Commentaires & Critiques de livres :

 

IL Y A UN TROP GRAND NOMBRE DE LIVRES PUBLIES AU XXIe SIECLE, IMPENSABLE AU XXe,
TELLEMENTLE LEUR NIVEAU D'INTELLIGENCE EST BAS...
OU : LEUR NIVEAU DE PROPAGANDE EST TELLEMENT ÉLEVÉ QU'ILS SONT INEXORABLEMENT TOXIQUES.

... et celles et ceux qui expliquent la musique et les arts (à plier les derniers artistes rebelles), qui veulent expliquer la musique dans le seul but d'abdiquer à la dictature de la facilité à se croire con-vaincu intelligent : ABONDENT, déborde. Personne des esprits ouverts n'a prévu une telle profonde décadence de l'humanité entière à ce niveau, personne, où les complices se sont tus dansLE SILENCE DE LA HONTE.

 

 

 

 

 

David Toop : Ocean of Sound
1996 (traduction française, 2000 par Arnaud Réveillon [1] éditions Kargo/Eclat)

Ce qui est plaisant avec l'esprit britannique, c'est qu'il n'opère pas une discrimination hiérarchique dans les genres musicaux comme les Français qui se servent de la musique comme porte-drapeau de leur parti. Au XXIe siècle les Français hurlent toujours et encore contre la musique atonale morte avant la Seconde Guerre mondiale. Mais au XXIe siècle, les Anglais se sont piégés eux-mêmes dans le monopole capitaliste du copyright (avec leurs cousins américains) jusqu'à interdire toute nouvelle créativité sous peine de ne plus être reconnu comme consommable ou marchandise négociable pour une distribution mondiale. Le stéréotype sort vainqueur (vain coeur) de la passion musicale innée des Anglais et uniformise le paysage musical audible (l'audible inaudible existe, bien qu'il le soit inaccessible pour les êtres humains occupés à ne pas perdre leur emploi). En effet, l'avidité monétaire a uniformisé par l'absence l'épanouissement de leur musicalité, leur musicalité sans frontière qui passe de la musique classique à la pop jouée dans les stades pleins de 50 000 personnes sans difficulté. On imagine mal un Français écouter et prendre plaisir à écouter un rockabilly de Johnny suivit d'Arcana d'Edgar Varèse ou même d'un reggae suivit d'une symphonie cucul de Tchaikowsky.

Dans son livre Ocean of Sound (océan de sons) David Toop (en 1996, en pleine période épanouie de l'électro) montre bien cette passion britannique envers toutes les musiques [2] où Charlie Parker rencontre Edgar Varèse, où Jimi Hendrix rencontre Miles Davis qui rencontre Karlheinz Stockhausen qui rencontre Sun Ra, etc. Notre histoire de la musique en Occident suit la coutume millénaire qui à chaque fois fait réaliser autre chose de ce qui est devenu banal (sans surprise) : une contreréaction à la fadeur imposée répétée conventionnée commercialisée (où ne change que l'emballage). Fadeur qui comme le tapis d'un trampoline fait réagir les artistes à inventer autre chose pour s'évader de la prison de l'ennui à s'émerveiller de musiques improbables. Tous les grands musiciens sont marqués par cette attitude (moi aussi = suis-je un « grand » musicien ? c'est à toi de le dire, pas à moi, car pour moi ce n'est pas cette reconnaissance qui importe, mais d'avoir les moyens de réaliser mes ouvrages : entravés depuis 37 ans en 2016). De tout temps (historique) le musicien-créateur-inventeur est confronté à la bêtise des gouvernants (des petits chefaillons aux présidents) des personnes nuisibles qui ne se gênent pas d'assassiner leurs semblables pour imposer une autorité par la terreur. Ce que nous vivons aujourd'hui = nos gouvernants qui sollicitent le terrorisme (l'invente) pour légitimer leur gouvernance en réalité nuisible + qu'inutile : « nous sommes là pour vous protéger » c'est pour ça que vous êtes nos esclaves (non dit jamais dit, mais agi).

Pour revenir au livre de David Toop, c'est un livre d'histoires des musiques agies par les musiciens (pas tous, que ceux qu'il a rencontrés) de la seconde moitié du XXe siècle. Je n'ai pas rencontré dans son livre le travail incompris d'Antony Braxtion, par exemple (allez je le dis : « ni le mien », les autres jaloux me croient prétentieux, non vraiment, je n'ai dans l'acte que de réaliser ce que j'ai en tête [3]). Période où l'inventivité a pu s'épanouir même (voire +) avec les censures massives à partir des années 80 qui ont marginalisé toutes les musiques inventives rejetées à la clandestinité. Période où la politique culturelle du chômage et de la subvention conditionnelle a réussi à vider les salles de concert des musiques inventives, originales vivantes à ce qu'elles deviennent clandestines, voire terroristes, à effrayer des auditeurs devenus agressifs = intolérants, et ce, jusqu'aujourd'hui.

Les concerts de musiques vivantes et originales sont au XXIe siècle devenus privés (organisés par une poignée de mélomanes rescapés).

 

Notes
[1] Arnaud porte bien son nom : il s'agit vraiment maintenant de se réveiller pour réveillonner pas uniquement une fois par an, mais constamment.
[2] On le constate aussi avec le seul magazine européen voire mondial : The Wire ("The Wire Magazine - Adventures In Modern Music") qui parle par passion de toutes les musiques, mélange tous les styles vivants sans ségrégation bien qu'avec une légère tendance à apprécier + la chanson pop édulcorée qu'une « symphonie » massive crue hors norme, tout en citant les 2 (bien que The Wire n'a pas encore rencontré mes oeuvres qui existent depuis 1979, allez, fallait le dire ! « Maudite d'Français » comme disent les Québécois).
[3] Si comme le dit David Toop que : « la règle de style en Grande-Bretagne est adopter le contraire de ce qui est devenu banalisé, institutionnalisé ou ennuyeux », je suis alors Anglais et non Français même accidentellement né à Paris.

Référence
. le blog de David Toop (en anglais, normal pour un britannique)

 

 

Clarissa Pinkola Estés : Femmes qui courent avec les loups
éditions Grasset & Fasquelle 1996 livre de poche

La libération de la femme : quel homme peut comprendre ça ? Très très peu, que ceux qui lisent les ouvrages qui concernent cet état de fait. Les autres agissent conditionnés (sans savoir) la domination masculine : « y a quoi à manger ce soir ? ». La femme possédée par la terreur masculine est une réalité que peu d'homme comprennent, pourtant le savoir permettrait de faire évoluer nos sociétés vers l'ouverture d'esprit et l'intelligence. Mais il semble que l'homme se complait dans la bêtise et l'agression (ça le fait marrer de taper sur les + faibles, sans même qu'il est un vague sentiment de sa lâcheté, encore moins de honte). Le livre de Clarissa Pinkola Estés titré « Femmes qui courent avec les loups » devrait lui ouvrir les yeux. Rien que de comprendre le cauchemar de la gente féminine asservie, lui permettrait de réfléchir son attitude de terroriste et la question qui dans ce cas devrait être posée est : pourquoi craint-il tant les femmes pour leur faire tant de mal ? Mais les bornés obtus lisent-ils ?

 

 

Marie Hélène Boursier : Queer Zone 1, 2 et 3
Ouvrages papier indisponibles en 2016, non réédités,
derniers éditeurs : Éditions Amsterdam, La Fabrique, QZ1 2001, 2006, 2011, QZ2 2005, QZ3 2011

+ de 900 pages. 3 livres riches, en idées et en contenu (1 = 268 pages, 2 = 300, 3 = 362 pages) est un rassemblement d'articles eux-mêmes rassemblés sous 3 groupes : QZ1 : Politique des identités sexuelles et des savoirs, QZ2 : Sexpolitiques, QZ3 : Identités, cultures et politiques. Qui traitent du même thème : la discrimination des différentes identités et comportements sexuels.

Je balance dans le désordre, il y a trop à dire = introduction bordélique :

Marie Hélène Boursier tire à tout va, tape dans tous les sens (jusque sur des auteurs appréciables, tels : Bataille, Nietzsche, ou Deleuze qui au contraire expriment une ouverture d'esprit rare). Sur les anciennes « visions » du « dressage et de la sélection » (= de la culture) de la représentation : type, genre, attitude, désir, apparence, etc., de la sexualité conforme à la monodique issue du monothéisme religionnaire et du monopole économique bancaire de la bourgeoisie hypocrite et dominante. Sur les critiques sectaires intellectuels officiels hypocrites, partisans de la politique ségrégationniste, répressive républicaine-socialiste qui les nourrit, les paye qui provoquent tant d'abrutis au lynchage, des bandes envers un autre isolé stigmatisé « pas comme eux », sans négliger le viol, « même s'ils sont différents » (sic) ; a de quoi effectivement mettre tout être humain qui pense, en colère. Les comportements sociaux violant des crétins en groupe sont toujours dictés par des gouvernants, crétins aussi et/ou frustrés : le gouverné n'agit jamais sans l'aval de son gouvernant, et ce, par lâcheté : les individus agressant en groupe sont toujours des lâches) que la commande soit directe => dictature, ou indirecte => fausse démocratie. Voilà ce qu'entre autres Marie Hélène Boursier pointe. On peut lui reprocher dans quelques chapitres (de Queer Zone 2) de rapporter + du « quand dira-t-on » des opinions-ragots des comportements de protagonistes médiatisés.es qui profitent du contexte pour vendre leur « came » (a lot) sans rien apporter au débat sensé ouvrir les esprits à la tolérance. Mais bon, ça parle. Et montre les contradictions à l'intérieur même des minorités demandant leur reconnaissance sociale par les Administrations Nationales des moeurs (familiales, de la santé et du travail). L'exclusion passe par l'ignorance du groupe par le groupe dominant qui s'autorise (de droit) à sa persécution. La prostitution est le résultat du capital que ses protagonistes n'assument pas. Les « culturals stuties » travaillent-elles à stopper les persécutions ? je ne pense pas.

Si Michel Foucault est le philosophe français le + lut, à l'étranger (surtout aux EU), c'est que c'est le seul à avoir écrit sur les minorités sexuelles marginalisées et rejetées par la domination patrie-arche de la représentation sociale-chrétienne. Cet intérêt est véhiculé par les « cultural studies » américaines qui étudient les minorités, particulièrement, toujours discriminées. Oui, les « cultural studies » identifient les minorités (dont « les femmes font (encore) partie », sic) pour « les intégrer au processus de globalisation (mondialisation) » du monde du travail obligatoire, sans pour autant partager avec elles le pouvoir politique (de nuire) ni à respecter leur indépendance, ni à ne pas violer leur espace vital. Les Amérindiens restent parqués dans les « réserves », les « Queers » sont des communautés de pratiques sexuelles isolées des autres communautés comme celle des Quakers ou des Amishs. Les États-Unis forment un ensemble disparate de communautés, mais toutes dominées par celle du BOC du Blanc Occidental Chrétien formant ses MOMO ses Moralisateurs de l'Ordre Mondial Occidental (dominants, car armés). Les « cultural studies » sont une invention du BOC et est de culture propre aux États-Unis, bien qu'avec la mondialisation (globalisation) nous sommes tous des Américains (America, nom propre latin qui signifie : le nom d'un continent). Il ne faut pas oublier la perfidie du mélange : culture + politique = répression 1. par la sélection = l'identification sur une échelle de valeurs arbitraires (du métèque boueux à la classe des seigneurs propriétaires qui est aussi une minorité que les « cultural studies » n'étudient pas, car il y a là le secret du pouvoir à sauve-garder) et 2. par le dressage = le conditionnement (par l'inculcation de croyances) = l'éducation qui donne le croyant. Je reste prudent quant aux « cultural studies » auxquelles Marie Hélène Boursier s'enthousiasme.

Dans Queer Zone 3 au chapitre « Modernisme et féminismes », c'est Catherine Breillat qui s'en prend plein la gueule, sa vision de la sexualité est selon Marie Hélène Boursier, pathogène. Avec ses films, elle généralise un problème personnel qu'elle dépose au public à travers ses actrices et acteurs : son dégoût intime du sexe féminin. Suivant l'angle de vision, les films de Breillat font sourire, ou on a de la peine pour elle, ou de l'indifférence, car son problème propre (qu'elle met en scène publique) ne nous concerne pas. Là, c'est l'occasion pour Marie Hélène Boursier de lancer une critique féroce du « féminisme à la française » en contradiction avec la tradition de « la belle Parisienne » qui entretient le désir du mâle qui paye sa « haute couture », son luxe. Les contradictions qui empêtrent les idéologies, à agir à l'opposé de leurs valeurs. Il ne suffit pas de se planquer derrière un -isme, pour se rassurer de la bonne cause de son combat de sa conduite (ça c'est moi que ça agace). Être féministe c'est quoi ? pose Marie Hélène Boursier ; à part des cibles pour « des cons avides d'enculer des gouines » ? Au fond en France (ou + le libertinage parisien hypocrite) personne ne sait très bien : Simone de Beauvoir fait la une nue d'un magazine à grand tirage ! et son slogan « on ne naît pas femme, on le devient » est enseigné aux enfants avec un sens opposé ; augmente la confusion et perpétue la traitrise parisienne de la guerre des courtisans.es. C'est Paris aujourd'hui qui rassemble un fatras de médiocrités intellectuelles sans prendre conscience que les intellectuels.lles parisiens.nes se ridiculisent eux-mêmes à forcer le mépris (les je-sais-tout, qui ne savent rien, et pourtant qui crânent sans savoir leur ridicule). En fait, ils sont même en retard au regard des multiples comportements sexuels déjà abondamment étudiés chez nos voisins anglo-saxons dans les « cultural studies » qui en France sont ignorés ou mal compris. En fait Marie Hélène Boursier décrit la décadence intellectuelle des Parisiens, et elle n'a pas tort, car depuis la mort de Michel Foucault et de Gilles Deleuze, il y a une absence fort gênante : aucune relève lisible. Mais au contraire, une censure violente institutionnalisée (officiellement en 1981) et toujours épanouie. Et nous le savons tous : dans les universités françaises, les autorités usurpées n'enseignent plus les sujets essentiels pour l'évolution intelligente de nos sociétés.

Exemple du style de Marie Hélène Boursier page 148 dans QZ1 : « Et l’on peut se demander si un relatif manque de sécurité définitionnelle “à l’identique” n’est pas l’ultime gage d’une plus grande potentialité oppositionnelle finalement moins oppressive. » On retrouve l'élitisme que Marie Hélène Boursier rejette avec fureur notamment dans la sphère de « la culture » institutionnelle où le maniérisme de l'ignorance exulte son plaisir (dans les soirées mondaines). La discrimination intellectuelle en France est puissante, et pour faire passer des idées nouvelles, même connues des autres, il faut (?) un style, le style respectable : le style sur lequel on doit se prendre la tête pour comprendre. Pour recevoir l'aval des autorités intellectuelles (et un poste bien rémunéré à l'université). C'est ce style qu'utilisait Michel Foucault pour faire passer ses idées sur la prison et l'institution politique criminelle qui persécute les marginalisés qui avec un style accessible auraient été censurées. Tout en le rendant élitiste. Et, arrivée à un certain stade où personne ne comprend ce qui est écrit, l'escroquerie idéologique apparait pour étoffer l'ouvrage (c'est arrivé à Sartre, un peu à Deleuze, Kant en est truffé, Hegel ou Heiddegger aussi, etc.). La décadence intellectuelle de ce pays l'emmène vers le régime politique de la dictature, tellement ses ignorants.es sont hébétés.es. Un style simple et limpide comme celui (mal traduit en français) de l'Écossais Ronald David Laing, fait qu'il est censuré de publication depuis + de 40 ans, alors que ses écrits sont fondateurs d'un bel échange entre humains.

Mais ne s'agit-il dans ses sommes écrites pour Marie Hélène Boursier de faire péter les verrous de l'ignorance (française ?), dont l'esprit monopolaire encore dominant éclate en multiples différences (qui se respectent les unes avec les autres ?) dont il temps de prendre conscience ou arrêter de se voiler (sic) l'entendement. Il s'agit bien de ça pour sortir l'humanité de la bêtise (du monopole idéologique) : premier polluant planétaire.

[Un dernier mot concernant le modèle monothéiste de la « famille » (Marie Hélène Boursier n'en parle pas), ce modèle essentiel premier qui s'oppose farouchement « à toute déviance sexuelle » (sic), mais qui lui aussi est éclaté dans la diversité de cette « déviance sexuelle » à se « re-constituer » en permanence, à ne pas remettre en question le sens cru unique de la « bonne » famille monothéiste. Quand un film américain parle de la famille comme valeur morale la + importante, de quoi parle-t-il, et de quelle famille ? De la parenté par le sexe ? des familles « reconstituées » ? du rassemblement familial par l'amitié, par l'adoption ? de l'obligation au mariage cru libérateur pour l'union de 2 familles ? des rassemblements minoritaires mis en danger ? des familles monoparentales ? des familles par alliance d'intérêt économique ? Il parle pour ne pas contrarier les religions monothéistes toujours en forces de pouvoir (nuire). La famille va d'un être humain isolé à l'espèce humaine entière, car tous les êtres humains sont liés, reliés par leur génération.]

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Queer Zone 1
Queer Zone 2
Queer Zone 3

 

 

Pierre Bourdieu : La domination masculine
éditions du Seuil, 1998

Sous le prétexte de l'étude ethnologique (comme Margaret Mead !) du fonctionnement de la société des Kabyles, Pierre Bourdieu opère une analyse approfondie des mécanismes (automatismes répétés = systématismes) du constituant fondateur de nos sociétés occidentales (et autres) sous la contrainte de la domination masculine. Il révèle l'imbrication et la responsabilité des 2 sexes (dont l'un met l'autre en opposition dans un rapport de force du dirigeant dirigé et du dirigé dirigeant) par la perpétuation de ce comportement de cette tradition qui relève un profond AUTOconditionnement (par le biais de la croyance = idée fixe inconsciente implantée et cultivée) : celui d'être agi en croyant agir de son propre gré. Où la croyance empêche de prendre pleinement conscience de ses actes pour sortir de son irresponsabilité de violence motivée par sa frustration.

L'inculcation du comportement moral convenu convenable imposé par l'éducation avec punition/récompense, encouragement/découragement, voire dissuasion, agit intensivement dans l'inconscient obéi pour tel, ne se révèle que par des actes anodins banalisés, mais humiliants, telle la réflexion : « c'est pas grave » après des familiarités répétées d'attouchements (humiliants, mais pas trop) dans le monde impitoyable hiérarchique du travail.

Ensemble nous constatons que notre symptôme est aigu et grave surtout fondamentalement pervers, car il démontre à quel point, l'obéissance aveugle aux principes de peines gouverne notre existence aux dépens de l'épanouissement de nos vies, sans que nous puissions nous gouverner nous-mêmes ce, par l'acceptation de la confiscation systématique de notre autonomie pour l'obéissance exigée. En société, nous sommes toujours agis à agir pour être conformes. La disconformité est humiliée dès la petite école. A ne pas se distinguer des autres par trop d'originalité individuelle pour rester dans la compétition qui entretient le capital de la discrimination hiérarchique du travail à laquelle tous donnent un prix du 1er au dernier. La compétition similarise, elle crée l'élu et les perdants : pas de compétition et de compétitivité ni de concurrence possible avec des originalités indépendantes éparses marquées par leurs différences. La compétition est le prétexte à l’élection, à l’érection et à la récompense, du trophée, qui glorifie l’élu érectant : l’assimilation re-connue par les autres (jugeant) comme une excellence ; le prix de l’excellence de la distinction est en réalité un piège qui à la fois éradique son originalité : sa différence, et à la fois gonfle son ego pour fragiliser soi à se rendre vulnérable à toute considération désobligeante qui devient pour un ego gonflé d’orgueil profondément blessante : la blessure émotive est la porte de l’humiliation qui active le piège de l’obéissance. La gloire est une arme de soumission de ses troupes en troupeaux. Remarque le serrement à l’intérieur de ton corps (voire la larme) au son de l’hymne de ta patrie signifie ton conditionnement.

Non seulement nous sommes les esclaves de notre soumission (vIolontaire = tu ne fais rien pour empêcher ton désastre mental) et de notre violence (forcée par les blessures de notre ego fournies par les principes moraux qui dictent nos comportements récompensés ou punis), mais en + nous transmettons notre soumission notre humiliation avec notre violence morale à nos enfants : l'interdit absolu de vivre, de penser, d'agir par soi-même. Le crime est bien là : empêcher l'autre de vivre à sa guise. Pourquoi nous ne nous soignons pas en urgence, mais au contraire cultivons journellement cette domination masculine routinière ? Pourtant cette domination empêche notre épanouissement et principalement celui de notre intelligence qui devrait se développer, mais qui ne se développe pas, voire au contraire qui se corrompt. Sans liberté, l'esprit régresse.

Pierre Bourdieu nous fait une démonstration magistrale, surtout au chapitre 1 et 2 (95 pages biens denses) qui re-renverse la situation dans le sens qui permet de comprendre pourquoi le mâle dominant domine : parce qu'il sait ou se figure qu'il sait qu'il fait pitié à sa mère qui l'a enfanté, est sa réponse. Les mâles agissent en petits garçons blessés qui se vengent tout en se piégeant eux-mêmes dans leur vengeance. Le mâle rêve d'évasion (le bleu du ciel), il est enfermé dans la familiarisation (le rose du lait et du sang) et reçoit donc en compensation de sa peine, le sceptre de la domination accordé par les femelles qui veulent être fécondées. Cette frustration primordiale du mâle fonde le patriarcat entretenu par le matriarcat des femmes-mères qui s'offrent féminines, l'image d'un fantasme, de la beauté illusoire pour motiver le mâle à désirer la féconder à exciter le désir, à provoquer l'érection. Si le mâle domine, c'est que la femelle a pitié de lui ? La domination masculine est une domination d'accord masculino-féminine d'époux/épouse pour ne pas ridiculiser le mâle qui dans son humiliation ne banderait pas et ne pourrait pas perpétuer l'espèce humaine... Bon, ce rapport SM est une explication.

Mais, ce patriarcat est devenu totalitaire, voire cruel avec la fondation des nouvelles religions monothéistes qui ont imposé la monogamie, discriminé et criminalisé l'homosexualité et les sexes intermédiaires infécondables. Ce patriarcat-là autorise le viol et encourage la guerre, c'est-à-dire la misère mentale du mâle pour être dominé par le pouvoir politique qu'il génère et entretient. Pourtant, la femelle humaine en tant que compagne mère féminisée lui accorde toujours son indulgence pour ne pas « être diminuée [en société à vivre] avec un homme diminué » participe à l'entretient de la domination masculine, à sa guerre sociale à imposer son pouvoir gouverné qu'il mesure avec la quantité d'argent qu'il s'approprie qui attire « les + belles femelles » : des filles trophées (esclaves payées à paraître) pas mères à la recherche des décorations coûteuses (parfum, bijoux, vêtements, voitures de luxe) de l’oisiveté et du privilège (= vivre en dehors des lois). Sans le matriarcat intérieur, le patriarcat extérieur ne pourrait pas exister.

Virginia Woolf (le loup vierge de Virginie Loup, pas louve = she-woolf) est l'icône de ce livre qui sans doute a provoqué son écriture et dont Bourdieu analyse son livre : To the Lighthouse (Promenade au phare). Mais comme Michel Foucault, Pierre Bourdieu se protège (de la censure ?) par une langue lisible des personnes instruites. Conseil de lecture : souligne les mots essentiels. Quoi cultive l'entretient de l'humiliation masculine, le viol des jeunes filles et la bêtise des 2 sexes ? La domination masculine ? Ce livre est « une contribution à son dépérissement ». La première étape pour supprimer un mâle pardon un mal, c'est de le reconnaitre par le savoir : identifié, il se retire de lui-même par inutilité, inutilisabilité.

 

 

Luce Irigaray : Le temps de la différence
Le livre de poche, 1989

Je pensais que Luce Irigaray avait des choses intéressantes et originales à dire sur la condition d'être femme ou homme en société et dévoiler les rouages de ce rapport discriminatoire, mais non, en fait il n'en est rien. Dans son livre Le temps de la différence, en plein règne de Margaret Thatcher (c'est une femme, hein ?) dans son chapitre : Une chance de vivre, Luce propose un matriarcat ; disant qu'il n'y a que les femmes qui puissent éviter une catastrophe tel Tchernobyl ! Oui, elle efface de son esprit Margaret Thatcher qui avec ses 3 acolytes (Reagan, Mitterrand et Kohl) ont ensemble ruiné l'épanouissement de nos sociétés : en renforçant le pouvoir du patronat, en privatisant tous les biens communs, en renforçant le marché des banques, en provoquant la guerre des Balkans (Margaret va même jusqu'à envoyer toute son armada : la flotte britannique de guerre pour reprendre une petite île au large de l'Argentine aux Argentins), en renforçant le marché de l'armement (Reagan voulait un bouclier anti-nucléaire qu'au dessus des Etats-Unis, oui), et en ruinant le travail des artistes indépendants de manière à ce que leurs oeuvres n'accèdent pas au public, et tant d'autres  méfaits ! dont nous subissons encore les conséquences, aujourd'hui 40 ans après.

Ensuite Luce parle de l'audition, et là (je suis compositeur, musicien, acousticien érudit, je pense aussi) comme toute personne qui ne sait rien, raconte des bêtises, telles : nos oreilles souffrent, il faut supprimer les moteurs qui font du bruit, créer des zones de silence (sic). Non Luce, la première chose qui « détruit » l'audition Luce, c'est la bêtise : le conditionnement à croire et rien n'entendre. Se fermer au lieu de s'ouvrir. D'être sourd comme Margaret. (lire à propos : postulat nécessaire à la compréhension du phénomène sonique Dans le Ciel, le Bruit de l'Ombre, et chapitres suivants).

Dommage, Luce Irigaray est un beau nom qui sonne bien (un titre d'un de ses livres aussi : L'oubli de l'air) mais lu les bêtises qu'elle raconte dans : Le temps de la différence, montre que quand on ne sait pas, on prend toujours des décisions incohérentes qui empirent (l'empire empire, oui) : surtout celles de prendre aux autres leurs décisions, pour leur imposer la sienne. C'est pas comme ça que nos sociétés vivront l'épanouissement de la concertation harmonique (non-pythagoricienne, la pythagoricienne est une dictature des nombres entiers) Luce Irigaray. Nous savons que sans misère il n'y a pas de gouvernement politique : pour créer un gouvernement, il faut d'abord créer la misère : ce qui est constamment entretenu depuis + de 2 millénaires maintenant.

Quant à Speculum, l'ouvrage qui a fait connaître Luce en 1974 est un parti pris posant les femmes en victime du patriarcat, ce qui empêche la compréhension du problème à résoudre, qu'à s'indigner dans l'affrontement ; et l'affrontement n'est pas une solution qui résout quoi que ce soit, car l'affront justifie la raison de la violence et de la police qui « protège son élu contre la foule criminelle » : la police n'agit que par cette conviction. Et, ça se saurait : en 2 millénaires de domination (politique, religieuse, familiale, raciale, sexuelle, générationnelle, pour obliger au travail), tous les soulèvements ont été matés dans le massacre (« la punition divine » sic). Le massacre est le dernier recours (armée + police armée assassinent) à la désobéissance du « peuple » (qui se transforme en foule incontrôlable et donc criminalisée), car le fait de perdre le pouvoir pour un gouvernant-parasite est inconcevable. Ce n'est pourtant qu'un être humain, mais il s'est par frustration réfugié jusqu'à être tué pour (sauve) garder l'idée de dominer (les autres, pas soi). Speculum aujourd'hui ne se lit plus, ne se désire plus, sa spéculation est contextuellement hors propos.

 

 

Nancy Huston : Reflets dans un oeil d'homme
Actes Sud, 2012
critique du livre par un mâle homme masculin pas trop con ni gros bras

Nancy Huston commence
son livre : Reflets dans un oeil d'homme à abdiquer. Par se tenir aux généralités banalisées du type : hommes et femmes « les choses sont ainsi », « c'est inné » et que nos « gènes » nous gouvernent (sic) est bien une abdication simpliste de refuser de repenser les conditions de la femelle femme et celle du mâle homme, les attitudes conventionnalisées forgées par les désirs frustrés du mâle dominant violent par faiblesse crue qui est cultivé et se cultive dans ce rôle qu'il doit rendre social (banaliser sa cruauté et sa violence pour l'autorité) disant : « les choses sont ainsi ». Mais dans l'esprit de Nancy Huston quand elle écrit « on n'y peut rien » dans le 1er chapitre est une provocation pour piéger le lecteur mâle dominant à lire le livre qui prend à partir du 2d chapitre la forme d'un cri d'alerte, d'un cri de désespoir quant à la condition humaine dont celle des femmes montre la corruption généralisée de notre civilisation (cette domination malsaine qui règne depuis l'apparition des religions monothéistes). Nancy Huston confond intentionnellement le comportement social avec la biologie sexuelle (des primates) de « comportements innés » en affirmant + que questionnant, répétant l'argument du gène (la marque identitaire génétique argumentée nécessaire pour la police) au lieu de « pulsion archaïque » plus juste qui viendra dans le livre. Dans le 1er chapitre, le mot gène est répété constamment, le croyant pilote de notre comportement ! Non le gène n'explique pas l'inné, contre le tout culturel de la dictature sociale (nationale) socialiste. Non, la domination masculine n'est pas innée, elle n'est motivée que par sa frustration à se faire des fausses idées. Interviewée, Nancy Huston se défend de son affirmation introductive provocante, mais c'est une manière d'attirer les esprits mâles intolérants à lire le livre. C'est en réalité une excellente stratégie pour faire lire ces hommes dominants conditionnés et, ils semblent le lire ce livre.

Nancy Huston recommence
par le constat déprimant de la situation réelle entre hommes et femmes : par l'institution de la souffrance pour la domination, ou le contraire ? Au-delà de faire remarquer à la gente masculine (qui ne sait rien, vraiment rien et refuse de savoir : la connaissance construit le mythe pas le savoir) la condition féminine (à travers la misère de la prostitution et de la pornographie qui pourraient ne pas l'être) qui s'en fout, qui s'en moque, la minimise et la dénie, Nancy Huston apporte 2 « preuves (?) », pointe 2 faits importants qui ont influencés et marqués nos mentalités, notre morale (notre jugement face à l'intolérable) et notre comportement contemporain : 1. la créalisation (création+réalisation) technologique du miroir (étain-mercure + verre) au XVIe siècle, sa généralisation, son accessibilité à tous au XIXe siècle : le valorisateur de l'image de soi comme apparence au détriment de soi comme caractère individuel devient la valeur sociale : la perception de soi est bouleversée et l'industrie de l'apparence (mode, cosmétique, pharmacie, spectacle) prend la 1ere place économique mondiale jusqu'aujourd'hui [1]. L'écran-miroir ne sert que la projection de l'image de la femelle dé-nu-dée en femme féminisée => violable = le signal du viol autorisé. Le miroir est devenu une exhibition publique avec la photographie puis le cinéma rassemblés aujourd'hui dans la vidéo numérique avec des écrans numériques plats partout : dehors, à la maison et qui se portent sur soi : le microtélévidéo branché en permanence sur le réseau (lire ECRAN, dec.2015) où une femme nue est toujours visible ; et 2. la ségrégation-discrimination hitlérienne, l'industrialisation ordonnée des camps de concentration de la mort : l'organisation déterministe de l'assassinat systématique en masse des êtres humains déconsidérés : être gazé (comme des cafards) parce que tu es différent, et cette différence est haïe au point de vouloir tuer massivement, cela bien administré et en ordre [par préférence : handicapés physiques et mentaux, dissidents politiques, homosexuels mâles, juifs (alors que se sont les juifs qui ont financé en majorité la campagne d'Hitler), Tziganes aryens, etc.] Dans la ségrégation il y a amalgame et confusion entre classe et genre. Dont reste uniquement l'action suspecte de ségrégationner (hiérarchiser) qui que ce soit, qui est (pourtant) le travail quotidien de l'Administration de tout pouvoir politique. Classer et identifier amène à la discrimination de l'être humain à cause de son aspect et de son mode de vie qui ne conviennent pas à la communauté (manifesté toujours par une minorité intolérante) dans laquelle il est et vit. L'intellectuel considère la ségrégation-discrimination intolérable que les fonctionnaires perpétuent quotidiennement dans l'Administration. Cette haine de la discrimination selon Huston a fait naitre la théorie du genre qui nie les différences entre les sexes féminin et masculin et ce que ça implique à vivre au quotidien. Mais là je pense qu'une confusion s'est introduite entre l'administration sociale des genres (avec sa valorisation en classes qui a donné le racisme, cible de toutes les haines rancoeurs et autres désagréments pour s'autoriser à assassiner) et la vie sociale des genres où l'un discrimine et l'autre défavorise.

Contrairement aux essais traditionnels (on pense à tout ce qu'a dénoncé sans passion Michel Foucault, les comportements d'intolérance, de tortures, de manipulation des esprits), Nancy Huston aborde le sujet (qui blesse le mâle dominant) avec une émotion, un bouleversement, une fragilité. Le suicide de Nelly Arcan en 2009 à 36 ans, est la motivation de ce livre [2], Nancy, sans avoir pu jamais la rencontrer pour lier une amitié, bouleversée n'a pu empêcher sa mort, qui aurait pu changer le cours des choses (lire son introduction au livre post mortem : Burqa de Chair, 2011). La prostitution est une vie doublement schizophrénique qui amène à la misère existentielle jusqu'à la mort prématurée (suicide pour les + courageuses) violente, si elles ne s'échappent pas de la prostitution. Pour Nelly, le cul, c'est clair : les hommes baisent des images : « ils jouissent de l'idée de ce qui les fait jouir » pas de la réalité de ce qui est. Comme toute perception, c'est l'idée qui canalise le perçu (le son audible n'existe que par l'idée qui appartient au sens de l'ouïe). Prenons le fait banal : ce n'est pas l'image de la femme nue qui te fait bander, mais le désir que tu as de jouir (de vidanger ton sperme) dans/sur elle.

Reflets dans un oeil d'homme est un livre essentiel, qui ne contredit en rien (bien qu'on ait un doute au début) l'apport de Simone de Beauvoir « on ne nait pas femme, on le devient », slogan dont le sens a été falsifié dans les manuels scolaires pour nier les différences entre femme et homme, pour nier la domination violente des mâles masculinisés sur les femelles féminisées en objets de satisfactions sexuelles jetables (tuables = violables). Dans ces mêmes manuels, il est pointé du doigt (avec un dessin à colorier pour les enfants des 1eres classes de l'école publique) les humains nuisibles : chômeurs, retraités, étrangers du tier monde, marginaux, clochards, étudiants et artistes.

Pour qu'enfin nos sociétés puissent évoluer, il faut en finir définitivement avec cette domination masculine (aussi entretenue par les femmes), qui nuit aussi à la vie des hommes, domination nourrie par la faiblesse des mâles motivée à détruire tout ce qui leur paraît inaccessible.

Notes
[1] La question dans ce cas qu'on se pose, est pourquoi quand en Chine 11 siècles + tôt est inventé la technologie du miroir (l'amalgame argent-mercure date en Chine du Ve siècle), la civilisation chinoise n'est pas tombée comme l'occidentale 3 siècles + tard dans le narcissisme et la schizophrénie généralisé ?
[2] La photo de couverture du livre (une penseuse à la Rodin ?) est celle de la jeune photographe Francesca Woodman qui s'est suicidé à 22 ans à New York (sans savoir pourquoi).

 

[
Tolérance de la femelle / intolérance du mâle

Si les femmes possèdent cette tolérance | qui pour un homme réside dans l'au-delà du supportable, ou de posséder le pardon que l'homme renverse en vengeance (disant les dents serrées : « tu vas payer »), en gros de supporter toutes les violences et les viols des mâles (~15 000 femmes violées en France par an = ~41 femmes violées déclarées par jour, presque 2 femmes chaque heure sont violées), c'est qu'en effet il est misérable à vouloir battre taper frapper car par cet acte il révèle son intolérance envers lui-même, sa bêtise et son impuissance. si le mâle désire puissance et pouvoir c'est parce qu'il en est démuni. la puissance sexuelle est un leurre : gouverner sa bite à bander, qui dans le cas contraire est considéré comme un symptôme : celui de l'impuissance. c'est niais, bête et le croire amplifie la honte d'être un homme. | c'est qu'il est essentiel pour l'espèce humaine qu'elles soient fécondées. Si les hommes violent les femmes (et les faibles) c'est pour se convaincre de leur (absurde) puissance sexuelle, un leurre un mensonge cru convaincu évident, conséquence de sa frustration. Par nécessité vitale de ne pas se sentir humilié : il viole, le viol en lui-même pour l'homme est un rapport physique désagréable, car il pénètre de force un vagin fermé et sec. Dans le viol hommes et femmes ne sont pas égaux : pour l'un c'est un moment désagréable de puissance en manque à assouvir et pour l'autre une plaie douloureuse qui mettra des années à se cicatriser ou jamais. La violence de nos sociétés est proportionnelle à ce ressenti : celui de se sentir humilié (victime) en tant que mâle homme masculin qu'il cultive pour maintenir sa domination, pour entretenir sa violence et faire que le viol des femmes n'est pas un crime, mais une nécessité sociale qu'impose le patriarcat : aucun texte de loi dans le Code pénal ne condamne texto le viol, aucun : la femme est accusée d'incitation dans la grande majorité des cas si elle arrive au tribunal : où le violeur devient la victime. Ces actes des mâles-hommes-masculins dominants « tu vas payer » (copié par des femmes non ou anti mères) dévoilent que tant que cette humiliation constitutionnelle existe (même imaginée), nos sociétés continueront à vivre le dépérissement par la destruction systématique de l'environnement vital pour la survie de l'espèce humaine. L'homme préfère détruire que vivre humilié, contrairement à la femelle femme prête à se laisser détruire pour satisfaire l'homme, même si cette humiliation est fausse : c'est le ravage agi de la croyance.
]

Ai-je été compris ? à démêler la confusion du genre ? je recommence :

Il ne faut pas confondre :

1. les droits sociaux inégaux des êtres humains classés en supérieurs et inférieurs, et qui ne devrait pas l'être
avec
2. le modèle social imposé aux mâles et aux femelles (les stéréotypes de comportements masculins ou féminins à obéir)
avec
3. les différences biologiques et psychologiques attributs spécifiques aux mâles et aux femelles
avec
4. mâle/femelle
avec
5. homme/femme
avec
6. masculin/féminin
Sans
rejeter ce qui existe entre : l'hermaphrodisme, l'intersexualité, la transsexualité, la bisexualité, l'androgynie, la gynandromorphie, la gynandrie et son contraire, etc.

lire « Gender ? » dans le : Journal Vigilant d'Exemples Médiocratiques etc., chapitre 1. à avril 2016

En addition :

SORTIR DU PIEGE, ça ne devient-il pas indispensable ?
au lieu de se mordre les uns les unes les autres entassés dans le piège qui nous maintient et blesse nos jambes ?
arrêter de se faire gouverner par des croyances inappropriées ?
arrêter de se faire manipuler par l'usage pour se défaire de sa responsabilité ?
ou : « les femmes sont en détresse et les hommes sont des idiots »

Les rapports merdiques entre femme et homme reposent essentiellement sur la séduction. La séduction génère le rapport de force, le désir de séduire se manifeste quand il y a manque (qui cultivés se transforme en frustration). La « beauté féminine » est un voile que l'homme dispose volontairement sur ses yeux pour entretenir son désir de soulager la (fausse) douleur du sperme accumulé qui doit s'échapper dans l'éja-cul-ation et, qui se jouit aussi. L'orgasme du mâle réside dans l'évacuation de sa fausse douleur. Et « l'éjaculation dans un cul chaud (en image) c'est mieux qu'à la main ».

La femme maquillée, habillée efface sa propre identité (« je suis qui moi ? ») pour se conformer au signal de parure (comme les autres animaux) signifiant : « viens, non pas toi, je suis en manque et fécondable ». L'image confond le stéréotype pour signaler le désir et la disponibilité d'englober le sexe mâle, mais pas toi. Ah mais, t'es qui toi ? mais c'est moi ! c'est moi, moi. Sous le masque de l'image, je ne la reconnais pas. Elle s'est effacée dans le stéréotype flou de la féminité. La robe rouge fendue le rouge à lèvres rouge criard prêt à péter à révéler la vulve noire et la fente du cul de l'entre seins à plonger dedans. On se fait tous avoir. Non pas toi, t'es trop sale, tu pues, tu vas m'infecter, t'es repoussant (pas toi Kent), tu vas m'enlaidir mon apparence mon image, t'es trop pauvre pour entretenir ma beauté (cosmétiques, mode) pour séduire les autres. Le banquier est le mari parfait (et les artistes les amants parfaits).

La séduction (volontaire) oblige à ne pas être soi ; est au fond absurde et douloureux (ça fait souffrir d'attaquer passivement) : et ça se termine toujours mal. Pourquoi utiliser des archétypes (de « beauté ») pour effacer son moi ? : par peur d'être rejetée, parce que toutes se croient laides (sans maquillage aucune ne correspond à l'image idolâtrée). La femme canon (elle est canon) tire à boulets rouges sang (le laid est meurtri) et l'homme s'approprie brutalement sa possession (la force brutale du mâle certaine l'aime chaud) ; les autres se marrent. Oui, la séduction est une agression. Oui, la séduction entretien la violence du patriarcat social (et du matriarcat domestique).

Pourtant, une fois le maquillage défait, il y a au lit 2 visages hirsutes collés tout près l'un de l'autre (sans même vouloir parler de l'aspect, du dégoût, de la douleur d'être malade) : c'est à ce moment qu'on se voit. Réellement et Unique (c'est moi, je ne me cache plus). Les défauts masqués apparaissent ; et que reste-t-il une fois « la beauté féminine » évaporée ? Il reste le + important : l'esprit, le caractère, les habitudes qui font rire, la particularité qui charme avec la sensualité mutuelle qui provoque le désir de s'aimer sexe, le sexe de la volupté de l'amour. Pas la mascarade de la séduction qui uniformise le corps et le comportement, qui rend l'amour sexe fade, la femme plastique n'est qu'une image floue (tellement caricatural chez les adolescentes, toutes (presque) piégées dans l'agressivité pour être déflorées), une image n'aime pas, elle ne sait pas faire l'amour, en jeu de plaisir. L'image « séduisante » (le stéréotype signalétique qui autorise le viol) de la femme ne sert que l'hostilité sociale des mâles.

Mais ça au fond, tout le monde le sait, sauf les idiots frustrés qui veulent mener le monde pour se retrouver des maris trompés.

Pour que la séduction soit LE rapport dominant entre femme et homme (regarde mon beau cul) et homme et femme (regarde tout le pognon/pouvoir que j'ai) il faut que la femme soit persuadée qu'il n'y a que la séduction (et uniquement elle) qui va la faire décrocher le pompon, la mari riche (à être son escort-women : la représentation de son pouvoir = sa pute sans sexualité ni intimité), et de l'autre côté qu'il soit persuadé en étant cruel avec les autres, les soumettre, les humilier, que SA femelle désirée lui dira « je suis fière de toi mon loup » et l'autre, d'en remettre encore une couche (à faire chier les autres pour montrer à « sa » princesse maquillée qu'il est le + fort). Cette conviction reste vive : être persuadée qu'il n'y a que la séduction qui existe pour manipuler et dominer l'homme patriarche, le piéger pour qu'il lui fasse des enfants et qu'il subvienne à ses besoins (de beauté = être reconnue par les autres), d'évacuer tous les soucis (sic), alors que la vie est un souci : une suite de problèmes à résoudre. Pour être gouvernée par cette idée, il faut vraiment se sentir en détresse. Cette détresse d'être convaincue de ne jamais pouvoir y arriver « t'es trop conne ma fille » (le père vénéré => dominant => castrateur => tueur de vie) passe par l'arme du mépris. « Ah, mais je voulais que ma fille soit la meilleure », la meilleur de quoi ? meilleure que ta connerie ? (+ conne que conne : t'es piégée). Au vu des bénéfices colossaux des industries cosmétiques, de la mode, du luxe et de la chirurgie « esthétique » (esthétique de quoi ?), en effet : les femmes sont en détresse (et les hommes sont des idiots).

lire l'article 10 (daté de mai 2015) : Séduction, dans le livre : La Douleur du Monde

Pour approfondir
lire l'article La haine millénaire envers les femmes (avril 2016) dans le livre La Douleur du Monde

 

Le CAS (surprise de) Nancy Huston
L'étrange réaction de Nancy Huston ou l'ambiguïté du personnage

Après avoir lu son livre Reflet dans un oeil d'homme, j'ai désiré échanger quelques idées et pourquoi pas réaliser l'opéra À Tolerancia (qui traîne) sur la CONDITION HUMAINE DOMINÉE. Huston prône comme nous autres : une « égalité des chances » qui ferait du bien à toutes les sociétés humaines et désamorcerait définitivement la violence et le danger d'être ensemble par l'imposition hiérarchique de l'ordonnance dominatoire : la libération de l'étau moral qui provoque le danger permanent pour chacune et chacun par les autres qui sont les chacunes et chacuns mis en danger (dominé) par les unes et les uns (le danger n'est pas le tyran, mais toutes celles et ceux qui travaillent à entretenir la tyrannie).

Comment une femme qui défend et revendique la cessation de la domination masculine, me fait parvenir une lettre par son mari m'écrivant de cesser de la « harceler » sic, oui, c'est bien le mot que son mari Guy Oberson a employé et m'a adressé [1], après avoir envoyé à Nancy Huston personnellement (qui m'a demandé de lui écrire lors de notre rencontre en avril à Toulouse, sinon comment aurai-je pû lui envoyer ?) à travers son éditeur : 2 emails et une lettre papier. Harceler est un mot très fort, surtout depuis que le harcèlement (sexuel) est condamnable et puni par la loi. Nancy Huston me fait passer à travers son mari pour un violeur de sa vie privée, alors qu'elle m'a demandé cette lettre. Qu'est-ce que ça veut dire ?

Là. Un doute envahissant. D'un coup émerge. Quant à la sincérité de ses propos dans son livre (ses livres), car par cette action anodine d'utiliser « la protection de son mari » ; Nancy Huston consolide la domination masculine qu'elle dénonce. Son positionnement en victime attaquée (qu'elle n'est pas) à se dissimuler derrière son mari déclenche, comme le dit si bien Pierre Bourdieu, les mécanismes moraux du protectorat patriarcal (le mari) est une manipulation féminine qui in-verse, ren-verse (en sa faveur) le principe de la domination masculine : « le mâle est prêt à tuer pour sauver sa (belle) femme en détresse » : il se transforme en chien de garde. J'en parle par expérience. L'aspect, la pose, l'attitude de Nancy « belle femme fragile » (sur le retour) provoquent (encore) chez l'homme-mari (propriétaire approprié) son comportement protectionniste chevalier chargé d'hostilité et de fierté qui garde sa belle par re-garder les autres hommes en ennemis, qui dans sa vision se transforment « en loups prêts à s'emparer de sa femme » : est une forme de paranoïa que confirme la lettre hostile reçue du mari.

Nous avons donc là un bel exemple de manipulation et de supercherie où les idées et les pensées écrites et publiées sont contredites par le comportement de l'auteure. Ce qui ne lui retire pas son talent d'écrivaine, mais lui retire la sincérité de ses propos (on pense entre autres à son épanchement pour les jeunes femmes suicidées telle Nelly Arcan). [2] Nous voyons maintenant que son militantisme ne sert qu'à valoriser sa carrière et sa notoriété, mais non sa résistance à la bêtise. La dénonciation d'actes moralement choquants dans ses ouvrages ne sert qu'à pointer les projecteurs de l'actualité sur elle pour augmenter la réputation de sa notoriété (et les vents de ses livres) ; ce qui fait de sa critique un acte hautement hypocrite à se donner le rôle de défenseure des causes humainement toxiques qui maintenant nous le savons sont simulées. [3]

Notes
[1] le texte entier de la lettre : « Paris, le 4 juin 2016. Bonjour. Je suis le mari de Nancy Huston. Nous avons une existence riche et complexe qui nous occupe et préoccupe entièrement. Nancy ne souhaite pas travailler avec vous, et je vous remercierais de ne plus la harceler de vos attentions. Bien sincèrement. Guy Oberson ». Ma lettre a été envoyée à Nancy pas à Guy le 13 avril [la lettre en question pdf 34Ko].
[2] nous pouvons commencer une belle collection de femmes écrivaines antiféministes (= qui entretiennent la domination l'ordre et la hiérarchie) bien qu'elles se targuent du contraire : Julia Kristeva, dévouée au Christ, image du père qu'elle re-trouve dans le milieu bourgeois aisé parisien. Nathalie Heinich qui désire donner un statut d'esclave aux artistes pour leur retirer le privilège de leur liberté ; ce qui supprimerait définitivement les arts. Nancy Huston qui utilise la domination masculine pour se faire valoriser en tant qu'épouse et écrivaine hypocritement militante. Nous sommes très loin des Foucault et Deleuze :(
[3] son antipathie envers les ouvrages de Georges Bataille m'a surpris, bien que Bataille défende une libération de la domination par l'excès, en se positionnant contre toute autorité de l'un envers l'autre. Nancy lit Bataille à travers le prisme de la belle pauvre jeune fille de province humiliée dans les excès de l'amour, propre à Sade (posture à laquelle elle s'identifie). Cette confusion est mal venue, tout autant que sa critique négative envers l'ouvrage majeur et courageux de Simone de Beauvoir, et ce, dans le but unique de faire remarquer le sien en devient malsain, car il ne s'agit que de « stratégie » commerciale pour entretenir sa réputation.

 

 

Critique de l'état d'esprit de Julia Kristeva à travers son livre sur la croyance
Julia Kristeva, « Cet incroyable besoin de croire », 2007, Bayard

La parole d'une femme, dans nos civilisations à domination patriarcales, est importante, même essentielle : il s'agit de (re)trouver un équilibre rompu (le re- accentue notre bêtise) depuis... ? nous ne savons même plus quand. Ou, quand le mâle frustré de son sexe, lui tape dessus (le lâche s'attaque, se venge à battre toujours + faible que soi = tous les mâles sont des lâches. Un insignifiant pourcentage ne l’est pas) et lui ordonne (parle avec mépris) de lui faire à bouffer. Julia Kristeva a écrit un livre (sous forme d'un entretien) sur la croyance : « Cet incroyable besoin de croire ». Écrivain (pour ne pas écrire -vaine), psychanalyste (admirative du talent de Sigmund Freud : « le père de la psychanalyse » par notre monde patriarche ne fait pas sou-rire), théoricienne de la littérature, professeure et, « présidente du Conseil national handicap » (je ne savais pas que Julia est handicapée). Des théoriciennes du savoir et des idées reçues, un certain nombre de femmes ont apporté des éclaircissements que les hommes ne pouvaient pas, je pense à Margaret Mead, Mary Douglas, ou Simone de Beauvoir, pour les + connues.

Mais « Cet incroyable besoin de croire » de Julia Kristeva est baigné par la salvation (action de sauver une âme), et Julia Kristeva termine son livre disant : « Seule une nouvelle politique éclairée de la sorte peut encore nous sauver ». C'est exactement le type, le stéréotype de phrase qui ruine tout développement d'une pensée qui cherche à comprendre le sens de l'humanité. Son style recèle une connotation religieuse : il n'y a que les religions qui parlent de salvation et les politique (administrer les citoyens, conduite à adopter, gouverner) guerrière de « sauver les civils » (quand la guerre n'est pas civile, mais depuis celle du Vietnam, les civils sont impliqués systématiquement malgré eux dans les stratégies militaires de bouclier humain. Ce ne sont plus les enfants de l'infanterie). Sauver (du latin « salvare » : rendre en bonne santé = soigner) qui aujourd'hui a pris le sens de « préserver » du désastre (fantasme de la théorie des catastrophes cultivées dans le non-dit de la terreur siégeant en soi) signifie : préserver ses acquis (ses biens) montre que Julia est passée dans le camp des bourgeois (à préserver + son confort que sa pensée). Sa phrase en réalité signifie : « une nouvelle domination politique est nécessaire pour préserver nos biens » (aïe). Dans ce cas, il vaut mieux se sauver (esquiver, s'échapper, s'évader : aller vivre ailleurs dans un contexte moins hostile et + sympathique) pour garder sa liberté (avec sa capacité de comprendre).

Julia Kristeva se positionne sa pensée dans et par la psychanalyse (euphémisme à la psychiatrie), un instrument de domination qui a pour tâche de « normaliser », par la parole (pas les narcotiques), les réfractaires (qui souffrent) au régime social instauré par la politique autoritaire des gouvernants. La « thérapie » consiste à ce que le « patient » (personne souffrante endurcie à la peine, qui subit, supporte patiemment, endure une opération -de peine, de torture- convaincue à obtempérer pour être l'objet d'un traitement : un objet d'expérimentation et de procédure) révèle et dise ses secrets. Révéler ses secrets à l'autre c'est abandonner sa force et remettre sa confiance; ce qu'un gouvernement préservera + que tout, car sans force, c'est sa domination et son autorité qui s'effondrent (qui toutes 2 ne tiennent que par le mensonge). Et nous le savons, un régime politique élu ne peut que régner par la dictature (hypocrite = démocratie ou franche = tyrannie) à dicter des lois (sans l'approbation de tous et dans le secret) qui est le sens même de gouverner celles et ceux qui ne le veulent pas et qui est opposé à la liberté. Ce qu'énonce Michel Foucault dans son « Histoire de la sexualité » ou son cours « Les Anormaux ». En un mot, la confession (de donner sa confiance par l'aveu d’une faute de désobéissance : au règlement et au désir sexuel interdit) est une soumission de soi et une autohumiliation de soi au régime dominant. La torture sert à faire avouer dans l'humiliation (au fond quoi ? L’attitude de son obéissance dans sa résignation exprimée par l'aveu. Peu importe ce qui est dit, l'important est : que ça, doit être dit et conforme à ce qui est cru).

Julia Kristeva parle de démocratie (concernant notre administration politique policière de terreur) et croit (sic) au : « consensus général » (vote) qui l'a instauré (sur des principes moraux). Pour une intellectuelle, c'est inconcevable. Sachant que les élus sont élus par la minorité des 13%* des habitants du pays (et majoritairement par celles et ceux qui veulent préserver leurs biens : leurs biens sauvés par la police et l'armée) : le « consensus général » est une irréalité (et un pléonasme).

Cette fonction ambigüe du médecin en position de dominant avec « son » patient en position de dominé (rapport sadomaso); du médecin qui maladit **, avec la formule « syndrome de... », tout comportement hors-norme, anormal, « antisocial » (sic) : en fait maladit l'être humain qui refuse la domination et sa soumission dans l'obéissance, qui refuse que sa vie lui soit volée (pour être tortué au travail en esclave), qui désire vivre libre sans qu'un autre le contraigne à vivre ce qu'il ne désire pas vivre; et l'adolescente révolutionnaire qu'elle était, qui croyait aux valeurs des philosophies des Lumières (à se débarrasser de la religion chrétienne dictateure et cruelle : 1/2 millénaire d'Inquisition par la torture physique) et aux idéaux de mai 68 à abolir l'autorité de la domination patriarcale (à frustrer sa jeunesse d'interdits) pour vivre l'amour libre; Julia Kristeva émet une pensée contradictoire, ne sachant choisir entre : « autorité sociale » (la police qui préserve son bien) et responsabilité de soi envers les autres (une absence de domination de l'autre sur soi : une anarchie = sans chef). L'artiste a besoin de cette liberté pour écrire et la bourgeoise a besoin de protection pour sauver son bien et préserver son confort (est un leurre). Mais il semble que Kristeva ait déjà imposé son choix : elle syndromatise sa période de vie humaine entre l'enfance (qui ne parle pas) et l'adulte (soumis et obéissant : normalisé) à rendre et nommer « l'adolescence un cas clinique » pour que la jeunesse soit une maladie (incontrôlable et irresponsable qui doit être maîtrisée). Ce qui me provoque une grande tristesse. Son livre est écrit en 2006 et la répression de la jeunesse avec sa criminalisation a débuté intensivement en 1970. On se demande en quoi 36 ans après l'offensive politique contre sa jeunesse à vouloir l'asservir dans l'insignifiance (offensive réussie), pourquoi encore criminaliser l'adolescence ? Y aurait-il encore de la résistance ?

Les aberrations pensées et inscrites dans son livre (pas son libre) viennent aussi de Freud (le juif athée qui s'arrache de sa communauté, fermée, aux traditions autoritaires de domination matriarcale) dont Julia est une grande admiratrice. Freud qui a eu l'audace de généraliser et théoriser le particulier (des faits particuliers calqués sur des mythes de la Grèce Antique) qui se sont développé dans le contexte répressif de ce que la chrétienté désignait être le mal : la sexualité. Qui confond, amour, érotisme et débauche = excès de sexualité qui est une chose impossible et rare : l'abus de sexualité à force de frotter, ça fait mal. Le désir sexuel doit faire des pauses pour reprendre des forces. Prétexte à la punition par la voie de la confession. Françoise Dolto nous parle des curés et prêtres pervers qui obligeaient les enfants prépubères d'avouer qu'ils se masturbent. Le viol des enfants est une pratique modélisée par l'Église. Le secret de la force de l'Église chrétienne réside dans sa débauche de sexe, d'idéologie et de violence, en un mot de domination. L'Inquisition fut stoppée au XVIIIe siècle des Lumières par essoufflement (?) et la masse des écrits des philosophes indignés et les libertins épris de plaisir de vivre, mais le viol des enfants persiste dans le monde fermé de la religion chrétienne jusqu'aujourd'hui. Si l'Église est perverse à interdire ce à quoi elle se débauche, les philosophes des Lumières n'ont pas refusé (Voltaire en 1er) la création de la police. Les philosophes des Lumières étaient des aristocrates au fait de leur confort à préserver. La police est née de la fin des Inquisiteurs. La création du corps de police laïcise l'obéissance qui n'est plus réservée à l'espace-temps religieux (le dimanche à la messe), mais envahi l'espace (occupe) du travail journalier et du repos nocturne de l'intimité familiale : la police gère les esclaves réfractaires au rendement avec la violence des coups et la torture. La police a repris le flambeau de l'Inquisition.

Julia Kristeva pose avec la croyance, le sujet essentiel qui interdit l'intelligence (la faculté de comprendre) de se développer. Mais en même temps « croit » (sic) à la notion d'ordre (redoute le désordre comme la liberté, de vivre sans autorité) qui demande une « autorité dirigeante » : en d'autres termes, une domination qui interdit l'intelligence de se développer. C'est une contradiction qui se trouve tout le long de son livre et qu'elle résout par son désir d'être sauvée. Car Julia n'a pas connu la jouissance d'être libre même en mai 68.

En +, elle affirme dès la 1ere page, dans sa lettre d'introduction : « le besoin de croire, ce narcotique qui aide à vivre (....) fonde nos capacités d'être... en parlant ». Commencer par une conviction avec le sujet de la croyance est inconséquent. Comme un aveu : « oui, je suis croyante (chrétienne) et je ne peux plus m'en défaire : salvare me (me rendre ma bonne santé). » (La nouvelle psychologie considère-t-elle la croyance comme une « addiction » ? Non, car elle ne peut pas considérer le suicide comme stopper l'addiction à la vie). Les narcotiques qui aident à vivre (agir) sont les antidépresseurs. L'association : antidépresseur et croyance, est véritable, car ils ont la même fonction : celle de soulager un malêtre, un malêtre provoqué par un manque d'explications « à ce que ma vie ne soit pas absurde, pénible et gâchée ». Cette requête pose déjà la demandeuse à être agi par un autre qui empêche l'indépendance et l'originalité de sa réflexion. Quant à la parole qui révèle son secret pour s'emparer de sa volonté, est-ce à dire que ne pas parler annihile le besoin de croire ? Que nenni. Une conviction se cultive dans le silence du remords. Ce qui est parlé : ce sont les opinions de la croyance parlées par l'être croyant. D'autres cultures parlent d'envoutement. Si la parole est le véhicule de la croyance (son médium), alors la psychanalyse, qui prétend être une médecine par la parole, ne repose en réalité que sur un ensemble de croyances (= une connaissance culturelle). Autant alors chanter ensemble et réagir ensuite. Julia Kristeva est aussi à considérer l'être humain souffrant (a priori) être malade (« dominé de sa pathologie, pas celle imposée par la domination politique (non-dit) » (sic) à combattre l'autorité qui le fait souffrir par la punition) et « accompagner le sujet parlant » (sic, est-ce un être humain ?) à la « guérison » (à la maison, scanner son intimité enfantine de souffrances à poser une explication, là il n'y en a pas besoin) autrement dit : à la normalisation sociale de son comportement rebelle (belle encore, mais discriminé, rejeté et expulsé) de manière à recevoir et ressentir cet « assentiment de suffisant (suffisance ?) (...) qu'on tient pour objectif (raisonnable) » est la définition d'Emmanuel Kant de la croyance citée par Kristeva. Oui, la psychanalyse est piégée dans le paradoxe de la croyance. Et en effet Julia est piégée. Son 1er piège est l'espoir. L'espoir d'être sauvée qui finit son livre. S'il y a espoir, il y a attente (patiente) et s'il y a attente, il y a passivité, et s'il y a passivité, il y a demande de domination (de vouloir que quelqu'un d'autre agisse pour soi). Son champ est vaste : de l'intimité familiale (à partir de 2) de la sexualité interdite jusqu'au monde du travail obligatoire des esclaves autogérés qui payent. Avoir de l'espoir, fait attendre du mieux dans le pire qui est (mal) vécu, en endurant sa peine. L'espoir est une abdication d'agir, une abdication à vivre de soi-même. Exprimer l'espoir, signifie : vivre d'inaction et se laisser mourir : un suicide non-instantané. Il n'y a aucune raison de déporter son esprit dans l'idée « d'un futur meilleur » qui est l'idéologie de base des dominations politiques et religieuses. Dominations qui ont instaurées depuis + de 2 millénaires, la schizophrénie de l'improbable pour fixer l'obéissance ou la mort suicide zombifiée dans la dépression.

Je peux citer les perles qui s'enchaînent en contradiction dans son livre à se poser des choix sans choix entre l'enfance « océanique » (la petite fille amoureuse sans savoir ce qu'est l'amour) ou le détachement de l'adulte servile souffrant qui a abdiqué sa vie et l'autre qui en profite où Kristeva pose entre les 2 la jeunesse comme syndrome d'adolescence, dont elle ne sait pas faire son choix qui n'est pas un choix. Pourtant, entre frustrations et épanouissements, il existe un vaste espace-temps dans lequel nous cheminons tous. La vie, sans domination, équilibre les contraires, qui sont les opposées de la même chose (et tourne en rond à se chamailler dans les révolutions). Aussi, la bêtise et l'automatisation des êtres humains tant redoutées par Julia et Kristeva, sont instaurées et banalisées depuis 36 ans à la sortie de son livre et 45 ans aujourd'hui. En réalité depuis le début de notre civilisation occidentale. L'automatisation est née au XVIIIe siècles des Lumières avec les automates***.

Julia Kristeva avec son livre : « Cet incroyable besoin de croire » est un appel à la sauver elle.
Et non un livre pour comprendre le sens et la fonction de la croyance (et pouvoir en sortir).

Pourquoi se mettre dans cet état ? (psychanaliste, elle devrait le savoir, mais sait-on ? ce qu'on prétend)

Notes
* je me répète, logiquement, schématiquement : sur une population globale de 100% d'êtres humains, 50% sont inscrits sur les listes électorales, sur 50% d'électeur, 50% votent, sur 50% de votants, 50% votent à gauche et 50% votent à droite, ce qui pour l'élu revient à 12,5% arrondi à 13% des voies de la population globale. Le « consensus général » est bien un leurre ou un mensonge politique pour préserver (sauver) sa domination et son autorité. Et, nous savons comment les sondages sont manipulés à favoriser le système dictateur : « il suffit de poser les mauvaises questions à qui je veux ». Et, nous savons que les sondages sont un instrument de propagande pour faire croire le faux réel.
** du verbe maladire : rendre malade volontairement. Empoisonner par les mots dits mals à dire.
*** Au XIXe les répressions étaient autant nombreuses qu'aujourd'hui oscillant entre monarchie et empire, le XIXe a été la réalisation de l'industrialisation de l'esclavage massif à la chaîne.

 

 

Nom sans importance, oublié : titre du livre sans importance, oublié
Juin 2014

J'ai reçu l'annonce, d'un auteur au nom que j'ai oublié se disant compositeur qui annonce la publication de son livre (même plusieurs en série (sic) édités par un éditeur : oui !) sur le « monde-musique ». Le concept non-cité n'est pas de lui et suit une trajectoire de Pierre Teilhard de Chardin à Edgar Morin : noosphère, Gaïa, etc.. A première lecture, les postulats (thèses) et les arguments sont insignifiants et inutiles à l'activité musicale. Inutile, cet auteur ne sert pas l'ouverture d'esprit de la musique ni sa compréhension : il enfonce des portes ouvertes et tourne en rond (des choses sues reécrites dans un ordre différent). On se demande : comment est-ce possible qu'une telle pauvreté d'idée sans inventivité et de texte ne soit pas ignorée : reconnue mauvais et inutile à la publication (même à la réflexion abstraite sans support, il n'y a rien d'utilisable) ; au lieu de cela il est publié par un éditeur, polluant l'espace médiatique et ma boite aux lettres (ne m'a certainement pas lu pour m'imposer ça) déjà saturés de niaiseries insignifiantes. Triste triste médiocratie. Ça me désole tellement...

 

 

St Jean (anonyme) : l'Apocalypse (Apocalypsis Sancti Johannis)
1er siècle (?) à 500, traduction française (?) datation impossible

l'Apocalypsis de St Jean
(visible et lisible version illustrée et en Latin à http://www.wdl.org/fr/item/368/view/1/1/)
et la pensée d'Andreï Tarkovski (Andreï Tarkovski – Discours sur l’Apocalypse, Londres 1984)

+ une oeuvre d'artiste est ancienne + nous avons tendance à l'idolâtrer. Je pense entre autres à l'oeuvre Apocalypsis de St Jean qui sans cette idolation serait aujourd'hui considérée comme une BD (bande dessinée). L'ouvrage de « la révélation divine » raconte une histoire de châtiment : « l'achèvement de l’épopée humaine »*. C'est l'idée de l'achèvement qui renforce l'idée d'un temps-durée, d'un temps limité, d'une fin du temps. Avec un châtiment catastrophique (renforcé aujourd'hui, car nous savons que le Soleil s'éteindra dans 5 milliards d'années ainsi que toute vie sur Terre). La catastrophe donne le sens imagé au châtiment. Forme la notion de temps futur. « Les chiffres et certains moments précis sont importants pour la sensation du destin humain, la connaissance du futur ». Les math en effet servent à prédire. S'il n'y avait pas une forte demande de prophétie, il n'y aurait pas (autant) de prophètes. Le désarroi de nos sociétés (contemporaines) humaines (d'Occident ?) force la demande prophétique et considère les ouvrages anciens comme tels (alors qu'ils sont tels qu'ils sont : rien de +). On demande aussi à la science de jouer se rôle ainsi qu'à la majorité des activités humaines de la connaissance-mythe. Rassurer pour espérer. Derrière le châtiment de l'Apocalypsis au fond dissimulé réside l'espoir, l'espoir de la survie. « L'espoir est irrationnel », il ne se perd jamais, que dans ma mort confirmée, surtout face à une réalité catastrophique. La catastrophe au contraire le renforce, l'espoir a besoin du sordide et du merveilleux pour s'alimenter et alimenter notre volonté d'espoir (les films catastrophe et de survie sont en surproduction) : il faut se rassurer de la terreur qui (nous) cultive la constitution de notre perte possible. Ah ah. C'est ça qui motive l'action de se sauver : en provoquant les catastrophes, en les amplifiant : c'est le sens de la vie en communauté : détruire pour espérer. Si on se figure que le bonheur est secondaire dans sa vie, tout ça n'a plus d'importance, on arrête de prophétiser le pire, de dramatiser (ajouter du terrible à un acte qui en soi n'a de sens que ce qu'on lui donne), de « se prendre la tête » pour peu. L'espoir ne sert que la croyance pas la vie. « L’être humain ne vit pas pour être heureux. Il y a des choses bien plus importantes que le bonheur ». « Le romantisme est une maladie. Le romantique embellit les choses par frustration. Dans la frustration je ne crée plus, je m’invente un autre moi-même. Le romantisme est une forme de la schizophrénie ». Elle vient d'un malaise créé en soi par soi (d'échapper à la vie, par des avatars).

(* les citations entre guillemets sont d'Andreï Tarkovski)

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Mary Douglas : De la souillure (Purity and Danger)
1967, traduction française 1971

Les ouvrages qui parlent de la saleté sont rares, même très rares et celui de Mary Douglas « De la Souillure » (Purity and Danger) est le seul dans sa catégorie. La première question qui vient à l'esprit est : pourquoi ? La réponse est simple : c'est un thème très dérangeant et l'expression incontestable du processus de la croyance humaine (la forme de sa bêtise ? occidentale) : notre rapport à la saleté démontre notre fonctionnement fondamentalement crédule. La réponse quant à la saleté de Mary Douglas est sans appel : notre culture de l'hygiène repose sur notre crainte du désordre. Cette crainte passerait pour une pathologie obsessionnelle, si le comportement envers la propreté n'était pas généralisé à tous et quotidiennement. Le propre de la culture occidentale. En effet, tous les arguments avancés pour automatiser le lavage quotidien sont faux : maladie, contagion, dégénérescence, désagrégement, mort, etc. La réponse de Mary Douglas sur ce qui motive l'hygiène des Occidentaux est sans appel : la crainte du désordre pour dominer (des êtres - les femmes, les enfants, les étrangers - et des choses - la nature, l'invisible (dans le noir), les machines, les systèmes, le monde, les idées, etc. -). Et cette crainte du désordre (ou le désir de distinguer pour identifier puis contrôler puis gouverner) est le fondement culturel de notre civilisation occidentale (qui nait (un peu avant) avec la Grèce Antique) et sans doute des autres aussi, voire de l'humanité entière. Le sens de la saleté et son contraire la pureté (la propreté est la laïcisation de la pureté) remonte au début de notre civilisation et s'attache à la sainteté (qui donnera l'adjectif laïcisé : sain qui signifie en bonne santé = sans corps étranger dans notre corps qui manifeste son indépendance - autonomie - dans son parasitage) [1]. Nous apprenons aussi que la racine du mot « saint » a été modifiée par les chrétiens latins. L'étymologie première de sainteté vient de l'Hébreu « qôdeš » et saint de « qadoš » (qui a donné héros) qui signifie : séparé. L'idée originale de la sainteté est la séparation des êtres et des choses puis leur classement et leur ordre (qui finit dans les dictatures de l'intolérance). La force du concept de la sainteté nous permet de comprendre la source de nos comportements sociaux automatisés (sur lesquels on ne réfléchit pas) d'aujourd'hui. Pour l'idéologie chrétienne, la traduction d'hagios a été difficile : comment se séparer de la séparation alors que l'acte ultime du chrétien est la fusion dans (la croyance de) Dieu ? Le passage c'est opéré avec le mot « sanctus » qui signifie sanction (« est saint ce qui fait l'objet d'une sanction, c'est-à-dire d'une loi qui interdit d'y toucher. ») Mais c'est finalement de l'adjectif « sacer », de « sancire » qui signifie : rendre sacré, inviolable, établit par une loi, non profane (profaner signifie pénétrer le sanctuaire - la sanction -, en fait : chercher à se faire punir) qui a été adopté « non sans difficulté » [2]. Etre saint c'est être capable de discrimination, d'exclusion, d'expulsion de la différence, d'épuration, etc. Tous ces mots qui après l'expérience extrême de la Seconde Guerre mondiale et des restes encore vifs de l'Inquisition qui donne entre autres dans « la chasse aux sorcières » (sic) ou « l'expiation (purification) par le sacrifice (le meurtre) du “négro” esclave » icône (humaine ou bête ?) ultime de la saleté pour le Blanc. Le Noir est la représentation de l'invisible, de la bête humaine incivilisée (du désordre absolu intolérable) c'est en ce sens que des organisations comme le Ku Klux Klan (KKK) ont pu s'épanouir et banaliser l'irrespect, le viol, le meurtre et le massacre des Noirs sans être soucié par la loi (les Blancs ont aussi massacré les Amérindiens bien que leur couleur de peau se rapproche du Blanc quand il est bronzé : mais là c'est une histoire de domination hystérique et absolue sur des populations douces et pacifiques). J'extrapole le livre de Mary Douglas, car son grand intérêt est qu'il provoque une réflexion profonde sur le fondement de nos sociétés : il donne la capacité de se poser des questions. Ses lacunes (et parfois ses partis pris qu'elle ne dissimule pas) ne renforcent que le désir de comprendre + et d'aller + loin. Mary Douglas par exemple ne parle pas de la puanteur qui pourtant est la première approche du sale (sans voir : on sent avant d'aller voir (le cadavre)) qui fait : dégueuler, vomir, écoeurer, etc. : environ 45 synonymes pour déclencher le processus automatique du lavage. Ce livre a été écrit en 1968 par une dame issue de la tradition bourgeoise britannique des jeunes filles de l'université d'Oxford et qui n'a jamais participé à aucun soulèvement de la jeunesse de sa génération (contrairement à un Sartre avec de Beauvoir qui prenaient toutes les occasions de manifestations collectives, pour se montrer aux médias), avec un sens de l'humour bien développé et un attachement aux convictions empiriques de l'Angleterre (de l'Empire britannique et de l'empirisme de Locke, Berckeley et Hume), mais qui a la sincérité de le reconnaître dans sa recherche même et c'est en cela que Madame Mary Douglas est une très grande Dame : elle remet en question les limites de son comportement personnel dans la pensée qu'elle développe (elle s'implique, elle implique ses défauts de jugements dans sa recherche : ce qui empêche toute glorification de sa personne, car glorifier le comportement d'une personne « gauche » imparfaite, ridiculise les donneurs de prix (on n'imagine pas le Nobel remis à un idiot, et pourtant)). A ma connaissance, c'est la seule intellectuelle qui a osé cette sincérité, car dans nos sociétés fondées sur l'hypocrisie et la gloire de la « re-connaissance » (le mythe du savoir du savant), il faut un certain courage pour être sincère de son ignorance (sincérité à ne pas confondre avec naïveté) pour encaisser les coups du mépris des savants mâles dominateurs. Mais les coups, ça s'évite. Avec l'humour. [3]

Notes
[1] tout organisme vivant est le parasite d'un autre, plutôt d'autres au pluriel (les êtres vivants sont tous des parasites qui dépendent chacun les uns des autres : ça passe par la nourriture) qui marque sa dépendance aux autres (qui va de la fusion de soi - aujourd'hui on dit : le « déni » - à l'originalité de individu) suivant son degré d'autonomie (qui va de la servitude à la liberté).

[2] Notons qu'aucun dictionnaire : ni le Robert, ni le Larousse, ni Antidote (dictionnaire électronique québécois), ni le Littré (eh oui !), ni le dictionnaire de l'Académie française (eh oui !) ne mentionnent cet « échange » ou tour de passe-passe étymologique, seule l'Encyclopaedia Universalis le mentionne à l'article « sainteté » dont voici quelques extraits :

« La sainteté est soucieuse de classer les grandes attitudes morales. »

« L'étymologie du mot est laborieuse. En latin classique, sanctus (saint) se rattache à sanctio, sancire (sanction, sanctionner), non à sacer, sacrare (sacré, consacrer). Est saint ce qui fait l'objet d'une sanction, c'est-à-dire d'une loi qui interdit d'y toucher. Est sacré ce qui est mis à part, séparé du profane, réservé aux dieux et redoutable à l'homme. “Sacré” désigne l'état de la chose elle-même. “Saint” peut renvoyer à la chose sacrée, mais pour rappeler qu'elle est inviolable et qu'une défense formelle en prohibe le contact. Cependant, le rapprochement des deux termes (perceptible dans le composé “sacro-saint”) finit par amalgamer, par assimiler les notions correspondantes. Du coup, leur signification commune atténue son aspect négatif, accentue son aspect positif : quand une réalité, un homme, un dieu sont déclarés saints, il s'agit moins d'une sainteté de séparation, d'interdiction que d'une sainteté intrinsèque, qui provoque la vénération spontanée ou requiert l'hommage cultuel. On sait que la Bible atteint d'emblée ce concept de sainteté, synonyme de pureté, de justice, de perfection ; le paganisme gréco-latin n'y est venu que lentement. »

« Le saint peut être conçu comme celui qui se dépouille, se détache, se concentre, ou comme celui qui accumule les vertus, les grâces, les mérites. »

« En hébreu, sainteté se dit qôdeš et saint, qadoš, d'une racine qui signifie “séparé” ou, d'après d'autres exégètes, “pur, brillant”, et dont la Septante a rendu la valeur sémantique par hagios de préférence à hiéros. »

« L'Occident latin avait l'adjectif sacer, de sancire : rendre sacré ou inviolable, établir par une loi. De ce verbe est venu sanctus, qui a été adopté, non sans difficulté, pour traduire hagios. Sacer n'est resté que dans les expressions comme Sacrum Imperium (après 1156), voire sacrum fiscum ! L'idéal monastique de sainteté a longtemps dominé ; il consistait à vivre ici-bas la vie céleste. L'étymologie fantaisiste qui faisait dériver hagios de a gè (sine terra, extra terram) se retrouve jusque chez les théologiens protestants du xviiie siècle. Cependant, après Cluny, Grégoire VII, les croisades, le combat pour le règne de Dieu, la liberté et la dilatation de l'Église ont donné un type de sainteté dans le monde. De plus en plus, à l'époque moderne, on a insisté sur la charité active, qui a toujours été l'âme de la sainteté. »

« à l'époque moderne, on a insisté sur la charité active, qui a toujours été l'âme de la sainteté. » ou l'expiation du riche qui culpabilise (pour se défaire de l'image du salaud) qui entretien sa propreté à l'image de la sainteté (dont nous avons vu le sens détourné du mot). La propreté (être bien sur soi avec un comportement décent) l'apparence est un rempart (un masque) à la saloperie de l'action. Un autre exemple : les ONG sont la marque de propreté des saletés (saloperies) politiques occidentales.

« Deux termes arabes sont volontiers traduits par “saint” : iddīq et walī. iddīq désigne le “juste” (cf. le tsadiq hébreu), l'homme parfait devant Dieu autant qu'un homme peut l'être. »

Saint : personne canonisée par l'Eglise : coût 150 000 € encaissés par le Vatican

l'article complet SAINTETE de l'EU 2009

[3] Hygiène est attachée à la croyance : propreté = santé, à sa racine même. Le staphylocoque - bactérie (être vivant à une cellule) qui provoque le pus - doré des hôpitaux prouve le contraire. Les arguments non menteurs du lavage quotidien sont d'abord le plaisir qu'il procure, ensuite le respect envers autres de ne pas puer (par excès ou par manque), c'est-à-dire à ne pas inspirer le dégoût cultivé (par un accord de tolérance conditionnel commun) pour que les autres ne nous fuient pas. L'odeur du cadavre incommode les vivants en société.

 

 

Les Wachowskis : Matrix, V pour Vendetta, Cloud Atlas
Hollywood 1999 - 2012

L'idéologie simpliste des Wachowskis transmise par le cinéma de masse ou la relève du cinéma de propagande

Les Wachowskis doivent se croire intelligents. Quand ils ont pondu Matrix, ils ont dû se considérer comme « les nouveaux révélateurs de la réalité de la condition humaine » sic ! Mais il n'y a pas de quoi se congratuler pour avoir imagé des résistants sionistes (de la ville souterraine de Sion) contre un Dieu mécanique qui asservit l'humanité prise dans l'illusion du confort moderne. Matrix est une interprétation simpliste de ce que représente l'humanité dans un régime totalitaire « sauvée » par un christ chrétien. Mais dans la réalité, les dominations sont multiplent et liées jusqu'aux films des Wachowskis qui donnent l'impression qu'ils s'instruisent (sans doute avec des résumés « reader digest » d'ouvrages philosophiques que les ouvrages eux-mêmes) il n'en est rien. Ils ont une lecture sélective non synthétique qui pioche ça et là quelques fragments pour les images à croire et les racollent [1], peu importe le sens tant qu'elles servent l’idéologie dominante chrétienne. Être en dehors du sens de comprendre permet de compliquer la simplicité pour se faire croire être intelligent et produit de la confusion. La confusion est une forme stratégique connue de la l'éducation et de la propagande : cultiver la désinformation. C'est en ce sens que les Wachowskis ne peuvent (veulent ?) pas comprendre et/ou opèrent une simplification qui ne sert pas à comprendre, mais à dicter une explication qui nous le voyons a + le but de glorifier leurs personnes américaines dominantes du monde par leur cinéma spectaculaire que de comprendre le monde. Avec V pour Vendetta, on comprend le poids du mot « édulcorer » quand on compare la BD originale avec le film (Alan Moore n'a pas de chance, il s'est fait détourner (édulcorer) et voler 3 de ses scénarios de BD) pour faire passer la pilule qui tord la réflexion en une diversion (un divertissement) autrement dit un dénigrement de la pensée et du discernement pour maintenir la mise en danger permanente de la domination (danger du latin « domnarium » signifie : domination). Dans le cas contraire ils ne produiraient pas un cinéma vulgarisateur qui confond les notions, effacent les idées révélatrices ou les assemblent à les rendre incompréhensibles. Incompréhensible parce qu'ils ne veulent pas les comprendre comprendre [2] (et s'en moquent) et vulgarisateur parce que ce cinéma soit financé par les fortunes qui gouvernent les armes de guerre. Le cinéma est l'industrie majeure de la propagande chrétienne dominé par les Américains. Matrix représente Dieu (machinisé) qui pompe nos énergies vitales : qui est celle d'être obligé d'être employé (esclave) à être con-vaincu de la (fausse) nécessité de « gagner de l'argent » (travail obligatoire) pour payer sa place de cinéma (+ les dérivés) à se faire endoctriner servant le développement de l'industrie mondialisée de l'armement (mais qui : finance l'offensive de Sion ? des rebelles lourdement armés) par un cinéma infantilisé de masse (Disney l'oligopole en première position). C'est-à-dire le cinéma infantile qui édulcore (atténue par le sucre) toute pensée de sens (sans sucre ajouté) qui sans cela annihilerait l'industrie de la bêtise cuculifiée du confort moderne (qui ne lit pas et ne pense pas, mais obéit) des spectateurs éduqués à se bêtifier. Leur dernier film Cloud Atlas est aussi un assemblage de citations dans un film - d'aventure qui lutte contre des fascistes (mot jamais prononcé) - qui veut expliquer que : le monde temporel répète éternellement les mêmes actions à différentes périodes de l'histoire ; pour dire que quoi que l'on fasse, « la domination est dans la nature des choses ». Drôle d'idée et mauvaise idée ? pas vraiment, car il s'agit d'annihiler tout désir de liberté (des spectateurs obnubilés) : « c'est pas la peine de lutter, la liberté perd toujours » sic et faux ! Curieux que Noam Chomsky n'ait pas pointé ce « gros » cinéma de propagande ? Nous le savons : se croire intelligent est le premier signe de la bêtise. L'arrogance hypocrite est le 1er sentiment dont le croyant se pourvoit pour protéger sa croyance qui n'est pas la sienne. Le réel problème, est que de telles personnes sont réputées et comme les Wachowskis le disent eux-mêmes dans le film Cloud Atlas : « toi le servant, tu n'as aucun pouvoir contre la (ma) réputation ». Il n'y a pas que les Wachowskis : tout le cinéma américain et américanophone (<= mondialisation) « réputé » (même d'ailleurs) va dans le même sens (de cette propagande infantilisante et dominatoire) pour gouverner les populations au travail de la guerre.

Nous ne reparlons même pas de la trilogie (!) Matrix où l'idéologie du film est basée sur le principe chrétien de l'élu et de la croyance « nécessaire » (sic, aïe) : 2 idées appartenant exclusivement au christianisme (dominant depuis 2 mille ans) avec celle monothéiste de la salvation qui est le principe fondateur de la domination pour la mise en esclavage des populations pour les employer à la guerre. L'emploi, être employé ne se réfère qu'à et que pour l'activité guerrière. Remarquons en passant, la banalisation de l'utilisation massive (excessive) des armes à feu dans le cinéma américanophone qui contrairement au tabac : fumer est une activité passive improductive opposée au travail (d'où la campagne massive mondiale antitabac qui mesure l'importance attachée l'industrie de la guerre) et à l'autotorture, car c'est un plaisir est incompatible avec le travail d'employer un être humain à agir contre son gré en le corrompant par l'argent avec de petits gains pour le piéger dans le crédit de la surconsommation d'objets inutiles de pouvoir cru, telles les armes à feu qui déclenche le principe de l'élu (le pouvoir par les armes) de la croyance = se soumettre à une idée insensée et la défendre en échange de sa vie (= bêtise) et de la salvation : de la misère de la guerre créée par les dominations politiques pour justifier leur gouvernement et la fausse nécessité de mettre en esclavage toute la population : « croit en l'élu qui va te sauver » aîe, laisse moi fumer.

La croyance est une maladie de l'esprit injectée par les religions monothéistes (surtout chrétiennes musulmanes et bouddhistes) pour employer les êtres humains contre leur gré à la guerre pour envahir et convertir toutes les autres cultures à la sienne. Nous occidentaux sommes TOUS des assassins. Depuis 2 mille ans.

 

Notes
[1] Coller ensemble par incohérence des images valorisées du camp ennemi pour attirer (prendre par le cou) par des moyens publicitaires (publicitus = authorité publique, ordonnance du pouvoir politique au public) malhonnêtes (obnubilés) pour enrôler par la force et par surprise pour employer occuper les populations en esclavages volontaires à la guerre (sens attaché à la prostitution).
[2] Toutes les philosophies résistent contre la bêtise et le danger de la croyance obnubilée (= entraver les facultés mentales par le masque du mensonge) monothéiste. Depuis 2 mille ans, nous vivons en permanence dans le danger.

 

 

Konrad Lorenz : 3 essais sur le comportement animal et humain
Le Seuil (1970)

composé de :
« Sur la formation du concept d'instinct » (1937) Konrad Lorenz critique les théories passées de Spencer, Lloyd Morgan, McDougall, etc.
« Le tout et la partie dans la société animale et humaine » (1950) Konrad Lorenz critique la Gestalttheorie (la psychologie de la forme) attachée au comportement.
« Psychologie et phylogénèse » (1954) Konrad Lorenz attache la théorie des systèmes à la psychologie de la parenté dérivée de la théorie de l'évolution : créer des liens entre les espèces.

Derrière un style lourd (beaucoup de mots qui n'apportent pas, à mieux à comprendre) Konrad Lorenz dans son livre « 3 essais sur le comportement animal et humain » croit à l'être au « mécanisme déterminé », à « l'automatisme endogène » (s'il était exogène, on serait des marionnettes ou des mécanismes sans conscience ni indépendance, quoi que...), au « déclenchement inné » de l'acte prévisible, à la « formalisation des mouvements d'intention » c'est-à-dire au classement de la prédictibilité de ses actions, à « l'être systémique », etc., en gros à la machine prédictible ou à l'être-machine prévisible. Cette croyance au déterminisme « dur » c'est amenuisé à partir des découvertes d'Henri Poincaré fin XIXe, du théorèmes d'incomplétude de Gödel en 1931, de l'univers en mouvement expensif (« la mécanique quantique » aidant, bien qu'il n'y est rien de mécanique ni de quantifiable dans ce micromonde où rien n'est prédictible - contre « l'Univers ordonné » désiré d'Einstein de « la relativité générale » découverte par Henri Poincaré et David Hilbert) dans la perception d'une cosmologie à l'ordre indéterminable. On s'est rendu compte que le contrôle absolu des êtres et des choses est une illusion ou une arrogance (se gouverner et gouverner n'est pas absolu) : une très grande part d'incompréhensible et d'inattendu font partie de la vie. C'est la part excitante et passionnante de la vie à vivre : être surpris. Heureusement aujourd'hui cette croyance à la bête-machine et à l'homme-machine est obsolète (pas tout à fait). Le constat d'imprédictibilité est une évidence qu'il est difficile de masquer (cette imprédictibilité combattue d'abord par les stratégies militaires avec les astrologues jusqu'aux scientifiques d'aujourd'hui : le rôle des probabilités dans la manipulation de l'opinion publique ou de la prédiction des fluctuations du marché d'investissement est monnaie courante) même si l'idéologie mécaniste du XIXe siècle perdure dans les esprits en mal de contrôle du monde : de l'Ordre (des choses) qui s'épanouit politiquement dans le régime totalitaire d'annihilation systématique de toute liberté individuelle. Mais dans cette vision (projection de l'ordre dans le classement) idéaliste, il y a des animaux et des humains qui ne rentrent pas dans l'endoctrinement d'un contexte conditionné (ou contrarier la liberté du développement du soi animal et humain d'expériences et de réflexions). L'arrogance humaine pense être détachée de l'animalité par supériorité (laquelle ?). L'idée que l'espèce humaine est convaincue d'être supérieure à l'espèce animale qu'elle nie être, n'aide pas à comprendre pourquoi de tels comportements existent. Le scientifique humain ou l'éthologiste est convaincu que l'animal agit instinctivement : qu'il n'a pas la réflexion comme l'être humain : mais comment peut-on en être convaincu a priori ? La communication (la mutuelle compréhension de l'autre) est quasi nulle ou reste à un état de croyance de communication qui généralement va dans un seul sens : apprendre le comportement humain aux chimpanzés (qui d'après une mécompréhension de la théorie de l'évolution de Darwin serait l'espèce animale la plus proche de l'Homme (apparence et ADN confirment-ils une relation unique ?) : c'est vrai, entre l'aspect d'un cafard et celui d'un singe autant choisir le singe, dans sa forme perçue). Les propositions de compréhension du comportement animal et humain, dans ce livre restent pauvres, voire nulles : elles n'enrichissent pas le savoir sur le comportement, mais guerroie d'anciennes théories obsolètes tout en considérant les êtres vivants comme des robots : des mécanismes puis des systèmes aux actes prédictibles qu'il nomme : instinct. L'instinct imprédictible n'existe pas ? Sans doute, il paraissait important, à l'époque de contredire des théories en vogue qui ne le sont plus aujourd'hui, bien que les questions du comportement animal-humain restent toujours sans réponse. Il faut noter que la notion de « réaction instinctive » a donné en informatique : « l'interactivité » (si je fais ça, il se passe ça) de l'homme-machine-algorithmique, en vogue dans les années 1990 dans le domaine des arts et qui se perd au XXIe siècle (les réactions des programmes informatiques - robots - sont trop prévisibles).

Quelques ouvrages liés à l'essai et de compréhension du couple indéterminisme/déterminisme (bien qu'aujourd'hui obsolète puisque nous savons qu'ils sont mêlés) :
Henri Atlan : Entre le cristal et la fumée (1979)
Jacques Monod : Le hasard et la nécessité (1970)
Ivar Ekeland : Le calcul, l'imprévu (1984)
Paul Guillaume : La psychologie de la forme (1979) peu d'ouvrages en français sur la Gestalttheorie qui fut plus une préoccupation germanophone.

 

 

Eric Tissier : Etre compositeur, être compositrice en France au 21e siècle
L'Harmattan (21 décembre 2009)

Les solutions d'Eric Tissier restent naïves quant à l'épanouissement de la musique en France tout en reconnaissant l'autorité politique que les compositeurs ne reconnaissent pas. L'enseignement et la diffusion de la musique savante sont fortement dominés par l'État et son administration. En France c'est un monopole. Surtout dominés par des mentalités conservatrices (des conservatoires de musique et des directions musicales inappropriés à la création contemporaine impliquant tout le réseau de fabricants d'instruments de musique et d'éditeurs de partitions du passé et des sociétés de droits d'auteur qui en dépendent économiquement) et qui ont une peur bleue de laisser entrer dans leurs instituts, les compositeurs vivants originaux (différents) et individualistes (qui ne ressemblent à personne) qui pourraient en une phrase détruire la légitimité de leur position de domination et leur économie : d'où le rejet de la culture de l'originalité. La politique de maintenir les compositeurs originaux dans la pauvreté, les empêchant à ce que leurs compositions voit le jour, n'a qu'une seule signification : celles et ceux qui ont « trimé » pour un poste de pouvoir, ne le lâcheront jamais pour se faire détruire par une originalité artistique qui ne concorde pas avec ses directives. C'est une guerre de plus de trente ans entre l'Administration de la République française avec ses prolongements associatifs et les artistes indépendants originaux non corrompus compositeurs de musique envers cette : politique culturelle de domination (qui est un pléonasme). Mais pourquoi la politique s'intéresse tellement à dominer et soumettre la création artistique ? Car les arts ont le pouvoir de faire resurgir le sens de la liberté en chacun de nous, ce qui est contraire au modèle hiérarchique de l'obéissance absolue de notre société esclavagiste.

extrait de sa conclusion avec annotations de Mathius Shadow-Sky [pdf 79Ko]

 

Gustave Le Bon : Psychologie des foules
(1895)

Dans la tradition des ouvrages sur la psychologie de la persuasion, ce livre n'a pas pu ne pas aider à la formation des tyrans du XXe siècle : sa simplicité, son ton affirmatif et révélateur ne peuvent pas être plus convaincants. Est-il toujours d'actualité plus de 100 années après ? ses opinions se retrouvent aujourd'hui dans le mot « public » (pas foules et plus peuple ni fidèles) avec son « poids », ses « opinions » (haut lieu d'idées inculquées par les images), son « lien social », etc., bien récupéré par les économies capitalistes invasionnistes. Le cynisme que ce livre produit à sa lecture fait penser de l'auteur que son intention était plus de propager une idée que d'approfondir une recherche : celle de la foule agissant sans réflexion, autonome de l'individu. Une idée qui s'est propagée dans les têtes des futurs tyrans gouvernants et dont la suggestion semble avoir fonctionné : le XXe siècle gagne en totalitarismes et en absurdités destructrices de masse. En même temps, on ne peut donner tort à cet ouvrage, par le fait que notre civilisation n'évolue pas dans la raison, mais continue à faire souffrir son plus grand nombre d'individus dans l'injustice, inclus dans les foules. Il répond à Etienne de la Boetie à propos de la servitude volontaire incompréhensible, formulé en 1549 « Pour le moment, je voudrais seulement comprendre comment il se peut que tant d’hommes (...) supportent un tyran seul qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent ». Voici la réponse de Gustave Le Bon : « la foule a besoin d'être menée et maltraitée au prorata de son obéissance, mais par un meneur uniquement donnant l'impression d'être fort et puissant, sachant se donner en spectacle et donner l'illusion aux foules de se “sentir fortes et en puissance”, sinon il sera déchu ». Sa réponse est plus une opinion qu'une compréhension de l'espèce humaine et la collection de tyrans du XXe siècle défile devant nous. Emile Cioran, fait écho à cette démence humaine disant dans son Précis de Décomposition en 1949 : « une idée en elle-même est neutre; mais l'homme (de la foule ?) l'anime, y projette ses flammes et ses démences; impure, transformée en croyance, elle s'insère dans le temps (...) ainsi naissent les idéologies, les doctrines, et les farces sanglantes. » Toute la part raisonnable possible donnée par les philosophes à nos sociétés depuis l'Antiquité est balayée d'un jet par une foule démente et ingouvernable qu'elle soit composée de savants ou d'ignorants revient au même. La foule est une entité à part qui définit ses propres caractères, mais jamais ceux de la raison : une assemblée de savants donne le même résultat qu'une assemblée d'ignorants. Fabulations, courage, mythes, croyances, intolérance, violence, émotivité, apitoiement (je pense aux dons massifs pour les victimes du tsunami dans le Sud-Est asiatique en 2004), etc., sont une partie des motivations qui animent les foules; et personne ne semble y échapper d'après Gustave Le Bon en 1895.

Dans le livre 2, Gustave Le Bon révèle sa propre idéologie, son mépris pour le « petit peuple » qu'il confond avec les foules du livre 1. Il s'éloigne de son sujet en jugeant l'éducation scolaire comme néfaste pour les classes inférieures, car elles engendrent des anarchistes ennemis de la société (sic) que la majorité des criminels sont des intellectuels (sic), car refusés dans les hauts postes de la fonction publique (sic). Il préconise la formation professionnelle comme seule éducation possible (sic). Il reste évasif quant aux institutions, les déclarants inutiles, mais immuables ainsi que le rôle du temps, des traditions et des « races » (mot aujourd'hui tabou) sont traités à l'emporte-pièce avec des formules convaincues, mais évasives. Des foules éduquées pour Gustave Le Bon sont un paradoxe inacceptable qui détruirait son idée de la foule irraisonnable profondément inculte. Mais ce livre 2 prend plus la forme d'un manuel pour le contrôle des foules qu'un approfondissement de la recherche sur l'entité de la foule indépendante d'une somme d'individus du livre 1. Ce qui est frustrant pour un lecteur avide de comprendre s'il existe un comportement particulier et unique de la foule indépendant de la somme d'individus. Aujourd'hui, nous pouvons constater l'action de foules hétérogènes raisonnables qui se rassemblent sous des pétitions à caractère internationales contre des abus d'autorité de tyrans démasqués. Ou des « sit-in » de protestations sans violence ni agitation superflue de personnes indignées rassemblées en foule qui contredisent les théories de Gustave Le Bon.

 

 

Michèle Reverdy : Composer de la musique aujourd'hui
(Klincksieck, 2007)

Quel plaisir pour un compositeur de lire les idées, les déboires, le vécu, les opinions, les expériences, etc., d'un autre compositeur son contemporain (ici une compositrice née en 1944) et écrits de sa main. Depuis le début de ma carrière, je n'ai jamais eu l'occasion d'échanger des points de vue avec une ou un confrère de façon approfondie. Ces ouvrages sont tellement rares. Le plus souvent, les ouvrages de compositeurs se réduisent à une interview ou à des théories impersonnelles, plus qu'à écrire soi-même la révélation intime de sa pratique créatrice dans le contexte dans lequel nous vivons. Enseigner, n'est-ce pas transmettre ses expériences plus que ses convictions ? Le livre de Michèle Reverdy, malgré que je ne partage pas sa méthode compositionnelle (principalement avec des instruments de musique du XIXe siècle et sur la base d'accords) est très touchant, car il révèle le métier : comment aujourd'hui il est méprisé et dominé par des incompétents ignorants de la musique et comment malgré les obstacles insupportables (éditeurs, programmateurs, société de droit d'auteur, commanditaire, interprètes, etc.), elle tient bon pour le plaisir que lui apporte la création de sa musique. Malgré nos divergences stylistiques où elle se maintient dans le développement de l'expression traditionaliste de la musique classique contemporaine, nous rencontrons les mêmes problèmes comme ceux de faire entendre nos créations (et correctement jouées) et d'en vivre et nous défendons les mêmes idées à propos de la musique, comme le regret : de son automation, de la facilité ou de l'usage exclusif des stéréotypes, etc. Choisir le métier de compositeur est un acte de courage, car nous sommes méprisés de tous (je parle comme Michèle Reverdy, de celles et ceux honnêtes avec leurs créations et non pas de tous ces parasites « néo-machin » qui copient et produisent des fadeurs ennuyeuses par manque d'intelligence et d'imaginaire, mais qui s'emparent des places qui pourraient nous faire vivre décemment et nous donner des moyens de réaliser nos oeuvres tout en épanouissant la musique). La tolérance et l'appréciation des différences, toutes présentes : n'est pas à la mode.

Ce livre est un vrai plaidoyer sans le revendiquer, pour le métier de compositeur et dont l'enseignement en France laisse terriblement à désirer. Les places de classes de composition son plus confiées à des diplômés qu'aux compositeurs eux-mêmes. Sans mépris ni rancune, Michèle Reverdy décrit la situation de composer aujourd'hui : qui demande une foi sans tache dans sa musique pour braver tous les obstacles entachés d'humiliations. Alors que la musique en elle-même offre la possibilité du partage et de la sympathie par sa vibration, elle est reléguée dans une pratique médiocre et autoritaire où la valeur n'est plus dans la musique elle-même, mais dans le narcissisme de ses belligérants. Ce livre pourra faire comprendre aux néophytes dans quelle médiocratie culturelle règne la musique qui par une histoire mouvementée a été trahie même par ses compositeurs. Sans le savoir (?), certains ont généré et alimenté le désastre dans lequel nous nous débattons aujourd'hui

 

 

Nathalie Heinich : L'élite artiste
(Gallimard, 2005)

Le cas Heinich.
Le statut de l'artiste est un sujet ambitieux et pratiquement incernable même par l'artiste [1]. l'artiste a une tendance fâcheuse à se dérober aux définitions. Il faut être armé d'une grande conviction de ses propres capacités d'analyse pour comprendre l'impalpable. L'artiste fuit le signifié et les notions. Les livres sur le statut des artistes sont rares, voire inexistants. J'ai acheté ce livre en tant qu'artiste pour savoir ce qu'une sociologue raconte sur les artistes. Et je ne suis pas au bout de mes surprises. La première chose qui m'a frappé est que Nathalie Heinich se fie à des romans pour décrire le statut de l'artiste romantique au XIXe siècle. Elle tire des informations d'un contexte imaginaire (le roman) pour affirmer des faits : c'est un procédé assez curieux pour une analyse historique et sociologique des faits réels. Nous présupposons tous que le romancier qui va prendre un artiste pour personnage de son roman, va lui appliquer une histoire haute en couleur pour intéresser son lecteur. L'intérêt du romancier c'est qu'il soit lu. Donc, déplacer des informations d'un contexte pour les introduire dans un autre contexte, ne peut qu'induire en erreur. Cela parait tomber sous le sens, mais pas pour Nathalie Heinich qui utilise les romans (comme documents) pour décrire la « réalité » d'un mouvement artistique. Ce type de procédé ne peut qu'entretenir l'image romanesque de l'artiste dans l'inconscient collectif, dont l'artiste veut se défaire, mais qui lui colle à la peau, à cause de personne comme Nathalie Heinich qui entretient le mythe de l'artiste incompris et fou. Des stéréotypes faciles pour éviter les questions qui dérangent (comme l'organisation de nos sociétés).

Dans une autre dimension Nathalie Heinich, semble vouloir construire une modélisation systémique afin de « reconnaître » automatiquement le statut de l'artiste. Elle utilise des « régimes » qu'elle pose en catégories de « compétences profondes » (sic). Ainsi que des « ambivalences » (pour ne marquer que des choix et des contradictions binaires). Cela, dans une catégorisation systématique, mais qu'elle rejette en fin de première partie de son ouvrage : son souhait n'est pas accompli : typer les compétences pour les percevoir imbriquées dans un individu ou à l'opposé. Au contraire, Nathalie Heinich classe hiérarchiquement ses « régimes » afin de bien les distinguer : du régime artisanal, du régime professionnel, du régime vocationnel, et du régime de singularité, opposée à celui de communauté. Elle pose souvent des « ambivalences » où l'un se retourne dans l'autre et annule la logique de son système comme -1+1=0. Un système ne fonctionne qu'en logique opératoire, sinon il ne fonctionne pas. Le trop peu d'éléments de son système montre une simplification qui ne peut que donner une identification grossière du statut social de l'artiste. Mais elle s'en dérobe, affirmant qu'il s'agit d'un système de valeur « d'un pôle à un autre » et de combinatoire. Argument facile qui frise la mauvaise foi. Mais en quoi est-ce nécessaire : l'identification statuaire de l'artiste ? sinon pour un contrôle. L'artiste a toujours refusé les étiquettes qu'on a voulu lui apposer et ce n'est pas aujourd'hui que nous allons abdiquer. Le maniement de l'ambivalence ne peut pas expliquer les paradoxes de l'art Nathalie Heinich, ce n'est pas aussi simpliste que ça.

Apparait un autre régime difficilement compréhensible : le « régime axiologique général » (axiologique signifie relatif à la science et la théorie des valeurs morales, opposé à ontologique qui est relatif à une partie de la métaphysique qui s'applique à l'être en tant qu'être, indépendamment de ses déterminations particulières) ce serait donc un régime (une « compétence profonde ») général de valeurs morales ? Ou est-ce simplement un système de valeurs, mais lequel ? Nathalie Heinich nous le dit pas.

Ce qui est gênant dans le style de Nathalie Heinich, c'est qu'elle semble convaincue de sa démonstration avant de nous l'avoir démontrée. Elle est convaincue sans vouloir savoir que le lecteur ne l'est pas. Cette manière d'écrire invalide tout argument qui se décroche au fur et mesure de la lecture, car aucun ne soutien l'autre et ne consolide aucune cohérence.

Nous nous sommes posé la question. A qui s'adresse ce livre ? A une démonstration universitaire ? Pour impressionner des étudiants ignorants ? Nous avons même soupçonné une éventuel intention cachée de cet ouvrage. Celui de se donner une utilité politique pour statuer définitivement des artistes, en les plaçant dans les cases correspondantes pour une imposition efficace de l'Administration ? Pour une promotion ? S'il s'adresse vraiment aux artistes, est-ce pour que votre livre reçoive la critique de votre incompétence ? Difficile à croire. Le dessein de ce livre, demeure obscur.

Je n'ai jamais lu un essai aussi subjectif qui cherche à prouver sans arguments solides, voire incohérents, un fait inutile. Le statut social de l'artiste. Dans le cadre d'une Maîtrise, ce travail serait à revoir dans sa totalité. Dans la reprécision de la motivation des arguments, dans la méthode d'investigation, dans la méthode de développement des arguments, aussi acquérir un savoir solide sur la théorie des systèmes et de la modélisation, et enfin peser l'intérêt réel d'un tel sujet. Il y a quelques raisonnements incohérents comme à la page 104, qui donne l'avantage à l'incompétence, pour authentifier l'authenticité artistique. Nous avons relevé aussi des absurdités sur le célibat « nécessaire » de l'artiste, ainsi que la critique d'un « trop » grand nombre d'oeuvres médiocres ; ce à quoi nous répondons : le problème ce n'est pas le nombre d'oeuvres médiocres produites, le problème est que ces oeuvres médiocres sont rendues accessibles au public et considérées comme des oeuvres de qualité dignes d'être montrées, au détriment des autres. Nous avons relevé une autre absurdité sur l'inspiration artistique, qui serait selon Nathalie Heinich, en opposition au travail. Dans ce cas, toute création serait impossible. Aussi, Nathalie Heinich, mentionne le jugement irréfléchi que la paupérisation des artistes est dû à leur surnombre. Mais cela ressemble plus à une incompétence politique à gérer un groupe d'individus, qui refusent de l'être. Mais les incohérences de Nathalie Heinic, tombent toutes sous le sens, si elle se base sur des romans et des contes, pour cerner le statut de l'artiste réel, c'est-à-dire, réglementer son fonctionnement.

Nous nous sommes arrêtés à la première partie sans aller plus loin. Car nous avons des choses plus importantes à faire, que de lire des âneries. C'est peut-être le moment maintenant de questionner les éditeurs. Pourquoi Editeurs, éditez-vous des ouvrages inutiles et médiocres ? Par l'obligation de la position sociale de l'auteure : directrice de recherche au CNRS ? : oui : nous sommes bien dans un Etat médiocratique.

 

[1] voir : "l'artiste avec son rôle"
in "situations contextuelles confrontées à la volonté créatrice"
in "Dans le ciel, le bruit de l'ombre".

Repris et précisé dans Le Mouvement du Monde

 

Nicolas Darbon : Les musiques du chaos
(l'Harmattan, 2006)


Sujet prometteur et travail bâclé.
Il ne suffit pas Nicolas Darbon de taper sur Internet dans un moteur de recherche dominant « Musique & chaos », de copier les textes résultants et les coller ensemble pour faire un livre. Les Musiques du Chaos est un ouvrage insuffisamment documenté et dont les informations pêchées n'ont aucune liaison ce qui ne révèle pas grand-chose du concept même de chaos, mais le survole d'anecdotes, colle même des compositeurs qui ne s'attachent pas au concept comme Iannis Xenakis (musique stochastique) ou György Ligeti qui n'a pioché que quelques figures pour l'expérience. Pourtant, le mot chaos renferme en chacun de nous tout le fantasme de ce que pourrait être capable la liberté, une fois relâchée au-delà d'une complexité de bon goût. Beaucoup de musiciens en dehors du réseau institutionnel, se sont attachés à créer des musiques incontrôlables issues de l'idée du chaos et qui revêtent des formes très variées : rien, aucune mention de leurs travaux : il fallait trouver le courant avec tous les noms concernés et reliés par leur pratique du chaos. Il n'est en aucun cas question, non plus dans ce livre du vide ou de la confusion chaotique existant dans la création musicale : du processus même de création de la musique (qui apprivoise le chaos) et dont personne ne parle jamais. Pourquoi les éditions l'Harmattan publient ce type d'ouvrage inachevé ? Cela n'alimente en rien la connaissance de la musique. N'y a-t-il aujourd'hui que la médiocrité qui se publie ? Nous attendions une véritable recherche approfondie sur le sujet et non un survol bâclé, détourné et peu documenté.

 

 

Eric Dufour : Qu'est-ce que la musique ?
(collection : Chemins Philosophiques aux éditions Vrin, 2005)

Les incompétants et les tricheurs du savoir.
La lecture de ce petit ouvrage nous a étonné comparée à la renommée de la maison Vrin. En effet, le titre même est en porte à faux avec son contenu et aurait pu être « qu'est-ce que la musique occidentale savante » qui bien même ne répond pas à la question dans le livre. L'auteur ne parle qu'avec des lieux communs qu'il s'approprie et les maquille en concept. Un exemple à la page 10 qui serait la thèse du livre où il dit : « le divers qui apparaît à la sensibilité, c'est-à-dire le donné sensible, ne peut être identifié, déterminé, qu'à travers les concepts dont nous disposons c'est-à-dire notre connaissance. » Du beau mot pour exprimer le lieu commun que : nous ne pouvons percevoir ce que nous ne connaissons pas (ce qui est faux avec l'exemple des enfants), sont des restes risibles qui proviennent d'une intelligence conditionnée. Bref, un livre qui ne sert en rien la connaissance de la musique, mais plutôt la misère de son auteur et une maison d'édition (nous l'espérons) qui s’est faite trompée. La musique n'est pas la partition qui n'est que le projet pour la réalisation d'une musique et, la question de savoir qu'est-ce qui identifie l’œuvre musicale reste d'un intérêt secondaire en regard de la question posée : « Qu'est-ce que la musique ? ». Question qui appelle à une recompréhension d'une pratique reléguée aujourd'hui à une diversion. Dans son second chapitre sur la musique et le langage, l’auteur aurait dû prendre connaissance des recherches en linguistique à partir de Ferdinand de Saussure. La question de la musique en tant que langage a été résolue : la musique n'a pas de signifié ou un signifié très pauvre et uniquement dans un contexte fonctionnel. La musique ne propose pas du sens, mais du sensible à la reconnaissance de variables qui nous font impression(s) ou pas. À l'heure où la musique côtoie les sciences cognitives, le livre d'Eric Dufour est une accumulation d'insignifiances et n'explique rien. Nous imaginons qu'il ne doit pas y avoir beaucoup de musicien-philosophe à qui cet ouvrage aurait pu être confié aujourd'hui pour que cet auteur s'en empare ? Nous constatons en effet que nous nous sommes engouffrés dans une ère de médiocratie, où le bon sens et l'intelligence ont été abandonnés au profit d'un contentement limité à l'insignifiance. Nous ne pouvions rester muet quant à la pauvreté de cette publication (qui représente une situation globale préoccupante). Toute la collection « Chemins Philosophiques » semble être une escroquerie commerciale : comment faire comprendre des concepts si fondamentaux dans si peu de page et par des incompétants ?

 

 

Jacques Rancière : Le partage du sensible, esthétique et politique
(La fabrique, 2000)

L'insignifiance derrière la philosophie.
Nous sommes étonnés de constater que le philosophe Jacques Rancière s'attarde à des thèmes pas vraiment utiles pour la communauté concernée ou qui n'alimentent pas la situation actuelle de crise, de médiocratie, ou de politique culturelle autoritaire. « Le partage du sensible, esthétique et politique » est un exemple de sujet dont les personnes concernées ne le sont pas : surtout ceux agissants dans le domaine de l'art et de la politique. Soit c'est un texte hypocrite : chacun sait que la politique ne partage jamais et surtout pas avec l'art : les politiciens veulent le pouvoir sur les autres et les artistes le pouvoir sur leurs oeuvres : le contraire de la même chose où chacun est positionné en ennemie de l'autre : l'artiste redoute autant le politicien qui redoute l'artiste. Soit c'est un texte condescendant qui écrit pour ne rien dire (abusant de sa notoriété pour un parterre d'admirateurs /trices) et qui caresse l'approbation et la présence du philosophe dans la politique culturelle médiocratique. Recevoir sa subvention et son temps de présence « d'antenne » qui entretient sa gloriole intellectuelle. Mais dans les deux cas, le philosophe soutient la déchéance des arts provoqués par une politique autoritaire de l'Etat financier. Et nous en sommes profondément désolés, surtout après avoir lu son ouvrage « le Maître ignorant » (1987) où il développe que le savoir ne réside pas dans l'accumulation de celui-ci. Le partage du sensible ne peut se faire que de concert, sans marque de clan : sans ennemi. Où le politique et l'artiste deviennent des humains débarrassés de leurs personnages à fonction sociale : ce qui demeure impossible puisque leurs rôles sociaux disparaitraient et dans ce cas ne pourraient pas produire du sensible identifié même identifiable. Politique et arts restent incompatibles dans un système social de domination. Jacques Rancière serait-il devenu le philosophe contemporain de l'insignifiance ? Avec l'inconscience en plus de vouloir l'expliquer : expliquer la justification de la perte du sens par des textes illisibles dont se détache toute curiosité et l'intérêt du lecteur concerné. « La métamorphose des Muses » (sonic process 2002) va dans le même sens : une commande que personne ne lira jusqu'au bout et qui n'alimente rien, juste « le monopole de l'apparence » que dénonçait Guy Debord sur le spectacle social de la consommation. Constatons que les textes de et sur l'art sont infectés par l'insignifiance, sans doute pour une nouvelle expression : « l'art de l'insignifiance » qui envahit les marchés. Et dont le philosophe Jacques Rancière se fait malgré lui l'un des chefs de file ?

voir notre sens de l'insignifiance

 

Simone de Beauvoir : Le deuxième sexe
(Gallimard, Paris 1949)

Le premier livre pour comprendre la domination masculine et ses ravages.
Le deuxième sexe est une étude remarquable sur la sexualité humaine dont tout adolescent et adolescente devrait lire pour se libérer des préjugés dans lesquels il et elle a été éduqué. C'est le premier ouvrage aussi complet que possible qui montre les ravages du sexisme dans nos sociétés. Décrié et critiqué à sa sortie par les dominants bousculés dans leurs idées préconçues, il a permis le retrait de la loi hypocrite (votée par des mâles dominants) contre l'avortement, et bataillé par Simone Weil. D'une écriture fluide et sans animosité, Simone de Beauvoir décrit les contradictions dans lesquelles les « femmes » se sont fait piéger et perpétuent leur calvaire. Nous apprenons entre autres que l'établissement de la psychiatrie est liée à la privation de liberté des femmes (et des artistes) qui se réfugiaient dans « l'hystérie ». Simone de Beauvoir fait souvent un parallèle avec l'esclavage (des noirs américains) qui est la même forme de domination de privation de liberté. Ce qui renforce l'actualité de son ouvrage est que nos sociétés contemporaines produisent toujours de l'esclavage qu'il soit racial, sexiste, générationnel ou social, etc. Nous savons aujourd'hui que le racisme (la haine de la différence) produit la hiérarchie (dont les plus haïs sont au plus bas de l'échelle sociale) et la hiérarchie « l'ordre social » produit l'obéissance. Simone de Beauvoir montre magistralement l'imposition du genre sexuel et l'acquisition de nos attitudes qui s'y attache dans le processus de son éducation permanente. Le masque de la domination est tenace et ce livre nous permet de constater qu'en 2500 ans de civilisation occidentale, il n'y a eu aucune évolution du bon sens : 2500 années après, le sexisme et l'esclavage dominent encore l'organisation de nos sociétés.

 

 

Guillaume Carnino : Pour en finir avec le sexisme
(l'Echappée, Montreuil 2005)

Les hommes contre le sexisme.
Un petit ouvrage (écrit par un homme) qui nous éclaire sur l'absurdité (le non-naturel) de la division binaire en homme et en femme de nos sociétés qui nous pré-destinent (avant nos naissances) à des attitudes imposées (attribuées en fonction du sexe mâle ou femelle relevé) [1] : c'est le procédé de « la construction sociale du genre ». Tout comme avec le langage, nos attitudes éduquées nous agissent, « conditionne notre manière de percevoir le monde » [2] si on ne les contrôle pas volontairement. Dans le sexisme, tout destine l'enfant puis l'adulte à remplir le rôle du genre qui a été choisi pour lui ou elle [3]. La hiérarchisation de nos sociétés à domination masculine (tout comme féminine) oblige à certaines occupations autorisées et pas à d'autres : c'est le principe de « la hiérarchie des sexes » dont l'éducation permanente détermine et justifie le faux fondement du « naturel » et du « biologique » jusque dans le comportement : c'est-à-dire la norme à respecter pour servir les dominants (peu importe lesquels). Le sexisme n'est que le résultat d'une volonté de domination dont les hommes et les femmes jouent le jeu dans une « hiérarchie bien classée » ; celle donnée d'avance qui apparaît « naturelle ». Les catégories ne se prédestinent que pour le règne de la domination et représentent « l'ordre social ». Instauré par ceux, motivés par la peur de perdre le contrôle de la population contre un « chaos terrifiant » fabulé et redouté grâce à l'ignorance. Il est temps de dépasser cet état simpliste de terreur dans la hiérarchie arbitraire. Pour en finir avec le sexisme est un petit ouvrage bien utile qui nous éclaire sur cette catégorisation sociale absurde du classement binaire des sexes en homme et femme pour maintenir une domination par la hiérarchisation de nos sociétés, et dont nous sommes tous les esclaves. Si les hommes s'intéressent au sexisme ou deviennent féministes et les femmes s'intéressent aux hommes pas pour leur porte-monnaie, il y a sans doute un espoir de voir ces dominations s'abolir d'elles-mêmes.

Notes
[1] Parfois cette procédure administrative se trompe et crée des drames dont Michel Foucault cite le cas rapporté le plus spectaculaire, celui d'Herculine Barbin dites Alexina B.
[2] Notre langage n'a pas dans sa grammaire de neutre, et une sociologue reconnue comme Nathalie Heinich affirme « que le neutre est dans le masculin » (sic).
[3] L'exemple à travers les jouets est flagrant : les filles sont « des princesses ménagères au foyer dans l'attente » et les garçons « des aventuriers en conquête et à la guerre » : le garçon est libre et la fille est prisonnière. Ou : le rose « niais » est la couleur obligée des lèvres (vagin) des filles et le bleu « viril » la couleur obligée du vaste ciel des garçons, dont la moquerie des enfants sexistés maintient cette frontière artificielle, etc.

 

 

Stanley Milgram : Soumission à l'autorité
(Calman-Lévy, 1974)

Une expérience encore trop méconnue.
Stanley Milgram est une personne pratique : il s'est posé la question très simple après la seconde Guerre mondiale en lisant entre autres les ouvrages d'Hannah Arendt : « comment est-ce possible de massacrer un nombre si gigantesque d'individus ? et comment fonctionne le système de ce massacre ? » Il y répond en imaginant en 1960, une expérience simple : il montre que la « soumission à l'autorité » déresponsabilise l'individu à qui l'on ordonne de tuer : l'individu commandé lâche volontairement sa conscience et sa morale (ne pas voir s'en rendre compte). Stanley Milgram a étudié ce point de rupture : la désobéissance à un ordre absurde (contraire à la morale de l'individu) de l'individu obéissant. La conclusion est sans appel : plus de 62% des individus de nos sociétés toutes classes sociales confondues sont prêts à assassiner sous l'autorité. Aujourd'hui ce chiffre est passé à plus de 70%, selon une récente émission de télévision (2010) : où l'expérience de Milgram a été transposée dans un jeu télévisé. Si seulement 30% de la population mondiale possède une morale, cela nous permet de comprendre pourquoi les régimes totalitaires prennent le pas sur des régimes politiques qui responsabilisent les individus. Notons qu'Henri Verneuil dans son film "I comme Icare" (1979) reproduit l'expérience abrégée de Milgram.

 

 

Roger Caillois : Bellone ou la pente de la guerre
(La Renaissance du livre, Bruxelles 1963)

Un ouvrage non polémique, mais pourtant censuré.
Voici un ouvrage passionnant sur l'histoire de l'idée de la guerre : de la chine antique à la bombe atomique : 6000 ans d'histoire. Bellone ou la pente de la guerre montre les différentes transformations des désirs de guerre de ses belligérants : de la « guerre-sport » des aristocrates jusqu'aux guerres massacre d'anéantissement du XXe siècle. Roger Caillois à travers une documentation claire et fournie, expose les intérêts de la guerre dans les contextes des différentes époques politiques : et par là, démonte les à priori que nous gardons dans notre imaginaire collectif (sans doute à cause du cinéma) sur les conflits armés. Exemple révélateur entre beaucoup d'autres, celui concernant le souhait de Jean Jaures de créer un soldat-citoyen formé au massacre de la guerre à combattre pour la défense de la patrie : la France. Pour cela il imagine 10 ans d'instruction obligatoire : l'école publique (qui apprend la soumission et l'obéissance) et 2 ans d'instruction militaire : l'armée (qui apprend le maniement des armes dans la discipline). Personne aujourd'hui ne mentionne ce fait historique important qui a transformé la guerre en industrie. La société française (de honte ?) préfère aduler Jean Jaures comme le créateur de l'école publique (pour la connaissance et non l'obéissance : mais quand est-il aujourd'hui ?). Notons que cet ouvrage fut publié par les Belges en 1963, jamais publié en France depuis, alors que Roger Caillois était membre de l'Académie française : un parfait exemple de censure dissimulée d'un ouvrage qui dérange.

ici un mauvais scan du livre

 

 

 

 

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Dans le ciel, le bruit de l'ombre (livre évoluant)

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