EXEMPLES MEDIOCRATIQUES
journal critique
février 2010
2.
Le Service Public ou la disparition progressive de l'entraide ?Les services publics principaux privés et privatisés en France :
01. l'eau : gratuite : sa gestion rachetée aux communes par la Générale des Eaux devenue Véolia et la Lyonnaise des Eaux : entreprises privées.
02. la santé : la Sécurité Sociale est un service public géré par une entreprise privée la CPAM en instance d'absorption par les assureurs privés.
03. les ordures : sa gestion rachetée aux communes par la Générale des Eaux devenue Véolia : entreprise privée.
04. l'énergie électrique : EDF (Électricité de France) privatisée : parts vendues aux petits porteurs (sauf les centrales nucléaires).
05. l'énergie gaz : GDF (Gaz de France) privatisé : parts vendues aux petits porteurs.
06. énergie pétrole : Total, Elf compagnies françaises d'économie mixte : mi-public mi-privé [1].
07. communication : PTT (Postes, Télégraphes, Téléphones) devenues La Poste : privatisée (c'est adjointe être un service bancaire).
08. communication : PTT (Postes, Télégraphes, Téléphones) devenues France Telecom devenu Orange : privatisé.
09. transport terrestre : SNCF (Société Nationale des Chemins de fer Français) : privatisée.
10. transport souterrain : RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens) semi-privatisée.
11. transport aérien : national Air Inter : absorbé, international Air France : privatisé.
12. média : télévision : première chaîne devenue TF1 : privatisé, vendu à une seule entreprise : Bouygues.Services publics principaux non encore privatisés et en instance de privatisation :
01. Service de santé : les hôpitaux, la Sécurité Sociale est un service public géré par une entreprise privée la CPAM en instance d'absorption par les assureurs privés.
02. Services sociaux : la Caisse d'Allocation Familiale (charité nationale aux familles et personnes démunies en dessous du seuil de pauvreté).
03. Service d'enseignement : l'école et les universités : débordées par les frais de fonctionnements et pénétrées par les compagnies privées (éditions, assurances, publicité, alimentation, etc.). Aucune indépendance des écoles : l'académie (circonscription de l'enseignement créée en 1808) veille avec son programme et ses inspecteurs. Indépendance difficile des universités dues au financement de l'État assimilé au pouvoir du gouvernement qui ordonne l'obéissance.
04. Service de financement public : les ministères (du latin ministerium « fonction de serviteur »), mais les ministères ne demeurent une source de privilèges que pour certains élus.
05. Services de secours : les sapeurs-pompiers (fonctionnaires au statut particulier sous l'autorité du préfet ou du maire). Les unités militaires de la sécurité civile qui dépendent de l'armée. Le SAMU (Service d’Aide Médicale Urgente) attaché aux services des urgences des hôpitaux.
06. Services de savoir : les bibliothèques et médiathèques publiques.
07. Service d'information radio : ORTF devenu Radio France (France Inter, Musique, Culture, etc.) un service de divertissement au poids public du marché par l'indice d'écoute.
08. Service d'information télévision : Antenne 2, FR3, TV5, la Cinq, Arte : fonds publics (redevance TV) et privés (publicité) sont devenues des services de divertissements soumis comme les chaînes privées à l'audimat : la vente du temps d'antenne au maximum de spectateurs.Si aujourd'hui, il peut encore exister un « Service Public », c'est uniquement grâce aux désobéissances de ses fonctionnaires. Les lois de l'Administration ne sont pas pour que le public se serve, mais pour que le public la serve. C'est le public qui alimente l'Administration. Sans public il n'y aurait pas d'Administration possible. Le « Service Public » est un système de partage qui est maintenu par les fonctionnaires rebelles qui désobéissent aux procédures mécanisées des lois de l'Administration et s'intéressent au cas par cas du citoyen public en difficulté dans la communauté et s'interposent face aux abus de l'autorité. Être attentif au cas particulier (il n'existe que des cas particuliers) par un fonctionnaire demande un supplément de travail. Ce supplément de travail qu'il soit ou non accompli n'est pas rémunéré. Pour que le Service Public existe, il faut que le fonctionnaire soit motivé à réaliser un travail supplémentaire non rémunéré. La procédure mécanisée administrative reporte et classe le problème, mais ne le résout pas. Il n'y a que l'intervention humaine avec la volonté de comprendre qui puisse résoudre un problème : un cas particulier. C'est pourquoi un service public privatisé ne peut plus être le Service Public puisque la société privée doit rendre des bénéfices à ses investisseurs (généralement des vieux : des petits porteurs qui achètent des parts pour une retraite paisible) : les salariés du service privatisé ne peuvent et ne veulent plus donner de leur temps de travail, non payé pour résoudre un problème particulier. Leur temps est mal payé et ils ne peuvent et ne veulent pas le perdre. Le contact entre le fonctionnaire et le public est rompu. Et les fonctionnaires deviennent remplaçables par des machines grâce au particulier effacé. La présence humaine disparaît petit à petit du service public privatisé pour laisser place à un paysage urbain mécanisé. La suppression des postes salariés est la conséquence logique d'une entreprise qui produit des bénéfices à ses investisseurs : le travail automatique est préféré au travail humain. La transformation du salariat en machine (automation) réduit le contrôle du travail à un problème technique. Les « problèmes sociaux » eux, sont retirés des cahiers des charges de l'entreprise mécanisée. Mais pourquoi privatiser ou dénationaliser un service public ? Privatiser c'est vendre une entreprise publique sans l'accord public et encaisser le bénéfice de cette vente. C'est un gain financier éphémère et une déresponsabilisation du gouvernement dans la gestion du Service Public : du travail en moins pour ceux qui gouvernent. Privatiser, c'est annihiler l'esprit de service pour celui de bénéfice, c'est l'entreprise égoïste d'une propriété privée contre la solidarité du service pour tous, du soutient mutuel, du secours.
La police n'est pas un service public, mais un service du gouvernement : les garants de l'autorité par la force physique armée contre les débordements et les désobéissances publics. C'est un service de répression du pouvoir plus que de protection des citoyens. L'armée pareille n'est pas un service public, mais un service du gouvernement : les garants de l'autorité nationale contre les ennemis de la nation. Dans ce sens, l'armée perd son sens, car aujourd'hui pour qu'il y est ennemi, il faut le fabriquer : à coups de ventes d'armes. L'ennemi s'achète tout comme la paix (de ce que vend la guerre, de ce que la guerre fait vendre).
Le financement public des arts, comme beaucoup d'artistes ne l'ont pas cru, n'a jamais existé. L'État n'utilise pas l'argent public pour financer le travail des artistes, mais pour financer un idéal politique du loisir, autrement dit, du divertissement soutenant la propagande idéologique du gouvernement. Une diversion de la vérité. Le ministère de la Culture a été créé pour cela. Une mise en scène spectaculaire de l'idéologie gouvernementale du mensonge : ce ministère aurait pu se nommer ministère du Spectacle (« le monopole de l'apparence » nous dit Guy Debord). Le ministère de la Culture n'est pas un Service Public, mais comme pour la police (ministère de l'Intérieur) un service du gouvernement.
Pour rétablir un Service Public, il faut des fonctionnaires rebelles à l'égoïsme, à l'automation et à l'absurdité de l'autorité avec une idéologie de servir et non de profit. De servir le public et non de profiter du public. Pour rétablir un Service Public, il faut abolir la hiérarchie (qui surveille et punit) pour des concertations et des ententes. Il faut abolir le « plan de carrière » au profit de la passion pour son métier. Pour rétablir un Service Public, il faut partager les richesses en abolissant les privilèges des gouvernants. Puis abolir les gouvernants eux-mêmes et établir la souveraineté du citoyen. Mais dans de « mauvaises mains » le Service public est une arme redoutable de répression. Il se conforme à l'usage idéologique du gouvernement qui penche vers l'égoïsme (propriété) ou la générosité (partage). Dans les deux cas le Service Public ne peut être rendu qu'au public.
1.
Je suis étonné de constater que le philosophe Jacques Rancière s'attarde à des thèmes pas vraiment utiles ou qui n'alimentent pas la situation actuelle de crise, de médiocratie, ou de politique culturelle autoritaire. « Le partage du sensible, esthétique et politique » (2000) est un exemple de sujet dont toute personne raisonnable se contrefout : surtout par ceux agissants dans le domaine de l'art et de la politique. Soit c'est un texte mensonger : la politique ne partage pas et surtout pas avec l'art (les artistes pour les politiques sont des individualistes mêmes des criminels), soit c'est un texte condescendant qui écrit pour ne rien dire (abusant de sa notoriété) qui caresse dans le sens du poil, l'approbation et l'expression du philosophe dans la politique culturelle médiocratique : pour recevoir sa subvention et son « temps d'antenne ». Dans les deux cas, le philosophe soutient la déchéance des arts de la politique autoritaire de l'Etat. Et j'en suis profondément désolé, surtout après avoir lu son ouvrage « le Maître ignorant » (1987). Jacques Rancière serait-il devenu le philosophe contemporain de l'insignifiance, celle en plus de l'expliquer : la justification de la perte du sens par des textes illisibles dont se détache l'intérêt et la curiosité. « La métamorphose des Muses » (sonic process 2002) va dans le même sens : une commande que personne ne lira jusqu'au bout et qui n'alimente rien, juste « le monopole de l'apparence » que dénonçait Guy Debord sur le spectacle social de la consommation. Les textes de l'art sont infectés par l'insignifiance, sans doute pour une nouvelle expression : l'art de l'insignifiance. Et dont le philosophe Jacques Rancière se fait malgré lui le chef de file ?
Notes
[1] Il existe une tradition spécifiquement française d'économie mixte, mi-publique, mi-privée, où le dialogue entre les représentants des intérêts économiques et sociaux et l'État était permanent. « En avril 1991, date à laquelle un décret du gouvernement de Michel Rocard autorise les entreprises publiques à ouvrir leur capital à hauteur de 49,9 % à des actionnaires privés. Trois opérations vont alors s'enchaîner en quelques mois, touchant le Crédit local de France en décembre 1991 (20 % du capital), Elf Aquitaine en mars 1992 (2,3 % du capital) et Total en juin 1992, entreprise dans laquelle la part directe de l'État passe de 33,9 à 15 %, rapportant 9 milliards de francs au Trésor public. » Philippe Denoix. « Le programme de 1993 avait prévu le passage au secteur privé de vingt-sept Services publics. Sur ce total, treize sociétés purent être privatisées. Parmi les plus importantes figuraient Saint-Gobain, la Compagnie générale d'électricité (future Alcatel-Alsthom), la Société générale, Paribas, Suez, le Crédit commercial de France, Havas et Matra, auxquels devait s'ajouter T.F.1. Les actions de ces sociétés furent vendues en Bourse par une série d'offres publiques de vente, dont le produit encaissé par l'État atteignit 73 milliards de francs. » P.D. L'État a encaissé, sur cinq ans (de 1993 à 1998), environ 300 milliards de francs (50 milliards d'euros) en recettes des privatisations, selon l'estimation du gouvernement, donc certainement plus.
janvier 2010
3.
Je reçois ce mois de janvier une missive de la Sécurité Sociale me demandant de prouver ma « résidence stable et effective en France » en « attestant du caractère permanent de la résidence ou du séjour d'une durée supérieure à six mois » sous peine de perdre mes droits. Voici un ordre qui va expulser tous les pauvres sans domicile des droits à la santé en France. Cette missive anonyme de la Sécurité Sociale est comme une « assignation à résidence » des citoyens français ordonné par l'Etat et contrôlé par la Sécurité Sociale. Chacun sait que pour retrouver n'importe qui, l'administration la plus compétente est la Sécurité Sociale (les huissiers le savent bien). C'est elle qui détient toutes les informations attribuées à chaque Français à sa naissance ou à sa naturalisation : le numéro de Sécurité Sociale est là pour le prouver. C'est elle aussi qui voit que chaque Français ou étranger travaille ou ne travaille pas, où il réside ou ne réside pas. La Sécurité Sociale est l'oeil de l'Etat sur chacun des Français. Mais pour une sécurité sociale : l'exclusion se dévoile et ses premières victimes sont ceux désignés comme « vagabonds ». Et ensuite, ceux désignés comme qui ? La demande de preuve de « résidence stable et effective en France » par « la présentation de son avis d'imposition » prouve que le gouvernement par des voies détournées a endettés ses citoyens et qu'il veut plus d'argent et faire un coup double : renforcer l'exclusion (se débarrasser des populations françaises insolvables, mais où et comment ?) et coincer les pauvres qui « oublient » de payer les impôts. Voici des abus médiocratiques du pouvoir contre les citoyens, et chacun sait que l'exclusion n'est qu'un leurre pour légitimer un gouvernement.
2.
Prévention pour cultiver la peur, mais pourquoi ?
Chaque mois avec mon relevé de compte, ma banque, ma compagnie de téléphone, mon assurance, etc., m'envoient un dépliant d'information sur des sujets estimés d'intérêt pour la communauté, je suppose. Ce mois-ci, je reçois l'information « Surfez en toute sécurité sur Internet » et « sécurité renforcée sur www.mabanque.fr » dont voici les recommandations émises par la compagnie privée, mais rapportées des recommandations du gouvernement français dont l'adresse est indiquée à la fin :« RAPPEL : quelques règles simples et efficaces
1) Modifiez régulièrement votre code confidentiel et les signatures protégeant vos accès à vos opérations (ordres de virement et de placement).
2) Protégez votre ordinateur avec un antivirus à jour, un pare-feu et des mises à jour régulières de votre système d'exploitation.
3) A chaque connexion sur www.mabanque.fr, consultez les messages envoyés pour chaque ajout ou modification d'un bénéficiaire de virement.
4) Vérifiez à quel site vous avez affaire. Saisissez vous-même directement l'adresse d'un site grâce à votre navigateur web ou cliquez sur des liens sûrs mis en favoris. Ainsi, ne vous connectez jamais à www.mabanque.fr à partir d'un lien reçu par courrier électronique.
5) Retrouvez les bons réflexes à acquérir sur le web en consultant www.surfez-intelligent.gouv.fr »(avec la photo d'une femme heureuse habillée de blanc propre qui sourit de toutes ses dents blanches, assise pieds nus par terre devant et pas sur son canapé (il fait chaud : elle n'est pas pauvre), avec son ordinateur portable sans fil à ses pieds (en dévotion) dans le ton de l'ameublement et ouvert (l'objet de consommation jetable qu'elle fait fonctionner avec le sourire) sachant que les machines ne fonctionnent jamais comme il faut et que ça agace plus que ça ne remplit de joie.)
La première réflexion qui vient à l'esprit est : mais protéger quoi et se protéger de quoi ? S'il faut se protéger, c'est qu'il existe une hostilité : quelqu'un qui veut me nuire personnellement. Mais ai-je des ennemis identifiables qui aient le pouvoir de manipuler ma connexion Internet ? A part les services de surveillance attachés au gouvernement, je ne vois personne d'autre qui a le pouvoir de s'introduire dans mon ordinateur volontairement pour me nuire personnellement.
En fait, ce type de message est : un générateur d'occupations de l'esprit, une stratégie d'accaparer votre esprit : « régulièrement modifiez votre code confidentiel », « vérifiez à quel site vous avez affaire », et une incertitude quant au bon fonctionnement du programme sur le réseau du producteur qui se cache derrière l'hostilité d'ennemis inconnus. Et surtout : de la publicité masquée en prévention.
La période de la diffusion des virus informatiques par de jeunes programmeurs PC pour tester leurs aptitudes est révolue. Il n'y a plus de virus informatiques dans les machines ni dans le réseau. Par contre, il existe une grande quantité de « malwares » : des petits programmes malveillants qui s'introduisent dans votre système pour vous obliger à acheter les produits des mêmes émetteurs de « malwares ». Généralement les programmes détruits. Si c'est le cas, c'est que vous avez surfé les sites commerciaux agressifs.
J'ai testé les cinq programmes antivirus les plus utilisés sous Windows en faisant « scanner » les disques durs de mon ordinateur par ces cinq antivirus à la suite. Le résultat est qu'aucune détection de virus ne se recoupe : chaque antivirus a « trouvé » ses propres virus dans différentes applications. Un antivirus aujourd'hui ne sert plus à rien qu'à ralentir son ordinateur. Un part-feu bien conçu par contre permet de voir ce qui rentre et ce qui sort de son ordinateur connecté sur Internet. Il existe des parts-feu « freewares » gratuits qui font bien le travail. A l'usage c'est un peu agaçant, car une fenêtre de commande apparait à chaque intrusion.
Mais que font ces « malwares » ? Peuvent-ils détruire mon ordinateur ? Non. Peuvent-ils détruire le système d'exploitation ? Non. Peuvent-ils me voler ou détruire mes fichiers sur mon disque dur ? Non. Alors, de quoi parle-t-on ? De perte de temps, de désagréments avec les applications et le système d'exploitation Windows "infectés", cibles de ces « malwares » : dans ce cas ils faut les jeter parfois formater le disque puis les réinstaller. Les systèmes d'exploitation Macintosh et Linux semblent être dispensés de ces désagréments. Ce qui est vrai pour Linux est faux pour Mac où son System X est la propriété à 60% et est conçu à l'image de Microsoft, mais les désagréments ne se voient pas contrairement à un système comme XP. Le seul système d'exploitation indépendant et gratuit est Linux : c'est vrai que ce système d'exploitation n'a aucun intérêt d'être attaqué par des « malwares » puisque tout est gratuit et tout est visible. Si Linux n'est pas utilisé pour surfer Internet, c'est que l'utilisateur ne veut rien connaître au réseau informatique.
Quant aux paiements sur Internet, c'est une autorisation de mouvement et en aucun cas un paiement pour un produit. Le paiement se fait plus tard entre sa banque et l'organisme payé. L'argent ne circule pas sur Internet seulement les chiffres et une erreur de chiffre est toujours possible, mais pas de paiement. Quand on n’a rien à cacher, pas besoin de programmes sécurisés. Ça fait 13 ans que j'ai le même mot de passe à cinq chiffres.
Donc à quoi sert cette prévention inutile ? Si les risques n'existent pas ? De la publicité masquée en bienveillance malveillante. Cette prévention sert à maintenir la clientèle dans le sentiment d'insécurité pour qu'elle achète et occupe son esprit en continuité à ce qui n'est pas de soi. Le temps d'occupation d'esprit se vend et s'achète. « Des ennemis inexistants qui en veulent à votre vie » est le classique pour tenir les populations dans la terreur, prête à obéir et à payer (se soulager). Le sentiment d'insécurité sert à construire les dictatures autoritaires politiques ou commerciales masquées d'un sourire de bonheur pour exploiter les populations prêtent à se soumettre naturellement. C'est l'entretient de la médiocratie. Mais ça, nous le savons tous déjà. [1]1.
Le procès des « curators » ou les nouveaux commissaires d'expositions
Curateur, trice : Personne qui est désignée par le juge des tutelles pour assister une personne majeure incapable (le Robert) et en anglais un pasteur ou le gardien d'un mineur (Oxford English Dictionary). Donc les « curators » d'aujourd'hui (les nouveaux commissaires d'expositions) sont les assistants des artistes incapables ? Ils sont devenus actifs, mais ne sont plus les gardiens de musée ou de collection (Oxford English Dictionary). Il me semblait bien qu'il y avait un problème, visitant les expositions d'art contemporain aujourd'hui. Il existe certainement aussi parmi ces « curators » le désir de ne pas guérir (« curator » vient de « to cure » guérir en anglais) en exposant plus leur ego que des oeuvres d'art qui communiquent du sens. Ce sont eux qui font les pages de presse pas les artistes. Le curator d'aujourd'hui fait de l'egoration [2] pour le prestige national (des nations qui financent) en « oubliant trop souvent » de rémunérer les artistes incapables qu'ils ont choisis volontairement. La nationalisation de l'art a permis de rendre l'artiste anonyme et insignifiant, devenu un élément décoratif pour le prestige national de l'exposition. La guerre des nations passe aussi par la confrontation d'expositions d'art contemporain, mais en fait décontemporanéisé même désubstancialisé : qui ne veut rien dire que de banaliser des notions à peine comprises dans une pratique plastique industrielle automatisée. Des artistes majeurs incapables qui ont besoin de curateurs pour s'exposer soutiennent et renforcent la médiocrité de ces expositions. Mais personne ne veut se retirer depuis 30 ans. Sans honte, la médiocrité de ces expositions est « valorisée » [3] à coups de grands tapages médiatiques exposant la médiocratie des nations autoritaires et totalitaires. Au nom des nations, l'art des artistes capables est dissimulé.Comment les « curators » ont-ils usurpé le pouvoir ?
Grâce aux artistes majeurs incapables qui sont beaucoup plus nombreux que les capables. A cause des expositions « thématiques » qui ont volés le sujet des artistes : leurs démarches artistiques. Les artistes capables se sont planqués, ils ont eux peur de la masse incapable. Sans forte personnalité, ces artistes incapables ont délégué le pouvoir de l'artiste au commissaire d'exposition. Le commissaire d'exposition s'est approprié le rôle, de mettre en scène l'insignifiance, mais de façon spectaculaire. Société de spectacle (dénoncé par Guy Debord) oblige. Il n'y a que le spectaculaire qui puisse « sauver » l'apparence, de masquer une volonté de destruction des arts, de masquer les médiocrités, en imposant des thèmes à respecter, mais uniquement pour les ignorants. Les visiteurs sont tenus dans l'ignorance et impressionnés par des textes de présentation qu'ils ne comprennent pas. En effet, l'insignifiance est incompréhensible.
Notes
[1] voir Internet, quel est ton intérêt ?
[2] egoration : mise en scène spectaculaire ou décorative de soi pour être adoré par les autres, motivé par sa frustration. Une adoration décorative.
[3] je pense aux « belles photos » sur papier glacé des magazines d'art. Chacun sait que la photo n'est pas l'oeuvre, mais qu'une mise en scène de celle-ci dans l'esthétique du magazine. L'esthétique du magazine vole l'esthétique de l'oeuvre pour mettre celle-ci au niveau d'une illustration décorative.
décembre 2009
1.
Les arts plastiques. Biennale de Lyon 2009. Niveau général très bas. Comme celui d'étudiants copiant approximativement les intentions des artistes du passé aux fortes personnalités dont eux-mêmes sont dépourvus. Ce qui est montré génère un désintérêt pour cause d'usage généralisé de la banalité. Une décoration de la banalité. C'est une affirmation du désoeuvrement des objets d'art. L'installation publique de son égo standardisé a remplacé l'exposition de l'oeuvre, d'une intention de compréhension de l'existence. Tiens, on constate aussi, l'entrée des pays du tiers monde (artistes des pays « pauvres ») dans la ronde médiocratique de l'art contemporain occidental d'aujourd'hui. Comment ces cultures non occidentales peuvent-elles accepter d'intégrer la médiocratie occidentale ? L'art contemporain officialisé n'a rien à dire, que de celui d'obéir aux critères de sélection de la médiocrité. Nous sommes affligés devant ces « artistes » courbant le dos à l'autorité politique et économique qui n'ont rien à dire que se montrer eux-mêmes banalisés. Les politiques culturelles se sont emparées des arts pour les détruire. La Biennale de Lyon est l'un des témoins de cette destruction volontaire de l'art.2.
La friche de Lyon est un lieu dévasté destiné aux artistes [1]. Avec l'artiste Nataly Nato nous nous sommes retrouvés enfermés dans l'allée centrale de la friche. Pas moyen de retourner dans les bureaux dont l'accès est fermé à clef et pas moyen de sortir, la grande grille étant fermée à clef aussi. Clefs que nous n'avions pas. Après un certain temps d'attente, un jeune homme à vélo nous proposa de nous ouvrir. En le remerciant, je lui posais la question : pourquoi et en quoi est-ce nécessaire de fermer ce lieu dévasté de la friche, n'est-ce pas contradictoire ? (Des espaces privés peut-être, mais toute la friche ?). Le jeune homme justifia la fermeture de la friche et sa propriété (certains ont les clefs d'autres pas) par le fait que « des jeunes » tagueurs [2] venaient taguer les murs de la friche en y laissant leurs bombes de peinture et leurs cannettes de bière trainer. Ca fait sale et les « résidents » de la friche ont décidé de fermer la friche entièrement. D'autant plus que de temps en temps des « officiels » viennent visiter la Friche de Lyon. Ils ne pouvaient pas ramasser à chaque fois les « ordures » des tagueurs. Ils ont donc fermé la Friche de Lyon, un bâtiment malsain pour la santé qui sert de dépotoir aux « artistes résidents propriétaires ». J'ai eu envie de lui demander à ce jeune homme s'il votait Front national et allait à l'Eglise le dimanche ; à voir son état d'esprit réactionnaire dans un si jeune âge, a de quoi choquer dans ce lieu marginalisé. Il ne se rend pas compte qu'il applique la politique d'exclusion de ses maîtres qui lui permettent de vivre dans les poubelles. Voici encore un pilier, un complice « innocent » de notre société autoritaire qui agit contre les autres et non pas avec les autres.3.
Nous avons été désagréablement surpris du virement de la réalisatrice-comédienne Marina de Van. Dans son premier film très prometteur : « Dans ma peau » 2002, elle remettait en question la normalisation de nos sociétés de consommation jusque dans l'attitude journalière de chacun sur le modèle qui « réussit » en y introduisant un comportement incompréhensible, hors-norme révélateur d'un état d'esprit social standardisé. Bravo. Dans son film suivant : « Surtout ne te retourne pas » 2009, il semble qu'elle est opté pour une explication psychologique pour justifier les « dérangements » du personnage. L'explication psychologique (nous le savons bien) interdit la remise en cause du (système) fonctionnement social : au contraire, elle l'homologue et l'approuve. L'explication psychologique permet de culpabiliser l'individu par ses actes non conformes et contre la société : c'est une répression sur l'individu indésirable : une exclusion. Une façon de rendre coupable l'individu des maux de la société, alors que c'est le contraire. Marina de Van termine son film avec une fin heureuse où chaque personnage retrouve sa place dans cette société. En fait, elle s'est conformée au modèle dominant du cinéma de propagande qui montre le bonheur dans notre société répressive. Imaginez notre déception : elle est passée d'un film d'auteur indépendant qui réfléchit et choque à un film politiquement correct pour le festival de Cannes. Marina de Van préfère sans doute être une VIP dans la famille du festival de Cannes que d'avoir le courage de son indépendance artistique. Dommage. Mais me dit-on, il semblerait qu'elle n'est pas mesurée la portée et le sens de son premier film... (?)4.
Je tombe en panne de batterie le soir face à une station Total. Le garagiste me propose de recharger la batterie pour la nuit. Nous sommes bloqués pour la nuit à Mende. Le lendemain matin je vais reprendre ma voiture. Le garagiste me dit que mes clés sont à la caisse. Je demande mes clefs à la caisse, mais la caissière me demande 12 € pour la recharge de ma batterie. Il faut savoir qu'aucun garagiste ne fait payer ce service qui ne coûte rien. Surpris, je refuse de payer cet abus. La caissière justifie le paiement du service par des mensonges dont elle parait être convaincue : le prix exorbitant de l'électricité ! De toute façon, c'est impossible de ne pas payer sans blesser personne. Je m'y suis résigné pour récupérer mes clefs de voiture et partir vite de cet endroit. Voici encore un pilier, un complice « innocent » de notre société autoritaire, une personne qui agit contre les autres et non pas avec les autres. Il ne me reste qu'à boycotter la société Total. En dehors de sa forme de « travail de kapo » [3], cette dame comme tous les autres ne sont-ils pas de compagnie agréable ? Le contrat de fidélité à son obéissance salariale rend n'importe qui monstrueux.
Notes
[1] une friche est un bâtiment insalubre, généralement industriel, inutilisable en l'état par l'Etat ou les promoteurs immobiliers et souvent pollué, laissé aux artistes en tant que « faveur politique » dans le cadre de « politique culturelle d'intégration ».
[2] nous constatons que « le “jeune” demeure toujours un ennemi potentiel pour les gouvernants » à cause sans doute de ses soulèvements possibles... La mémoire de mai 68 est encore vivace !
[3] kapo est une contraction de « Kamerad Polizei » c'est-à-dire Camarade Policier, nommé ailleurs « Blocksführer » chef de bloc. Les kapos étaient des prisonniers désignés par les SS pour garder et surveiller chaque baraque des camps de concentration de la Seconde Guerre mondiale. Ils étaient connus pour leur extrême cruauté quotidienne dont aucun ne s'est repenti, mais dont quelques-uns se sont suicidés à la fin de la guerre.
novembre 2009
1.
Fantasmons comme la majorité des protagonistes actifs dans l'humanité occidentale de la communication d'un scénario catastrophe. J'ai appris, dans la région toulousaine l'existence de camps de concentration sans fours et de déportation (principalement vers Mauthausen), peuplés par tous les indésirables du régime pétainiste. Toulouse était pétainiste et de nombreux collabos ont sévi. J'ai appris l'existence du camp de Noe, à quelques kilomètres de Toulouse, qui interna environ 1 demi-million de personnes dont, après la guerre environ 300 000 réfugiés espagnols fuyant la guerre civile et la dictature de Franco, et masqué en service de santé comme « camp-hôpital ». Ce camp resta en état de fonctionnement encore deux années après la fin de la guerre. Ces informations viennent du musée de la déportation et de la résistance de Toulouse.
Imaginons maintenant la réouverture de ces camps, gérés par l'excellente organisation des Caisses d'Allocation Familiales, peuplés par les indésirables créés par et que l'Etat puis le département et l'Europe financent à travers la CAF au taux juste en dessous du minimum vital et, menacé de mort à chaque trimestre par : « si vous ne remplissez pas (...) le versement sera interrompu » (sic). Il y a quelque chose de troublant, à mettre en parallèle des organisations efficaces qui ségrégationnent, qu'elles soient National Socialiste ou étatique comme l'Administration banalisée face à la possibilité et à la réalité du camp. Nous avons superposé deux affichettes, l'une de l'histoire du camp de Noe (par Eric Malo aux éditions Cairn à Pau) et l'autre, une information préventive de la CAF pour déclarer sa pauvreté sur Internet : cela nous donne un système répressif autoritaire contre une classe indésirable : les pauvres. Dont un camp d'extermination serait créé spécialement pour cela.
Ce possible n'est pas un exemple de médiocratie, mais un exemple de banalisation de l'exclusion qui autorise l'extermination du pauvre, « étranger indésirable » généré par notre société. Un élargissement des camps déjà existant comme l'hôpital et la prison énoncés par Michel Foucault [1]. Et créer ainsi des Poubelles à Humains. Le pas à franchir n'est pas si grand, il suffit que les citoyens « normaux » amplifient leur haine contre les citoyens désignés comme « anormaux ». Aussi le camp c'est étalé à toute la Nation, car chacun doit être sous contrôle devenant plus pauvre. Les lois changent pour criminaliser ceux et celles qui avant ces nouvelles lois étaient des citoyens honnêtes. Aujourd'hui comme des prisonniers ou des fugitifs, ils doivent être vigilants. Les zones à pauvres ont toujours été localisées dans le camp national. Les Grands Ensembles d'HLM par exemple sont la version moderne des camps de concentration nazis sans extermination construits et destinés aux indésirables et défavorisés de la société française : les étrangers appauvris « inactifs » au chômage avec leur famille, en attente d'expulsion depuis la crise de 1973 (la crise pétrolière qui a justifié les licenciements massifs et spectaculaires et a définitivement scellé la peur dans les masses populaires). Début de la politique d'exclusion des travailleurs étrangers de Giscard d'Estaing qui se réalise avec la politique anti-terroriste de Nicolas Sarkozy. Ne pas confondre camp de concentration et ghetto. Nous disons bien camp de concentration en dehors de la ville « les banlieues péjoratives posant des problèmes sociaux » rassemblant plusieurs communautés et non ghetto qui est un quartier de la ville où une seule communauté vit séparée du reste de la population. Mais l'Europe, ne s'apprête-t-elle pas à devenir un nouveau camp de concentration avec zones-de-pauvres délocalisées ?
3.
Dans les aéroports en France, le mot « pour votre sécurité » a été remplacé par le mot « pour votre sureté ». La protection est remplacée par la certitude et la certitude ne peut que présager de l'hostilité : de suspicion de culpabilité où chacun est « potentiellement ou en puissance » un criminel terroriste s'il ne prouve pas le contraire. Tout le monde suspect passe par la fouille. La sureté contrairement à la sécurité élargit le champ d'arrestation aux innocents coupables.Maison de sûreté : prison.
Chambre de sûreté : où sont maintenus les individus arrêtés avant leur transfert.
Période, peine de sûreté : ne comportant aucune mesure de sortie ni de suspension de peine.Maison de sécurité : maison de gardiennage.
Chambre de sécurité : coffre fort.
Période de sécurité : accalmie des criminels au pouvoir, période de paix.
Peine de sécurité : isolation en asile psychiatrique.
Notes
[1] Michel Foucault : Surveiller et Punir, 1975
mars 2008
1.
A propos du livre publié dans la collection « Chemins Philosophiques » intitulé « Qu'est-ce que la musique ? » par Eric Dufour aux éditions Vrin.
La lecture de ce petit ouvrage m'a étonné comparée à la renommée de la maison Vrin. En effet, le titre même est en porte à faux avec son contenu et aurait pu être « qu'est-ce que la musique occidentale savante » qui bien même ne répond pas à la question dans le livre. L'auteur ne parle qu'avec des lieux communs qu'il s'approprie et les maquille en concept. Un exemple à la page 10 qui serait la thèse du livre où il dit : « le divers qui apparaît à la sensibilité, c'est-à-dire le donné sensible, ne peut être identifié, déterminé, qu'à travers les concepts dont nous disposons c'est-à-dire notre connaissance. » Du beau mot pour exprimer le lieu commun que : nous ne pouvons percevoir ce que nous ne connaissons pas (ce qui est faux avec l'exemple des enfants), sont des restes risibles qui proviennent d'une intelligence conditionnée. Bref, un livre qui ne sert en rien la connaissance de la musique, mais plutôt la misère de son auteur et une maison d'édition qui s’est faite trompée. La musique n'est pas la partition occidentale qui n'est que le projet pour la réalisation d'une musique et, la question de savoir qu'est-ce qui identifie l’œuvre musicale reste d'un intérêt secondaire en regard de la question posée : « Qu'est-ce que la musique ? ». Question qui appelle à une recompréhension d'une pratique reléguée aujourd'hui à une diversion. Dans son second chapitre sur la musique et le langage, l’auteur aurait dû prendre connaissance des recherches en linguistique à partir de Ferdinand de Saussure. La question de la musique en tant que langage a été résolue : la musique n'a pas de signifié ou un signifié très pauvre uniquement dans un contexte fonctionnel. La musique ne propose pas du sens, mais du sensible à la reconnaissance de variables qui nous font impression(s) ou pas. À l'heure où la musique côtoie les sciences cognitives, le livre d'Eric Dufour est une accumulation de platitudes sans intérêt. J'imagine qu'il ne doit pas y avoir beaucoup de musicien-philosophe à qui cet ouvrage aurait pu être confié aujourd'hui pour que cet auteur s'en empare ? Je constate en effet que nous nous sommes engouffrés dans une ère de médiocratie, où le bon sens et l'intelligence ont été abandonnés au profit d'un contentement limité à l'insignifiance. Je ne pouvais rester muet quant à la pauvreté de cette publication (qui représente une situation globale préoccupante).
juin 2007
1.
Charte des artistes qui ne se vendent pas (pas de prix, pas de prise). Charte contre les vendus.
Nous artistes qui ne se vendent pas exigeons le retrait immédiat de la loi HADOPI (voir page anti-sacem). Nous artistes refusons d'être le prétexte à la répression du public qui profite à un tiers parasite : les politiciens et spéculateurs financiers :1. Nous artistes refusons d'être le prétexte à la persécution de nos publics nécessaires à notre existence : nous refusons d'être le prétexte à leur souffrance.
2. cela par l'adoption de lois, sans qu'aucun des seuls intéressés soient consultés : c'est-à-dire les artistes et les publics :
3. l'interdiction de jouir de nos créations artistiques qui de toute façon leurs sont destinées.
4. Nous refusons tout intermédiaire qu'ils soient politiques ou économiques entre nous artistes et nos publics : intermédiaires qui s'enrichissent sur notre travail et exploitent nos oeuvres sans nos accords.
5. Nous refusons de rentrer dans un processus de faire payer notre gratuité par des intermédiaires qui nous volent.Artistes qui signent = artistes qui ne se vendent pas
Artistes qui ne signent pas = artistes vendus
décembre 2006
1.
Le pire : toutes ces années après, à l'age où je commence à perdre la vue (presbytie), où les douleurs se font plus fréquentes (déplacement de vertèbres, tendons douloureux au bras et aux genoux), rien n'a évolué : mon désir de sérénité (depuis mon adolescence) est constamment contrarié. Je retombe dans les mêmes schémas conflictuels en rencontrant toujours le même type de personnes : celles qui sont torturées et qui torturent les autres, celles qui n'ont aucun désir de réaliser une création, mais plutôt : s'agiter dans le « mensonge social » avec une assurance illusoire de « gagner sa vie ». Je sais que des personnes sereines et intelligentes existent ! Je suis constamment confronté aux interdits, du plus simple au plus sournois : de l'interdiction de fumer aux censures inconscientes de mon entourage aux censures économiques de la profession. J'ai toujours autant de difficultés à ce que le public aperçoive mon travail, les programmateurs ne répondent pas à mes appels. Je me sens étranger un peu partout, surtout dans mon pays natal où je suis acculé à ne plus pouvoir agir, bâillonné et attaché. Je dois être un insupportable emmerdeur pour en arriver là à 45 ans ! Ma situation d'isolation atteint ce dont tout dictateur rêve : des prisons sans prisons où les révoltés ne peuvent plus agir, où les intellectuels marginalisés ne peuvent plus communiquer leurs pensées, où les artistes ne peuvent plus montrer leur art.
Au moment du passage de la loi interdisant de fumer dans les lieux publics et notamment dans les bars-tabacs
1.
Quelle est la réelle motivation d'interdire par la loi les gens de fumer ? La décision parait démesurée au regard du libre arbitre de chacun. C'est vrai que certaines compagnies de tabac ont exagéré en introduisant dans leurs cigarettes des produits addictifs, mais chacun reste libre de fumer ces cigarettes ou pas. La santé ? La pollution des fumées des voitures plus dense est plus dangereuse pour la santé que la fumée de tabac. Il y a bien peu de bon sens dans toute cette agitation autour du fumeur. Le sujet est trop innocent par rapport aux décisions politiques prises pour voter une loi d'interdiction. Cela me rappelle l'attitude de l'Église chrétienne, qui s'attache à des sujets mineurs, pour traquer les libres penseurs que l'Église nommait : « hérétiques ». Fumer est un plaisir sensuel : le plaisir sensuel, c'est le plaisir de la chair et c'est antichrétien. Fumer c'est convivial pour échanger des idées : être ensemble et réfléchir, mais nous sommes loin à ce que fumer crée un soulèvement. Le vieux bourgeois va-t-il lâcher son cigare ? N'y aurait-il pas une puissante organisation chrétienne antitabac derrière cette loi d'interdiction qui se mondialise ? Pour réaliser ce projet d'interdiction de fumer mondial, il aura fallu une fortune gigantesque avec un réseau d'influence international. Ces efforts et ces fortunes contre les fumeurs ne méritaient-ils pas d'être consacrés à des choses plus importantes ? par exemple : une nourriture saine pour Tous, un accès au savoir pour Tous, un accès aux soins pour Tous, un toit pour chacun, la suppression du carburant pétrolier qui pollue nos vies, etc. Des choses de première nécessité pour l'humanité. Ces « croyants » restent toujours puissants, pénibles et toujours au front.
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