Qu'est-ce que je fais ?

le myster mathius shadow-sky

 

Le compositeur à partir de 1848 a changé de statut : il n'est plus censé (dans l'esprit de l'auditeur et le sien) composer des variations en développement, l'état d'esprit de l'auditeur et le sien lui demandent de composer des signaux sonores ou des identités propriétaires qui provoquent une charge émotive chez les auditeurs et des bénéfices constituant un capital chez sont éditeur et dans son compte en banque. Moi, je conçois la composition musicale encore autrement : avant de créer la musique, il faut créer les instruments avec les manières différentes de jouer les instruments (existants ou inventés), mais avant de créer des instruments de musique, il faut créer des théories musicales qui donnent sens à la raison de l'usage de leur existence sonore. La raison sonore entendue de la gestualité instrumentale.

[ Cette raison peut être et est généralement étrangère au désir public conduit par les tendances pour suivies, la mode qui depuis 40 ans n'est favorable qu'au néoclassicisme (c'est-à-dire une forme d'académisme néoromantique abondamment utilisé par l'industrie du cinéma, celle du disque étant dévastée). Tant pis, un compositeur et tout artiste ne considèrent pas ces mouvements d'humeur publics conduits par la crainte de la différence. L'artiste, au contraire, oeuvre à son art pour dévoiler les diversités de différences.

La théorie de la musique classique, celle de la tonalité (monoscalaire, voire monomodale, celle du mâle majeur contre les femelles mineures, sic) a vécu son temps ; les compositeurs du XXe siècle l'ont compris. Ça fait + de 100 ans ! Le premier, Arnold, proposa en 1907 le dodécaphonisme (toujours monoscalaire) qui transformait la hiérarchie tonale en égalitarisme en séries. Un autre, Ivan, proposa en 1920 une diversification de l'échelle dominante (de 12 1/2 tons divisant l'octave) avec d'autres échelles de la même famille (1/3, 1/4, 1/5e, 1/6e, 1/7e, 1/8e, 1/9e, 1/10e, 1/11e, et 1/12e de ton) pour donner à la composition une pluriscalairité (et une entrée dans la microtonalité). Après 1945, Olivier, proposa différentes extensions théoriques avec des « modes à transpositions limités » et la généralisation du dodécaphonisme aux 4 « paramètres » du son qui créa le sérialisme. Après ça, Gérard proposa des masses orchestrales avec des accords calques de la série harmonique. John de son côté, bouleversa ce à quoi se réfère l'autorité du compositeur : l'écriture-commande quantifiée de la partition écrite imprimée exécutée. Anthony, de son côté, formalisait ce que le jazz jasant soloïsant apporta à la musique : l'autonomie répétée. Iannis lui, formalisa l'individualisation des membres de l'orchestre avec les probabilités et l'usage abondant des glissandi, impensable dans l'harmonie tonale jusqu'au sérialisme, voire jusqu'au spectralisme après lui. Je n'ai oublié personne ? Si certainement. Ce résumé sommaire, pour dire : comment est-il possible, après ce bouillonnement d'inventions (inachevées), se retourner et se détourner pour nier tous ces apports (et les mépriser) pour se réfugier dans ce que les compositeurs du XIXe siècle s'efforçaient de s’échapper de s'évader ? On peut parler de régression sociale à partir de la fin des années 70 du XXe siècle. Oui. ]

Dans la continuité de l'aventure musicale des êtres humains vivants ici, dans cette culture (sic), toutes ces découvertes, depuis 1 siècle, sont comme des amorces inachevées pour constituer d'autres musiques inouïes (mes oeuvres sont aussi des amorces inachevées). Composer, créer de la musique, va sans dire qu'il ne s'agit pas de répéter ce que les anciens ont déjà trouvé à faire sonner. Le contexte historique est différent et, il n'y a aucune raison de vivre schyzochrène (de schyzo- et -chronie = se réfugier dans une période historique révolue pour refuser vivre le présent et l'instant et qui est la maladie du XXe et XXIe siècle).

Quand on se représente une théorie musicale et ce qu'elle donne à se représenter, on se dit que son influence sur notre perception du sonore dépend de ce qu’a priori la théorie donne à se représenter. La théorie forme la culture. Un peu comme une idéologie ou un mythe (= une histoire) qui provoque la croyance, confondue volontairement avec la perception véritable de la réalité. Oui, la théorie forme la perception de l'existence des êtres humains. C'est pour cette raison que la recherche théorique est indispensable, ainsi que sa diversité, ça, pour éviter se faire piéger par des idéologies uniformes (généralement commandées par une morale pour forcer les enfants obéir).

Dans la continuité de ce que John proposait, à savoir de la musique sans commandement ni exécution (sic), mais des propositions dans un accord commun entre les musiciens avec le compositeur (devenant propositeur) d'interpréter telle idée, plutôt que celle-là, ou les 2, etc., pour confirmer la liberté d'exister entendu et à la suite, pour prendre conscience que toute théorie oriente la perception, il fallait proposer diverses théories musicales sous forme de jeu. Dans le jeu, pas de durée imposée. Le jeu est un contexte idéal pour expérimenter toute théorie.

Presque tout mon travail de compositeur, depuis presque 1/2 siècle, est de proposer des théories sous forme de jeu où chaque interprétation de la musique est une partie du jeu.

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