temps cosmogoniques et systèmes musicaux

 

 

Les systèmes musicaux des différentes civilisations sont conçus en fonction des conceptions cosmogoniques du temps. Ces différentes formes de l'action du temps sur l'existence humaine développent chacune une représentation particulière du processus de vie qui fait naître certains types de convictions nécessaires aux maintiens de ces différentes civilisations. Plus que croire, nous sommes modelés dans ces concepts temporels. De ces différentes conceptions temporelles naissent différentes idées de la vie qui nous paraissent aller de soi (naturelles). Un remède à l'angoisse du néant ? C'est de ses différentes « visions » du monde que naissent les différents systèmes musicaux. Nous ne prétendons pas faire ici un comparatif cosmogonique des différents systèmes musicaux de chaque civilisation, mais nous pointons pour donner l'idée que notre système occidental n'est pas « le seul » et le majeur... Pour qu'un comparatif puisse être ouvert, il faudrait un érudit qui représente et explique chacune des cosmogonies, car chacun de nous avons la « vision » du monde à travers notre cosmogonie propre. Il nous paraît impropre de décrire un système musical étranger avec notre propre système : cela n'est qu'une interprétation, qu'une traduction approximative de manières qui de toutes les façons nous échappent.

Nos descriptions ne restent qu'une intuition avec le point de vu de l'occidental. Pour être reconnu par chacun, cela demanderait des croisements de savoirs des différentes civilisations. Nous tentons le descriptif suivant pour l'Occident, l'Inde et l'Afrique :

Notre civilisation occidentale à travers sa cosmogonie biblique de la création du monde (l'origine du monde) et de sa destruction finale nous forme un passé continu grand et fini accumulant (+- connu) vers un futur continu grand et fini expectant (inconnu) et entre les deux un présent perpétuellement mobile sur la « ligne » du temps. C'est un temps à une dimension où la catastrophe finale tend chacun de nous à la recherche du pardon soutenu par nos religions judéo-chrétiennes. Un creuset idéal pour le développement de la haine de soi et des autres dans la mélasse de la culpabilité. Une civilisation du désastre !

La civilisation indienne dans sa cosmogonie a formé un temps de « l'éternel retour » : un temps cyclique fondé sur les observations des cycles de la nature. Chacun se réincarne dans autre chose, et chaque chose est un être vivant. Ce qui provoque des comportements fatalistes mêlés de respect du vivant tel qu'il est. Musique lancinante qui « tourne » sans fin (notre fin).

Le temps de la civilisation africaine est un vaste présent très affiné où les morts représentent « un certain passé » dans le présent avec un futur « non nécessaire ». La vie n'existe que dans le présent et empêche tout sentiment dramatique de l'existence. Cette formation conceptuelle développe une acuité du rythme exceptionnelle.

Nous avons constaté aussi que nous ne pouvons nous représenter le temps que de façon spatiale, géométrique : la ligne, le cercle, la spirale, la sphère, etc. avec leurs divisions en intervalles.

D'autres formes de temps ont été proposées par les métaphysiciens comme Zénon ou Gaston Bachelard : un découpage infini d'instants valorisant plus le présent face à son passé futur.

Il nous paraît essentiel de savoir qu'un système musical quel qu'il soit repose sur une cosmogonie, le mythe sacré de notre conscience ouvre à une sensation-conception particulière du temps (ou des temps : nous ne savons pas). Cette sensation-conception particulière du temps génère des musiques aux aspects très différents. La musique est d'abord un art du temps et c'est le concept temporel qui forme notre appréhension du réel, d'un certain réel : notre réel cosmogonique sacré.

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Comment d'une cosmogonie temporelle linéaire occidentale, sommes-nous passés à la mesure du temps ?

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Par l'idée de durer.
Par l'idée de l'Eternel.
Par l'idée de posséder (les autres).
Par l'idée de gouverner (les autres).
Pour le bien de soi ;
est le moteur du sens de vivre de l'Européen (envahisseur des Amériques)

 

Pour approfondir
. les recherches de Mircea Eliade, Histoire des Croyances et des idées Religieuses I (1976), II (1978), III (1983),
. Mircea Eliade, Le Mythe de l'Eternel Retour (1969),
. Mircea Eliade, Le Sacré et le Profane ((1965),
. Mircea Eliade, La Nostalgie des Origines (1971), etc.
. Bernard Decaux & Bernard Guinot, La Mesure du Temps (Que sais-je, PUF, 1969)
. Edward Bond, « la destinée est un comité que l'on ne connait pas »
. Gaston Bachelard, L'Intuition de l'Instant (1932)
. Gaston Bachelard, le dialectique de la durée (1950)
. Henri Bergson, Essai sur les Données Immédiates de la Conscience (1889)
. Henri Bergson, Durée et simultanéité, à propos de la théorie d'Einstein (1922)
...

 

 

Parent-thèse : [] critique et préventive

Avoir en vu permanente les limites des contextes : la science, religion du pouvoir (affirmée depuis le XIXe, siècle de l'industrialisation de nos sociétés)

Depuis le XIXe siècle, à partir du XVIIIe (au début de la chute de l'Eglise), les concepts spatio-temporels ne sont plus la propriété exclusive des religions ou de la philosophie. La science (toujours avec la philosophie) s'est emparée de la cosmogonie occidentale, car son imaginaire est plus riche (?) il crée des machines : il fait rêver, relayée par l'imagerie de la science-fiction à travers le cinéma « visible et palpable » (sic) : et il évolue (se renouvelle, change en fonction de nouvelles « connaissances » ou éléments acquis), et sa capacité à résoudre les énigmes parait plus efficace avec l'outil (le jargon) des mathématiques que le jargon de la religion. Jusqu'à pouvoir lancer et disposer des objets dans l'espace (satellites, navettes spatiales, alunissage, robotique, informatique, nanotechnologie, Internet, etc.). L'exposition d'une formule mathématique pour un novice, reflète, représente le summum du savoir incompréhensible (contrairement à la philosophie qui utilise le langage courant), exactement comme la fonction des signes symboliques (des symboles) des religions anciennes (ou des sciences religieuses comme l'alchimie) ou l'occultisme. Le langage mathématique remplace le latin universel de l'Antiquité, « les signes déiques de l'insondable », et reste pour la plupart, un langage secret (mais accessible), celui du savoir inconnaissable. La projection de l'imaginaire scientifique ravit et touche l'extraordinaire des « mondes infinis et inconnus à découvrir ». Mais toute « vérité scientifique » ne repose que sur la résolution d'un problème posé. Le problème trouve une solution dans le domaine du calcul, dans une formule avec variables et inconnues : x ; y ; etc. Toutes les spéculations restent possibles tant que le problème est résolvable. La science offre des jeux et des rêveries que n'offraient pas les anciennes religions. Quand Kurt Gödel remit en question les postulats (ce qui est et ne se discute pas) des mathématiques en 1931 dans sa théorie d'incomplétude, la communauté scientifique feint l'incompréhensible, mais aujourd'hui certains ont compris la force d'une telle théorie pour renforcer le langage incomplet des mathématiques.

Les exemples sont innombrables issus de l'imaginaire scientifique, comme les « trous noirs » dont beaucoup croit être « prédis » (au lieu d'être supposés) après l'établissement de la théorie de la relativité générale. La « théorie des cordes » est un imaginaire d'espaces multidimensionnels entremêlés au-delà de nos 3 dimensions vécues, est une solution de liaison entre la « relativité générale » calme (sic) et l'agitation de la « mécanique quantique ». Le voyage dans le temps, grâce à la découverte de la vitesse de la lumière. L'image du « chaos » issu de la cosmogonie chrétienne de la « catastrophe » (de la fin du monde) « prédit » (au lieu d'écrit) dans le texte de l'Apocalypse de Jean, dénote du goût pour le spectaculaire, alors que le chaos n'est que l'amas de répétitions de mêmes formes à différentes dimensions. Quand René Thom titra sa recherche « la théorie des catastrophes », beaucoup de néophytes se sont emparés du livre (je me suis fait prendre aussi) et ont été bien déçus de ne rien comprendre : le livre est écrit en jargon mathématique et la théorie des catastrophe n'a rien à voir avec ce que la catastrophe représente, mais sert à décrire les changements soudains par la topologie et les équations différentielles (qui décrivent un mouvement point par point). Le pouvoir de la science est de rendre la banalité extraordinaire, n'est-ce pas merveilleux ?

La fonction de la science, pour un pouvoir politique et économique, est de prédire l'avenir et le possible et de construire des outils pour garder le pouvoir (contre les autres). La recherche est financée par le pouvoir politique, et aussi par le pouvoir économique. Ce qui signifie : quand une recherche n'est pas rentable (au bénéfice du commanditaire), elle ne sera pas financée, voire elle sera censurée. Je pense à plusieurs chercheurs qui au XXe siècle ont trouvé des voies de guérisons pour le cancer et qui se sont fait chassés hors de France comme des terroristes pour se réfugier au Canada et aux Etats-Unis. Le cancer est une chasse gardée d'un oligopole politico-économique de l'industrie pharmaceutique qui semble être trop puissant. Dans le domaine de l'économie spéculative, l'utilisation abondante de formules de probabilité dans le jeu des investissements économiques mondiaux (où la bourse devient secondaire grâce à l'automation quasi instantanée des réseaux privés pour avoir un temps d'avance sur la concurrence) afin de prédire l'improbable pour être toujours gagnant dans ses mises, ressemble à une mise à mort dans un combat dont aujourd'hui les entreprises ne sont pas les seules victimes, mais des nations entières (seulement derrière les chiffres, il y a des êtres humains). Nous ne parlons même pas des bombes atomiques si dévastatrices. Il y en a tellement. Les mathématiciens sont épargnés de cette spéculation de rentabilité, car personne ne comprend rien à ce qu'ils font à par eux-mêmes. Les moissons récentes médiatisées d'exoplanètes relèvent du désir de colonisation, une fois la Terre épuisée (et ce n'est malheureusement pas une blague) financées par des imbéciles trop riches et trop puissants, car des serviles se vendent à leurs fantasmes pour leur reconnaissance sociale.

...

etc.

 

 

JAZZ ?

Voici un texte qui jase (de l’onomatopée gaz [1] pour dire : bruit d’un bavardage (gaz contraction de gazouillis et gazouiller = une succession de petits cris, doux. d'orgasme ?) à partir du XVIe siècle) à révéler le sens explosif du « temps noir » qui pénètre le « temps blanc » (par la musique) :

temps noir temps blanc

De l'Éternel à l'instant

Jazz, jass*, jaser = la conversation (qui drague) musicale (« en-diablée » sic) qui a la fonction d'exciter l'éros (érotisme, l'amour sexe, à se frotter les corps suants dans la danse pour lever les queues et mouiller les chattes) par le rythme (de l'anglais « rhythm », de la rime, pas obligatoirement alexandrin = 12 phonèmes en une seule émission de voix). La Nouvelle Orléans est le territoire des derniers Français de l'Amérique des états unis. Quand t'as rien : il ne te reste que ça : l'amour clandestin. Cette musique afro-américaine est devenue « jazz » quand les blancs se sont emparés d'elle (pour la posséder ?) en 1918 « jezz » et 1920 « jazz ». C'est dans les années 50 du XXe siècle, après la Seconde Guerre mondiale que le jazz reçoit le label de « musique savante » et dans les années 60, il s'appose le label « free » (= libre). La censure des programmateurs a été radicale à la fin des années 70, « des esclaves noirs libres ! jamais ! » (sic). Dans les années 80, le free jazz était rayé de la carte des festivals (si, quelques résistants, mais sans public. J'ai vécu ça avec les Anglais : Lol Coxhill, Paul Rogers, et les autres tel Fred Van Hove, en Belgique) et s'est renommé en « musique improvisée » (pour tromper le pigeon censeur) rejoignant les musiques expérimentales, exclues de la « musique contemporaine », et le rock post-punk qui se transformait en noise hardcore exclu de l'industrie du disque.

Ce que les Africains américanisés esclavagisés dans les territoires français d'Amérique ont apporté aux Européens occidentalisés par la musique est : le sens de l'instant. L'instant apporte le sens (et l'essence) du rythme (que l'éternité annihile en durée). Tous les êtres humains du continent africain vivent dans le rythme de l'instant (sauf les Blancs). Le rythme qui incite le corps à bouger intérieurement (émotion) et extérieurement (danse). Contre l'agitation du corps de la vie : l'amour physique, la culture occidentale (de la musique) s'est pervertie par le sens de la propriété, de l'appropriation (avoir) : dans l'idée de « l’oeuvre éternelle ». L'instant (le présent) ne s'approprie pas, il se vit. Notre civilisation occidentale est une civilisation de conquérants qui s'approprie tout et même (surtout) ce qui ne lui appartient pas. Comme : tout le continent américain. L'agitation n'est pas de l'ordre, de l'Occidental européen qui à travers son Église monothéiste intolérante (doit) produit (exige) des musiques statiques (aujourd'hui, on dit « drone » ! = petit avion de guerre télécommandé [2]), mais un nombre permanent de compositeurs (courageux = musiciens inventeurs) ont désobéi à ce principe dominatoire (frustratoire) à commencer par Aristoxène en passant par l'Ars Nova au XIVe, Gilles Binchois au XVe siècle, par Mozart le baroque et Beethoven le romantique, les 2 + agités les + adulés de la musique « classique » (morte) par la bourgeoisie ! entre beaucoup d'autres. LE RYTHME BLANC EST RÉDUIT À UNE SÉRIE DE DURÉES. Cette domination de l'immobilisme règne toujours au XXIe siècle, et ce, après + d'1 siècle de secousses musicales. La musique « agitée » est la musique de la « plèbe » = populace, « bas peuple » excité, haï du « haut peuple » immobile (sic) ce, pour sa « bruillance » populaire = pop = la chanson folk (dans les beuveries charivaresques = dyonisiaques), jusqu'à la musique des sauvages = celle des esclaves nègres, dont le blanc est terrorisé, pour se permettre le dédain de nommer les Africains des « sauvages » [3] (et tout ce qui n'est pas blanc) avec tout le sens du mépris péjoratif que le dégoût peut de la peur exprimer, « c'est pas possible ! c'est indigeste ! ». Des sauvages aussi, sa jeunesse (désobéissante) rock'n roll des années 50 aux années 70 du XXe siècle : du rock à Billy (= du blues accéléré = le cafard qui se transforme en force vitale) au punk jusqu'au hardcore des années 90.

L'Européen a résolu sa terreur de l'Africain (le noir -sans lumière- et la vie dans l'instant qui n'accapare pas) en l'enchaînant pour le transformer en objet de commerce (il a finalement laissé les Slaves = esclaves, en paix), mais. Mais il ne s'attendait pas à être « infecté » de sa musique. Le Blues (= le chant du désespoir) sur sa propre harmonie (tonique - sous-dominante - dominante, da capo) est tellement poignant (même accompagnée d'une vieille guitare cassée à une corde) qu'il bouleverse les musiciens blancs rebelles à l'autorité de la musique statique imposée par l'idéologie de l'éternité (la doctrine de l'idéal monothéiste).
[On se demande vraiment en quoi la vie éternelle est une consécration ? Au bout d'un certain temps de vie, plus grand-chose n'est surprenant et dépasser la surprise nous fait rentrer dans le monde de l'ennui. Cette « éternité » est en réalité une fausse promesse en échange de la pénibilité de la servitude vécue : l'Église est la garante de l'esclavage, dont sa domination (et son éviction) au Québec reste spectaculaire dans l'histoire de la gestion du troupeau des ouvriers esclaves français pour le compte des Anglais].

En 1932, le philosophe des sciences Gaston Bachelard défend « L'intuition de l'instant » commençant : « dans le règne de la connaissance elle-même, il y a une faute originelle, c'est d'avoir une origine ; c'est de faillir à la gloire d'être intemporel ; c'est de ne pas s'éveiller soi-même pour rester soi-même, mais d'attendre du monde obscur la leçon de la lumière » = nous sommes des croyants idiots à cultiver toujours et encore notre « souffrance (con-vaincue) originelle » pour justifier notre cruauté envers les autres. Dans l'inconscient collectif blanc apeuré, le noir représente le gardien du monde obscur des monstruosités terrifiantes (oui, c'est dingue ! sinon, il n'existerait pas tant de haine). Bien qu'un grand nombre d'artistes et de philosophes = ces êtres humains qui se détachent de la croyance et de la domination : cette maladie occidentale qui s'est « mondialisée » (= globalisée : la pandémie idéologique) [4] ne cessent sans cesse de révéler la supercherie. Les êtres humains croyants qui forment la masse débilitée s'accrochent (avec sérieux = avec indigestion) au pouvoir de diriger les autres (forment la hiérarchie de leur soumission). Car il n'y a que les imbéciles frustrés qui désirent commander aux autres et aux autres d'obéir à la bêtise (la mauvaise décision qui peine) pour se sentir en sécurité (alors qu'ils sont mis en danger). Nietzsche aussi en parle : « l'homme du ressentiment » dans « la généalogie de la morale ». La nuisance fondamentale de la civilisation occidentale qui l'empêche de s'épanouir réside dans son obéissance. Elle confond puissance avec nuisance qui en fait, se rejoignent, car le pouvoir ne s'exprime que dans la nuisance, il n'existe qu'à nuire (le pouvoir de faire jouir est un don et non une possession) : c'est exactement là que réside tout pouvoir sur les autres : faire souffrir pour en jouir.

Pour en revenir à « l'intuition de l'instant », le jazz, le blues, le rock qui représentent musicalement cet instant (même à la mode blanchie) rompent avec l'idée de l'éternité ; c'est fondamentalement pour ça que le jazz et le rock sont diabolisés par les Blancs propriétaires (l'Église la première) des richesses des autres, car le monde éternel dominant des morts est mis à mal, car L'INSTANT ROMPT AVEC LE PASSÉ : « l'instant rompt avec notre passé le plus cher » nous dit Bachelard = les biens accumulés des êtres morts = la patrie-moine = les héritages successifs des pères, les regrets qui entretiennent nos complaintes nécessaires à nous positionner en victime. Avec l'instant, la musique ne s'enchaîne plus à aucun projet. Le projet qui projette : se figure avant l'instant T à préparer, à préparer pour vaincre. Qui projette dans le futur (l'espoir de sa peine présente) un projet d'invasion = qui revient s'envahir par ses archives (les documents officiels du pouvoir) des morts. On croule, ça s'écroule. Le projet = la partition de musique, lance l'attachement (une pierre avec une corde) entre le passé (des morts) et le futur (à envahir) qui doit être investi par les morts (= les éternels) avant que l'instant arrive. Poser : sa pensée dans le futur (= la partition de musique) est une pensée de stratégie militaire paranoïaque dans laquelle la science (= savoir) est tombée dans le piège par la peur de l'appropriation du temps des autres. Sauf que le temps africain est un temps de l'instant. Contrairement au temps européen qui est un temps de durer la durée éternellement par la culture du regret et de l'espoir dans la douleur du présent (art dramatique = le sérieux = qui souffre). Qui par le jazz se ressent infecté. La réaction des politiques de censure mondiale du Free Jazz (= libération des esclaves dans l'intelligence de la complexité) et de toutes les expressions libres des arts a été à la mesure de la terreur ressentie des gouvernants : il fallait arrêter la jeunesse (qui vit dans et de l'instant) à prendre le pouvoir sur la vieillesse (= peur de la mort -d'où le délire de l'éternité- à vivre d'accumulation). L'assaut économique depuis les années 70 par la terreur du chômage, a réussi : la jeunesse d'un coup a vieilli.

Pour agir de cette sorte, les êtres humains qui constituent la civilisation occidentale doivent être nés obligatoirement d'une frustration fondatrice. Et notre histoire (même phantasmée) est claire : par DÉSOBÉISSANCE, à vouloir savoir, à vouloir être et vivre avec conscience, Adam (= nom de personne, comme America = nom d’un continent) avec Ève (= mère du genre humain) se sont (il fallait un autre pour prêcher son innocence = son irresponsabilité = sa lâcheté) fait chassés du « paradis » (= du grec « paradeisos » désigne : un enclos de bêtes sauvages -comme une nation ou une patrie, mais avec des bêtes domestiquées-) de l'animalité de l'inconscience. Les croyants avec leurs « leaders » (= dominants) sont des êtres humains qui veulent régresser à leur état animal sans conscience (enfermés et nourris comme des bêtes de compagnies). Pourtant cette « conscience » est le don d'être humain. La conscience c'est l'humanité. C'est ce moment impossible d'une conjonction improbable d'un excès de connexions neuronales qui a donné que l'animal s'est humanisé et sait qu'il sait. Une rareté aussi précieuse que la condition favorable au développement de l'intelligence que notre civilisation s'interdit depuis tant de millénaires.

Et le peu d'artistes que nous sommes à hurler (à travers nos oeuvres) : Eh ! réveillez-vous ! La conscience, c'est elle qui nous a donné notre humanité = la possibilité de s'émerveiller du monde dans lequel on vit ! Eh bien non, la peur, la terreur (= la peur de la Terre, de vivre là, seuls, sur la surface fine de la planète) fait vivre les êtres humains blancs comme des hé-bétés (à subir leur misère qu'ils se créent dans le fatalisme religieux = répéter la routine du culte de re-cueillir, comme gage de la culture du travail esclave par crainte de manquer) craintifs masqués du visage de l'agresseur dominant (« je vais te niquer » sic) par le viol à propager leur misère à tous les êtres humains de la planète avec des « smartphones » (smart ? tellement ils sont bêtes) qui ont remplacé les « pères blancs ».

Le jazz en France ? c’est la musique écoutée des « gauchistes » (terme péjoratif pour désigner celles et ceux qui se prétendent à vouloir partager) au contraire de « la musique classique » qui est la musique appropriée des « droitistes » (des réactionnaires = ceux contre tout progrès, terme péjoratif pour désigner celles et ceux propriétaires -qui ne partagent pas- qui se réclament du protectorat conservateur du gouvernant [5] autoritaire : roi ou em-pereur) détenteurs craintifs de se faire dérober les biens qu'ils ont accumulés, au détriment des autres (dérobés). La musique divisée (les musiques genrées) en France sert de porte-drapeau aux groupes qui affrontent leurs idéaux, tellement le Français déteste la musique (le vibrant de l'humanité).
La musique ? L'expression vibrante des êtres humains VIVANTS vibrants et... pensants. Le miroir intolérable de l'intelligence inassouvie. [6]

Je porte dans ma création musicale, le renouvellement de la musique, entre l'instant noir et la temporalisation de nos frustrations blanches (de regret et d'espoir = de passé et de futur = de drames), dans l'entregenre du présent (le cadeau évitant la musique porte-drapeau). Une nouvelle théorie musicale est née (en 1982) pour cultiver l'ouverture d'esprit à apaiser sa peur avec de nombreux repères sonnants pour comprendre les différences des multitudes : la théorie des champs scalaires nonoctaviants (incluant l'ancienne théorie tonale, bien que débordée) ne punit pas, puisqu'il n'y a plus de « fausse note » (sic). Le rôle du compositeur avec les êtres humains libres (= nonesclaves = nonexécutants se retrouvant dans le nonoctaviant) n'est pas d'imposer des « stratégies synchronisées d'agression » (tant appréciées des blancs encore au XXIe siècle !) pour perpétrer la culture de l'obéissance absolue, transformant les êtres humains en robots sans conscience qui en musique se traduit à (trans)former un interprète intelligent en exécutant docile, mais de proposer des jeux (des « champs matriciels de possibles contextualisés » pour faire pompeux) dans lesquels tous s'épanouissent de sensibilité et d'intelligence à comprendre à quoi on joue, ce qu'on joue et pour quoi on le joue.

Le plaisir de vivre vibre libre.

temps blanc + temps noir = temps gris ou les temps éternels des instants intermédiaires **

Ce n'est pas le temps de l'empire dominant : la durée de l'empire européen américanisé englobalisant,
mais : des instants de vie enchantés dans la durée. ***

 

Notes
[1] À ne pas confondre avec : le gaz = gas (pas gaos), lui, vient étymologiquement du latin « chaos » créé par le chimiste flamand Van Helmont au XVIIe siècle, « ch » en flamand se prononce « g ».
* jass est un jeu de cartes (proche de la belotte) joué en Suisse qui vient des Pays-Bas.
[2] Remarque drôle ou pas drôle : Guillaume Dufay écrit « la messe de l'homme armé » (sic) où la musique religieuse pour les troupes en marche à la guerre ! Ceux qui vont mourir. La Renaissance inaugure les 1res guerres d'extermination avec Les Gardes Suisses : armée de mercenaires qui extermine par nuages de flèches à l'arbalète et aux longues lances (aujourd'hui ils sont au Vatican) inaugure aussi « la guerre des armes des lâches » (les drones d'aujourd'hui).
[3] « qui vit en liberté dans son milieu naturel », est plutôt gratifiant que « vivre enfermé dans son milieu artificiel » (domestiqué, dominé), mais sauvage est une insulte quand elle s'adresse à un être humain qu'elle assimile à la bête, par sa cruauté, et sa violence (alors que cette violence : le viol = le meurtre jouissif est le propre de l'homme domestiqué.
[4] qui réduit aujourd'hui les Asiatiques en esclavages avec les mêmes organisations tels les kapos des camps nazis, mais enrichis à gérer leur bétail à usiner les objets courants des « maîtres » de l'Occident.
[5] À l'Assemblée ceux se disant royalistes sont placés à droite du président et ceux se disant révolutionnaires, à gauche.
[6] le philosophe Erich Fromm (1900-1980) est clair : la désobéissance maintient l'humanité, l'obéissance maintient l'animalité : « Si la capacité de désobéir constitue l'origine de l'humanité, l'obéissance peut très bien causer la fin de l'humanité » (La désobéissance comme problème psychologique et moral, 1963)
** l'instant est tout aussi infini que la durée. L'infinité de l'instant empêche la synchronicité absolue et crée les intervalles de vitesses (fréquences) qui tous sonnent différents.
** intermédiaire = entre 2 moyennes, où la nonoctaviation évite son redoublement.
Techniquement en musique, « le temps de l'instant » (qui pulse) est le temps divisant (géométrique pour Xenakis) pour la danse, et « le temps de la durée » (sans pulsation perceptible) est le temps additionnant (algébrique pour Xenakis) pour le chant. Ces 2 (types d') approches du temps dans la musique ont toujours existé. Elles ont été séparés à un moment réfractaire quand les uns aspiraient à la tranquillité (du chant) et les autres à l'excitation (de la danse) : représenté dans la Grèce Antique par Apollon et Dionysos (lire sur ça, le brillant essai de Nietzsche, La naissance de la tragédie, rédigé à 26 ans).
Ici j'ai opéré la trans-formation de l'un à l'autre et de l'autre à l'un : http://centrebombe.org/livre/10.10.html
Ici j'ai écrit (maladroitement) les passages entre : musique sans pulsation à musique avec légère sensation de pulsation avec musique avec sensation franche de la pulsation ; ou : passage du temps blanc au temps noir ou : passage du mouvement intérieur au mouvement extérieur du corps : Quasi Mortal Bedroom pour percussions en batterie et instruments mélodiques : http://centrebombe.org/livre/1987.a.html
*** Le résultat du mélange du temps de l'instant et du temps de la durée qui se retrouve inexorablement dans la musique savante européenne (et la musique africaine ?), mais la résistance raciste du pouvoir politique refuse avec violence ce mélange, jusqu'à interdire (=> misérabiliser) l'expression libre des arts. John Cage sans le blues n'aurait pas imaginé la musique aléatoire. L'aléatoire est l'instant du gaz, celui à la fois du gazouillis, suite de cris de jouissance (jazz) et du chaos apprivoisé (relativité généralisée).

 

 

LE TEMPS NOIR
                                                                    pénètre avec le blues des esclaves
LE TEMPS BLANC

de l'Éternel à l'instant
de l'instant dans l'Éternel

l'Africain vit à être
et
l'Européen (américain) vit à avoir

Le temps de l'Afrique est l' (éternel) instant.
Le temps de l'Européen (américain) est la durée (= l'instant éternel -d'une photo-) => regret du passé et espoir du futur => le présent vécu dans la douleur de la souffrance.

L'instant pour être.
La durée pour avoir.

La cosmogonie (= le modèle de conviction de sa réalité du temps) de la notre civilisation européenne (blanche américaine) a infecté la civilisation asiatique qui isolée se croyait les « maîtres du monde » et « la race supérieure de l'espèce », croyance qui s'est effondrée après sa 1ère défaite guerrière magistrale après la Seconde Guerre mondiale. Ça vengeance, elle l'a déporté dans le monde économique, fondation de la société d'abondance des blancs vain-coeurs. D'abord à copier les biens des blancs dominants, puis faire mieux, pour remporter leurs marchés. 72 ans de guerre économique qui ne s'arrête pas.

 

 

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