des mondes autonomes

interpénétrés dont la vie des uns dépend de celle des autres

ETRE POSSEDE =| |= ETRE LIBRE

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Un artiste, peut-il produire une oeuvre originale, quand il est possédé ? *

 

 

Au XIXe et XXe siècle, l'étude de la possession affectait uniquement les « fous » et les « sauvages » s'adonnant à des « rites de transe ». Une société occidentale dont le principal attrait est de posséder, ne s'est jamais posé la question de sa possession : suis-je possédé ? par la possession.

La possession semble avoir des sens différents, en fait ces différents sens varient d'un même sens dans différentes directions et points de vu (opinions et croyances). Mais le sens de la possession est bien de posséder et d'être possédé : d'annihiler la volonté (l'indépendance) de ce qui est possédé ; que ce soit d'un objet ou d'un sujet (dans le cas de possession, c'est plutôt le pluriel qui est « exigé » : l'avidité de la possession ne se satisfait jamais). Bouffer, bouffer et encore bouffer.

Etre possédé, dans notre culture occidentale, ne se réfère qu'à « la possession maléfique, diabolique » inculquée par la religion dominante : la chrétienne et ses dérivées. Où ailleurs, dans les « tribus sauvages » (sic) vaudou etc. Pourtant la possession se rencontre dans chaque individu à différents niveaux. Exemple : la langue possède un individu quand cet individu est parlé par la langue. Etre parlé par une langue revient à exprimer des formules de mots qui ne sont pas les siennes : des lieux communs, des tournures et expression à la mode, un ton parlé adopté (qui marque son appartenance à un clan, un groupe, une bande, une classe sociale, etc.). Et plus loin, à formuler des opinions irréfléchies (ou ne pas réfléchir « du tout »). Et plus loin, à être à faire comme les autres (pour demeurer invisible). Et plus loin : par peur d'assumer sa vie soi-même, son être individuel, par peur de vivre par soi-même (peur qui n'est qu'éduquée, voire auto-éduquée par peur).

Etre possédé signifie : être empêché de vivre ce qu'on voudrait vivre. Avec cette définition, on se rend compte que tous les êtres humains se laissent posséder (à de très rares exceptions comme certains philosophes, artisans, mathématiciens, musiciens : heureux : des personnes qui n'ont pas frustrées leur passion) d'une manière ou d'une autre. Le monde du travail massif tel qu'il est activé, est une entité possessive. Le « monde du travail » possède la vie des individus. Car les individus se soumettent jusqu'à rendre leur vie misérable à nourrir le travail. Je rappelle que la misère n'est pas la pauvreté. La misère attaque ou infecte le corps et l'esprit, pas les objets. La pauvreté permet la richesse qui possède des objets que la pauvreté ne possède pas.

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DES MONDES ENTITAIRES AUTONOMES

La vie de tous les mondes autonomes dépend les uns des autres. Tout monde est porté par un hôte qui lui-même est hôte d'autres mondes. L'hôte, c'est le contexte environnemental propice à la vie (où il a assez pour se nourrir). L'individu est (aussi) un hôte monde qui abrite et nourrit d'autres hôtes mondes et qui dépend de l'hôte monde social de l'humanité et de l'hôte monde qu'on nomme : nature. Et bien d'autres.

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DETECTION D'AUTONOMIE DES DEPENDANCES

Pour détecter l'autonomie d'un monde-entité-phénomène, il suffit de reconnaître son même phénomène dans différents individus d'un autre monde-entité-phénomène. Exemple : la même idée émise par différents individus humains (du monde des humains) qui forment le monde des idées.

Pour détecter l'autonomie d'un monde (d'une sphère, d'un règne, etc.) d'un phénomène (comme le monde des humains [0] ou celui des idées nommé « noosphère » par Edgar Morin après Karl Popper après Pierre Teilhard de Chardin* pour nommer l'autonomie de la « sphère de l’esprit »), il suffit de reconnaître le même phénomène sévir dans une entité différente d'un même monde, voire de mondes différents (comme une même idée émise par différents êtres humains [1] qui n'ont pas communiqué directement). Nous, les êtres humains sommes aussi un phénomène issu d'un autre contexte propice à notre existence (un monde différent de nous) et nous sommes aussi un environnement propice au développement d'autres phénomènes : comme le monde de notre esprit qui a besoin de sa nourriture, de penser les idées, pour exister, « une nourriture exigée par l'esprit » nous dit Jacques Monod. Chaque environnement (contexte d'existence possible) / phénomène (existant) sont à la fois des organismes [2] autonomes, mais aussi sont dépendants de leur contexte qui leur donne vie (le contexte propice à ce qu'ils puissent exister : pouvoir manger, se nourrir).

Il existe différents degrés de possession : de la possession passagère : « se faire avoir », « être trompé » jusqu'à la possession totale, globale complète de ne plus pouvoir être soi-même ni développer sa propre autonomie. La possession ne concerne pas uniquement tout ce qui s'attache à l'humanité et l'humanité elle-même, mais à toute entité qui forme un monde autonome et dépendant pour se nourrir s'épanouir de l'autre et rester en vie qui comme tout ce qui est, forme à la fois un phénomène et un environnement : une vie indépendante qui est à la fois un contexte favorable à l'épanouissement d'autres vies indépendantes où chacun nourrit et se nourrit pour maintenir la vie de toutes les vies. Une idée qui possède son hôte se transforme en conviction doctrinaire puis en une idéologie : une croyance dévastatrice. Une croyance ne comprend pas, mais détruit.

Le monde de l'argent est un monde autonome qui se nourrit des échanges humains, mais qui dans un monde dominé par l'économie prend possession de son hôte à agir pour l'exclusivité pour son monde. L'humanité aujourd'hui gave le monde de l'argent qui fera une indigestion et libèrera l'humanité de sa possession.

* 3 personnalités différentes (Chardin le religieux visionnaire, Popper l'ego convaincu libéral et Morin le révolté ambitieux)
qui véhiculent la même idée : le monde autonome des idées.

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COMPATIBILITE

Pour qu'une idée (une re-présentation - re-flexion - de l'esprit) se développe, il faut qu'elle soit compatible avec l'esprit hôte. Exemple : l'idée que les idées forment un monde autonome, pour comprendre le sens de la liberté et de la possession est favorable à se développer dans mon esprit : mon esprit est consentant à vivre libre et est réfractaire à toute possession ou ne tolère aucune domination, ni désavantage ou déséquilibre dans l'échange.

L'humanité est (aussi) un contexte propice à d'autres vies. Où toutes les vies (de chaque monde) dépendent les unes des autres. Par la nourriture.

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LES OUTILS DE L'AUTONOMIE

Pour que l'équilibre demeure entre les environnements et les phénomènes sans que l'un ne possède l'autre, l'assujetti à sa dépendance et absorbe son autonomie et dissolve son identité (sa différence) qui menacerait l'existence de leurs propres mondes de phénomènes/environnements/entités, il existe des outils. Pour le monde des idées, de la pensée, de la connaissance (du mythe) avec son ignorance (les phénomènes produits par l'environnement des esprits humains eux-mêmes produits par l'ensemble des cerveaux, etc.) ; le doute est une nécessité pour ne pas être possédé, pour que l'environnement des esprits humains ne soit pas possédé par les idées.

L'obéissance absolue d'un être humain est une forme de possession et de son corps et de son esprit. Le doute * à chaque proposition imposition est une protection contre la possession, d'être possédé par autre que soi. Etre possédé est à l'opposé d'être libre. Etre libre est : ne pas se faire posséder ni être possédé et perdre soi. La forme de possession principale que rencontre la liberté est la prise en otage de l'esprit. Quand l'esprit ne pense pas par lui-même et que les actions du corps sont éduquées par un corps autre que soi. Le corps, lui, est enfermé, attaché. Bien qu'un corps cru libre peut être enfermé. L'originalité est un autre outil pour éviter d'être possédé par « l'action commune » qui par la soumission est une forme sociale de la possession ; autrement « la culture qui gouverne l'individu ».

* le doute amène le questionnement, mais pas l'explication.

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être possédé ou ne plus être soi

Une personne possédée, on le voit surtout si on est proche (bien que des attitudes empruntées se détectent aisément). La personne, on la connait bien : on sait qu'elle n'est plus elle-même. Mais elle, ne le sait pas (et sans doute, ne veut pas le savoir). Le conflit qui s'accomplit en elle, est de se débarrasser de certaines de ses attitudes propres, qu'elle et son entourage jugent négatives (= qui se réalisent dans diverses souffrances non souhaitées). En empruntent d'autres pour faire le passage. Pour nous, les autres, ensuite, savoir si c'est une possession volontaire, simulée ou inconsciente toutes + ou - mêlées, pour se rassurer. Mais en aucun cas, intervenir pour prendre possession de sa conscience (en pointant son attention sur ce qu'elle n'est plus) qui entrerait en conflit avec la possession prise et endommagerait la personne par la violence du combat. Il faut attendre que ça passe (et faire « comme si ») sinon l'amitié qui nous lie à elle, se brise.

 

Comment savoir pour soi qu'on est bien soi ?

Comment savoir pour soi qu'on est bien soi ? Que notre attitude correspond à l'image que l'on projette de soi ? Ici la première erreur, dans le doute est de vouloir se projeter une image de soi (son idéal) qui de notre point de vu ne peut être que déformée. Je ne me reconnais jamais dans un miroir : « ah ! c'est moi là sur la photo ? bon... » Savoir que nos attitudes ne sont pas contradictoires avec le désir et l'idée que ce qu'on possède être ? est sans doute l'équilibre à atteindre ou avoir pour ne pas agir par possession qui fait toujours du tort et de la peine à soi et aux autres.

Chacune et chacun devraient se poser cette question : suis-je possédé par le monde des idées ? et si elles dirigent mon état d'esprit la réponse est : oui.

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LE COSTUME OBEISSANT

On peut constater que les personnes qui se réfugient derrière un costume et obéissent à un protocole, sont possédées. Je pense en particulier à l'armée, à la police en activité policière (bien que tout le fonctionnariat de l'Administration en soit infecté sans en porter le costume : le costume mental qui représente l'attitude du fonctionnaire de représenter l'interdit infranchissable bien que le contexte rend l'interdit contradictoire). La police forme un corps obéissant à des ordres qu'elle ne met en aucun cas en doute, même s'ils sont paradoxaux ou provoquent des peines + que de résoudre un conflit ou une peine sociale. Pour agir avec la sauvagerie de la violence, il faut être possédé. La violence (comme la guerre) ne résout rien, elle envenime le problème et impose une volonté à un contexte défavorable. Pour dominer, il faut que les dominés soient possédés (ou convaincu et agir en fonction de la conviction ce qui revient au même). Je citerais aussi les croyants qui sont possédés par leur croyance dont ils ne peuvent douter à aucun moment au risque de perdre leur croyance qui a la fonction de donner un sens à leur vie (les croyants sont des personnes égarées des morts en vie qui répendent la mort dans la vie).

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L'EDUCATION

L'éducation veut posséder l'esprit (ou la finalité de l'éducation est de posséder l'esprit de l'éduqué (de l'écolier, de l'étudiant), la marque de l'enseigne-ment, c'est-à-dire qu'il obéisse à la conformité de ce qui lui est imposé d'apprendre) la formation veut posséder le corps (idem pour la volonté de finalité du corps obéissant). Si l'être humain ne réalisait pas le passage par l'adolescence rebelle, nous serions tous possédés et incapables d'autonomie. C'est le passage par l'adolescence qui forme notre conscience (le pas en arrière nécessaire pour réfléchir). Bien qu'une majorité d'humains vivent possédés dans la possession ; d'après Milgram dans les années 60, cette population était estimée à 63%, aujourd'hui, elle dépasse les 81% (chiffre avancé après la réitération de l'expérience de Milgram en 2010, par la chaîne de télévision France 4 de l'émission-jeu « zone Xtreme »).

Pour éviter la prise de possession de son esprit et de son corps à exécuter une activité non désirée, reste à apprendre par soi-même ce que l'on veut apprendre (ou autodidacte instaure sa propre dictature sur soi-même). Apprendre est permanent, car il existe toujours quelque chose que l'on ne sait pas. Il n'y a pas d'apprentissage (qui n'est ni l'éducation, ni la formation, mais un accès à un savoir-faire avec l'aide d'un maître compétent qui sait comment faire) sans erreurs. L'erreur permet d'apprendre ; sans erreurs l'apprentissage n'existerait pas (comme la richesse ne peut exister sans la pauvreté). La compétence et le savoir-faire s'acquièrent grâce aux erreurs, à son propre parcours d'erreurs qui personnalise son savoir-faire. Et les liens que cela entraîne. L'erreur permet de construire la réussite de son projet en montrant les correspondances à ne pas prendre (qui ne réaliseront pas le projet) : « le chemin de vie de l'apprentissage qui se parcourt ». L'erreur apparaît quand on se donne un objectif précis d'une tache non imprécise à réaliser (par planification). L'erreur aide à la formation de son savoir-faire : un parcours sans erreurs est un parcours stérile, car il ne permet pas d'évaluer le réseau de liens possibles. Par exemple en médecine : faire un diagnostique précis de la maladie qui c'est emprise du malade pour le guérir. Aussi, il ne faut pas confondre erreur et ignorance. L'ignorance est un refus de savoir ou l'absence d'une volonté de savoir alors que l'erreur est le résultat d'une volonté de savoir. La réussite n'existe pas sans l'erreur.

Nos sociétés compétitives (compétitives uniquement pour les esclaves où les enfants sont gérés comme des esclaves en masse qui dès leur jeune âge - avant l'adolescence - sont obligés par les adultes à rentrer dans la compétition qu'ils n'ont pas choisie ni demandée [3]) gouvernées par l'hégémonie du marché globalisé à toute la planète est un mode de vie instauré par la domination où l'anarcho-capitalisme renommé libéralisme puis néolibéralisme, est une domination idéologique et économique favorable aux banquiers et à tous ceux qui détiennent une fortune, oblige les démunis (les pauvres) à courir à posséder le plus possible (qui pour un pauvre est un leurre, voire une tromperie qui fait rire les fortunés) qu'il surpaye (paye 2 fois) à crédit. Ce qui est étrange, est que cette vie possédée, cette imposition de vie (unique de courir après l'improbable), n'est pas rejeté par les 80% d'humains cités supra, mais est une idée intégrée comme étant la réalité : « la vie réelle et naturelle », et que : « il n'y a pas de choix » et que : « c'est comme ça » et que : « on n’y peut rien ». 80% de l'humanité sert à servir les 20% restant. [4]

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QUEL EST L'AVANTAGE D'ETRE POSSEDE ?

S'il existe autant d'êtres humains possédés (+ que de non-possédés : 80 pour 20), c'est qu'il doit exister un avantage de vivre sa vie en n’étant pas soi-même et en ne décidant pas du parcours de sa propre vie : en ne choisissant pas soi-même ce qui nous fait plaisir à vivre. Moi, là, je ne vois pas.

L'amour est-ce une possession ? être possédé par l'autre aimé, au point de ne plus être soi ?

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Dressé au marché (à la marche) des esclaves

L'économie de marché ne peut pas exister sans la fluctuation des prix (qui fluctuent uniquement vers l'augmentation ou « l'effondrement » radical). Cette fluctuation permet de miser pour gagner (où perdre revient à faire faillite) l'argent possédé qui possède celui qui en possède. Le regard halluciné des miseurs possédé par le jeu est impressionnant. La compétition est une disposition nécessaire pour fluctuer le rapport de l'offre et de la demande. Sans compétition, pas de pari ni de mise possible. Pour que la compétition existe, il faut éduquer et former différents individus à la même activité (métier). Pour que la compétition soit prise au sérieux, il faut que les perdants soient humiliés. L'humiliation du perdant motive la volonté de gagner : tous partent au combat gagnant. La compétition ne se réalise que dans une même activité pour différents candidats. Une compétition ne peut pas exister si chacun agit par une activité différente ou complémentaire. C'est à ce stade que l'éducation et la formation interviennent : modeler différentes personnes à faire le même travail qui dépend en + d'un salaire. Le salaire, dont la somme doit être insuffisante à vivre confortablement pour motiver le travailleur à travailler + pour sans fin en vouloir +. Le salaire est la récompense pour la survie de l'employé. Un employé est un être humain possédé par « le monde du travail ». Le « monde du travail » a la forme d'un jeu où les joueurs-spéculateurs (ceux qui s'amusent) ne prennent aucun risque de perdre leur fortune enviée par les employés (les joués qui ne s'amusent pas) tenus par l'espoir impossible de devenir riche. Cette idée du futur est une idée qui sert à accepter sa misère (à perdre son argent dans les loteries où il n'y a que les pauvres qui misent).

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Le compositeur-écrivain
versus
le compositeur-musicien
ou
le compositeur-philosophe
tout court

Les musiciens sont-ils possédés par la disposition, par l'esprit du compositeur quand ceux-ci exécutent son oeuvre ? Si l'oeuvre est considérée comme une propriété propre à son compositeur : oui. Si l'oeuvre est considérée comme une élaboration collective à sa réalisation : non. Pour effacer toute incertitude quant à l'état de possession du musicien, il suffit à ce que l'oeuvre musicale en question sonne différemment pour chaque musicien qui l'interprète ou l'exécute : si la musique est identifiée sans que l'interprète le soit : le musicien est possédé. L'Administration française distingue le statut du musicien et celui de compositeur : le compositeur est une profession libérale, le musicien est une profession salariale (cette distinction n'existe pas dans les pays anglophones) ce qui signifie qu’en France le musicien est au service du « maître » compositeur pour servir SA musique, ce qui dans les orchestres symphoniques subventionnés par l'Etat et autres collectivités publiques et privées, en font des fonctionnaires syndiqués. Statut qui est contradictoire avec celui d'être artiste de la musique. Mais ce modèle du musicien-ouvrier-syndiqué-esclave est un résidu de l’époque industrielle du XIXe siècle, d'ailleurs ces orchestres ne produisent que la musique romantique symphonique attachée à cette époque (marquée du prestige de la gloire par l'effectif de l'orchestre et non de la musique elle-même). Aujourd'hui, pour certains.nes (encore très très rares) il existe une conscience de partage où le compositeur met la main à la pâte et réfléchit ses moyens d'action à ce que tous en ressortent ravis : ce qui est exceptionnel ou pratiquement inexistant. Les conservatoires de musique enseignent la musique classique du XIXe siècle.

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Le monde des moustiques est indépendant de nous, mais dépend de nous par le sang. des femelles postrutées****

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A morce posée pour être redigé‾ :

La possession qui possède

On se demande si le malêtre fondamental occidental ne réside pas dans la possession. Posséder, c'est retenir, ne pas obéir à soi, c'est enfouir tout, ce qui suppose être appartenu. On considère ce qui nous appartient, et on le retient. « A moi », « c'est à moi, à moi (pas à toi) », « t'as pas l'droit, c'est à moi », « donne » (sic). Quel est le besoin, la nécessité qui fait vouloir et dire de telles choses ? En quoi ça c'est à toi et pas à moi ? En quoi ça c'est à moi et pas à toi ? Quel est ce besoin de privatiser sa jouissance ? Quel est le plaisir ou l'intérêt de jouir seul.e de « sa fortune » ? Etre fortuné, éloigne l'amitié et attire la convoitise (et les parasites). Quel est l'intérêt de vivre seul sans amis (dans un contexte hostile : « des voleurs partout qui veulent voler ma cassette ») ?

Il n'y a pas que les biens qui font mal, ramassés, retenus et enfouis : il y a aussi les sentiments. Toutes les peines endurées. Pourquoi retenons-nous et enfouissons nos peines endurées ? Cela revient au même de retenir nos excréments à nous rendre malade. Etre mal dans sa peau, c'est retenir ses peines passées croyant qu'elles constituent sa personnalité. Souffrir est l'action de sa retenue. Mais avec l'excrément, le dégoût intervient « pour sa propre évacuation ». De tout ce que nous retenons est-ce que le dégoût nous somme d'évacuer : le sale et puant. Au point de se faire croire que la propreté (confondue avec « pureté » : notion dangereuse d'être « lavé » de ses « pêchés » qui renforce notre criminalité) réduit le risque de maladies. « Touche pas à ça, c'est sale ». Le fantasme et l'obsession de la propreté se retrouvent jusque dans l'architecture « futuriste » de la transparence des murs vitres et de l'intérieur blanc aux surfaces nettes et lisses (qui ne se salit jamais). Espace blanc sans zone d'ombre, sans vie, idéalisé dans les magazines. L'idéal (idée) de la transparence de la propreté sans tâche ni ombre d'un chez-soi quotidien invivable. L'intérieur d'un intérieur en ordre mort contre un intérieur désordonné qui témoigne de la vie. Le mythe du futur propre (pas présent).

L'idée de la saleté est attachée à la pauvreté : la boue, l'ombre, la bête qui pue, le vil ain qui ne peut pas prendre soin de soi. La saleté en occident est une malédiction : le refus de la matière sale est absolu.

Par contre, on retient et on enfouit tout le reste. D'abord l'argent : valeur abstraite qui (devrait) permet de troquer tout avec (presque) n'importe quoi. Qui, amassé en grande quantité, fait croire à sa propre dépossession (d'être libéré). Posséder pour être dépossédé : est un paradoxe. Tout ça pour être libéré du travail, et surtout du travail obligatoire de l'esclave qui est cultivé comme une damnation pour se donner autant de mal pour l'éviter en souhaitant tous devenir riche. L'argent s'amasse dans un compte bancaire qui n'est pas une propriété privée : il est saisissable à n'importe quel moment par l'Etat (d'où les comptes anonymes en Suisse et ailleurs). Mais nous savons tous qu'amasser une fortune passe obligatoirement par le mensonge, la tricherie, l'hypocrisie et l'escroquerie : il n'y a pas d'autres moyens. Le travail employé est toujours pas assez payé pour que l'employé travail avec l'espoir d'une augmentation de salaire délivré au « compte goutte », l'obligeant à contracter des crédits qu'il rembourse pendant de longues années (en payant l'argent qu'il a « gagné ») : le cercle est fermé.

Après les objets, les sentiments et l'argent, il y a le reste : « les choses de l'esprit » comme les idées, la croyance, la connaissance, l'incapacité, la certitude, la culture, le conditionnement, l'éducation (qui est la même chose), etc.

Après il y a la possession des autres. Par l'obéissance absolue. Une obéissance parfaite et pure, sans tache ni faille. Que le prisonnier doit « respecter » voire honorer son geôlier qui le doit envers celui qui le commande pour former la « pyramide de l'ordre et de l'obéissance ». Ce que tous nos mythes redoutent (jusqu'à l'obsession au cinéma : le thème de la société totalitaire qui misérabilise les êtres humains est permanent), tout en le réalisant nous-mêmes quotidiennement.

En Occident, on est possédé par la possession. A quel point une obsession est une possession ? Tout, sauf ce qui est « de la merde ». Est une forme de possession. De ne pas être soi, mais celui à qui les autres commandent (autre que l'être soi avec les autres) de réaliser leurs désirs (mais pas les siens).

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Au fait, se nourrir ne possède pas, mais assimile par la ‾digestion pour sa génération (rester en vie).

 

 

 

 

* Oui, mais possédé par quoi ? son obsession ? une volonté extérieure à sa démarche artistique ?
Possession consentie ou possession mal sentie (douloureuse ou plaisante ou neutre insentie) ?
Etre possédé par son ouvrage est aussi concevable comme une possession ?
quand l'artiste n'est pas au fait de sa possession : oui, dans le cas contraire c'est une passion.

avec : Possession acceptée, Possession refusée, Possession destructive, Possession constructive (syncrétique***), on a 4 types de possessions : Pad, Pac, Prd, et Prc.

« En période obscurantiste (intolérance et fermeture d'esprit), il est dangereux d'être original (distinguable par sa différence (même) et son autonomie d'être impossédable) »
dit que notre monde humain traverse une période d'obscurantisme.
On ne brûle plus les artistes originaux au bûcher, on les ignore (car ils ne font plus peur).
Cela, depuis plus de 30 ans et particulièrement marqué au en ce début de XXIe siècle.
L'artiste se dissoud dans la moyenne anonyme de la médiocratie.
Ça ressemble à une mort de l'art (expression de la liberté de l'espèce humaine annihilée).

 

 

Notes
[0] L'humain est une entité phénoménologique comme celles des entités des autres mondes.
[1] Certains humains croient et sont convaincus que les idées sont des créations personnelles et qu'il faut leur apposer, leur imposer un droit (un péage) d'auteur, une propriété exclusive de l'auteur et reconnaître cette propriété exclusive. Montre le monde humain possédé dans lequel nous vivons et devons est possédé par la possession.
[2] Popper et Morin parlent de « système » qui pour nous reste un mécanisme, c'est-à-dire une suite d'opérations quantifiables et dénombrables dans leur fonctionnement, ce qui n'est pas le cas d'un organisme. L'idée du « système » a fait suite à l'idée de structure du structuralisme en y injectant la mobilité à la structure figée. Un système (à la mode dans les années 60 et 70 du XXe siècle) est un programme mobile encore insuffisant à décrire un organisme intégré et autonome imbriqué avec d'autres mondes.
[3] les adultes s'étonnent (seulement) après les catastrophes quand les adolescents et la jeunesse « pètent un plomb » et massacrent leurs concurrents en se massacrant eux-mêmes : appel ultime de désespoir des jeunes adultes (nouveaux arrivants dans l'incarcération sociale) d'arrêter la torture. D'autant plus que cette compétition généralisée ne repose sur aucun fondement constructif pour l'humanité, seulement à servir quelques nantis dominants qui jouent avec les dominés en partie consentant (avec celles et ceux qui payent). On constate que n'importe quel être humain, une fois qu'il s'empare d'un pouvoir que chacun lui donne ce pouvoir de gouverner, il en use et en abuse (pour punir le sujet de sa frustration). Donner le pouvoir à un gouvernant ressemble à une vengeance sur les gouvernés : « les cons, je vais les faire chier, ça me fait trop marrer ».
[4] L'Etat n'existe pas, depuis que les fonctionnaires obéissent aux gouvernements et non pas à aux populations qui les entretiennent (le service au public de la république). La police protège le pouvoir en obéissant à ses ordres et non pas aux intérêts des populations mécontentent qui le manifestent. Mépriser, frustrer le « peuple » par des « actions gouvernementales » prouve sa gouvernabilité, l'autorité de sa place de gouvernant (qui dans le cas contraire semblerait inexistante). La police ne se fera jamais l'arbitre impartial entre les gouvernants et les gouvernés (sachant que les policiers sont des personnes de ce peuple qu'elle tabasse et fait souffrir par la violence) car elle n'est pas sous l'autorité d'une justice autonome, mais du préfet de police directement sous les ordres du « président de la République » (président et république attachés se contredisent). La police est le summum de la possession humaine, elle violente le civil en état de paix (les militaires seulement en état de guerre confirmée), et la justice est le théâtre du procès : un jeu de compétition-simulacre. Le corps de la police est formé d'humains dressés comme des chiens robotisés qui ne peuvent plus réfléchir. Sur eux-mêmes, leur vie, et ce qu'ils font. Le dressage* (exécuter des ordres imposés) des animaux à servir les humains : qui des 2 vit une vie épanouissante ? ** La servitude volontaire (au lieu de la mort) est une disposition qui empêche l'épanouissement de l'humanité et

Notes de la note [4]
* dont voici ses synonymes : éducation (emploi péjoratif et familier) — alphabétisation, apprentissage, conscientisation, didactique, édification, éducation, enrichissement, enseignement, entraînement, études, expérience, façonnage, façonnement, formation, inculcation, information, initiation, instruction, monitorat, pédagogie, professorat, scolarisation, scolarité, stage.
** je considère la possession à n degré du conditionnement. Un conditionné peut « faire un pas de côté » et se rendre compte de son conditionnement, un possédé ne peut pas, car il ne se rend pas compte de lui-même qu'il est possédé.

 

Sens
*** La réunion de Crétois disjoints en désaccord qui favorise leur mort, leur disparition s'ils ne s'unissent pas et n'agissent pas ensemble en dépendance autonome (chacun sa tâche) pour survivre.
**** « Le mot nommé rut tire son origine du latin tardif “rugitus” qui signifie cri d’animal, qui, par évolution phonétique, a donné ruit, puis rut à partir du XVIe siècle. Le sens original s’est spécialisé en cri d’animal [surtout le cerf qui brame du latin “brugere” (Bruges est-ce une ville noise ?) passé par l'occitan “bramar” pour braire - pour l'âne - celles et ceux qui se lamentent bruyamment] dû au désir sexuel, puis, par métonymie, a glissé vers la période d’activité sexuelle. Notons, d’autre part, que le sens de “rugitus” s’est aussi élargi pour simplement signifier : bruit, sens attesté jusqu’au moyen français. Bien que disparu du français moderne [où le bruit d'appel du brame du manque a remplacé le rugissement de plaisir], ce sens est toujours présent en espagnol et en portugais sous la forme ruido. » (dictionnaire québécois Antidote). Interdire de faire du bruit après 22 heures, sous-entend : baiser en silence pour ne pas éveiller le désir de baiser de celles et ceux autour qui ne baisent pas. Le bruit gênant remplacé par son euphémisme : « nuisance sonore » est en fait une histoire de faux-culs mal baisés. Le sens du bruit sert la dictature du servile (l'esclave : masse travailleuse ordonnée par la police) à asservir à sa vie misérable volontaire, les autres qui baisent joyeusement.

 

Lectures
Edgar Morin, La méthode, tome 4. Les idées, 1991.
Jacques Monod, Le Hasard et la Nécessité, 1970.
L'oeuvre de Michel Foucault (1926-1984)
Mary Douglas, De la souillure : Essais sur les notions de pollution et de tabou, 1966.
Louis-Vincent Thomas, Anthropologie des obsessions, 1988.
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vers les mondes autonomes dépendants les uns des autres pour leur survie (en cours)

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