LES GUITARES VOLANTES

mise à jour le 29 avril

De quoi s'agit-il ?

Le 29 janvier 2017 se sont rassemblés 5 guitaristes électriques à l'initiative du myster Shadow-Sky :

Laurent Avizou
Stéphane Marcaillou
Stéphane Barascud
Fred Leblond
Myster Shadow-Sky

pour réaliser ce qui n'a jamais été réalisé :

Un orchestre de guitares électriques avec leurs sons qui valdinguent dans l'espace dans tous les sens et vitesses possibles :

dedans (ton corps)
dehors (là-bas)
en dessous de tes pieds
au dessus de ta tête
derrière ton dos
devant tes yeux

partout
ensemble,
comme : « il est passé par ici, il repassera par là » ah oui ? Où l'inattendu est la règle du jeu pour la surprise d'halluciner de plaisir !

LA MUSIQUE HALLUCINEE

schéma de mixage spatial des guitares volantes

 

Notre dispositif de spatialisation (glissades spatiales) se réalise en 3 temps synchrones :
1. pilotage hexaphonique des 4 Orfeusz,
2. disposition des chemins de trajectoires (glissades) hexaphoniques dans l'octophonie,
3. mélange et mutation des chemins de trajectoires.

1. les 3 attributs de pilotages spatiaux : position + orientation (direction) + vitesse (POV) sont pilotés par Control Change (CC).
2. les différents routages (chemins/routes) dans la matrice de la console de mixage sont mémorisés dans différentes « scènes » et déclenchés « à la volée » (jeu instrumental rythmique à la console de mixage).
3. le mélange et la transformation des chemins de trajectoires les uns dans les autres s'opèrent avec les auxiliaires de la console de mixage.

 

28 chemins continus hexaphonioques dans l'octophonierouting scene sheet pour les Guitares Volantes

 

Les chemins discontinus divisent le trajet hexaphonique en 2, 3, 4 et 5 parties. Ce sont ces chemins qui créent des apparitions/disparitions ça et là :

...

 

 

le 12

Les (chemins de) trajectoires 

la trajectoire n'a qu'une direction, avec un chemin (1D), il y en a 2. Donc dans un chemin, il y a 2 trajectoires possibles : va et vient.

3 types de chemins dans le cube octophonique :

1. 12 périphériques
        8 horizontales 1-2 2-3 3- 4 4-1 5-6 6-7 7-8 8-5
        4 verticales 1-5 2-6 3-7 4-8

2. 4 transversales 1-7 2-8 3-5 4-6

3. 12 périphériques-transversales
        ciel 1-3 2-4
        sol 5-7 6-8
        en face 1-6 2-5
        derrière 3-8 4-7
        droite 1-8 4-5
        gauche 3-6 2-7

Avec mon travail sur/dans l'espace, ce qui m'importe est la sensation de mouvement (pour le vertige des immensités infimes :) et donc les rapports de perception de ce qui est en haut, en bas et ailleurs, et vient par ici. Ici, c'est ton corps, ton corps qui est traversé. Les ondes valdinguent, s'agitent dans ton corps. Et repartent par là-bas (qui peut être haut). Là-bas, c'est ailleurs, ça reste périphérique. Ce que je veux, c'est pas que ça reste là-bas (même autour), mais que ça n'arrête pas de venir ici et + : à l'intérieur de nos corps, ça remue. On peut laisser un son voltiger au sol [5-6 ; 5-7 ; 5-8 ; 6-7 ; 6-8 ; 7-8], OK, ça se balade sous les pieds, super mais on ne peut pas laisser ça comme ça, il faut que d'un coup, cette « plaque » s'élève lentement (le son se baladant rapidement dans l'espace de la plaque) et là, la sensation qu'un espace vibratoire traverse nos corps est inignorable. Voilà ce que j'appelle la spatialisation, le vertige du vibratoire (car le son n’est que la figuration intellectuelle du vibrant audible entendu, perçu et compris) dans l'espace. Il y a beaucoup beaucoup d'autres exemples !

Le constat octophonique est qu'il existe plus de chemins périphériques que transversaux : 4 transversalités pour 24 périphéries. La transversalité est alors une exception, son rôle pourtant est d'amener ce qu'il y a là-bas ici ou ici là-bas. Bien qu'un déplacement de plaque (espace 2D dans espace 3D) avec tous ses 6 chemins intérieurs. Ces « plaques » sont des quadriphonies, et dans une octophonie il y en a : combinaison de 4 éléments parmi 8 éléments : 8!/4! (8-4)! = 70. Dans ces 70, il y a des plaques « droites » dont 4 transversales dont 2 verticales [1-3-7-5] ; [2-6-8-4] et 2 horizontales (toboggan*) [3-5-4-6] ; [1-7-2-8] et 6 périphériques {ciels, sol, en face, derrière, droite, gauche}, les 60 autres sont courbes. Là, on imagine un jeu de torsions forcées et lâches de ces plaques de sons entre elles qui traversent nos corps, en allouant une plaque par musicien.ne. Le jeu instrumental est primordial pour l’émotion spatiale (ça s'ajuste en permanence).

Les chemins spatiaux sont directement liés au travail du « routing » dans les consoles de mixage numérique. Le numérique permet la mémorisation (des scènes de routing dans la matrice) et le rappel (recall) à la volée ; c'est ça qui modifie les chemins des trajectoires spatiales. Là, on commence à percevoir le jeu instrumental de l'ingénieur du son à transformer le cheminement, surtout que dans un chemin, on ne fait pas que marcher : entre l'arrêt et la vitesse spatiale qui se transforme en fréquence audible (formant les spatial-tones découverts en 1995 avec le concert du Shadow-Sky-Teub-System) il existe une marge assez large de comportements.

 

Note
* Mot emprunté à l’anglo-canadien toboggan = traineau emprunté lui-même à l'amérindien algonquien = « otaban » où « otabanak » = cri, « tobakun » = micmac. « Les sens de piste glissante et glissière sont inconnues de l’anglais et semblent avoir été créés en français à partir du sens ‘traineau’. » C'est en 1890 que le sens de la piste à glisser remplace le traineau qui en anglais est désigné par « toboggan slide » et de la piste on passe à la rampe inclinée sur laquelle on se laisse glisser. La glissade est le comportement spatial essentiel des trajectoires.

 

 

Le 18 février, un sixième musicien guitariste électrique se joint aux GUITARES VOLANTES :

Jérôme Lacoste

Ce qui fait le sextet :

Stéphane Marcaillou
Stéphane Barascud
Laurent Avizou
Fred Leblond
Jérôme Lacoste
Myster Shadow-Sky

et 7 avec l'ingénieur du son Clément Amira.

 

 

Le 7 mars, dates de résidence

La résidence des Guitares Volantes se déroulera du 4 au 14 juillet 2017 à Mix'Art Myrys avec la présence de Clément Amira.
Mais il faut trouver un membre qui puisse prendre sa place pour les concerts en ce qui concerne le mixage et le routing live à la volée.

 

 

Le 17 mars, un septième musicien guitariste électrique se joint aux GUITARES VOLANTES :

Jean-Michel Saucray

Ce qui fait le septet :

Stéphane Marcaillou
Stéphane Barascud
Laurent Avizou
Fred Leblond
Jérôme Lacoste
Jean-Michel Saucray
Myster Shadow-Sky

et 8 avec l'ingénieur du son Clément Amira.

 

 

Le 20 mars

7 musiciens qui forment les Guitares Volantes (où sont les musiciennes ?), ça me rappelle les Ephémèrôdes de 1984 ; ils étaient aussi 7. La musique des Ephémèrôdes est un jeu. Le jeu à carder des chrônes (à démêler les embrouilles dues au temps). Ces 7 musiciens ne sont pas des exécutants, ils sont capables d'improviser tout un concert à eux seul. Et, la (dis)position du compositeur dans ce contexte change. Le commandeur classique et son acolyte le chef d'orchestre qui à eux 2 imposent la musique. Ici, ce n’est pas possible. Et, c'est là, exactement, que le rôle du compositeur change : il n'impose plus, il propose. Nous pouvons aussi aller + loin. Loin de proposer « un morceau » fixé à répéter identique à chaque concert, il est + excitant de proposer un jeu (où la partie devient le morceau). Le jeu propose avec des accords (les règles du jeu admises par tous les joueurs, même le tricheur qui les transgresse et qui renforce le jeu) une manière de procéder le faire. Une série de règles est une série d'algorithmes qui se connectent à un moment opportun pour donner un avantage (ici à tous, car la musique ne peut pas ne pas se partager, son existence en dépend). C'est là qu'intervient « la partition jeu » (l'accord commun de la suite des évènements) qui rassemble tous les musiciens avec leurs univers différents et uniques, c'est à dire un champ de partage où chacun évolue son originalité dans le contexte du jeu. Le jeu ne demande pas obéissance, au contraire il développe les capacités d'adaptation et d'indépendance des joueurs.

La règle du jeu fondatrice des Ephémèrôdes (qui démêlent les embrouilles dues au temps) est :

répéter (à chaque fois) différemment.

ou :

la répétition du même est à chaque fois différente

Cette différence ou différenciation n'annihile pas l'identité de ce qui est répété, dans le cas contraire, nous ne pourrions pas percevoir la répétition ni sa différenciation. Le jeu est subtil, il s'agit de se développer individuellement un jeu reconnaissable, mais diffèrent à chaque coup. Comme dans un jeu de cartes, on ne joue jamais à des coups différents le même jeu, mais on joue avec les mêmes cartes. Je ne parle pas de style (qui est acquis et unique à chacun), mais du procédé qui n'est pas très différent du « thème et variation » connu de tous, mais ici, ça change, un peu, à chaque coup. Cette règle fondatrice est en fait une attitude, une attitude qui provoque, en la poussant à l'extrême : l'hilarité. Un ensemble de 7 musiciens est une polyphonie à 7 voix différentes qui ensemble raconte avec leur instrument, leur sonorité et leur style leur histoire. Chaque être humain est une histoire. Le concert est une partie du jeu.

Le but global du jeu de la musique des Ephémèrôdes est de mettre ensemble différentes histoires de vie qui interagissent ou pas. Le jeu synchrone ici n'a aucun intérêt, puisqu'il annihile l'identité des joueurs impliqués, ce qui n'est pas le but du jeu de la musique, au contraire. Il s'agit de développer « une écoute intérieure » du monde vibratoire pour communiquer avec tout vibrant, au lieu d'une écoute extérieure d'ordres obéis. Il s'agit bien de ça, que chacun soit entendu différent en même temps. Les improvisateurs le savent bien. La règle fondatrice sert à ça : à ne pas de soucier de synchronicité. Mais si un moteur commun veut apparaître, il opérera les attaches venues de l'intérieur.

...

 

 

Le 23 mars

Je l'avais déjà dit, là je l'écris : le concert des Guitares Volantes se déroule dans l'obscurité de manière à favoriser les images mentales des auditeurs et de comprendre et jouir la polyspatialité de la musique qui reste encore une expérience rare bien que toute ma musique en est pourvue (de spatialité tridimensionnelle depuis 1979) : ici 7 trajectoires indépendantes de 7 musiciens (guitaristes électriques et autres) où leurs sons vont se déplacer dans l'espace tridimensionnel, dans tous les sens possibles pour former la musique hallucinée des Guitares Volantes. Les musiciens auront des petites loupiottes frontales de lumière bleue pour se localiser sur leur instrument.

...

 

 

Le 29 avril

Dans notre octet, oui, chacun avec sa guitare, joue d'abord son propre monde à lui (dans le contexte commun des sons valdinguant dans tous les sens de l'espace, où est déterminable : la position, la direction et la vitesse). À 8, ça sera 8 mondes différents superposés. À 7, 7. Quand ces mondes autonomes seront franchement superposés, de manière à les entendre tous en même temps, c'est à ce moment-là, et pas avant, que des mélanges naîtront (voire des synchronicités). L'aide du moteur Ephémèrôde ne sera pas inutile pour ne pas se faire posséder.

 

 

re tour à la table : des matières