les sentinelles veillent

artiste : sauve-garde de l'humanité

 

fouteures de merdes
troubleures de têtes

 

De tous les temps
des artistes ont mis en garde
contre les abus de pouvoir.

À toutes les époques de l'humanité,
il y eut des artistes qui ont mis en garde de l'exploitation abusive du pouvoir
Sur les gens
Mais ces gens semblent s'en accommoder
Malgré tout
Car personne ne les entend !
Voyez, rien ne change...
Ils obéissent toujours,
ils payent toujours
leur droit d'exister.

 

 

Ces artistes pensent et transmettent à travers leurs oeuvres, afin de développer les capacités humaines à vivre dans des conditions plus avantageuses pour tous. Mais peu de personnes désirent vouloir vivre sous des jours meilleurs puisqu'aucune de leurs oeuvres (non censurées, c'est-à-dire accessibles) ne sont entendue pour améliorer le sort de chacun : ne serrait-ce déjà que d' : arrêter de croire tout et n'importe quoi [1] et avoir « des réserves sur ce qui est évident ». Leurs pensées ne sont jamais révélées ni désirées pourtant à la portée de tous. Leurs oeuvres sont ignorées, mal comprises et détournées dans le divertissement, l'intellectualisme et le commerce. Depuis 2500 ans chacun s'accommode dans la fatalité soumise au mensonge illusoirement confortable d'être gouverné par des dirigeants opportunistes. Ça étonne, ça surprend ? Désirer sa propre Misère depuis si longtemps et pendant tout ce temps, et encore et encore... : voici 2500 ans d'humanité occidentale sans aucune évolution des états d'esprit... plutôt sa régression, où notre civilisation est fondée sur l'exploitation humiliante de l'homme par l'homme... et à répéter toujours les mêmes erreurs depuis 2500 ans... Surtout celle de (se) détruire tout en survivant encore sans mourir en se multipliant dans l'invasion.

 

Les esclaves ne savent pas lire et ne savent pas comprendre
pour rendre la vie quotidienne de tous, pénible et dangereuse

Penser pour les esclaves (mettre en évidence l'escroquerie de la civilisation en servage) ne modifie pas le comportement servile et asservi des esclaves. Les asservis, les serviles, les salariés (soumis à l'obéissance dans la hiérarchie autoritaire) ne pensent pas. ~ 88% de la population de la planète ne pense pas. À vivre à servir, convainc les esclaves de la nécessité, de l'utilité de leur occupation sociale à « vivre pour servir » son prochain (bien que « rendre service » et « être au service » n'est pas la même chose, mais est volontairement confondu pour s'innocenter de sa culpabilité fondamentale de ne pas se gouverner soi-même) pour le bien de la communauté. Communauté, civilisation pourtant fondée sur le châtiment : la douleur de la torture (la peine) et la domination : l'obéissance absolue (confondu abusivement avec respect) au chef : de famille, de la nation, de la police. Une vie sans choix possible que le travail d'esclave. La terreur de perdre cette conviction (qui est le sens unique de vivre éduqué depuis l'enfance d'abord par sa famille puis par l'école puis dans le monde du salariat) est terrifiante : « mourir pauvre et abandonné » est le châtiment cru, conséquence de la désobéissance. Châtiment qui poursuit le croyant servile mort encore vivant à vivre éternellement en enfer.

Si l'esclave salarié perd sa conviction de sa nécessité à servir (d'être au service en échange de la récompense du salaire misérable qui le maintient dans sa misère), il perdra son sens de vivre, sera désorienté, déboussolé. Un humain est-ce une machine gouvernée ? il semble que oui pour les 88. Éduquer en soi un gouvernement de soi par soi (autodidacte), à la place d'être gouverné et obéir à la tradition de la domination patriarcale (dictature), demande un effort cru impossible. Pourtant rien de + facile, sans compter la satisfaction de vivre libre, de ne plus avoir à se plaindre (à être contraint de vivre dans la misère), de ne plus être innocent à torturer les autres, et surtout d'épanouir son intelligence à des tâches inutiles : est le summum d'une vie comblée. (je l'a vis).

Pourtant le passage du servage à la liberté est convaincu douloureux, bien que l'asservissement est un état de souffrance permanent, mais qui par la diversion du divertissement (loisir) peut ignorer sa douleur, sa frayeur, sa terreur quotidienne, la rendre inconsciente et la déporter dans les maladies et la dépression et schizo, où l'esprit veut se décrocher définitivement du corps, vivre mort en vivant le martyre. Le sacrifice de sa vie pour le privilège de ses dominants (dominés dans la hiérarchie où Dieu est seul au sommet. Ah ah).

L'être humain se cultive dans le paradoxe : celui d'apprécier sa prison, de jouir de et de faire souffrir les autres croyant soulager sa souffrance par sa vengeance. S'innocenter en obéissant : « c'est pas moi, j'ai fait ce qu'on m'a dit de faire », en échange d'une récompense mesquine. Qui entretient la corruption de sa lâcheté d'être un coupable innocenté par une hiérarchie meurtrière.

 

 

Nous entamons ici de nommer ces « SENTINELLES » que trop peu comprennent, et qui dérangent les convictions de l'autorité instituée

 

LES SENTINELLES REFLECHISSANTES : GALERIE DE PORTRAITS :

 

 

VIe - Ve siècle av. J.-C. : période charnière d'ébranlement et de mutation possible de l'humanité où apparait simultanément dans différentes civilisations un nombre inattendu de penseurs, philosophes et prophètes : Thalès, Pythagore, Héraclite, Parménide, Empédocle, Anaximandre, etc. en Occident; Jérémie, Ezéchiel, Aggée, Zacharie, etc. au Proche-Orient ; Zarathustra (~628-551) dans le monde iranien pré-Perse; Siddhartha Gautama, Vardhamana Mahavira (~549-477) en Inde ; Lao Tseu et Kong-fu-tzu en Extrême-Orient, au regard ou sont-ce des premiers textes qui nous sont parvenus. Cette pensée ne s'est jamais stoppée, car en face en permanence agissent des sociétés qui refusent l'épanouissement de leur félicité au profit du pouvoir d'asservir les autres (la jouissance de nuire).

 

Laozi ou Lao Tseu (pas de datation, mais vécu avant K'ung-fu-tzu latinisé en Confucius 551-479 av. J.-C.) personnage anonyme (la sainteté taoïste est de durer et se faire oublier) qui signe l'ouvrage de 5000 mots le Daode jing ou Tao tö king ou Tao-tê-king Livre de la Voie et de la Vertu (rédigé entre 500 et 300 av. J.-C.) qui prône la voix du Dao ou Tao dans le non-agir et l'économie de soi (devenue une religion pour les croyants à l'éternité physique et une philosophie mystique pour les croyants à l'illumination de l'extase). Le contraire des idées de K'ung-fu-tzu (Maître Kong pas King) qui prône les honneurs dans les rituels de la vie publique, la culture de soi et la paix grâce à un gouvernement (comme Platon) de l'ordre hiérarchique social. Lao Tseu, sage connu le plus ancien où Laozi, signifie le « Vieux Maître » et tseu : soi. La Voie (Tao) qui inspira entre autres le mystique Buddha (dit-on. Saintetés qui se rapprochent), le politicien Gandhi (à travers le tantrisme ?) ou le musicien John Cage (à travers le Zen et à partir du I Ching ou Yi King ancêtre au Tao).

Buddha signifie « l'Eveillé » (Siddhartha Gautama 560-480 av. J.-C.) prêche pour libérer définitivement l'humain des illusions, des passions et de la douleur inhérente à toute forme d'existence rapporté à soi ou l'illusion du moi à moi. Aucun écrit, paroles rapportées, oeuvre collective. Récupéré et détourné au profit des organisations religieuses bouddhistes. Tout comme les paroles de Confucius dont les écrits des commentateurs sont détournées pour justifier des politiques violentes à domination totalitaire impériale.

Héraclite d'Éphèse (~ 550 ~ 480 av. J.-C.) les fragments qui nous sont parvenus d'Héraclite représentent la manifestation de son bon sens provocateur et de son humour : « Célébrer des sacrifices sanglants ne sert pas plus à nous purifier que la boue ne laverait la tache qu’elle a faite. » (Fragment 5) qui aime à manipuler les évidences et les contradictions. Tout comme le Dao (le Tao chinois), le Logos grec est l'expression ineffable de la sagesse spirituelle dont sa portée est devenue totalement incompréhensible due à sa distanciation et à sa marginalisation historique constante durant 2500 ans de civilisation de l'ordre autoritaire. Aujourd'hui, il ne reste que la caricature ou l'infantilisme dans le cinéma de kung-fu hongkongais ou de science-fiction américaine - comme la force que procurent les « midi-chloriens » aux chevaliers Jedi - la sage police - de Star Wars (sic) - de la fin du XXe siècle. La dualité polaire du Logos se retrouve dans le Yin Yang puis dans la quête du Tao, confondu aujourd'hui avec le logo (marque graphique d'un oligopole commercial). Les fragments d'Héraclite comme tout texte trop ancien (nous pensons au Tao Te King) souffrent de traductions incompréhensibles qui révèlent que le traducteur n'a pas compris le texte qu'il traduit et n'a pas su replacer les idées originales dans son contexte contemporain. Un exemple pour le Fragment 53 : « La guerre est père de tout, roi de tout, a désigné ceux-ci comme dieux, ceux-là comme hommes, ceux-ci comme esclaves, ceux-là comme libres »; nous proposons humblement : « L'hostilité crée des dominants et des dominés » semblent nous l'espérons (pas pour tous) tomber sous le sens.

 

Il semble qu'il y a 2500 ans, un choix s'opérait : soit laisser les humains à eux-mêmes, soit les gouverner.
Notre civilisation a choisi la 2de solution pour asservir l'humanité ou, pour nous asservir nous avons choisi de nous faire gouverner.
Aussi nous avons fait une confusion grave de conséquences, entre : l'ordre social et l'organisation sociale dont l'un favorise les totalitarismes violents que l'autre aurait évité.
L'histoire de la reconquête de la liberté commence ici (dans le cas contraire, cette liberté n'aurait pas -besoin de- nom).

 

Protagoras (~ 490 - 420 av. J.-C.) un socrate moins complaisant qui n'a pas eu la chance d'avoir un platon pour immortaliser ses pensées, mais dont au contraire, son oeuvre a été volontairement détruite (par des autorités, ses collègues ?).

Socrate (469 env. 399 av. J.-C.) dialogue la logique du bon sens à travers la cohérence et la légitimation de la pensée (aucun écrit, parole rapportée par Platon). Condamné à mort par la cité d'Athènes (par principe, mais dans l'espoir qu'il s'échappe) pour impiété, introducteur de divinités nouvelles et corrupteur de la jeunesse. Père de la philosophie occidentale (« sans toit ni loi ») qui est née dans la nécessité politique de l'entente du dialogue non sans humour [7]. Comparer notre époque contemporaine à la sienne Antique montre une très nette dégénérescence de l'esprit humain.

Diogène de Sinope le Cynique (~413 ou ~494-~327 ou ~323 av. J.-C.) élève d'Antisthène (-440-336) qui lui succède dans l'enseignement à l'Ecole Cynique*. Diogène vivait dans un « tonneau » une grande jarre de terre (métaphore pour désigner la désappropriation) et répondit à Alexandre le Grand : « pousse-toi, tu m'fais de l'ombre » pour « Ôte-toi de mon soleil » (métaphore pour dire que la hiérarchie n'est qu'une idée imposée). Premier « citoyen du monde » rapporté qui pense l'existence réelle des individus, et non des idées. Les idées qui créent des servitudes et des morales : règles imposées de la communauté au nom de « l'ordre » dans la cité au détriment des individus. Ce qui existe réellement ce sont les individus plus que les idées (de l'idéalisme platonicien) qui sont là en plus de l'existant. L'adjectif cynique vient de là : qui ignore les conventions, les règles (principes moraux) établies. Les Cyniques s'exprimaient avec humour, ironie, insolence et dérision (aboyaient-ils ? je ne pense pas !) [8].

[* Nommé ainsi, car ce groupe de philosophes se réunissait au gymnase du Cynosarge (lieu dit τ̀ο Kυν́οσαργες, « le chien agile ») dans le quartier des métèques à Athènes. Il existe 3 écoles instituées de philosophie à Athènes à cette époque : l'Académie de Platon, le Lycée d'Aristote et le Portique des Stoïciens (stoa signifie portique). Les Stoïciens reprennent quelques pensées de la philosophie cynique (du chien) : autonomie, respect de la nature, non-appropriation, citoyen du monde (sans appartenance territoriale à une nation). Le Cynisme jette un soupçon sur tout, pensée qui sera reprise par Descartes avec sa formule (cogito) : « je doute, donc je suis ». Le travail du Cynique consiste à l'amélioration des rapports de soi à soi d'abord puis de soi avec les autres ensuite dans la polémique et la mise en scène publique : équivalent à la performance (le happening) d'artistes provocateurs contemporains qui fait penser à Dada ou Fluxus ou au Cloche Art d'Henri Schurder (artistes des squatts) par exemple.]

 

Jésus (0 - 33) personnage conceptualisé de la Bible* qui vécu dans la confusion et l'hostilité politique (colonisation romaine, dégradation de la foi religieuse, pouvoir trop important des marchands, etc.), prêche et dénonce en araméen les absurdités sous forme de métaphores qui illustrent une vérité radicale : l'homme se bloque volontairement dans des paradoxes et se positionne dans des cercles vicieux qui génèrent sa souffrance** (aucun écrit, parole rapportée, oeuvre collective). Condamné à mort, paroles récupérées, détournées, exagérées et inventées au profit des organisations religieuses chrétiennes, une fois instituées qui règnent de leur domination confuse et totalitaire par la terreur.

[* Recueil de textes de différents auteurs à différentes époques plus ou moins farfelus et certainement incrédibles surtout incroyables, mais qui est la base cosmogonique (explication de la formation de la vie humaine dans l'univers) de notre civilisation occidentale judéo-chrétienne : une croyance temporelle linéaire vers une fin catastrophique : ça n'aide pas !] [** reste mon interprétation]

Hypatie d'Alexandrie (~360-415) figure féminine intellectuelle martyre, brillante professeure de philosophie néoplatonicienne, de mathématique et d'astronomie à Alexandrie qui marque la fin de l'Antiquité grecque, au profit du monde chrétien. Personnage récupéré au XVIIIe siècle par les adversaires de l'Eglise comme le protestant John Toland ou Voltaire ami d'Emilie du Châtelet, puis au XIXe romantique enfin par le féminisme du XXe, pour juger la religion de la violence de son meurtre (symbolique ?) : Hypatie vers 55 ans, trainée dans une église, mise à nu, écorchée vive avec des tessons et des coquilles d'huitres (sic) puis démembrée et brûlée par un groupe de moines ou de croyants fanatisés). Ce martyr (rapporté par Socrate le Scholastique : que faisait-il là ?) l'immortalise (même Jesus n'est pas mort avec autant d'acharnement d'horreur). Les motivations de cette ultraviolence sont inconnues et le resteront.

+ de 1000 ans de siège de la chrétienté (Europe et bassin de la Méditérannée).
Doit-on considérer la période entre le martyre à mort d'Hypatie à Alexandrie en 415 et l'âge adulte d'Emilie du Châtelet vers 1727 (intervalle de 1312 ans)
comme une période de déclin du savoir orchestrée par l'Eglise ? Pourquoi instaurer une guerre contre le savoir ? Une population savante ne serait plus croyante.
Et : de vide artistique intellectuel autonome ? Comment fut-ce possible ? La désignation : « artiste » date du XVe siècle.
Pas de désir d'archivage muséal : l'obsession des collections d'oeuvres d'arts ou autres (bâtiments et institution inexistants).
Mais bibliothèque de manuscrits des monastères : traduction et copie des textes latins, grecs et arabes.
Diffusion du savoir écrit : moins d'un exemplaire par monastère possédant une bibliothèque. Pour posséder un livre, il fallait le copier à la main.
Les oeuvres des artistes indépendants de cette période sont détruites, perdues, détenues dans les archives fermées du Vatican ou se sont évaporées (transformées) dans l'oralité.

 

Vers 1088 naissance de la première université (= communauté indépendante en latin juridique) à Bologne (enseignement du droit), issue du besoin d'indépendance de la connaissance envers l'autorité ecclésiastique et le pouvoir laïque monarchique. Accepte tous les étudiants de toutes les conditions sociales. À la fin du XIIe siècle, la direction de l'université de Bologne passe aux étudiants, c'est eux qui choisissent les professeurs, surveillent leur enseignement et versent leurs honoraires. Suivirent les universités de : Valence en 1209, Oxford en 1214, Paris en 1215, Naples 1224, Padoue en 1228, Cambridge et Toulouse en 1229 (pendant que le comte de Toulouse publiait des ordonnances contre les hérétiques pour l'Inquisition), Salamanque en 1230, Rome en 1245, Coimbra en 1279, etc. Chaque université avait sa spécialité et les professeurs enseignaient sur une durée limitée (2 à 3 ans), ce qui permettait la circulation des savoirs.

 

Marguerite de Hainaut (dite) Porete ou Porrette (~ 1250 - 1310) brûlée vive en 1310 à 60 ans place de l'Hôtel de Ville à Paris pour avoir écrit Le Miroir des Âmes Simples et Anéanties vers 1285* (le miroir est une forme littéraire lue, voire jouée du moyen-âge**). Marguerite Porete représente avec Hadewijch d'Anvers, Béatrice de Nazareth, Marie d'Oignies, Ides de Nivelle, Sainte Lugard un courant indépendant de l'autorité de l'Eglise inquisitoire (qui aujourd'hui serait assimilé à un courant anarchiste et mystique) nommé : les béguines (begin en anglais signifie commencer) est un courant constitué de femmes cultivées, mystiques et mères de la courtoisie. Un mysticisme de l'anéantissement de soi dans l'Amour ; Dieu est Amour. Le mysticisme est la part libre de toute religion « qui n'a pas besoin d'intermédiaire » pour sa contemplation, son élévation, son extase : son anagogie. Ce qui irrite les institutions religieuses (chrétiennes, musulmanes, juives, bouddhistes et autres) qui s'autorisent toutes les cruautés pour garder en leur pouvoir absolu les croyants (un croyant est un mystique sous gouverne de l'institution religieuse : une mystification de la protection, aujourd'hui on dit : sécurité) avec pour les chrétiens l'aide de l'Inquisition (la police est une création de l'Eglise tout comme la propagande ou le militantisme). Pour se défendre des attaques de l'Eglise à répétition (tortures physiques et incinération vive), les béguines perdent par nécessité leur autonomie pour la protection (on peut imaginer la violence des persécutions) en se réfugiant dans des « formes canoniques rassurantes » de villages ou de couvents clos à l'intérieur des villes : le secours aux pauvres (leur hospitalité donne notre hôpital d'aujourd'hui). L'attitude mystique par le fait de son existence nie l'institution autoritaire de la foi, c'est en cela qu'elle est pourchassée par la religion. L'institution s'éloigne du divin et de l'humain pour se rapprocher du pouvoir : celui d'obliger les autres à faire qu'importe quoi : au nom de l'ordre et de la foi loi. La majorité des regroupements indépendants de religieuses aujourd'hui sont issus des béguines du moyen-âge. ***

* Cette date coïncide avec une demande d'approbation (officieuse) de Marguerite Porete (pour la rédaction de la préface ?) pour une autorité intellectuelle (forcément cléricale) et se fut Godefroid de Fontaines en 1286 régent à la faculté de théologie de Paris avec d'autres censeurs non identifiés qui donnèrent leur accord. En 1300, le livre est brûlé publiquement à Valencienne ordonné par l'évèque de Cambrai. 14 ans de résistance jusqu'à son exécution.
** les ouvrages, à l'époque sont comme les partitions de musique (grégorienne) : ils s'interprètent (dans la perception et l'émission), ce sont des manuscrits recopiés à la main pour avoir un exemplaire.
*** Source : Max Huot de Longchamp pour la traduction (du texte en français moderne chez Albin Michel en 1984) et les notes. La découverte de ces « femmes anarchistes du moyen âge », de ces « femmes mystiques pacifistes » à travers l'auteure du Miroir des Âmes Simples et Anéanties est attribuée à Romana Guarnieri (1913 - 2004) en 1946 qui sans doute a pu accéder aux archives du Vatican. Son livre : Il movimento del Libero Spirito (le mouvement de l'Esprit Libre, Rome 1965), n'a pas été encore traduit en français. L'idée d'une Béguine au lit me fait palpiter le sang.

Maître Eckhart (~1260 ~ 1328) penseur mystique poursuivit par l'Inquisition pour ses écrits accusés de panthéisme (Dieu totalité de la Nature, thèse reprise et développée par Giordano Bruno et Baruch Spinoza, entre autres) associé au mysticisme des béguines et incompris des lettrés. La condamnation d'hérésie est partie d'une querelle entre dominicains auxquels il était attaché par Thomas d'Aquin (bien que son maître à penser semble être plus Saint Augustin*) : Eckhart aurait refusé la Réforme de l'Ordre et l'inquisiteur était de sa paroisse. Il disparut à 68 ans en allant défendre sa cause et ces idées à Avignon au siège papal de l'Inquisition. En 1992, le Vatican confirme que Maître Eckhart n'a jamais été condamné ni censuré, que ses écrits (sic).

[* Saint Augustin (354 - 430) philosophe algérien chrétien, défendait entre autres la thèse que « Dieu créait le monde involontairement », ce qui n'est pas compatible avec la conception juive et chrétienne de la création. Proche des manichéens en vogue « les vrais disciples du Christ » qui s'entourent de mystère, mènent une vie ascétique, sont très soudés et extrémistes. Élu évêque d'Hippone (Annaba en Algérie) choisi par les fidèles pour rééquilibrer l'Église catholique qui est minoritaire face à l'Église donatiste, et les manichéens : tous chrétiens. Reste le théologien le plus lu du moyen âge.]

 

Conflits européens et Guerre de Cent Ans (dans la crise des XIVe et XVe siècles) : naissance du système d'Etat monarchique en Europe
en réaction au progrès du pouvoir de l'économie monétaire du capitalisme naissant des bourgeois (alors commerçants et usuriers des bourgs) [2].
Premier soulèvement rapporté des paysans contre les nobles, la souveraineté de la Grande Jacquerie qui dura 2 semaines : maté dans le carnage.
Naissance de l'imprimerie.

 

Nicolas Copernic (1473-1543) moine-médecin-astronome qui démontre dans un opuscule d'une soixantaine de pages : De revolutionibus, que les planètes tournent autour du Soleil où la Terre est une planète comme les autres, dont la rotation sur elle-même donne l'alternance du jour et de la nuit. Ebranle la vision ptoléméenne du monde, qui plaçait l'homme au centre d'un univers fait pour lui. 1543 : à sa mort parution du De revolutionibus qui pour Copernic n'était qu'un outil pour simplifier le calcul astrologique.

Theophraste von Hohenheim dit Paracelse (1493-1541) n'est pas un « mage alchimiste », mais une « grande gueule » de la médecine de la Renaissance qui peste contre les « vauriens en poste », il lie le bon sens à la guérison : « si Dieu crée une maladie, c'est pour la guérir ». Il s'emploie à la chimie de l'alchimie (transformation de la matière), l'anatomie, la botanique, la philosophie, etc., pour guérir et guérit. Meurt à 48 ans, laisse une abondante bibliographie. Les travaux de Paracelse ont permis une avancée de la médecine : allopathie, homéopathie, chirurgie, toxicologie, psychothérapie, etc, [10].

Étienne de la Boetie (1530-1563) dénonce à 18 ans la servitude volontaire et met en question la soumission en rédigeant à l’âge de 19 ans le Discours de la servitude volontaire ou le Contr'un en 1549 où il se pose la question : « pourquoi un seul peut gouverner un million, alors qu'il suffirait à ce million de dire non pour que le gouvernement disparaisse ? ». Première publication en 1576, 27 ans après sa rédaction.

Giordano Bruno (1548-1600) philosophe martyrisé par l'Église pour sa cosmologie infinitiste plus que pour sa défense de l'héliocentrisme du moine Copernic (écrits). Le 17 février 1600 à Rome, alors que l'Inquisition lui avait arraché la langue pour les « affreuses paroles qu'il avait proférées », il fut conduit place Campo dei Fiori (champ de fleurs) et y fut brûlé vif. Son contemporain, le philosophe Lucilio Vanini sur dénonciation eut la langue arrachée et fut brûlé vif à Toulouse place du Salin en 1619 à 34 ans pour ses idées libertaires.

Jeoffroy Vallée (1550-1574) - écrit le Fléau de la foi, publié en France en 1572 (un écrit). Pendu et brûlé à Paris le 9 février à 24 ans. Rapporté par Raoul Vaneigem en 2002 dans son livre au titre révélateur : « l'Art de ne croire en rien » pour se libérer du mensonge.

Galilée (1564-1642) astronome, améliore la lunette astronomique, condamné publiquement en 1633 par l'Eglise pour avoir professé une doctrine hérétique contraire aux Écritures qui développe l'héliocentrisme de Copernic à la suite de Kepler pour donner l'image de l'univers mathématisable que nous avons encore aujourd'hui. Il doit abjurer lors d'une cérémonie humiliante et terminer sa vie en résidence surveillée tout en pouvant continuer ses travaux. Réhabilité par le Vatican le 31 octobre 1992.

Thomas Hobbes (1588-1679) critique magistralement la forme de gouvernement totalitaire et mécaniste où il compare l'Etat au monstre marin du Leviathan machine à fabriquer les hommes pour être des monstres contre eux-mêmes. Léviathan Traité de la matière, de la forme et du pouvoir de la république ecclésiastique et civile.

René Descartes (1596-1650) fuit la France répressive du Cardinal de Richelieu (qui créa l'Académie Française afin de contrôler les idées publiées des écrivains) pour s'installer aux Pays-Bas (fumer du cannabis) où il vécut toute sa vie d'adulte. Ses écrits montrent une pensée rebelle mais inquiète qui a été récupérée et détournée par un patriotisme français de mauvais goût.

Baruch Spinoza (1632-1677) critique les préjugés religieux et politiques, excommunié à 24 ans par le pays le plus tolérant (commerçant) d'Europe (les Pays-Bas), vit en exil indépendant des universités grâce à son métier d'opticien. Dans l'Ethique, son ouvrage majeur, il pose la base d'une pensée « géométrique » de l'essentiel : exprimée par axiomes, propositions, démonstrations pour le bonheur de soi (qui reste aujourd'hui toujours peu compris).

John Locke (1632 - 1704) dénonce la croyance des connaissances innées d'une classe privilégiée qui justifie son pouvoir au contraire d'une connaissance qui dérive des sens de nos perceptions de nos expériences développée par la raison dont ses idées controversées sur l'espace et le temps, le sens, la connaissance, le libre arbitre et l'identité inspirèrent un George Berkeley.

George Berkeley (1685-1753) énonce à 25 ans que la réalité est du perçu, la perception emet des idées de réalité, le monde n'a pas d'existence ailleurs que dans l'esprit (ce qui tend à penser qu'il n'y a aucun moyen de vérifier la réalité de la réalité). Mais George Berkeley est un curé qui ne réfléchit que pour défendre le dogme de l'Eglise avec l'idée de coloniser les « sauvages » d'Amérique à l'obédience de Dieu.

La philosophie à partit du XVIIIe siècle devient complice de l'exercice du pouvoir.
Sont nommées en gras celles qui ne le sont pas.

Voltaire (1694-1778) figure ambigüe provocatrice de la philosophie des « Lumières » dénonce les absurdités humaines, lutte contre le fanatisme religieux, engage sa personne sur des procès déguisés (entre autres celui des Calas (pour entretenir sa notoriété ?), protestants dont la ville de Toulouse catholique (entraîné par le fanatisme des Toulousains) condamna à mort sur la roue*), tout en défendant l'Ordre social nécessaire aux « classes supérieures », orchestré par les nouvelles Forces de police, une invention franco-prusse de ce siècle des Lumières.

[* Deux siècles plus tôt en 1522, Toulouse massacra quatre mille huguenots (protestants) considérés comme citoyens hérétiques, entraîné par le fanatisme de la populace. Voltaire in Traité sur la tolérance. La fête grandiose de ce massacre (fête religieuse approuvée par le pape) se célèbra pendant 240 ans le 17 mai de chaque année, jusqu'à l'affaire Calas en 1762.]

David Hume (1711-1776) énonce à 28 ans que les idées sont des souvenirs d'impressions et n'ont aucune valeur de vérité que seule celle imaginée. Toutes les représentations dont on ne peut faire l'expérience restent de l'ordre de l'imagination, bien que l'expérience non rencontrée ne signifie pas qu'elle n'existe pas (Hume agnostique, épargne par cette dernière affirmation, la domination de l'idéologie religieuse irresponsable qui fonde son autorité sur l'existence de Dieu et des miracles : ouf !).

Pierre Henri Dietrich baron d'Holbach (1723-1789) dénonce les abus de l'Église et de la religion - fléau mourant de l'époque, et les parasites des cours de l'aristocratie (qui signifie : le pouvoir du meilleur), protégé par sa fortune.

 

La domination hégémonique de l'Église lâche du pouvoir.
Mais celle du bourgeois de l'industrialisation prend le relai.

Aidé par la Révolution française de 1789. [9]
XVIIIe siècle : création du corps de police.

 

Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) politicien philosophe, dénonce l'abus de la propriété, résumé par son fameux slogan « la propriété c'est du vol » (tout en conservant sa petite propriété) et l'entretien volontaire de la misère des populations de travailleurs, mais assume reconnaitre à 52 ans (1861) le "primat de la force et de la guerre" qui semble donner un sens à sa vie pour combattre son ennui bien qu'il ne soit jamais allé se battre sur aucun front [3]. On lui pérénise l'anarchisme politique.

Henry David Thoreau (1817-1862) précurseur de la désobéissance civile et de l'objection de conscience, éveille le lecteur à ne pas se faire penser par la propagande dominante, mais à penser par lui-même. Dans les années 1840, cesse de payer l'impôt qui apportait un soutien à l'esclavage, emprisonné une nuit en 1846.

 

1830 « Révolution de Juillet (Trois Glorieuses) » : contre la monarchie réinstaurée.

 

Friedrich Nietzsche (1844-1900) philosophe, dénonce les non-sens de l'humain à coup de marteau, apporte la liberté farouche de l'esprit critique, récupéré et détourné par la propagande nazi (à travers sa soeur), vit dans l'errance (entre la Suisse et la côte d'Azur) traqué par la maladie.

 

1848 « le Printemps des peuples » (Europe) contre les impérialismes renaissants.

 

Oskar Panizza (1853-1921) auteur, ne cesse de mener un combat solitaire contre les préjugés qu'entretiennent les diverses formes de tyrannies civile et religieuse. Toute son oeuvre lui a valu d'être censuré, emprisonné, expulsé, en exil et finalement abusivement interné à l'asile de Munich à la suite de son dernier procès.

Erik Satie (1866-1925) compositeur, adopte une manière anticonformiste de penser la musique qui déconcerte : le développement de la plaisanterie grave. Il s'insurge contre les « malfaiteurs spéculant sur la corruption humaine » avec une clarté de conviction où intransigeance et pudeur se mêlent dans l'humour triste. L'énigmatique Erik Satie par son œuvre insolite reste encore incompris au XXIe siècle.

Mohandas Karamchand Gandhi (1869-1948) crée une méthode originale d'action politicoreligieuse : la non-violence, action de présence passive face à l'offensive policière et militaire, apte à la récupération de la vérité, même au péril de sa vie, combat les injustices, le colonialisme et les conflits entre religions, assassiné.

Alexander Berkman (1870-1936) dénonce la manipulation sociale et propose un anarchisme communautaire, c'est efforcé d'une description simple et clair de l'anarchisme, emprisonnements, suicide.

 

1871 la Commune de Paris. 2 mois d'insurrection populaire et de réorganisation sociale
qui se termine par un massacre composé de charniers : « la Semaine sanglante » où « la Seine était un fleuve de sang ».
43 522 arrestations, 3 ans de procédures pour 13 803 condamnations et déportations en Nouvelle-Calédonie. [4]

 

Edgar Varèse (1883-1965) compositeur non-conformiste dénonce l'esprit étriqué français de la musique, fait péter la prison du système tempéré surusé et y introduit le bruit, fait sa musique avec des sons pas des notes en restant attaché à l'orchestre symphonique, exilé volontaire.

Georges Bataille (1897-1962) écrit le débordement de soi nécessaire qui s'exalte dans l'érotisme qui nie toute autorité pour accéder à l'expérience profonde de soi, et retrouver par la révolution de soi en soi, l'extase de sa révélation humaine. Dénuder la vie et la pensée jusqu'à l'extrême du possible est la nécessité de l'Expérience intérieure qui est un voyage au bout du possible de l'homme (de soi), une mystique athéologique où le jeu de l'angoisse et de l'extase amène au bonheur excessif du supplice de la vie.

Erich Fromm (1900-1980) le philosophe est clair : la désobéissance maintient l'humanité, l'obéissance maintient l'animalité : « Si la capacité de désobéir constitue l'origine de l'humanité, l'obéissance peut très bien causer la fin de l'humanité » (La désobéissance comme problème psychologique et moral, 1963).

Harry Partch (1901-1976) compositeur fondamentalement indépendant, il se détache radicalement de la pensée musicale européenne, en 1923 il rejette le tempérament égal et invente son matériau musical unique : ses gammes à micro-intervalles, ses polyrythmies à divisions rationnelles et ses instruments de musique qui forment un instrumentarium insolite. Considéré pionnier de « l'intonation juste » qu'il n'est pas, mais défend une pensée musicale libérée du joug de la tradition savante occidentale classique.

Jean Dubuffet (1901-1985) peintre, refuse la domination de la culture occidentale, dénonce le mensonge de l' « asphyxiante culture », farouchement opposé à l'art officiel des institutions et des galeries parisiennes qui classent, fixent et hiérarchisent la création.

Fernand Deligny (1903-1996) explore l'indicible avec les enfants autistes tout en rejetant la mise aux normes que pratique la psychanalyse et la psychiatrie. Développe une communication au-delà des mots pour comprendre les différences d'un être semblable en communiquant avec l'incommunicable. Ignoré et rejeté du système social dominant qui n'a pour but que de se débarrasser des humains inaptes au travail.

Hannah Arendt (1906-1975) élève du philosophe Martin Heidegger, elle dénonce les intoxications idéologiques et donne les moyens de les combattre et montre que les systèmes totalitaires naissent de la perte des valeurs de soi. Montre que les considérés "bouchers de guerre" de la Seconde guerre mondiale ne sont que des fonctionnaires qui exécutent les tâches pour lesquelles ils sont payés sans en connaître la réelle nécessité. Récupérée par les hypocrisies politiques du pardon.

Mircea Eliade (1907-1986) rassemble une connaissance considérable sur l'histoire des croyances et des idées religieuses - qui à l'aube de notre civilisation (2500 ans) ne se distinguait pas de la philosophie - qui permet de comprendre des concepts fondamentaux de l'existence humaine.

Simone de Beauvoir (1908-1986) auteure de « Le Deuxième Sexe » (1949), s'insurge contre la bêtise du sexisme dans une démonstration brillante et documentée dont est extrait le fameux slogan : « on ne nait pas femme, on le devient ». Décrié par les imbéciles du moment, à savoir : l'Eglise (qui a fait de la domination masculine un absolu par la « chasse aux sorcières ») et les intellectuels qui ne conçoivent la femme que comme objet de plaisir sexuel : un objet de soulagement. N'est pas féministe, mais travaille à sa notoriété, en restant près de Sartre.

Emile Michel Cioran (1911-1995) poète philosophe extralucide, désillusionniste de l'arrogance de l'homme qu'il traite à coup de hache : tous nos maux viennent de ce que nous soyons et le pire se retourne dans les aberrations de la tyrannie et de la servitude.

John Cage (1912-1992) le compositeur du XXe siècle le plus radical et inventif concernant la conception occidentale fondamentale de la musique (après Marcel Duchamp pour l'art). Il tente à travers sa musique et ses écrits de faire prendre conscience d'autres manières de faire, de jouer et d'écouter la musique. La forme qui donne la place au hasard (désynchronisé des sociétés non militarisée) aux gênes et aux silences des bruits ambiants. Tout audible est musique. Son influence n'est malheureusement que partielle et sa pensée demeure incomprise des jeunes générations de compositeurs, voire méprisée en ce début de XXIe siècle.

Conlon Nancarrow (1912-1997) compositeur autodidacte part se battre en 1937 au sein des brigades internationales dans la guerre d'Espagne. Les attaques dont il est l'objet en raison de son engagement politique, l'obligent à quitter les États-Unis en 1940 et à s'exiler au Mexique, ce jusqu'à sa mort. Par carence d'interprète, il se tourne avec humour à composer pour piano-mécanique (livré de New-York) des musiques pour la plupart humainement injouables pour un pianiste.

Roger Caillois (1913-1978) énonce l'organisation et le comportement humain dans le sacré, le jeu et la guerre et dénonce les conséquences stupides d'autodestruction de l'humanité occidentale. Certains de ses livres sont victimes de censure (comme Bellone ou la pente de la guerre édité en par les Belges en 1963) bien qu'il soit membre de l'Académie française.

Ghérasim Luca (1913-1994) poète, démontre l'impossible de l'existence de la beauté malgré sa poésie d'amour de la vie dans la langue distancée, suicide.

Roland Barthes (1915-1980) sans dogmatisme dénonce le fascisme de la langue « qui oblige » et permet de comprendre les systèmes de signes qui sont à l'œuvre dans toute manifestation du social : et de mettre de l'intelligible là où il n'y avait que de l'impressionnisme.

Henri Verneuil (1920-2002) cinéaste, Le Corps de mon Ennemi, I comme Icare et 1000 Milliards de dollars dénoncent les excès du privilège, la manipulation politique, la manipulation économique multinationale au dépend du peuple naïf qui se contente de l'ignorence comme savoir vivre.

Chris Marker (1921- 2012) cinéaste, énonce clairement, tristement, intimement et sans désir de convaincre une réalité du monde humain perdu et gouverné par des pouvoirs aux actes d'oppressions irresponsables.

Cornelius Castoriadis (1922-1997) philosophe, le premier à montrer la crise du sens de nos sociétés qui s'empêtrent dans des dictatures (fasciste, communiste, et libéraliste) et qui s'évadent dans la futilité consommatrice, sans volonté de résoudre leurs propres décompositions.

Luigi Nono (1924-1990) le seul compositeur (de « musique contemporaine ») de la seconde moitié du XXe siècle engagé et militant face aux injustices politiques et sociales de son époque.

Gilles Deleuze (1925-1995) philosophe, marque les enjeux essentiels, engageant l'exercice de la pensée pour une existence un possible en devenir débarrassé des idées simplistes sur une vie incomprise.**

Michel Foucault (1926-1984) philosophe, dénonce notre système répressif (asiles, hôpitaux et prisons), renverse les évidences pour mettre à jour les discriminations et offre des solutions : « il faut défendre la société » (à ce que les dominants dominés et les dominés dominants, possédés idiots et frustrés : les effrayés.es de l'espèce humaine ne nuisent pas ne ruinent pas eux-mêmes et les autres).

Ivan Illich (1926-2002) dénonce le système autoritaire et hiérarchique des institutions (santé, éducation, alimentation, échanges contrôlés) de manière à produire de l'obéissance et de la discrimination, illégitimable mais crue du contraire, aspire à une alternative vivable avec le concept de « convivialité » passé dans le langage commun.

Ronald David Laing (1927-1989) hardi psychiatre et psychanalyste écossais, décrit les mécanismes humains avec une rare intelligence dans une langue d'une rare simplicité. Une figure aussi importante pour les Britanniques que Sartre pour les Français. Ces ouvrages ne sont pourtant pas réédités en France depuis les années 70 du XXe siècle. Censure ? Ici, il est reconnu comme le fondateur de l'antipsychiatrie, car il dévoile les supercheries des psychiatres et psychanalystes. Car en tant que psychiatre, il se positionne contre : la psychiatrie comme outil de répression sociale. Fonde avec Aaron Esterson et David Cooper des communautés thérapeutiques. Montre avec une simplicité déconcertante les noeuds dans lesquels nous nous précipitons pour « tourner en rond » à entretenir nos souffrances.

Pierre Henry (1927- ) un électron libre qui dérange la caste des compositeurs savants parisiens (il batifole avec la pop !) tout en composant les musiques électroniques les plus remarquables des 30 glorieuses. Pierre Henry le solitaire se moque des affaires des hommes, ce qui compte c'est de montrer ses « grandes messes » électroniques qui ont fait rêver l'enfant que j'étais et parfois l'ont déçu. Pierre Henry est un compositeur de l'instant.

John Blacking (1928-1990) musicologue, dénonce l'ethnomusicologie colonialiste, défendait l'idée que le « faire-musical » est un attribut fondamental et universel de l'espèce humaine qui en exprime sa condition tout en pouvant transcender ses divisions sociales et améliorer la qualité de la vie humaine.

Marco Ferreri (1928-1997) cinéaste, filme avec une triste et attachante lucidité la dérive de l'espèce humaine dans les noeuds barbares de sa société.

Karlheinz Stockhausen (1928-2007) Être « en société » blessait Karlheinz ? c'était son côté « chiant » qui le rendait insupportable par sa prétention de se croire supérieurement intelligent aux autres (pas tant que ça en fait et impossible de discuter) : « heureusement que la mort l'a arrêté dans l'accroissement de son intelligence » (mauvaise plaisanterie), dans l'indifférence du contexte de la dictature économique qui se moque de la musique et des arts (sauf pour divertir de l'essentiel) : imaginons le contraire ! Karlheinz Stockhausen, quel imaginaire ! il a développé tant de formes, ouvert tant de portes qui ne doivent pas être refermées, mais qui aujourd'hui le sont. La musique originale ne peut s'épanouir que dans la liberté.

René Vautier (1928-2015) cinéaste, à 21 ans tourne le premier film anticolonialiste français : Afrique 50. Poursuivi en 1954 pour atteinte à la sûreté intérieure de l’État. En 1972 réalise : Avoir vingt ans dans les Aurès, ou comment des insoumis antimilitaristes cèdent à la violence de la guerre et y prennent goût.

Luc Ferrari (1929-2005) compositeur indépendant qui s'est insurgé contre les dogmatismes des avant-gardes régnantes (sérialisme et musique concrète) pour suivre son propre chemin esthétique en créant ses musiques "intimes" et "anecdotiques" et affichant sans scrupule sa liberté créatrice au prix du rejet.

Pierre Bourdieu (1930-2002) dénonce la manipulation médiatique dans le fléau du libéralisme porté par le capital épidémique qui s'est étendu à toutes les pratiques humaines dont l'ignorance est complice de notre servitude, mais défatalise ce monde qu'on peut travailler à changer.

Guy Debord (1931-1994) sociologue, dénonce l'aliénation de la vie par sa mise en Spectacle comme système totalitaire d'illusions dont le discours médiatique a définitivement assis le pouvoir des propriétaires du monde dans l'esclavage admis et généralisé, propose un cinéma sans spectacle, suicide.

Mauricio Kagel (1931-2008) compositeur, raille les abus politiques et les habitudes culturelles par la remise en composition (en question) des acquis, construit sa musique sur la base de la volonté contestataire, son caractère entier lui permet de pousser à bout les pratiques (musicales) jusqu'à l'absurde, tout cela pour éveiller son auditeur à ne pas accepter le quotidien qui demeure une dictature sur soi.

Andreï Tarkovski (1932 - 1986) réalisateur, crée un cinéma mystique (de mystère) qui bouge sa caméra vers les choses cachées, celles qu'on ne voit pas : ses manifestations provoquées par ce qui était nommé alors l'âme humaine (ou logos en Grèce antique ou dao (tao) en Chine antique) qui génèrent une contemplation et une fascination de la vie au-delà de sa réalité profane : la perception du sacré. [Tarkovsky &]

Constantin Costa-Gavras (1933- ) cinéaste, filme les politiques de domination et de manipulation qui maintiennent le peuple dans sa soumission. « Z » montre la manipulation politique et la prise du pouvoir en Grèce par les colonels, « État de Siège » montre la trahison politique en Amérique du Sud menée par les Américains, « L'aveu » montre la torture absurde soutenue par l'idéologie communiste.

Raoul Vaneigem (1934- ) théoricien révolutionnaire et médiéviste prône l'hédonisme (repris par Michel Onfray) comme acte de soulèvement contre la domination de l'ordre social du travail aliénant, révèle les fausses contestations et les illusions sociales de l'obéissance pour une société humaine généreuse qu'elle n'est pas. Il est au côté de Guy Debord pendant 9 ans dans l'Internationale situationniste.

Peter Watkins (1935- ) cinéaste, montre dans les conséquences les abus de pouvoir : avec « The War Game (la bombe) », il montre les conséquences exponentielles d'une attaque atomique, avec « Punishment Park » il montre l'utilisation de la violence légitimée contre une jeunesse rebelle, avec « la Commune » il montre une partie de l'histoire sociale volontairement oubliée des manuels scolaires. Le bon sens de ses films dérange les pouvoirs en place et les médias qui ne peuvent réagir que par la censure de ceux-ci. Vit en exil.

 

1936 - 1939 guerre civile d'Espagne qui a ému le monde occidentale des esprits libres, a montré que les collectivités paysannes et ouvrières autogérées fonctionnent.
Réprimée sans pitié par les fascistes de Franco grâce à la traitrise des communistes et au financement de la Banque de France, gardienne de l'or espagnol.

 

Alain Badiou (1937- ) philosophe, dénonce les abus de la langue économico-politique à détourner le sens des mots, la démocratie comme outil de propagande du néolibéralisme et n'hésite pas à monter au créneau pour pointer du doigt les malveillances politiques (pour cultiver sa notoriété éclipsée par celle de Gilles Deleuze ?).

Robert Kramer (1939-1999) cinéaste. « Les vraies trouvailles, c’est d’être entre les choses ­ ni Amérique, ni Europe, ni documentaire, ni fiction… La vie précède les films et mon cinéma n’est que l’expression de cette tentative de vivre différemment. » « Bon, je crois que je dois faire ce travail dans l’ombre, qui n’est pas l’histoire officielle mais une histoire indispensable. Si je ne le fais pas, on ne saura pas qu’il y a une autre manière de voir les choses. » « Je travaille pour essayer de créer ces petits miracles. Avec rien du tout, » (interviewé en 1996). Réalisateur : de Milestone, Route one, Walk the walk, ...

Yves Boisset (1939- ) cinéaste, montre la bêtise et la cruauté humaines dans son plein épanouissement : Le prix du danger (1983), Dupont Lajoie (1975), R.A.S. (1973), Canicule (1984).

Frank Zappa (1940-1993) |ARS | [11] un des très rares compositeur, musicen original a refuser de se cantonner dans un genre musical, mué par son audace provocatrice qui met en scène la bêtise humaine (thème dominant d'un assaut permanent d'une guerre contre la jeunesse et les arts indépendants). Une discographie riche de 62 albums, un caractère perfectionniste, cynique et hédoniste qui l'amènent à se moquer avec humour (et non avec mépris) d'une société qui à la fois le rejette et l'apprécie : musique comédie (qui ne se prend jamais au sérieux, bien que sa mise en place le soit).

Jimi Hendrix (1942-1970) |ARS †| [11] guitariste électrique qui invente le son au-delà de son instrument par la grâce érotique et la tendresse meurtrie, sa musique sans limite rassemble les communautés noires et blanches, symbole d'une liberté sans compromis il dénonce les politiques impérialistes américaines avec Machine Gun ou l'hymne américain entaché de bombes à Woodstock en 1969, meurt à 28 ans dans des circonstances qui demeurent troubles.

Terry Jones (1942- ) réalisa les 2 plus grands films de l'histoire du cinéma comique : Sacré Grall ! (Monty Python and the Holy Grail, 1975) et La Vie de Brian (Monty Python's Life of Brian, 1979) dont l'un dénonce la volonté de domination sociale et l'autre son contraire la volonté de soumission sociale. Derrière les rires hilares, les messages politiques sont très clairs.

 

1945 : lors des premières élections après la Seconde Guerre mondiale,
les Français souhaitent majoritairement un retour aux structures habituelles du centralisme gouvernemental et des conseils généraux
contre les propositions pour une égalité plus juste bien que dirigiste du Conseil National de la Résistance (C.N.R.). [9]
On doit au CNR : la Sécurité Sociale et la nationalisation de l'énergie, des assurances et des banques, reprivatisées depuis.
Le programme du Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a été adopté (dans la clandestinité) le 15 mars 1944 par tous les partis aussi bien extrêmes gauche et droite.
En 1967 Georges Pompidou reprivatise la Banque de France nationalisée par le CNR.

 

Demetrio Stratos (1945-1979) une voix inouïe au-delà des limites du possible (Cantare la voce) la technique de démultiplication vocale n'a pas eu le temps de faire des petits : morte à 34 ans. « Pour Stratos l'exploration du potentiel vocal est un outil de libération psychologique et politique ».

Patrick Champagne (1945- ) proche de Pierre Bourdieu, dénonce le mensonge de l'opinion publique, la fabrication des « malaises sociaux ».

John Carpenter (1948- ) cinéaste, dénonce les dominations : politiques : New York 1997 (1981), Escape from L.A. (1996); cléricales : Vampires (1998); coloniales : Ghost of Mars (2001), the Thing (1982); militaires : Starman (1984); de la propagande dissimulée : They Live (1988); de l'emprise de l'enfance : Village of the Damned (1995); de la machine : Christine (1983); etc.; une mise en scène de la faiblesse et de la bêtise humaines, le tout enrobé dans un cinéma d'action de divertissement.

Diamanda Galás (1955- ) |ARS †| [11] Une voix aux limites du possible qui fait fi des interdits, sur la mort, le culte et dénonce les ségrégations, les oppressions meurtrières de notre société hypocrite puritaine dans un chant « qui glace le cerveau ». Depuis 2008 écrit contre les dominations assassines.

groupe Krisis (Robert Kurz, Ernst Lohoff, Norbert Trenkle) dénonce la transformation de l'homme en « ressource humaine » du travail : une pensée critique de la société marchande.

Bob Ostertag (1957- ) compositeur « touche-à-tout » qui ne s'enferme pas dans un genre musical. Met en évidence l'absurdité de l'industrie de la musique et le danger de la musique enregistrée propriétaire pour l'évolution de la musique vivante.

Mathius Shadow-Sky (1961- ) compositeur explorateur inlassable, élabore une archimusique spatiale, crée le transgenre, orchestres transclasses et transculturels, développe le jeu en principe compositionnel, construit l'harmonie nonoctaviante et la théorie des champs scalaires, sophistique l'objet comme instrument de musique (Lampe Archisonique), dénonce en tant que libre penseur la médiocratie de l'insignifiance culturelle, l'arme de diversion que cultive la bêtise pour la servitude publique volontaire. Censuré et interdit de concert par les pouvoirs gouvernants et gouvernés du monopole de la « Culture ». http://centrebombe.org

 

1968 dernier soulèvement massif marquant de la jeunesse au XXe siècle.
1970 contre-offensive du Parlement et du gouvernement contre sa jeunesse :
31 décembre tout usager de drogue devient un délinquant (sauf les militaires, les CRS et les malades).
Instauration progressive de la MEDIOCRATIE : offensive contre la liberté artistique.
1981 en France monopolisation par l'Etat du financement de la création artistique.
La possession (économie) dépasse le plaisir (l'art et la musique).

 

The Residents (1969 ou 1972- ) |ARS †| [11] premier ensemble de musiciens anonymes connu mondialement de l'industrie du disque qui grâce à leur anonymat ne s'interdisent et n'est rejetée aucune expérimentation, ni aucune provocation musicale. 45 ans après, le groupe identifié avec « l'oeil coiffé d'un chapeau haut-de-forme » qui cache leurs visages (identité) continue sa création musicale unique et originale dans le monde de la chanson.

Tiqqun (1999-2001-... ?) Julien Boudart, Fulvia Carnevale, Julien Coupat, Junius Frey, Joël Gayraud, Stephen Hottner, Rémy Ricordeau) revue philosophique (2 n°) et auteurs en collectif qui dénoncent les pièges de la pensée dans « l'ordre mondial » totalitaire, pose la Jeune-Fille comme le comble de la marchandise et de la machine de guerre, se manifeste à travers l'Organe Conscient du Parti Imaginaire pour la recréation d'une autre forme de communauté. http://www.tiqqun.info

 

Années 90 du XXe siècle : départ de l'épidémie mondiale (Globalization = Mondialisation) de la MEDIOCRATIE.
Sa propagation s'opère avec la « personal » technologie « portable » dont tout le monde raffole, à la fois outil de surveillance.
2001, 9/11 : comme Hiroshima et Nagasaki en 1945, le gouvernement américain a osé le grand spectacle qui légitime sa terreur mondialisée,
prétexte au surdéveloppement de l'industrie de la surveillance et des armes de guerre
qui pour la première fois dépasse les revenus du divertissement (musique et cinéma).

 

Pièces et Main d'Oeuvre (esprits critiques anonymes) dénonce les contrôles technologiques et le projet d'une société cybernétique globale (automatisée) au dépend des consommateurs désinformés et des esprits libres. http://www.piecesetmaindoeuvre.com

 

2008 Les banques démontrent leur pouvoir de ruiner un pays européen : la Grèce. Le Portugal et l'Italie ont aussi subit l'offensive.
Les traiders les nommaient PIG = cochon.
2011 Soulèvement des pays arabes contre leurs régimes oppressifs laïques, mais remettent leur pouvoir à des régimes oppressifs religieux. [9]
2011 Démonstration des Indignés : jeunesse pacifiste qui dénonce par des rassemblements massifs non éphémères, les abus du libéralisme, cause de la pauvreté dans le monde.
Suivit par une organisation anonyme de hackers, les Anonymous qui bloquent les sites web des oligopoles et des gouvernements qui font démonstration de ces abus.

2012 nous sommes rentrés dans une guerre affirmée du droit d'auteur et du copyright [5] :
la culture pour tous et les artistes trompés contre une société agressive à péage.

2016 les rassemblements "Nuit Debout" dans les centre-villes sont attaqués par la police sous prétexte de terrorisme.
Une démonstration des gouvernants qui craignent une prise de conscience massive de l'escroquerie subie.

 

Tous les Anonymes (-∞+∞) qui oeuvrent en permanence sans se faire remarquer et sans objets mnémoniques à distribuer, mais sachant utiliser leur bon sens (estimé à 30% de la population globale selon Stanley Milgram) que l'on rencontre au hasard ; sachant qu'ils sont toujours là, quelque part, mais pas loin. Sourire :)

... ***

 

 

) actions du centrebombe depuis 2003, 2005, 2008, 2009, 2012, etc. (

We are repeating the same ideas, to forget make us think: we create new ideas: we don't.
Nous répétons les mêmes idées, oublier nous fait croire : nous créons de nouvelles idées : eh non.

 

42 générations à peu prêtent nous séparent du début de notre civilisation occidentale. Que 42.

 

 

** « [...] dès qu'on fait un pas hors de ce qui a été déjà pensé, dès qu'on s'aventure en dehors du reconnaissable et du rassurant, dès qu'il faut inventer de nouveaux concepts pour des terres inconnus, les méthodes et les morales tombent, et penser devient, suivant une formule de Foucault, un "acte périlleux", une violence qu'on exerce d'abord sur soi-même. Les objections qu'on vous fait ou même les questions qu'on vous pose viennent toujours du rivage, et ce sont comme des bouées qu'on vous lance, mais pour vous assommer et vous empêcher d'avancer plutôt que pour vous aider : les objections viennent toujours des médiocres [...] » Gilles Deleuze, Pourparlers, 1990.

*** Le constat amer d'un contrôle qui tend à se généraliser de façon planétaire laisse de moins en moins d'accès à la résistance des artistes tout en ne pouvant pas l'annihiler complètement. L'insignifiance médiatique de l'acte artistique face à l'acte politique et marketing montre le déséquilibre qui fait mentir toute prétention équitable et met en évidence l'invasion d'un système totalitaire, dans lequel tous nous vivons. La question est de savoir, comment a pu se développer à l'insu de tous une hégémonie d'une telle puissance et d'une telle ampleur qui annihile progressivement toutes les libertés ? Processus invisible pour la majorité qui batifole dans le bonheur de l'abondance qui lui suffit ou dans son occupation qui lui suffit. Pourquoi chacun se détourne du bon sens dans un silence complice ? Par peur ? Quel est cet intérêt supérieur et majoritaire qui pousse chacun à tromper constamment son prochain ? Par manque ? Mais peur et manque ne sont que des sentiments fabriqués et entretenus par les médias : pourquoi personne ne désire se rendre à l'évidence de la tromperie ? Par manque, par peur (par manque de peur ?) de ce que nous somme tenus que par nous-même ?

 

 

 

Croire ce qui est nécessaire pour l'autre
est la pire agression que l'humanité puisse s'infliger.
Agir dans la croyance de ce qui est nécessaire pour les autres
est la pire agression que l'humanité puisse s'infliger.
C'est la base de privation volontaire de la liberté de l'autre de décider pour elle-même aux dépens des autres.

Au XXIe siècle, nous vivons toujours dans une société qui interdit, qui ment, qui a honte de sa sexualité et qui en plus est agressive.

Nous pensons arriver à un niveau de savoir où il apparaît clairement que dès notre naissance, notre conditionnement à percevoir, à croire ce que la culture de nos sociétés qu'elles cultivent dans la croyance et la perception ne sont que la projection de fantasmes (images fantômes de l’esprit), la réalisation de croyances qui ne sont pas indispensables, ni nécessaires, même si elle juge fermement le contraire. Des croyances à tendances dominatoires. Ce qui reste réel, mais aussi destructeur est un désir de base (qui s'éveille inconsciemment dès l'enfance) de dominer, de soumettre les autres avec les outils de l'interdit et de l'ordonne (impose avec autorité : sous peine de terreur) : révèle le désir d'évacuer un sentiment de frustration (dès l'enfance) une frustration si profonde et bien entretenue qui rend toute personne infectée dangereuse. La volonté de ne pas s'extraire de cet état montre une volonté de rester dans cet état. De cultiver individuellement sa frustration culturelle. Le moteur qui inflige de la peine à l'autre se transmet par les sentiments de frustration, d'injustice et de souffrance. La zone à franchir est facile grâce à l'interjection des milliards de fois répétée : « si je souffre, l'autre doit souffrir aussi » est l'acte de la vengeance qui est continuellement consommé, car perpétuellement insatisfait. En effet, ce n'est pas dans la douleur sentimentale, ni dans l'humiliation qu'on trouve la plénitude. Malgré ça, cette croyance occidentale perpétue la violence depuis plus de 2500 ans.

Ceci aussi, cette tentative de comprendre est une croyance, car la connaissance ne peut que divulguer la croyance : une interprétation d'un recoupement d'informations où plus le nombre d'informations est recoupé (vérifiées) plus l'on croit à sa véridicité. Mais on croit... on ne sait pas, même si le mot certitude existe pour mentir ce fait.

 

 

Ici,
nous travaillons
à ce que les toutes les dominations hégémoniques :
politiques, économiques, administratives, charitables, familiales et amicales
lâchent leurs pouvoirs.
Et que l'hypocrisie ne soit plus la qualité dominante de la « réussite sociale » qui ne signifie rien qu'une gloriole éphémère.

 

 

« Celles et ceux qui désirent prendre le pouvoir
c'est-à-dire interdire aux autres pour se permettre à soi
ne sont pas des personnes de bon sens,
et devraient être suivis par la médecine
pour ne pas nuire aux autres. »

 

 

1. Prière : signalez-nous s.v.p. les artistes que nous avons oublié de nommer ici et qui ont contribué à l'éclaircissement du bon sens dont chacun se détourne dans un « silence complice ». clic à contact

2. Il est à noter que beaucoup d'auteurs se targuent de dénoncer telle ou telle pratique abusive, ne sont en fait que des opportunistes d'une pensée empruntée afin de briller en société (prix, récompenses, etc.) : ils ne sont bien sûr pas nommés ici. Je ne parle pas non plus de ces « artistes » en vogue qui pillent les concepts à moitié compris d'eux-mêmes et qu'ils ne daignent même pas comprendre (« à quoi bon puisque ma situation financière est bonne ») : un emprunt pour se faire accepter d'une société en plein désarroi et dont ils sont eux-mêmes les cultivateurs de ce désarroi.

 

 

Personnalités Hybrides Contradictoires

Jacques Ellul (1912-1994) est un cas particulier, à la fois nationaliste bourgeois (de Bordeaux) et intelligence indépendante qui ne demande qu'à s'épanouir, il énonce les contradictions de notre société et démystifie ses croyances tout en s'accommodant de ces contradictions : de l'esprit et de son idéologie. C'est un homme à la pensée brillante et lucide, mais un homme suffisant au goût étriqué et cucul qui fausse son analyse rebelle : une curiosité.*

* Exemple de l'harmonie harmonieuse ou la pensée contradictoire d'Ellul. Dans son livre « Ce que je crois » (What I believe) au chapitre 5, l'harmonie serait pour Ellul le moment unique où, le sentiment de manque, de vide n'existe plus « qu'il n'y a rien à rajouter » ou « l'harmonie d'un couple quand l'un est tout pour l'autre », mais « cette harmonie n'est pas l'instant fugitif d'une exaltation sentimentale ». Pour Ellul, il n'y a pas d'harmonie dans la peinture et la musique moderne et même ces pratiques n'ont rien à voir avec l'art ! Elles sont « basées sur le refus d'une harmonie, le désaccord, la fracture, le désordre, l'incohérence ». Ellul préfère le ballet et la danse classique (je ne sais pas pourquoi, je pense à Tchaïkowsky !) « où chaque pose est symbolique et se rapproche de la perfection sans collisions », Ellul féru de symbolisme ? « Les artistes d'aujourd'hui ne savent plus ce qu'est l'harmonie ». Et : « l'équilibre est inacomplissable » et : « il n'y a plus toutes sortes de possibles ouverts pour nous ». Ellul avait une vision réduite de l'art, de la musique et de la peinture. Je ne sais pas ce qu'il a entendu et vu, mais il a dû apercevoir des oeuvres terribles pour son propre sentiment d'équilibre accompli ! La plénitude sonore est aussi une illusion qui passe par le stéréotype de ce que nous voulons ressentir. La plénitude sonore passe obligatoirement par des platitudes harmoniques stéréotypées dans le domaine du reconnaissable. La plénitude sonore est construite dans le système musical artificiel (le système tonal), c'est-à-dire harmoniquement dévié au contraire de la majorité des sons reconnus de la nature (non produit par l'Homme). J'ai écrit quelque part que le beau, la sensation de beau est un sentiment de plénitude où la sensation de manque et de vide disparaît, c'est-à-dire l'absence totale de peur par son effacement progressif ; exactement : « Nous ressentons le Beau quand notre incertitude sur l'état du monde se réduit : un sentiment de plénitude... [6] ». Je pense que Ellul confond ce sentiment et la sensation d'équilibre qui sont deux notions très différentes. La peur peut bien sûr déséquilibrer un équilibriste, mais pas une oeuvre pensée et conçue pendant une longue période de temps. Même à une « mauvaise partition » nous ne pouvons émettre qu'une critique de goût et rien d'autre. L'oeuvre touche ou ne touche pas, et là ce n'est pas une histoire d'harmonie, mais d'ouverture d'esprit ou comme Ellul le dit plus loin : « L'harmonie dans sa richesse est une réponse à deux désirs humains, le désir de découverte et le désir de créer (...) un moment d'équilibre quand plusieurs forces contraires coïncident exactement et qu'un grand nombre de possibilités se présenteront ». Plus loin Ellul dit que l'harmonie est l'opposé de la fatalité et c'est pour cela que les âges avancés sont les grands ennemis de l'harmonie ! Pour Ellul, la mort n'est qu'une possibilité, une fatalité où l'harmonie est exclue... Les choses et les actes prêts à se réaliser, c'est là pour Ellul que réside l'harmonie. N'est-ce pas plutôt l'excitation de l'inattendu qui tend Ellul vers un équilibre plaisant en face du choix (de l'outil) ? Je ne vois pas bien le rapport avec l'harmonie ? Toutes ces notions dont Ellul attache à l'harmonie ne sont que des résonnances à ce qu'est l'harmonie. L'harmonie est tout d'abord un assemblage, un assemblage de parties différentes destinées au même dessein, autrement dit, « les relations existantes entre les parties d'un tout et qui font que ces parties concourent à un même effet d'ensemble » (Robert). Un système totalitaire où chaque élément perd son individualité pour l'effet d'un tout. Je trouve dangereux ce qui se signifie dans le mot harmonie qui est l'opposé immanquable au mot liberté. Aujourd'hui la Chine « harmonise » à coups de censure pour construire une « société harmonieuse ». Tous les Etats vont s'emparer de ce mot pour imposer leur dictature en « douceur » harmonique. Jacques Ellul confond harmonie et plénitude qu'il devait trouver dificilement dans sa position paradoxale.

Noam Chomsky (1928- ) dénonce les libertés contrariées, l'impérialisme américain, les manipulations de la pensée, l'intoxication et l'autocensure auxquelles se prêtent les médias, leur hypocrisie, le rôle de caution qu'acceptent souvent de jouer des « grands intellectuels » où l'optimisme de l'analyse et de l'engagement militants se confronte à un pessimisme rationnel face à l'avenir de l'espèce humaine tout en profitant du système médiatique néolibéral anarcho-capitaliste pour célébrer sa personne.

 

 

u USUSPATEURS surpateurs

René Girard (1923- ) philosophe ? Propagandiste qui s'évertue à prouver que les victimes de la persécution sont les dominants au pouvoir. Défend cette croyance dans tous ses ouvrages qui avantage son niveau de vie.

Jacques Rancière (1940- ) philosophe ? croit (ou fait croire) que la politique est un partage social alors que c'est « l'art » de gouverner les autres (de faire obéir les autres à ses désirs). Compromets sa pensée dans la « politique culturelle » intensifiée par Mitterrand à partir de 1981 jusqu'aujourd'hui (censure des oeuvres libres d'artistes originaux) pour assimiler 2 souverainetés opposées : les oeuvres originales des artistes libres et la répression politique de domination où l'une développe l'intelligence et l'autre régresse l'intelligence pour pouvoir gouverner la crédulité des croyants ignorants ainsi éduqué (le politique agit aussi dans le domaine de l'éducation). La guerre politique contre les artistes a débuté systématiquement à partir des années 70 du XXe siècle : aujourd'hui au XXIe siècle, il n'existe plus aucune oeuvre originale accessible par le grand public. Les lieux culturels ainsi nommés sont les lieux de censure. Programmateurs et commissaires censurent la liberté créatrice et l'originalité nécessaire à l'épanouissement de l'intelligence et de sa sensibilité des oeuvres et du public qui est tant redouté par les politiciens. Car dans le cas d'une intelligence développée, tout gouvernement devient obsolète.

Jacques Attali (1943- ) philosophe ? commence bien avec son livre Bruits (1977) le balbutiement d'une pensée vibratoire, mais son ambition le pousse à agir en politique (en devin présidenciel) jusqu'à se ridiculiser de propos corrompus par le pouvoir (tout comme Pierre Boulez) mais le ridicule de ses paroles n'empêche pas sa médiatisation par la presse dominante qui a besoin de lui comme des autres pour confirmer le sérieux de l'information qui n'est qu'une digression de la vérité cachée. Contrairement à la parole philosophique, la parole politique ne peut pas être franche (vraie), car le but politique est d'accéder à un pouvoir toujours plus vaste. Et la stratégie réside toujours dans la dissimulation (la philosophie n'a pas besoin des Services Secrets).

Bernard Stiegler (1952- ) philosophe ? Chef d'entreprise de conseil en urbanisme technologique qui terrorise les foules en prédisant des catastrophes imminentes (abondamment publié, interviewé et conférenciant, jusqu'à persuader des militants se disant libertaires) qui convaint la moitié du public. Parle et écrit par citations permanentes d'universitaires inconnus (référents qui font convaincre de sa culture confondue avec savoir), sur le bénéfice du futur technologique des « smart-cities » pour le bonheur des populations prises en charge (sous contrôle). Agissant comme les entreprises géantes avides de pouvoir (qu'il condamne) comme Google ou Microsoft (mais pas Apple ?) pour les + visibles et consoeurs dissimulées (qu'il ne condamne pas et avec lesquelles il travaille, comme Orange qui est une propriété du gouvernement) pour instaurer une dictature du bonheur dans l'obéissance absolue de la douceur technologique (blanc et transparent). La dictature, c'est pratique, ça crée des esclaves qui enrichissent, par le péage et le travail obligatoire, les nantis politiques (acteurs médiatiques inutiles) et ses partenaires financiers (avec l'aide de la police).

Michel Onfray (1959- ) philosophe ? vulgarisateur médiatique et prof médiatisé par la presse dominante, livres en vogue (publiés en poche), issu de la classe populaire, s'installe dans la classe bourgeoise, prône la liberté libertaire au contraire de la liberté libérale (qui vend ses livres) à travers l'hédonisme (à partir du fameux « être au lieu d'avoir » qui n'est pas de lui), dit agir pour la jouissance au contraire du corps souffrant obéissant, désincarné par la machine sociale (l'Etat, le concept de l'Etat monstre "le léviathan" est de Thomas Hobbs), le tout dans un style flamboyant avec beaucoup de phrases qui servent l'abondance de sa publication. S'est donné la tâche de (re)lire les philosophes pour "traquer les fausses croyances" (celle des philosophes ou celles des non lecteurs d'aujourd'hui ?), mais n'est-ce pas une croyance qui fausse la pensée, d'affirmer des propos convaincus, par la conviction de traquer des fausses croyances ? Une philosophie ne se construit pas sur la traque ni la croyance, mais sur le questionnement, elle crée des concepts, suit l'histoire des idées, actions qui n'ont rien à voir avec la croyance traquée. Onfray semble + mener un faux combat politico-médiatique pour divertir les spectateurs (sans avoir de sang sur les mains autant que son ami Bernard Henri Levy qui manipule son image médiatique pour masquer ses manipulations économico-politiques au profit de sa fortune personnelle bien que surabondante et qui aussi se fait passer pour philosophe qui a créé Onfray son contrediseur).

...

 

 

Notes

[1] La croyance est le pire ennemi de l'évolution intelligente de l'humanité : croire et se nourrir de mensonges volontaires avec l'aide de l'évidence. Ce croire intelligent cultive sa bêtise avec le mépris. Mais penser ne peut pas se développer sans croire (l'idée doit s'adhérer pour la penser) : voir 1.7 - croire : le constituant communautaire ? est le paradoxe de la connaissance. Les échappatoires et les solutions restent dans les interstices de l'équilibre.

[2] Le bourgeois pour la jeunesse romantique, la bohème à partir de 1830 est une personne incapable d'apprécier ce qui est désintéressé, gratuit et esthétique : le bourgeois s'oppose à l'artiste et à la jeunesse libre. Le désintérêt de l'artiste romantique ne permet pas de soutenir : ni dictature, ni propagande politique ou commerciale ou attitude publicitaire, à moins qu'ils soit corrompu par la bourgeoisie. C'est le cas des artistes « reconnus » (médiatisés) à partir de la révolution néolibérale de la fin du XXe et début du XXIe siècle.

[3] dans son livre « La Guerre et la Paix » (1861) ce qui est incroyable, c'est la niaiserie des arguments que Proudhon défend, par exemple la guerre différencie l'homme des animaux (ce qui est faux), la guerre est un fait divin (ce qui est faux), il considère la guerre être la plus indispensable des catégories de l'esprit, contre l'ennui, etc. Il semble plutôt qu'il l'ait perdu : l'esprit.

[4] Dans le contexte de Paris bombardé et assiégé par les Allemands agressés par Napoléon III dont le gouvernement avait fui la capitale. Les financements de la Commune ont été pourvus par des prêts octroyés par les Rothschild (textuellement « l'enseigne, le bouclier rouge ») et la Banque de France.

[5] La police fédérale des Etats-Unis (FBI) est intervenue en Nouvelle-Zélande pour l'arrestation d'un Allemand, chef d'entreprise traité comme un criminel : le seuil de l'abus de pouvoir a été franchi.

[6] « tout comme théoriser nous console de l'irrationalité de la nature : par le 'ce qui est incontrôlable' » ou incompréhensible : tout ce qui fout les j'tons aux pétochards et aux trouillasses : l'inconnaissable, ( : les trouducs planqués qui n'agissent que par procuration (entre autres tous les chefaillons nommés par l'Etat et l' « entreprise », dictateurs qui n'agissent eux-mêmes que par procuration), ou la peur est le ciment de la dictature et la vulgarisation ou propagande [1] sont ses briques) : face à la terreur de l'inconnaissable, l'humain se réfugie dans la dictature : sa soumission volontaire à l'aliénation (le fait d'accepter d'être un autre que soi) de l'ignorance.

[7] Je me suis toujours demandé comment était-il possible de transcrire une aussi grande partie des conversations de Socrate ? L'écriture sur papyrus n'était pas fluide à l'époque comme avec le stylo (pointe à bille encrée) sur le papier lissé d'aujourd'hui ou le magnétophone (dictaphone) qui enregistre directement la voix (les voix). A moins que le nom Platon représente un groupe d'individus ? Le personnage désigné sous le nom de Platon s'appelle en réalité Aristoclès (sonorité trop proche d'Aristote pour être en opposition ? et tous deux signifiant « le meilleur » (sic)).

Platon¹ et Aristote² ont été imposés (par l'Eglise, la monarchie, l'impérialisme, la république, etc., des intellectuels) [2] comme les piliers fondateurs de notre façon de notre manière de penser et de se représenter le monde (les choses et les êtres) dans notre civilisation occidentale. Leurs idées perdurent depuis plus de 2500 ans ; la durée de 42 générations par filiation (approximativement : 2500/60ans : notre civilisation occidentale n'a qu'une quarantaine embranchements généalogiques). Le pouvoir de la transmission des idées est aux mains des copistes et non des artistes.

Pour l'un, l'humain est un être « profondément » social (qui ne peut vivre sans l'autre) qui vit dans l'illusion du monde des idées. Base du gouvernement de la politique contemporaine dont « l'art » de la propagande (la foi (la croyance) à propager en tant que nécessité à la Renaissance du XVIe siècle perdant ses fidèles), de la psychanalyse (en tant que nécessité culpabilisante au XXe siècle) et de la publicité sont issues : puisque l'humain vit dans l'illusion, autant lui fabriquer cette illusion et s'en servir (sic).

Pour l'autre, le monde est hiérarchisé (de la terre au ciel) et doit, pour être compris, opérer des classifications. Ce qui nous est donné à percevoir est vrai ; c'est le terreau de l'esprit scientifique et de l'exclusion sociale par son organisation religieuse (Dieu au-dessus de tout, les hommes-(esclaves) en dessous de tout). Une idée suivit par le Christianisme persécuté au IIe et IIIe siècle puis dominant jusqu'à son sommet au XIIIe siècle grâce à la violence de l'Inquisition. La science c'est imposée définitivement comme la nouvelle religion au XIXe siècle, aidée par l'industrialisation du monde (sa mécanisation). Religion occidentale et science sont mues par la même croyance : représenter et dominer (contrôler) le monde par le mythe et les machines "inhumaines".

Platon et Aristote sont, dans les écoles, mis en opposition, mais sont en fait complémentaires ; ils servent l'un et l'autre l'idéologie d'une société politique et scientifique ordonnée par la police (de polis, la cité hiérarchisée en classes à administrer = faire régner l'ordre et la sécurité). Où la politique s'empare de la liberté des humains et la science s'empare de l'imaginaire des humains. Une pensée totalitaire de l'idée de l'ordre contre la liberté tant redoutée.

¹ Platon (env. -428 - env. -347 av. J.-C.) de son vrai nom Aristoclès rapporte les dialogues de Socrate pour créer l'enseignement de la philosophie, dénonce la démocratie en proposant la substance du monde des idées contre le monde des apparences. Il crée la première école de philosophie (l'Académie) pour former des politiciens, sa mise en danger de mort par Denys II à Syracuse montre (ou pas) l'échec de sa pratique. Ses écrits sont récupérés et détournés au profit du christianisme ecclésiastique.

² Aristote (-385 env.-322 av. J.-C.) élève brillant de Platon qui fonde sa propre école (le Lycée) en opposition à Platon pour mettre la philosophie à la portée de tous les citoyens par l'expérience. Le monde selon Aristote est hiérarchisé, cette idée va donner la pratique de la classification. Qui justifie entre autres la classification des humains en maîtres et esclaves. Le Lycée était le premier centre international de recherches scientifiques (l'observation de ce qui est réel en dehors de soi, en opposition à Platon qui est illusion), pour avoir une idée étiquetée du monde perçu. Péripatéticien : partisan de la doctrine d'Aristote et prostitué qui racole dans la rue.

Aristote (de aristos = « le meilleur ») <=> Aristocrate = le pouvoir d'Aristote ? Aristocrate, du grec aristokratia, de aristos « le meilleur » et kratos « force, puissance » (1361). Les noms d'Aristote (le meilleur) et de ses adeptes, les péripatéticiens dénigrés en prostitution (péripatéticiennes = vendre son corps) restent tenaces (sans doute la combinaison d'un mot « compliqué » avec le racolage sexuel public pérenne). Péripatéticiennes du latin peripateticus, d'origine grecque, de peripatein « se promener », à cause de l'habitude qu'avait Aristote d'enseigner en se promenant. Suivi d'une troupe de « fidèles » (élèves) de son Lycée.

Aristo - Crate
« aristos » = le meilleur & « kratos » = pouvoir
figure que Socrate, Aristote et Aristoclès (Platon) ne peuvent être que des surnoms ou dans le cas contraire une opinion surévaluée de soi, ce qui contredit la (fausse ?) modestie de leurs philosophie.

[8] 3 Diogènes à ne pas confondre :
. Diogène de Sinope le Cynique (~413 ou ~494-~327 ou ~323 av. J.-C.) élève d'Antisthène (-440-336) qui lui succède dans l'enseignement à l'Ecole Cynique*.
. Diogène de Babylone le Stoïcien (240-150 av. J.-C.), ambassadeur à Rome.
. Diogène Laërce (IIIe siècle ap. J.-C.), compilateur pas toujours très averti des « sentences des philosophes illustres » en 10 livres.
La vie de Diogène de Sinope le Cynique est une compilation d'anecdotes significatives, fausses et célèbres, rapportées entre autres par Diogène Laërce. Selon Platon, Diogène est un « Socrate en délire » (sic). Il est connu sous le sobriquet de Chien (Aristote, Rhétorique, 1411 a 24).

[9] L'erreur répétée après les révolutions est de rechercher un élu qui gouverne les révolutionnaires : ce qui est contradictoire. L'élection replonge la société dans le modèle de la domination dont la révolution a essayé de se défaire. En 2013, les Egyptiens renversent (avec l'aide de l'armée) le pouvoir qu'ils avaient mis en place...

[10] Alchimie : de l'arabe al-kîmiyâ emprunté au grec chumeia ou chêmeia : « art de fondre et d'allier les matériaux ». L'alchimie (comme l'algèbre) est une pratique qui a été ésotérisé pour attirer les croyants (faux mystiques) à la magie (le miracle : effet sans cause). Paracelse utilise lal chimie pour créer des remèdes et non faire le magicien aux relents déïques pour épater les ignorants.

[11] |ARS †| American Rock Star

Star américaine
Idole (icône) de l'Amérique

Dans la religion du « standing » (luxe quotidien normalisé par l' : « eau chaude courante », « énergie électrique permanente », « art ménager » (pour se libérer (sic) des tâches ménagères données aux robots : lave linge, lave-vaisselle, etc.), vaste « villa » claire, « automobile », avion (plus supersonique), etc.) être debout (stand) de réputation obligatoirement positive (ou le modèle américain à vie pour (presque) tous)

|l'ARS †| l'American Rock Star†.
L'ARS est un phénomène apparu après la Seconde Guerre mondiale. La paix après la guerre, les Américains « libérateurs » ~ (stratégie de fausse libération pour imposer sa domination), l'Amérique terre promise du « standing » (le confort à l'américaine), les populations du monde (celles qui se concernent) n'ont d'yeux (Dieu ?) que pour elle, société de tous lesp-ossibles : excite (échauffe) les esprits avec le « rock and roll » (le blues -le cafard- accéléré, rapide qui fait transpirer dans la danse-transe) dont la première + vaste idole des jeunes (d'alors) est : ... (le nom importe peu). La culture de l'idole du rock est étalée (invasion de la crème) grâce à l'industrie de la radio (publicité), du disque (45 tours puis 33 tours puis CD puis mp3 puis on verra), de la distribution massive planétaire -c'est surtout ça-, du battage publicitaire massif -c'est surtout ça- et est retrouvée aussi dans la musique expérimentale (eh oui, dont les artistes américains supra font partie et entretiennent ce comportement d'idole (religieuse)) américaine (pour se convaincre que « je suis plus important que toi »). Aucun équivalent européen -à part les Britanniques qui ne veulent pas être reconnus comme Européens (ce sont des insulaires comme les Corses) qui en Europe sont les seuls à avoir produit (ça semble aujourd'hui fini) des idoles du rock-, il n'existe pas en Europe le désir de la part des artistes de talent de devenir une idole (par contre les mauvais artistes courent après et c'est leur motivation principale). C'est une culture proprement anglophone de créer l'idolation avec la musique et principalement pour la jeunesse dont l'idole est la figure-cible qui concentre tous les fantasmes (sexuels, de liberté, d'être rebelle aux règles des vieux (qui est seulement une attitude -une pose- et non un désir réel de changer quoi que ce soit)) de « tout est possible » au commencement de la vie d'adulte. On se rappelle du cri hystérique des jeunes filles en foule. L'attitude rock (et aujourd'hui rap, hip-hop) représente la liberté dont l'acte principal est la désobéissance (jusqu'à l'irrespect des Punks de tout détruire, les valeurs de nos sociétés policés : punitives à péages : tout casser dans les hôtels ou « le droit de l'agression pour sa protection » des rappeurs) qui profitent tous du système qu'ils rejettent : profiter de l'abondance du prestige du capital-isme.

C'est vrai, qu'il est difficile d'identifier les artistes inconnaissables européens, identification qui permettrait leur reconnaissance de ce qu'ils apportent (aliment) à (l'histoire de) la musique. Aucun auditeur (presqu'aucun) ni les musiciens pris dans leur monde, ni les journalistes concernés, ni les programmateurs ne sont capables de reconnaître l'apport réel du, le travail d'un musicien, mais uniquement sont effet : la réactivité publique qui paye pour l'accès : « combien j'ai vendu de billets » proprement mercantile : « l'indice d'écoute » (le degré d'obéissance convaincue du jeune consommateur naïf).

 

 

Notes des Notes


[1] La vulgarisation ou propagande est vériciter le mensonge, reconformer le réel, et plus familièrement transformer la vérité : par diffusion ou propagé dans les pensées éduquées (le public) : et l'assentimentiation de cela. Les idées d'un autre que soi répandues dans une masse de sois approuvant sans savoir. Mais personne ne peut prétendre à connaître le réel, tout le cela qui est hors de soi. Hors de notre espèce perçue, de notre organisme humanité formé de tous ses individus.

[2] Un très grand nombre d'oeuvres écrites ont été perdues ou détruites (volontairement et involontairement). Seules restent les oeuvres considérées comme nécessaires, majeures (sic) utiles au développement social de l'idéologie dominante choisie. Ce qui rejette les autres, les oeuvres des esprits libres pourchassées et brûlées qui se manifestent dans l'absence. De tout temps, dans notre histoire, notre civilisation occidentale de 42 générations, il y a eu des esprits libres qui n'ont jamais supporté l'enfermement et le bâillonnement, jusqu'au prix de leur vie. Leurs existences ne sont confirmées que par leurs détracteurs.

 

 

pour l'alimenter

re tour à la table : des matières