l'état de guerre permanent

de l'humanité occidentale agressive

 

La musique arme de guerre

 

Les censures du pouvoir de l'agression contre
et les libertés revendiquées par la résistance pour
l'impossible en conflit, forcé et permanent, avec le possible
ou la culture de l'ennemi de l'industrie de la violence

 

De la musique des camps qui masque la torture jusqu'à la musique qui torture elle-même ou les musiciens pris en otage par l'industrie de la terreur.

Guerre : mot apparu vers 1080 (après la bataille d'Hastings du 14 octobre 1066 qui fit des Normands les nouveaux maîtres de l'Angleterre.) de l'ancien anglais « werre », issu du français anglo-normand « guerre » sur la base du mot germanique et bas latin « werra » (querelle) et de « worse » qui signifie « pire » [1]. Avant 1080 il n'y avait pas de guerre, mais des altercations : les tentations d'éviter le pire (l'anéantissement) étaient constante. La création de la guerre (du pire) coïncide avec le désir de consolider une société contrôlée par un système monolithique et automatique : l'Administration. L'Administration fut une proposition de la monarchie des aristocrates débordés pour limiter l'enrichissement illimité des banquiers : la création de l'Etat (guerre de Cent Ans). Mais l'Etat est un système autoritaire incontrôlable dont chacun subit encore aujourd'hui ses méfaits. La guerre permanente est née après l'an mille et coïncide avec la formation de la culture occidentale de l'invasion et de la soumission culturelles et sévit plus que jamais encore aujourd'hui [2]. Ce nouveau concept de la guerre inaugure la « culture du pire ».

Permanence. Les problèmes sont permanents.

Les conflits sont permanents tout comme les problèmes qui les constituent. La guerre est un état permanent quand l'hostilité est permanente. La guerre est une situation rentable pour le système du capital qui l'entretient : c'est un état de consommation extrême qui gouverne une clientèle dominée [3]. Une lutte avec ou sans armes qui tuent entre groupes en conflit. L'arme ne se réduit pas uniquement à un outil pour blesser ou tuer physiquement ses adversaires, mais à tout instrument qui permet de réduire ou d'anéantir les personnes attachées activement et passivement à un conflit collectif : le langage est une arme majeure 1. d'anéantissement psychologique (torture par l'entremise de la croyance), et 2. dans les négociations : une expression de la guerre « diplomatique » de résolution des conflits où il ne peut exister de partage équitable des torts : l'un voudra toujours plus que l'autre, l'un voudra toujours avoir l'impression de gagner : pas d'avoir perdu : à moins qu'il n'ait plus de choix. Les conflits sont innombrables et constants et des armes sont constamment imaginées pour les « résoudre » par abdication ou anéantissement. Les luttes ne sont pas uniquement physiques, mais psychiques, idéologiques, économiques, sociologiques, culturelles, etc., et les belligérants s'emploient à développer des stratégies de plus en plus complexes pour soumettre des individus, des groupes sociaux, des entreprises, des peuples à la volonté de dirigeants en mal de pouvoirs de domination : les agresseurs doivent vider leurs frustrations. Nous vivons dans l'hostilité, et ces hostilités compétitives sont planétaires et forment une activité permanente qui occupe des milliards de personnes à fructifier les richesses de quelques-uns. À partir du moment où il y a lutte collective compétitive, il y a guerre : les jeux de compétitions : sport, commerce, etc., sont des formes de la guerre. Même une lutte individuelle attachée à une idéologie collective, par exemple la liberté, est à la forme de la guerre. Soldat est un métier qui demande l'obéissance absolue, il existe beaucoup de métiers autres que militaires qui demandent l'obéissance absolue et tous les métiers non nommés militaires sont en fait des métiers de soldat. Certains métiers pacifiques sont même détournés pour devenir soldat. Certains artistes musiciens (malgré eux ou non) sont les soldats culturels de leur nation quand cette nation a des objectifs d'invasion et d'hostilité (par le divertissement : la guerre culturelle). Tous les corps de métiers servent quand une nation est en état de guerre : d'abord les sciences activité dédiée à la guerre. Les mots et la musique sont des armes comme tout autre outil produit par l'homme. Il y a un très grand nombre de personnes qui travaillent pour la guerre et qui ne le savent pas, mais devraient le savoir. On ne nait pas hostile, on le devient. Tout moyen de communication est une arme qui sert la guerre. Donc tous ceux et celles qui communiquent (en contact) sont potentiellement des soldats du médium utilisé : des véhicules inconscients de la propagande de l'agresseur. Le progrès est uniquement et directement lié à une recherche technologique d’armes nouvelles pour soumettre l'autre. Le fait que certaines armes soient « laissées » au grand public ne signifie pas qu’elles perdent leurs utilités originelles agressives, par exemple la pioche, le couteau de cuisine ou Internet. Internet monopolise la communication planétaire et est un excellent outil pour pister ses ennemis provoqués dans le monde (sachant que la technologie militaire a plusieurs années d’avance par rapport aux utilisateurs publics). Le téléphone portable public est une excellente arme de surveillance, équipée d'un micro, d'un GPS et d'une caméra, il suit partout son « propriétaire » qui reste visible et audible de ses faits et gestes, même éteint. Avec le développement des nanotechnologies, les armes deviennent « invisibles », telles que des virus artificiels qui se reproduisent pour « infecter » les ennemis visés de l'attitude désirée de soumission et d'annihilation de l'agresseur. De la Réalité Virtuelle, nous passons à la Réalité Modifiée, celle de pouvoir recréer le monde dans lequel nous vivons par la manipulation des structures moléculaires et atomiques et même subatomiques. Mais en quoi cette Réalité Modifiée ne va-t-elle pas nous modifier nous : les agresseurs occidentaux ? Si ce n'est déjà commencé : 1300 types différents de nanoparticules sont déjà en service dans plusieurs centaines de produits vendus dans le commerce (Le Monde 12 février 2008 cité par Pièce et Main d'Oeuvre dans « Aujourd'hui le Nanomonde » 2008 p.33). Les Occidentaux aspirent au « surhomme » qui ne sera qu'une entité biotechnologique insensée au « pouvoir invisible de modification massive ». L'anéantissement est le propre du Blanc qui doit détruire ce que son Dieu a créé pour prendre sa place : l'expression d'une frustration sans limites. La bêtise arrogante des technocrates n'a pu naître que de l'expression de l'adolescent sexuellement frustré et humilié pour générer une technoscience à coup de prix Nobel (l'inventeur de la dynamite) à l'esprit alimenté de science-fiction pour une Réalité Modifiée. Pour jouer le grand fantasme de l'Occident dont le cinéma est sa nouvelle forme de propagande infantile destinée à la jeunesse.

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La guerre est perpétuelle, sur différents niveaux à des intensités différentes : une grande polyphonie de voies indépendantes communicantes. Quand la guerre atteint son sommet, celui des souffrances insupportables pour tous, elle redescend à des niveaux plus tolérables de stress, comme une courbe quantifiante. La superposition de guerres forme des ondes d'intensités statistiques variées comme la vibration [4]. La vibration qui est le constituant de la musique. Les vibrations de la guerre : est-ce de la musique ? Si oui, la guerre est musique.

du NON originel au NON répété

La naissance d’un conflit démarre quand un groupe (dominé avec un dominant) ou un individu oppose un refus à une proposition donnée ou demandée (quand il n'y a pas résignation). L’Homme a commencé sont évolution technologique quand il a su dire : non. Non à la fatalité. Non à la croyance. Un « non, je ne veux pas avoir froid » : il découvre comment faire le feu : le feu chauffe, cuit et est aussi un excellent outil de terreur : une arme de guerre (sans feu pas de flingue ni de bombe). Le non est à l’origine de l’intelligence nous dit Georges Bataille : créer des concepts pour modifier l'idée de l'homme dans le monde. Celle entre autres du refus de sa condition d'être humains et d'être « condamné » à cet état imposé (par l'inconnu, mais personnifié d'un Dieu : le responsable créateur de la condition humaine : sa souffrance). C’est dans les conflits et les problèmes que l’intelligence est sollicitée ; plus encore si cela concerne un groupe : la perspective de devenir « remarqué et honoré » motive la compétition du frustré qui réfléchit et atténue sa souffrance dans la reconnaissance et le dépassement de soi pour les autres. Au-delà de la résolution, le Non est l'affirmation du pouvoir qui se réfugie dans l'idiotie. C'est ce qui a donné naissance à notre Monde Médiocratique.

le NON frustrateur et le OUI créateur

La guerre ne soulage jamais un conflit, elle le représente, elle l'exploite, elle l'encourage. Ce qui résout un conflit c’est l'équilibre des contraires par le bon sens en action de tous qui annule le sentiment d'hostilité. Les médiateurs [5] neutres et justes sont dans la guerre, indésirables : ils brisent le jeu de la guerre. Ceux qui agissent sont sous influence ou n'ont que trop peu de pouvoir. Le non du dominant est frustrateur, le non du dominé est créateur, le oui du dominant est créateur, le oui du dominé est frustrateur. Le non est le refus qui alimente le moteur de la guerre avec ses résistances, et sans le oui il ne crée rien : il détruit. Aujourd’hui le non annihile, gardien du pouvoir et des acquis, et les oui innovent sur des terres inexplorables, ailleurs cachées : l'équilibre musical mondial est brisé par la guerre.

la musique arme de la guerre culturelle

Mais qu'est-ce que la guerre a à voir avec l'activité musicale ? L'activité musicale se trouve-t-elle dans un conflit collectif ? Qu'est-ce qui oblige à utiliser la musique comme arme technologique et stratégique pour déjouer l'ennemi ? Qui est l'ennemi pour que la musique puisse jouer ce rôle ? En quoi la musique se trouve-t-elle être dans un conflit collectif ? Le cinéma ou la musique sont des outils de propagande puissants puisqu'ils « s'attaquent » à l'inconscience. La musique (comme le cinéma) se trouve embarquée dans la guerre de globalisation culturelle : celle de l'américanisation qui tend à une globalisation du monde à son image et qui utilise la musique pour infecter les différentes cultures de la planète de ses idées. Il n'y a pas : échange entre différentes cultures, mais une invasion massive des « produits culturels » américanisés dans le monde dont la musique qui avec le cinéma sont placés à la tête du PIB (produit intérieur brut) mondial. La musique est un excellent médium pour véhiculer une idéologie culturelle (même sans comprendre les paroles des chansons : la compréhension de la parole demande un apprentissage et ne traverse pas les différentes cultures dues au barrage des langues), celle de modifier à son profit les formes de comportements étrangers à son mode de vie : guerroyer les formes acquises de comportements pour imposer les siennes en créant l'envie surtout de la jeunesse à participer à son « Eldorado » illusoire à travers le packaging. Cette guerre est née avec l'industrialisation de la musique : sa propagation envahissante à travers tous les supports de communication monnayables de la planète. Internet est le pire. C'est une guerre de quantité et d'émerveillement culturelle à base de technologie militaire : pour une démonstration de supériorité à laquelle les ennemis doivent se soumettre ou disparaitre. La musique est utilisée comme arme de guerre, une arme de guerre culturelle pour assouvir les peuples étrangers principalement à travers leurs jeunesses. Les chapelles influentes locales servent ce monopole global en offrant ses moyens qui devraient être partagés équitablement, elles créent des privilèges par des pouvoirs du non à la diversité des cultures par la musique. Les SACEM ou les ministères de la Culture en sont les collaborateurs farouches. Être au pouvoir, c'est savourer d'ordonner des refus à ceux qui ne l'ont pas : il n'y a qu'un pouvoir qui peut interdire. Face à cette attitude, l'esquive de la distance est requise, celle de la résistance désintéressée. En faisant autre chose en même temps. Existe-t-il encore à l'intérieur, des lieux de liberté pour réaliser ses créations originales ? Non.

De cet état de fait, maintenant connu, il est important de faire de la musique pour soi et non propager le virus de l'invasion globalisante de l'industrie de la violence dont certains musiciens sont les représentants actifs et parfois inconscients : et ceux qui copient sans originalité travaillent à leur déculturation. L'originalité de la musique est le seul moyen de résister contre l'homogénéisation americanophone du monde. Les différentes ressources culturelles sont à mettre en oeuvre pour l'expression de la multiplicité. L'originalité est devenue une forme de résistance. Le croisement de partages équitables de savoirs musicaux est plus enrichissant que le pillage remixant des musiques dites « ethniques » à la sonorité americanophone. La musique est une pratique collective, mais qui transculturellement a du mal à communiquer. Les différences culturelles marquent les différences ethniques exprimées dans les attitudes et le langage et empêchent toute compréhension mutuelle. Il n'existe pas d'échange artistique trans-culturel ou inter-traditionnel. La musique illustre parfaitement cette situation difficile de mutuelle incompréhension : chacun restant sur son « point de vu » culturel et ne peut accéder à l'autre dans un échange enrichissant de savoirs équitables. C'est cette « incompréhension » qui est le prétexte à la guerre : « puisque je ne peux pas te comprendre, je vais (pour qu'il se passe quelque chose) t'imposer ma vision des choses ». L'effort de compréhension bat en retraite face au désir « amusant » d'agression (de volonté de transformation de l'autre) [6]. « Il s'agit surtout de ne pas s'ennuyer » et le remède est de jouer avec le pire. La guerre procure l'intensité paroxystique du vivre, mais ceux sur le terrain ne s'en remettent jamais.

 

La musique en tant que médium communicant véhicule la culture de la propagande guerrière.

 

La guerre globale      de la mondialisation

Au XXIe siècle, la guerre est globale et banalisée à toutes les activités humaines, à tous ses territoires : du privé (cercle familial) au transnational (espace public), à toutes ses couches sociales, jusque dans la virtualité d'ennemis encore inconnus qui sont en train d'être en permanence refabriqués sous des aspects différents (groupes terroristes, virus, catastrophes « naturelles », poisons alimentaires, etc.) soutenus et propagés par les médias dominants : la guerre catastrophe est sensationnelle. Dans notre civilisation occidentale, la guerre est dans sa troisième phase. La première étant la guerre courtoise d'invasion (jusqu'au XVIIIe siècle), la seconde la guerre-massacre d'anéantissement (à partir du XVIIIe siècle), dont la guerre atomique est son aboutissement. La guerre atomique a eu ses limites, celle d'anéantir et de détruire à très long terme l'humain et son environnement : c'est antiéconomique, anticapitaliste. La bombe atomique est une tueuse de guerres et l'économie à besoin de la guerre pour créer du bénéfice. Aujourd'hui, sa troisième phase est culturelle et technologique même organique : les nanotechnologies, les biotechnologies, la mécanisation de l'information et du comportement avec la « réalité augmentée », la bioidentification permettent le fantasme du « meurtre ciblé en masse » des ennemis « potentiels ». Dans cette course technologique, les Américains font savoir qu'ils restent en tête (nous connaissons leur bluff et leur audace même à s'autodétruire pour le prétexte à la guerre et leur manque d'efficacité sur le terrain par leur surcharge technologique). Leur cinéma populaire leur sert à préparer les populations aux changements technologiques fantasmés (robotique, clonage, cyborg, etc.) pour une société entièrement mécanisée gérée par les machines. Une préparation à la normalité robotisée de demain. Combien de fois l'Administration rejette-t-elle la faute d'une mauvaise gestion à l'informatique ? Dans l'automation plus personne n'est responsable. Plus personne n'est responsable des souffrances infligées dans la guerre automatique. Et la guerre fait rage d'elle-même : elle s'autonomise dans l'automation.

L'évolution du fantasme de la guerre et de ses réalisations successives depuis la Révolution française [7], montre l'invasion nécessaire de la bêtification dans le corps armé pour sa domination, autrement dit sa mécanisation cybernétique, autrement dit l'administration de son obéissance. Nous sommes des peureux idiots administrés, cultivés dans l'intolérence, la haine et la terreur fictive due à notre obéissance volontaire à des modèles qui ne correspondent pas aux besoins de notre développement d'humain. Nous jouissons de l'ignorance pour permettre la guerre. La compréhension du savoir est quasi nulle au prorata de l'inculcation de stéréotypes par la consommation journalière du divertissement (producteur de bêtification : le divertissement empêche de réfléchir). La guerre, c'est aussi la guerre au savoir. L'agresseur qui dissimule le savoir au secret pour cristalliser sa domination. L'indépendance des universités est constamment violée et bridée par l'État. Pour l'étudiant, le diplôme (la récompense) demeure plus important que le savoir lui-même est une étape de la dislocation du savoir. Aujourd'hui, qui est en mesure de reconnaitre le savoir ? Les diplômés ? La guerre est globale et l'ennemi à combattre est en nous-mêmes : notre bêtise [8]. Notre ignorance qui cultive notre hostilité. Pour sortir de cette tyrannie totalitaire, Roger Caillois [9] suggère l'éducation, mais l'éducation façonne l'esprit à obéir. L'école est une institution dédiée à l'apprentissage de l'obéissance par inculcation de ses stéréotypes culturels plus que la compréhension et le traitement du savoir par le questionnement. Il suffit de consulter les livres scolaires pour constater une volonté antipédagogique de l'Etat : où rien n'est donné à comprendre, mais où tout doit être appris « par coeur », mémorisé mécaniquement sans comprendre dans l'obéissance : ce qui décourage volontairement les élèves des castes non privilégiées, les autres connaissent les détours grâce au pouvoir de leurs parents qui le transmettent. L'organisation sociale en dominants et dominés, oblige à la guerre permanente [10]. La proposition : « suppression des dominations » est une des solutions pour sortir de la conséquence de guerre et maîtriser son devenir au lieu de le subir. Mais les dominés doivent d'abord se guérir de leurs terreurs et de leurs fausses convictions éduquées.

 

La croyance à l'audition déconditionnée (autrement dit à sa liberté)

Nous sommes en permanence dans le contexte de l'illusion sonore. La croyance à l'audition non conditionnée est encore tenace. Notre culture et notre éducation choisies ce qui doit être entendu ou pas et comment cela doit être entendu. Il ne s'agit pas de son (qui n'est que l'effet sans effet d'une implication), mais d'ordres à ouïr. Ouïr et obéir sont de la même racine. La base de l'éducation occidentale est l'obéissance. Nos « oreilles choisissent ce qu'elles veulent entendre » se vérifie dans la prise de son avec un microphone à sa réécoute. L'oreille est un outil de transmission (elle a la fonction d'un transducteur) : pas un organe indépendant d'évaluation. La réécoute du champ sonore enregistré avec un microphone sur un magnétophone surprend par notre inattention ce sur quoi nous ne sommes pas focalisés. Notre écoute (obéissance) est dirigée de notre éducation infligée.

Le divertissement est une tactique de combat

Le divertissement est une tactique de combat autrement nommée diversion. Le divertissement est une arme militaire douce dans le but d'une agression sévère, un outil d'oubli de soi et d'oubli de penser donc de mise en vulnérabilité du « terroriste diverti » pour le surprendre dans le but de l'empêcher de « nuire » à vivre libre. Le divertissement est aussi une arme de propagande majeure pour disséminer de fausses croyances. 50 ans de télévision tous les jours. C'est uniquement en ce sens que les arts n'ont rien de commun avec le divertissement, voire au contraire : l'art tend à l'essentiel à l'opposé du divertissement qui s'occupe en apparence de futilités.

1968

C'est à partir des soulèvements mondiaux de la jeunesse en 1968 que les gouvernements des pays riches, guerriers et autoritaires ont décidé de combattre leurs propres populations : la jeunesse. Aujourd'hui nous vivons dans des « zones sécurisées » en alerte « orange ou rouge » permanente où les terroristes (la jeunesse rebelle) sont toutes celles et tous ceux qui n'obéissent pas. Un rassemblement de jeunes est suspecté dangereux. Notre société terrorisée se crée des ennemis de ses propres enfants et légitimise pour la sécurité, le « tir à vue ». Agression traitée dans l'automatisation de l'administration militaro-policière des frontières dont les aéroports et les « zones pauvres » sont le théâtre des abus les plus visibles. Chacun aujourd'hui en franchissant la porte d'un aéroport devient un terroriste potentiel [11]. Une autorité autorisée devrait régulièrement se remettre en question sur ses erreurs d'évaluations et de décisions. Mais quel gouvernement au pouvoir affirmerait publiquement ses erreurs, ses dérives autoritaires et ses irresponsabilités meurtrières ? Cette remise en question obligatoire serait un premier pas pour éviter les tyrannies sanglantes (au sens d'aujourd'hui) ou des intentions de régimes totalitaires de contrôle absolu des populations, etc. L'erreur n'est pas une marque d'impuissance messieurs, mais ne pas la reconnaitre est la marque du traitre. Pour la cause de démonstration de domination de force, les gouvernements pratiquent la trahison permanente.

Star Wars

La contestation des années 60 laisse la place à l'infantilisation des années 70 en réaction à l'agression économique néolibérale des licenciements massifs. Star Wars en 1977 (inspiré de nos mythologies ancestrales) insémine l'idée d'une guerre propre (sans sang) dans les caboches des militaires en plein ère des bombes atomiques de la « guerre froide ». Depuis, toutes sortes de jouets létaux (qui tuent, qui entraîne la mort) et non létaux (qui aide à la dispersion et à l'assassinat), de « destruction massive », de « destruction ciblée » et de « contrôle pour la dissuasion » : des armes répulsives ou attractives qui se trouvent en permanence sur le marché public. La panoplie et le marché des armes ont augmenté au prorata de la peur de ses commanditaires. Tout ce déballage technologique d'armement devient inopérant seulement en coupant l'alimentation électrique. La grande paranoïa des militaires est cultivée dans les jeux agressifs des enfants destinés à la masculinité. Ce sont des personnes qui n'ont pas dépassé le stade de l'enfance (de la guerre des boutons) qui gouvernent nos pays en maintenant un état de terreur volontaire. L'alarme et prendre les armes ont le même sens agressif d'origine. Notre civilisation occidentale est résolument une civilisation agressive et terrorisée. Mais de quoi ? Si les soulèvements de la jeunesse dans les années 60 ont été possibles, c'est qu'après la Seconde Guerre mondiale, nos parents et nos grands-parents ont entrevu la possibilité d'une vie en liberté. Cette liberté tellement combattue par nos gouvernants comme la pire peste sociale.

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Tout objet peut devenir un instrument de musique ou : une arme de guerre.

→ arme, armus « épaule », arma « ustensiles », arm « bras », armarium « armoire : réserve pour les ustensiles », alarme « aux armes ! », armure et armature (raideur) et armistice (tendresse : suspendre les hostilités), et armoierie « armes peintes aux emblèmes du porteur », du gendarme (gens d'armes, gent d'arme),

→ instrument, instrumentum « ce qui sert à équiper », instruere « instruire », être ou chose servant à obtenir un résultat, destrugere « détruire », struere « assembler; édifier », sternere « estrade, prosterner, prostré », strada, street et strasse « rue », stratos « armée » « stratagème », structure et structurer, structuralisme, construire et constructif, déconstruire, reconstruire, industrie et industrieux, industriel, destruction, obstruction.

La guerre n'est pas dans l'outil, comme la musique n'est pas dans le droit d'auteur ni dans l'instrument de musique, mais dans l'intention. L'intention de provoquer la douleur, la ruine, le massacre et la mort volontaire et pour la musique la félicité ne sont pas provoqués par le désir de jouer avec des objets, mais avec des vies, sinon le meurtre et la félicité ne nous seraient pas perceptibles.

Dans cette globalisation planétaire de la guerre dont la musique à travers l'industrie est devenue depuis 60 ans une arme de guerre culturelle [12], la responsabilité du musicien s’est accrue. Son indépendance et son originalité sont une obligation afin de ne pas collaborer à l'homogénéisation planétaire de la musique par les populations agressives. Les artistes « signés » chez les majors deviennent des soldats de la guerre culturelle pour le servage volontaire mondial. Il n'existe aucun « besoin musical » qu'un artiste soit admiré par des millions de personnes, seulement de focaliser une jeunesse qui sans cela risque de se soulever et ne plus payer. L'industrialisation a véhiculé l'idée de l'invasion massive de produits culturels au niveau planétaire en créant des idoles publicitaires pour une jeunesse perdue dans le non-sens de modes imposées de se sentir liée, mais artificiellement.

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La création musicale comme expression de la liberté : l'imprévisible et l'inattendu : la culture de la surprise

Depuis le début, j'ai toujours considéré la musique comme un champ de liberté dans lequel je pouvais exprimer mon esprit du désordre. Le désordre est le contraire de l'obéissance à des ordres qui ne correspondent pas à l'idée que je me fais de ma vie. L'idée du désordre terrorise les esprits éduqués à la peur. Mais l'idée du désordre ne correspond qu'à notre degré d'incompréhension du réel. Il n'y a pas de quoi s'effrayer de ce qui n'est pas en ordre. De toute façon, nous ne comprenons rien. Nous ne savons pas grand-chose. Et nous sommes effrayés à l'idée d'être seul (et abandonné) dans l'univers sans ordre. D'où les croyances, les dieux, les religions, la science, etc., pour être rassuré et se rassurer (de l'effroi vital : voir le chapitre « la peur est un limiteur »).

Il n'y a qu'une seule chose qui m'a attiré vers la musique expérimentale contemporaine dans les années 70 quand j'étais adolescent plus que le rock ou le jazz : c'est la liberté totale de création qui y régnait, il ne semblait y avoir aucune limite, ni à la tolérance, ni à la créativité, ni à la réalisation de toutes les audaces inattendues.

La dégringolade

Le rock se confinait et se confine dans l'harmonie classique (basée sur l'intervalle de 5te doublé à l'8ve sur le mode pentatonique du blues) bien qu'avec le mouvement hardcore il en soit sorti. Et le jazz, après l'explosion du « free » c'est réfugié dans la « musique improvisée » répétant sa liberté perdue. Et de l'autre bord vendu, le jazz est revenu dans le divertissement d'un « be-bop » convenu. Quant à la musique contemporaine européenne, après son éjection de l'industrie du disque où elle ne représentait plus que 0,02% du marché (malgré les premières places aux « hit parade » d'un Pierre Henry ou des Percussions de Strasbourg au début des années 70), elle s'est réfugiée dans l'institutionnalisation (le financement exclusif de l'Etat qui s’est détaché à partir du milieu des années 90). La part expérimentale de la musique contemporaine a été rejetée dans la marginalité à partir de la fin des années 70, cela pour affirmer son alliance avec la musique classique qui représente 10% du marché de vente de disques, un vaste réseau de conservatoires (sic) = école de musique, un vaste réseau de bâtiments dédiés : opéras, philharmonies, salles de concert, tout cela avec une activité économique stable. Dépossédée, rejetée, a été l'avant-garde...

La brimade

A la fin des années 70, l'industrie de la musique est devenue une offensive de diversion : les impresarios des maisons de disques ont été remplacés par des directeurs commerciaux sans culture musicale. L'effet « Tubular Bells » de la maison de disque Virgin a été dévastateur. L'intention était posée. Une volonté de domination de la production de l'industrie musicale et de destruction des courants musicaux libres. La production « pop » des années 80 (à part le courant post punk industriel allemand et suicidaire britannique) de l'industrie du disque est navrante et mondialisante. Michael Jackson est mort de l'abus de l'industrialisation de la musique à l'image de ... le « rocker planétaire ». Prince comme d'autres, ont brisé leur contrat avec la Warner ou Universal et ce sont ainsi démondialisé. Les autres s'accrochent à leur notoriété mondialisée usurpée et factice. A la fin des années 70 l'industrie du disque n'a plus voulu suivre (et servir) les courants musicaux, comprenant sa puissance, elle a imposé ses choix, mais dans un seul but : celui du pouvoir de l'argent. Malheureusement, le public (les fidèles) a suivi les choix de l'industrie de la musique par ses achats massifs. Ce qui a convaincu l'industrie du disque du bon choix de sa décision de domination, même avec une augmentation du disque de 100% du vinyle au CD. Les artistes étaient et sont toujours pris en otage avec des contrats où ils sont perdants. Contrats qui les obligent à produire des chansons qui ne leur correspondent pas et à rembourser les avances en cédant principalement leurs droits d'auteur. La majorité des artistes « signés » se retrouvent totalement démunis. La loi du marché n'autorise que 20% maximum de nouveauté pour une nouvelle chanson, au-delà il n'y a aucune chance de vente (sic). Et toutes les musiques avec plus de 20% de nouveauté dans leur composition se trouvaient et se trouvent rejetées du marché du disque.

Les fidèles (le public) ont adhéré à la religion de l'argent (avec l'avènement du néolibéralisme imposé par le nouveau pouvoir des banques soutenu par Thatcher - Reagan - Mitterrand - Kohl) contre la religion libre des arts. Les fidèles ont vendu leur liberté pour l'abondance de la consommation dans la contradiction de la terreur de perdre leurs emplois de salarié.

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Notes
[1] sources : le Littré, le Petit Robert, le Concise Oxford English Dictionary.
[2] L'Empire romain n'a jamais cherché à soumettre culturellement les différentes cultures de son empire, au contraire, cet empire devait offrir la possibilité d'une économie de l'import-export fluide (par une administration et une urbanisation homogène) afin de diversifier les produits de la vie quotidienne de l'Empire et principalement l'alimentation : « la Gaule (...) fournissait du bois et permettait l'élevage des porcs (d'où des charcuteries recherchées jusqu'à Rome !) » (Yann Le Bohec, Paul Petit). Le textile pour les vêtements, dont les parfums et le maquillage d'Alexandrie, la vaisselle dont le verre de Damas et le mobilier, etc. : le nécessaire à une vie confortable et raffinée. Aucun assaut militaire de l'Empire romain n'était meurtrier (massacre). Ce qui parait logique puisque l'Empire avait besoin des agriculteurs et des artisans et de tous les corps de métiers pour produire ce dont il avait besoin.
[3] les banquiers exploitent, les politiciens manipulent et toute entreprise « gagnante » pour « triompher » ne peut que s'acquitter des deux : dans le jeu de la guerre contre le genre humain.
[4] Les intensités des guerres dans le monde ont la forme d'une onde perpétuelle avec ses pics et ses creux : de l'indifférent à l'insupportable.
[5] Ces médiateurs sont les juges du système judiciaire : la justice (qui vient du mot : juste). Mais les justes ne peuvent pas exercer leur talent, ils sont pris en otage par l’institution de l'Etat, les gouvernants qui produisent les lois eux-mêmes pris en otage par les banques par leur endettement. Les lois sont au profit de l’Etat et des intérêts de l'Etat puisque produites par lui pour lui, et pour la plupart aucune équité : par exemple l’interdiction des jeux de loteries inscrite dans le Code pénal dont la loterie nationale est exempte. La justice ne peut fonctionner que par son indépendance et sa neutralité. Tant qu’elle est attachée à l’Etat il n’y a pas de justice, mais des expédients qui punissent des boucs émissaires. Validant et justifiant une impuissante politique sécuritaire.
[6] Les enfants, non encore déontologisé, aux ordres, sont des agresseurs sans pitié et font d'excellents combattants pour constater le monde se transformer en leur pouvoir. L'infanterie a été inventée par les Italiens au XVe siècle dans ce sens : des enfants à pied en première ligne de combat. La cruauté des enfants s'arrête quand ils ont mal et pleurent : mais les drogues pallient à ce « problème », même si cela est un « problème » de société et non pas un « problème biologique » (la biologie est une division arbitraire des sciences du vivant) : les larmes ne sont pas « biologiquement » (ou naturellement) liées à la douleur ou à la tristesse : c'est une obéissance au stéréotype social : « pouce ». Pleurer, c'est sans mots vouloir arrêter le processus de la douleur.
[7] Le modèle de nos sociétés occidentales modernes s’est constitué à la Révolution française (1789) sur le modèle de l'armée. Le socialisme s’est constitué sur le modèle de l'armée. La démocratie sur le patriotisme et le nationalisme par la création du citoyen-soldat. Avant la Révolution française, l'armée était indépendante de l'État. C'était plus une carrière aristocratique pour développer ses qualités personnelles. Après la Révolution française, petit à petit l'armée s’est fondue dans l'État jusqu'à devenir l'État : pour accéder à tous les excès totalitaires que nous connaissons : qu'ils soient fascistes, royalistes, socialistes ou capitalistes, les effets sont les mêmes : les populations sont sacrifiées à la misère, brimées dans leurs libertés (tracasseries, contraintes), et torturées dans leur intimité : sont les activités régulières de la guerre.
[8] où la bêtise ultime est de se croire intelligent.
[9] Il est étonnant que l'ouvrage d'un membre de l'Académie française, « Bellone ou la pente de la guerre » de Roger Caillois (Reims 1913 - Paris 1978) ne fût publié qu'en 1963 par l'éditeur belge La Renaissance de Livre et jamais republié depuis (nous sommes en 2009). Ouvrage sans doute victime de la censure, car il révèle avec humilité l'évolution du sens de la guerre dans nos civilisations occidentales de façon claire et site certaines sommités intellectuelles reconnues par notre culture comme majeures, mais exaltées face à l'idée de la guerre : notamment celles inattendues de Pierre-Joseph Proudhon, de Georg Wilhelm Friedrich Hegel ou de Jean Jaures (l'instigateur de la guerre massacre de 14-18). Certains livres sont retirés de la vente pour « incitation à la nuisance sociale » (je pense à « Suicide mode d'emploi » en 1983) qui en fait n'a pas vraiment de portée alors que d'autres sont passés sous silence médiatique : ce sont justement ces ouvrages qui sont essentiels : ceux passés sous silence. Nous vous offrons et offrirons ici cet ouvrage essentiel au format ebook 1. dans sa version scannée (3.6Mo) et 2. dans sa version rédigée. EEA2009 (Edition Electronique Anonyme 2009. rééd.)
[10] Les tentatives révolutionnaires (guerres de résistance) des années 60 et 70 sont un échec, car elles n'ont basé leur combat principalement que sur des notions et des émotions, et les modèles de sociétés proposés n'étaient pas différents du modèle social que nous subissons : la démocratie totalitaire avec « la nécessité du porte-parole » (sic). Pour combattre l'inertie autoritaire de la machine gouvernementale, nous proposons simplement d'arrêter de l'alimenter par : 1. l'oisiveté (le travail crée la spéculation et l'exploitation des peuples), 2. l'accumulation de savoir pour pouvoir comprendre (lecture), 3. le débarrassement de sa haine/terreur et de ses frustrations préfabriquées en se permettant de vivre pour soi, comprendre que dans la vie il n'y a aucune obligation ni vérité sauf celles imposées par les autres et toujours contre soi, 4. le refus du paiement des impôts comme sanction aux abus de l'Administration des gouvernants, et 5. ad lib. etc.
[11] Dans les aéroports en France, le slogan « pour votre sécurité » a été remplacé par le slogan « pour votre sureté ». La protection est remplacée par la certitude et la certitude ne peut que présager de l'hostilité : de suspicion de culpabilité où chacun est « potentiellement ou en puissance » un criminel terroriste s'il ne prouve pas le contraire par son obéissance. Tout le monde suspecté passe par la fouille. La sureté contrairement à la sécurité élargit le champ d'arrestation aux innocents potentiellement coupables.
[12] déjà le chanteur folk Pete Seeger nous mettait en garde dans sa lettre ouverte en 1972 : "Ne vous laissez pas coca-coloniser".

 

Annexe 1
série de lettres « sur le terrain » qui témoignent de la guerre entre les politiciens et les artistes

 

Lectures
. Tiqqun - Premiers matériaux pour une théorie de la jeune fille (in Tiqqun 1 Organe Conscient du Parti Imaginaire, 1999) revue de 162 pages téléchargeable gratuitement sur Internet.
. Roger Caillois - Bellone ou la pente de la guerre (La Renaissance du Livre, Bruxelles 1963)
. Juliette Volcler - Le son comme arme (La découverte, 2011)
. Pièces et Main d'Oeuvre (esprits critiques anonymes) - Le téléphone portable gadget de destruction massive (L'échappée, 2008), Aujourd'hui le nanomonde (L'échappée, 2008), A la recherche du nouvel ennemi, 2001-2025 : rudiments d'histoire contemporaine (L'échappée, 2009)
. Isidore Isou - Les manifestes du Soulèvement de la Jeunesse 1950-1966 (Al Dante, 2004)
. Krizis - Manifeste contre le travail (10/18, 1999, 2002 pour la traduction française)
. Jean-Louis Sagot-Duvauroux - De la gratuité (L'éclat, 2006)
. Laozi ou Lao Tseu (au-delà de 500 ans av. J.-C.) - Daode jing, ou Tao tö king, ou Tao-tê-king, Livre de la Voie et de la Vertu (rédaction : 300 av. J.-C.) : depuis le début de notre civilisation (~2500 ans), gouverner dans l'ordre de la guerre (Confucius) l'emporte sur la liberté de soi (Lao Tseu).

 

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