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Les mots, la langue et les esclaves

Les mots. Tous. Ne signifient rien.
S'ils signifiaient ce qu'ils disent,
n'importe quel mot ne signifierait pas qu'importe quoi.
Et, ils ne seraient pas si aisément remplaçables
pour signifier à dire la même chose.

Sans parler de l'ortho-graphe (= la volonté de normalisation du signe écrit)
changeante suivant les époques
jusqu'à l'oubli du sens que le mot oublié rap-portait
Sans parler des langues qui se rendent étrangères
pour dire la même chose
Bonjour ! Hello ! Dzien dobre ! Bon Dia !

Ce n'est pas le mot qui donne le sens des choses
C'est l'intention qu'on porte à l'idée
resonnée par la voix de la bouche
dans le ton de l'intention de dire.
C'est la volonté qui parle, pas le sens des mots.
Bien que la majorité se laisse parler par la langue.
Bien que la majorité se laisse parler par le ton.
Par peur d'être jeté du groupe.
Par peur d'être abandonné par son groupe.
Alors que c'est avec cet acte que je retrouve ma liberté.

Le sanscrit est la seule tentative de l'espèce
à former une langue qui ne dépend pas des querelles
entre points de vue,
prétexte pour avoir son mot à dire
dans sa langue avec sa langue.
Le sanscrit intègre une mathématisation de sa grammaire.
Une mathématisation assez complexe pour que la langue
artificielle ne soit pas ni apprise ni enseignée.
Bien qu'elle soit la langue la + ancienne en usage : 25 siècles.

On s'imagine.
Pour s'entendre tous toutes.
Pour se comprendre tous toutes.
On pourrait parler le sanscrit.
On pourrait écrire le sanscrit.
Mère de notre langue et du latin.

Mais l'entente contrarie la guerre.
La guerre ne peut qu'exister dans la mésentente.
La guerre n'existe parce qu'on ne comprend pas.
La guerre est l'acte ultime de la marchandisation
de la marchandisation des êtres humains
qui par le moteur de la peur
sont capables de travailler + vite + fort - cher.
La guerre est l'état ultime dont l'industrie de l'esclavage
a besoin pour exister et produire les bénéfices du privilège.
Les pays enfermés dans leur langue
et les régions dans leur pas toi euh patois.
À parler avec les gestes qui cognent
de ses pattes gesticulantes,
la voix ne suffisant pas ?
La colère pour la querelle est bien à la source de la parole
l'esclave enfermé dans sa langue ne parle pas, il travaille
les esclaves étrangers les uns les autres ne peuvent rien se dire
leurs modes de vie sont incompatibles incompréhensibles haïssables
Le racisme est la base politique qui forme les nations.
Rester enfermé dans son enclos
Et ne sortir que pour faire un tour
Pour aller piller les autres
Et revenir
À se palabrer dans son pays cru protecteur
La parole excessive qui bouche les vides
de la vérité de sa captivité.

Et.
Puis.
Il y a les histoires !
Les trucs qu'on vit qu'on conte qu'on reconte (raconter et recompter).
La palabre du spectacle du conteur qui se met en avant :
La déclaration publique de sa personne.
Avec.
Des trucs qu'on exagère.
Des trucs qu'on embellit.
Que pour se faire aimer des autres.
Parce que croit-on qu'ils elles nous aiment pas ?
Ils elles nous aiment pas parce qu'on parle une langue différente.
Cette langue, c'est l'état d'esprit différent qui se vocalise.
L'esclave redoute l'homme libre.
Il le poursuivra jusqu'à l'abattre.

Chaque être humain par sa vie forme une histoire.
Même les esclaves qui vivent la même histoire.
Il y a autant d'histoire qu'il y a d'êtres humains.
Et même + : avec les histoires qui se croisent,
ils s'en font encore d'autres.
Les histoires qui ce sont vues enregistrées
forment un commerce lucratif pour cultiver la puissance politique.
Les histoires enregistrées sont des outils de la force politique.
La force politique est le berger qui garde son troupeau d'esclaves.
Littérature et cinéma envahissent le monde d'histoires fabriquées.
Où parfois les esclaves reconnaissent leur histoire.
Où parfois un homme libre reconnait son histoire.
Et.
La + vieille histoire qui forme notre état d'esprit
Est rapporté par les histoires rassemblées dans la bible
Le livre de centaines d'auteurs anonymes qui 20 siècles après
Est encore et toujours lu.
Mais pas que lu !

Ce livre est l'outil de base à la formation des croyants.
Un croyant est un être humain malade.
Pour vouloir vivre sa pensée corrompue.
La croyance est la maladie de la pensée.
Le croyant est un être humain prêt pour vivre esclave.
La croyance est essentielle pour entretenir l'industrie de l'esclavage.
C'est pour ça que les religions monothéistées et instituées en institutions autoritaires
sont les bras nécessaires à la perpétuation de l'industrie de l'esclavage.

Le croyant prend pour vrai ce qui est faux.
Son esprit est renversé par la maladie.
Ce qui renverse les valeurs de son existence.
Pour les vivre faussées à ce qu'elles génèrent la misère d'esprit
Qui génère la misère matérielle et la misère de son existence capturée.

Les histoires de la bible ont été inventées pour favoriser la crainte du croyant.
Cultiver la crainte (avec la guerre perpétuelle) pour faire fleurir la peur.
La peur qui gouverne la volonté de l'esclave à ce qu'il elle ne désobéisse jamais.
Le croyant est doublement trompé.
Il, elle, est trompé, par elle, par lui, elle, même
Parce qu'il elle refuse de vivre de soi-même.
À choisir de croire l'incroyable :
les histoires racontées, c'est pourtant sûr, ne sont pas la réalité
Il elle se fait volontairement tromper par la violence de l'autorité niée
Il elle choisit de se faire vivre par une souveraineté autoritaire
Donc, violente.
L'autorité est formée par l'obéissance des membres de la hiérarchie,
Dans laquelle tout esclave est inclus.
La hiérarchie tient uniquement par l'entre humiliation de ses membres.
L'autorité n'existe uniquement par l'entre humiliation de ses membres.

À se faire vivre par la peur
L'esclave entretient sa crainte.
Ils elles sont tous prisonniers.
De leur langue qui n'est pas la leur.
D'avoir accepté de vivre son être occupé.
D'avoir accepté de vivre son être possédé.
Con et vaincu masqué par le sourire du déni :
« Moi ? Tout va bien, c'est le bonheur assuré ! » (sic)
Et si ça va pas ?
On se raconte des histoires pour se rassurer.
Une histoire est remplacée par un mythe
quand cette histoire est répétée par toutes les bouches
Pour le croyant qui a vendu son histoire pour ne plus en avoir
Il elle s'empare de l'histoire que l'autorité lui tend,
Humilié humiliée il elle ne reste qu'à prendre pour vrai
Ce que quoi il elle a détaché sa vie de la réalité de son histoire
C'est pour ça que l'histoire de Jesus est crue
Puisque le croyant n'a plus rien d'autre que ça à vivre.
Puisqu'il elle a vendu sa vie.
Oui.
Quand l'institution pense l'individu.
Quand l'individu donne à l'institution de le penser.
C'est le signe manifesté de sa mise en esclavage.

Si la capacité de se raconter des histoires et d'y croire est phénoménale,
C'est que les croyants ont vendu leur vie qu'ils elles ont besoin de combler le vide de leur vie par les histoires des autres.
L'écriture ne sert qu'à renforcer la fixité de la croyance dans les mensonges rassurants.
L'écriture ne sert qu'à se cacher derrière des histoires prises pour siennes qui ne le sont pas.
Le vide intérieur des spectateurs lecteurs et trices projette leur intégrité absente dans le personnage de l'histoire.
À se faire croire être une un autre qu'on n'est pas.
Intègre, cette projection ne se réalise pas.

Parler avec les mots.
Là, je me parle à moi-même dans ma tête
avec le signe écrit qui réfléchit ma pensée émise par ma voix de tête.
Il faut les tordre.
Tellement par l'usage leur sens est faussé
Et.
Par l'occupation politique, leurs sens renversés.
Les tordre pour en extraire le jus sain du sens de dire.
Mais ça résiste, ça retient leur sens commun
Qui échappe de l'intention de celles et ceux qui parlent.
Les mots servent à nous faire dire autre chose.
Eh oui !
Ils sont nés avant nous.
Ils sont là bien avant nous,
pour enfant ne pas pouvoir contester leur sens.
C'est eux qui ont la parole, pas nous.
À écrire, on se certifie fixer le sens de sa pensée.
Qui, à la relecture, est dévié de son sens pensé.
C'est pas ça que, ce que, je veux dire.
Les mots et + les mots engrammairés = systématisés par les lois obéies
Servent de certificat de présence (= d'obéissance) corporelle
Servent de certificat d'absence (= d'inconscience) mentale
L'écrivain est un type qui se parle à lui-même pour vérifier son intégrité
L'intégrité de sa servitude volontaire ou l'intégrité de sa liberté.
Les mots nous tiennent par leurs sens.

C'est là que la MUSIQUE intervient.
La musique du poète qui décoïncide les sens imposés
En jouant de la voix de la langue.
On invente, on étend, on tire, on pousse, on presse, on retourne, on répare, on repart, on redémarre, on sépare, on mélange tout, on joue de tout
Inter-venir à re-de-venir de par quoi les mots sont constitués,
histoire de savoir de quoi on parle
Et.
On parle tellement
Jusqu'à couvrir la musique !

Le temps vécu de l'histoire en mots n'est pas le temps en vie.

 

 

[scriptum post, ou dénouement, ou coda, ou strophe de cata, ou épilogue]

 

- Qu'est-ce tu fais là ? à écrire des mots ?
- avec la volonté de leur faire dire révéler le sens
- qu'on se dissimule
- par nos vies vendues ?

- J'utilise ce que j'ai pour dire.
- Je n'ai personne à qui parler ni dire en profondeur les sens trompés.
- Il ne me reste que de me parler à moi-même.
- Suivre ma pensée.
- Ma pensée qui ne s'arrête jamais.
- Pour en finir avec le merdier qui nous fait vivre.
- Destiné à d'autres à qui ces lettres s'adressent
- Pour qu'ils elles reparlent des sens qui les capturent
- La misère d'esprit est la réalité humaine
- qu'en tant qu'artiste (= en homme libre jouant)
- on se cogne à chaque pas qu'on avance en société.
- Pour éviter les coups, je révèle les noeuds du merdier.

- Que personne ne veut ni entendre ni savoir ni comprendre !

- En écrivant ces lettres,
- Je destine ma pensée à celles et ceux que je ne connais pas
- Et que je ne rencontrerais jamais !

 

 

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à quoi sert la musique ?