation tient (se maintient en vie) avec les idées que les humains ont de l'humanité : leurs croyances. Tant que ces idées survivent (sont en adéquation) avec son environnement, la civilisation reste en vie. A partir du moment où ces idées ne le sont plus, la civilisation disparait pour qu'une autre apparaisse à sa place. Ainsi va le monde des civilisations. En occident, le passé fait autorité.

 

 

Notes
* Une langue est un système de signes, communs aux humains qui la pratiquent (à partir de 2). La langue cultive l'étranger : ceux qui ne comprennent pas, mais constitue le moyen de communication de l'humanité : le fait de se comprendre. Une langue est un système de signes susceptibles d’être compris : quoiqu'il existe des langages secrets codés ou non. Le langage est la faculté d’exprimer sa pensée et de la communiquer (au moyen d’une langue : phonique (parole, tambour ou cloche), des signes (des gestes), morse (abandonné), sémaphore (disposition de pavillons à bout de bras dans la marine britannique), etc.).

 

mise au point

la musique réduite au langage

La musique ne se réduit pas à l'expression des sentiments. L'erreur, la confusion, l'a priori de sa diversion ou de sa sympathie, réside dans cette réduction : mais la musique n'a pas la fonction d'exprimer la sentimentalité. La sentimentalité est la projection d'une audience en manque, une imposition à la musique. C'est en ce sens que l'on croit la musique être un langage. La communication de sentiments : joie, tristesse, confiance, assurance, angoisse, peur, effroi, suspens, etc., réduit la musique à un langage. C'est pour cela qu'un professeur de musique d'école « primaire » (sic) va « expliquer » le sentiment qu'une musique dégage (sic) en fonction du sentiment dans lequel le compositeur l'a créé : ce qui est absurde et inutile à la connaissance de la musique. Si la musique était réduite à la sentimentalité, sa production serait pauvre et ennuyeuse. Et heureusement, ce n'est pas le cas.

 

 

suite

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