Identité Remarquable et Altérité Commune IR/AC

RE

FFP l'Op d'la muz. Fonctions Formelles Premières : l'Opératoire de la musique

La mémoire


Les hauteurs ne font pas la mélodie tout comme les durées ne font pas le rythme.

 

IRAC ACIR : l'audible et l'inaudible, le perçu et l'imperçu, le retenu et le l'irretenable, le mémorisé et l'oublié

 

Nous rentrons ici dans le monde de la mémoire qui est l'état de fait donnant le possible à la forme musique. Reconnaître, identifier. Oui, sans mémoire nous ne pourrions agir : sans référent sans conséquence ni culture ni croyance ni conditionnement, que subir sans conscience une vie sans réflexion ni comparaison ni regret ni expectative ni re-sentiment ni narcissisme : la mémoire de l'oubli et l'oubli de la mémoire.

Ne rien reconnaître, ni lieu => impossible de se repérer, ne pas avoir la conscience même d'être perdu : perdu par rapport à quoi ? ni reconnaître les autres => ses amis ses ennemis sa filiation ni reconnaître les inconnus celles et ceux non familiers dans son proche environnement. Sans mémoire pas d'identification possible. Pas de ségrégation, pas de classement, pas de discrimination, pas de jugement de valeur, pas de croyance, pas de conviction, pas d'expérience

L'action de la mémoire est très puissante. Rien qu'en exemple : « le coup de la pelle qui trouble autant » : tu vas faire caca derrière un buisson et quand tu te retournes pour vérifier ce qui est sorti de toi, tu ne vois rien, il n'y a rien : pas de caca. Pourquoi sommes-nous aussi troublés ? La mémoire « immédiate » du senti (qui permet la rétroaction) et la mémoire de la « conviction » (le familier) sont troublées. La mémoire éduquée se confronte à l'impossible, à l'impensable, à l'incroyable.

La mémoire fonctionne par l'identification. Quand rien n'est identifiable, la mémoire "n'accroche pas" n'agit pas, elle attend une caractéristique identifiable pour se déclencher. La capacité humaine d'identifier repose sur différentes influences opérées par l'éducation/l'inéducation, la culture/l'inculture, le conditionnement/l'acconditionnement, formation qui désigne (pointe du doigt) ce qui doit être identifiable : l'objet (la perception mis en valeur pour donner le sens de la croyance) alors sort du flou et apparait clarifié à la conscience du bébé néophyte (nouveau converti) à la culture du groupe par culture mnémonique. Un regroupement humain (équipe, famille, bande de potes, classe, chapelle, tribu, caste, pays, nation, clan, etc.) est une attitude mnémonique répétée devenant identifiable.

L'entendu (le reconnaissable)
L'inentendu et l'inattendu sont toujours attendus, mais avec la faculter de surprendre.

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Signal, thème et mélodie : jeu de mémoire : r-appel

A partir du moment où la musique est sorti de sa fonction d'accompagner le texte à demeurer intelligible, de l'Altérité Commune, il a fallu la parer de signes pour la transformer en Identité Remarquable.

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Comment mémoriser l'inidentifiable ?

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On dirait, ça ressemble à, etc. : où suis-je ?

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Signal brouillé, thème et variation, mélodie morcellée : jeu de la mémoire et de l'oubli

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L'Ordre : à quoi ça sert ?

00. à classer
01. à se repéréer, à ne pas se perdre = à ne pas perdre la mémoire
02. à se faciliter la mémorisation : la complexité rend la mémorisation difficile
03. comptable, ordre et biométrie ont en commun de mémoriser pour gouverner
04. les archives (archie = domination et -ive relatif à) est le lieu des mémoires écrites (rapports, accords, conventions, lois, etc.) confirmant le gouvernement : convaincre de l'improbable par un ensemble de croyances acceptées [1].

 

Comment gouverner l'inidentifiable ?

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La perception immédiate du différent et du similaire

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Composer n'est pas « poser quelque chose dans l'espace » de la feuille blanche, Monsieur Wolfgang Rihm ?

est une vision de dessinateur + que de vibrateur. La vision signalétique est un ordonnateur, une mesure qui délimite, et qui par cette limite forme un « objet » numérique de « traitement » à sa déformation. L'audition est un détecteur, un radar qui se localise en fonction de son savoir par accumulation d'expériences à force d'exploration. Composer de la musique, c'est rendre compte de la mobilité du vivant : sa turbulence. Mais le compositeur n'est-il pas attaché à l'imprimerie (1513) : n'est-ce pas lui qui compose le stéréotype pour la page blanche à imprimer ? Le compositeur de musique semble venir après 1549 (selon Robert). Composer comme harmonie ont le même sens de mettre ensemble, d'assembler. Mais poser pause, de « pausare » cesser, s'arrêter (reposer, repos) qui en latin chrétien signifiait : être enterré, par le compausiteur ? position localisable, confondue avec poser de « ponere » : pondre. Va jusqu'à « positif (et positiver), diapositive, séropositif, positivisme ou les scientifiques positron (de l'anglais) et ovipositeur ainsi que par antéposition et antéposer, juxtaposition et juxtaposer », « a fourni apposer et apposition, composer, compositeur, composite, compost (de l'anglais qui le tenait du français), compote, compotée et composter, décomposer et recomposer, déposer, dépôt et dépositaire, disposer, dispos, disponible, dispositif, indisposer et prédisposer, entreposer et entrepôt, exposer et exposant, interposer, imposer, imposant, impôt avec imposition » (toujours Robert). L'imposition de la composition ? est aujourd'hui devenue une pro-position ? La pose est une histoire attachée à la sédentarisation : stop, on ne marche plus. Et s'assoir sur un trône derrière un bureau pour écrire des ordonnances à celles et ceux qui sont debout et marchent au pas.

Cette composition là, ne marche plus.

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Notes
[1] Bibliothèque du latin « Bibliotheca ; terme dérivé du mot grec signifiant livre (voy. BIBLE), et mot grec traduit par lieu de dépôt et dérivé du verbe placer (voy. THÈSE). Autrefois, au lieu de bibliothèque, on disait librairie (resté en anglais) : la librairie du roi Charles V » (Le Littré). Le sens de la bibliothèque n'est pas le sens des archives : mais de la collection (-thèque) de bibles où un livre est une variation de la bible : fondation de la culture cosmogonique (ensemble de croyances) occidentale (qui forme la civilisation : son identité - par les attitudes répétées de sa culture).

Livre vient du latin « liber » partie vivante de l'écorce, sur laquelle on écrivait (la partie molle intérieure) avant l'utilisation du papyrus, et de « liber » libre, de condition libre et « liberare » libérer, affranchir ; aussi du latin « libra » livre romaine (324 g), mesure pour les liquides et balance (instrument servant à mettre à niveau -anglais « level » niveau (XIVe s.) vient du moyen français « livel »- égal) correspondant en grec à « litra » livre de douze onces (12x27 g), aujourd'hui 2x500 g = 1 kg = 1 L. La famille latine a fourni le triplet : livrer et libérer et mesurer pour l'équi-libre. (Le Robert). Le commerce du livre (de bibles et biblots) est le commerce (l'échange) de la libération du savoir mêlé à la propagande biblique. Le sens de livrer un homme prend le sens de la trahison : Judas qui livre Jésus aux Romains (ou le libère par la mort ? pour sa ressuscitation), d'où le délivrement. Délibrer devrait signifier : enfermer = privé de gouvernance de soi (dominé = mis en danger), mais délibérer signifie discuter, dé-battre (une baston) pour se mettre d'accord à prendre une même décision commune. Le Liberia délivré ou le libertin libéral livré ?

Lectures
. Funes ou la mémoire, in Fictions de Jorge Luis Borges (1956)
. Le Chevalier Inexistant, Italo Calvino (1962) avec Agilulfe : la rigueur de l'intendance et Gourdoulou à l'opposé vit sans mémoire.

 

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