Vivre l'espèce humaine

 

 

Si la vie d'un être humain de l'espèce humaine a une durée d'existence limitée : courte, la raison est existentielle. Une vie trop longue dévoile les illusions de l'existence. Et connaître les illusions de l'existence n'inciterait pas à procréer avec la terreur de l'urgence de disparaître. L'instinct animal dans l'humain réside dans l'ignorance d'exister et de l'existence même. À ignorer j'existe. Les êtres humains se reproduisent, vivent et agissent d'abord pour le sexe. L'obsession de l'amour, non pas à perpétuer l'espèce, mais consumer (d'orgasme) son logis (son abri), son contexte vital : l'endroit où l'on habite : quelques zones habitables de la surface terrestre : à envahir de bêtise le peu de place restant à vivre. L'émotion de l'attachement à la caresse jouissive = le frottement érectile du coït sans zone de temps (sans limitation saisonnière) : pénétration/engloûtation* agit intensivement sur nos corps sexués dès son éveil, à l'adolescence, jusqu'à son sommeil, différent pour chacun (les femelles s'en détachent + tôt que les mâles ?) et chacune.

Le paradoxe entre vouloir vivre et subir la vie (où nos instincts sont conduits par l'ignorance) n'a dans la réalité aucune différence. La vie, en tant que transmission du vivant, gère le sentiment de vivre dans l'ignorance pour ne pas interrompre le processus d'invasion par la copulation intensive. La croissance exponentielle de la population humaine sur le terrain limité de la surface terrestre (des zones habitables) n'amplifie que l'hostilité entre eux (l'inconfort du manque d'espace provoqué et voulu par crainte de solitude), c'est un fait : dans un espace clos (enclos à bêtes sauvages = paradis = zoo humain = ville) limité sans aucune sortie : « l'enfer ? c'est les autres ». Et, la vie hostile est enclenchée. Facile.

L'agressivité généralisée par la généralisation de la capitalisation du système du fonctionnement social (accumuler pour soi au détriment des autres) pousse dans le sens de la violence et de la déprime jusqu'à l'autodestruction agressive dans l'étouffement de l'espèce (tuer -qui a remplacé occire = mourir dans un combat loyal- est passé du sens de « prendre soin » à « étouffer par surprise, par traitrise »). Pour étouffer par traitrise, il faut une grande dose de rancoeur et de souffrance capitalisée crue causée par le dormeur pour l'assassiner dans son sommeil.

L'assassinat dans la société humaine n'est pas que mortel. L'assassinat agit en permanence dans « le rapport de force » qui se déploie dans « le monde du travail ». Le monde du travail reproduit l'hostilité de la guerre dans la vie civile avec des faux amis et des ennemis (en effet, dans le monde du travail, il n'y a pas d'amis, il y a des connaissances et des faux amis envieux prêts à t'étouffer par surprise = te voler ton capital envié). Au contraire de la guerre, le travail est permanent. Et le repos du guerrier-économe dans le foyer de sa famille est une image désirée irréelle = pas une réalité. L'agressivité du monde hostile du travail déborde dans le monde familial ou l'un n'est pas plus masculin que l'autre est féminin, ce pour imager vouloir la force (= les coups) à l'extérieur et la douceur (= les caresses) à l'intérieur.

Ce fantasme avec ses conséquences (intérieur féminin douceur = doux vagin / extérieur masculin force = bite dure) est le modèle du patriarcat**. Le mâle chassant (pas cueillant) et la femelle enfantant demeurant dans le logis, à l'abri à nourrir et éduquer la progéniture jusqu'à son autonomie ce pour fonder une famille dans un (autre) logis. Le mâle quand il ne chasse pas se soûle avec les copains dans un logis à part loin de la maison du foyer des enfants. La jouissance émotionnelle de l'enfantement reste dans le vécu l'expérience la + intense (on déchante vite : à constater être incapable amener le jeune être humain à son autonomie).

Et ça, c'est un temps de vie qui se répète depuis des millénaires. Si le mâle domine, c'est que la femelle a peur des coups et se soumet à la force brutale ou se soumet à être entretenue (= à perdre volontairement son autonomie). Séduire un mâle par le maquillage de l'apparence sert ce désir de soumission, telle une offensive guerrière. Dans l'autre sens, la soumission psychologique ou l'autre, économique (= l'esclavage) ne fait pas de marque sur la peau, mais en profondeur dans les esprits pour générer la dépression (porte de la névrose et de la psychose), le « burn-out », jusqu'au suicide (rapide de toutes celles et ceux qui se ratent et ne se ratent pas et lent : alcoolisme, maladie longue durée, toxicomanie, malnutrition, etc.).

La violence des rapports entre humains n'est pas naturelle, elle est subie, en réaction, en la re-agissant (la re action devrait activer la re flexion : penser) sans réfléchir. La perversité de la violence, celle de l'engendrer alors qu'elle est inutile, plutôt nuisible à entretenir la haine avec sa souffrance, par soi-même, a quelque chose de lâche et de pitoyable : entretenir sa souffrance et refuser assumer la responsabilité de vivre de bienveillance les uns.es avec les autres (par peur de perdre son capital : sa réputation*** d'être reconnu au sein de la communauté, se disant : autant faire souffrir que de subir la souffrance... pourtant déjà en soi) revient à refuser vouloir savoir à exister. Et, pour quoi refuser savoir ? Pour préserver son inconscience animale crue paradisiaque (à vivre dans les cages du zoo de la félicité portant fausse, mais crue vraie).

 

 

Notes
* voir le sens inexistant proposé en contre sens à la pénétration masculine dans « Nu, le livre de l'oubli du reflet » (2016, disponible à la bibliothèque du centrebombe) :
mascul        à l’opposé        fémin
pénétration      -||-             engloûtation
pénétrer          -||-             engloûter
pénétreur        -||-             engloûteuse
pour : englouteuse de bite et pénétreur de chatte

** On se demande quel serait le modèle du matriarcat ? intérieur masculin douceur / extérieur féminin force ? ou : extérieur féminin douceur / intérieur masculin force ? ou : intérieur féminin force / extérieur masculin douceur ? etc. Une domination quelle qu'elle soit n'est pas favorable au développement de l'intelligence humaine.

*** Sachant que toute réputation est faussée, puisque la réputation nait des commérages (dont la presse se nourrit), de ce qui est cru et non de ce qui est vécu réellement.

 

Introduction au livre ? "Vivre l'espèce humaine" ?
Ça doit-il faire un livre ? Ça pourrait.
À la suite du Mouvement du Monde 1ère partie & 2de partie...

Conséquence du
LIVRET DE L'ORATORIO 1968    EN COURS D'ECRITURE
Livret en cours d'achèvement [v.7 téléchargeable, pdf 1.8Mo] : 1968, l'ORATOIRE des DESOBEISSANCES
pour l'oratorio 1968, l'ORATOIRE des DESOBEISSANCES

liens internes
bibliothèque du centrebombe
autres textes du même auteur myster shadow-sky
critiques de livres
Dans le Ciel, le Bruit de l'Ombre